mercredi 21 septembre 2011

Matcha d'exception pour débutant(s)

J'ai succombé à une rencontre virtuelle avec Francine. Elle dégustait un matcha là (entre autres, ses autres dégustations sont dans sa colonne théothèque), j'avais envie de la retrouver. De prendre une pause dans les délais.


J'ai donc sorti mon chawan de printemps (même si ce n'est plus la saison) pour un Matcha Hoan de Shizuoka. J'ai une pensée pour ce producteur de thé, rencontré avec quel bonheur et quel privilège et dont j'ai la réflexion écrite et dessinée de sa main.

J'étais encore sur le tout début de mon chemin de thé. Même pas encore dégustatrice avertie, juste intéressée. Depuis ces années-là, mon palais s'est affiné, mes dégustations de thés de jardins se sont succédées souvent au détriment des thés aux nominations plus mélangées. Et pourtant je n'y connais encore rien. Je remarque par exemple que l'acte de préparer le thé n'est toujours pas aussi serein que je l'aimerais.

De l'eau bien chaude pour préparer le chawan, séché, puis je me suis servi une cuillérée à café rase de Matcha Hoan de Shizuoka (à défaut de deux cuillerées de chashaku). J'ai versé de l'eau à 75°C dessus et j'ai fouetté latéralement.
Je n'ai pas encore le mouvement du fond vers la surface, en M (ou W)... j'arrive juste à ne pas le tourner et la mousse est là. Je ne l'aère sûrement pas autant qu'il le faudrait mais je suis déjà satisfaite.

Ma dégustation est accompagnée du lutin car au restaurant coréen de ce week-end, son papa a demandé une glace au thé vert. Et lui a souhaité goûter et sa réaction a été très directe "-Ce n'est pas du thé vert! Il n'a pas le goût des thés de maman!" Bon, bon, mes explications s'étaient limitées à lui indiquer qu'il existait de nombreux thés, avec énormément de noms et que souvent les personnes qui ne les connaissaient pas trop donnaient juste la couleur (vert, rouge, noir, bleu/vert, blanc). Il sait que chaque thé est bien différent en bouche, il en aime certains, pas du tout d'autres. Et à chaque thé, je le lui présente, thé vert de Chine avec tel nom par exemple. Ainsi les thés verts que le chenapan a léché sur ses lèvres, les verts chinois et les verts japonais n'étaient pas du matcha.
Je lui ai donc montré que ce thé là n'était pas cette fois-ci une infusion (où les feuilles ne se boivent pas) mais bien la poudre de feuilles de thé moulue que nous buvions délayée dans l'eau chaude.
Lui habitué à mes gestes de zhong a adoré tester le fouet. De quoi moi aussi m'entrainer à utiliser les termes, le chasen a donc été bien utilisé, et première satisfaction sans l'appuyer sur le fond. Un kusenaoshi, support à fouet, aurait été bienvenue car son équilibre instable a été aussi un élément d'attention après fouettage, il a fallu le retourner.
Autant le petit dégustateur n'a pas aimé la glace au matcha, autant la mousse lui a plu. Je n'ai bu la première fois que ce qui restait de liquide... jusqu'au second bol... au troisième etc... depuis hier.

Ce Matcha Hoan est très doux, poudré et mousseux. La première attaque en bouche est herbacée avec une légère amertume en fin de gorgée.

La mousse seule est plus "épicée", comme de la noix de muscade ou de la cannelle sans ce côté trop chaud. L'arôme des fleurs de cerisiers sakura que les producteurs ont souhaité préserver se ressent peut-être plus en rétro-olfaction, en douceur sur la langue après la dégustation.
Ce matcha est encore trop beau pour moi. Tant pis, éduquer le palais et les papilles se fait aussi avec de très beaux produits non!? Et la rencontre avec l'homme derrière était de celle qui marque un parcours alors je ne pouvais que succomber à la dégustation.

vendredi 16 septembre 2011

Construction, structuration spatiale et architecture Parisienne

Le lutin adore les duplo. Enfin presque. Il ne s'en sert jamais pour jouer, il ne sait pas quoi en faire (et ne se laisse pas aller) mais il adore construire des modèles....
Il a souvent repris cette activité de construction de duplo. Cet été, j'ai trouvé aussi d'autres ressources permettant de la présenter de manière plus aboutie (comme quoi c'est bien d'avoir les idées, mieux encore de trouver des experts les proposant!).

Cette compétence de structuration de l'espace est ici (dossier complet ) décomposée par des professeurs.
Elle permet de bien proposer une lecture de plans de construction très claire (et pas approximative comme moi à cause de ma manière de la représenter/dessiner). Il est alors possible de distinguer la grandeur, la couleur, le nombre utilisé de pièces. Mais aussi une approche de l'espace (face en 2D, surfaces planes, de la 3D avec la perspective).
J'ai pu proposer au loupiot de construire avec le plan qu'il voulait et constater ses faiblesses: plan en 2D vue de face, en 3D couleurs avec perspective, 3D noir et blanc avec perspective, vue éclatée en 3D.

L'éclaté l'a interpellé un instant, il ne voyait pas comment les pièces pouvaient tenir en l'air jusqu'à ce qu'il comprenne seul que ce n'était qu'une indication... et qu'il me dise: "mais je l'ai déjà fait là". Il n'a pas voulu faire selon les couleurs, me les indiquant au fur et à mesure mais voulant être plus original et faire "plus joli" (et au vu de ma focalisation sur les couleurs, je le laisse libre pour les autres activités où la couleur est annexe). Cela lui a permis de faire seul, de prendre son temps, de mener sa construction à son rythme et avec ses solutions,

compter les duplo, les marches d'escalier etc... L'activité est aussi très très bien faite avec cette feuille auto-corrective où la forme, silhouette en ombre grise, permet de valider la construction.

Il ne me reste plus qu'à continuer dans cette voie et de refaire des plans de construction.

Cette appropriation de l'espace a aussi été l'occasion de reprendre la structuration 2D et 3D dans la vraie vie. Nous avions (re)fait notre quartier et j'ai profité d'une visite de l'école au Petit Palais de Paris pour aller encore dans ce sens.
Quel est ce monument, comment est-il représenté ?

*source Petit Palais

Un plan de Paris avec juste l'indication du site et au mieux la forme au sol, en perspective en photo, vu de haut grâce à Google earth, vu de la rue (de face, en oblique) etc...

De quoi ouvrir un plan plus dessiné, comme "Paris guide voir" ou le fabuleux "Inventaire des merveilles du monde" de Virginie ALADJIDI et illustré par Emmanuel TCHOUKRIEL (j'en parle là
et conquise que je suis par leur inventaire des légumes).
L'idée était aussi l'appropriation de l'espace: par la vue mais aussi l'acte d'y entrer. A l'intérieur, il y a aussi un espace invisible de l'extérieur et des plans des intérieurs possibles.


*source Petit Palais

jeudi 15 septembre 2011

Les oreilles à la place des yeux

J'ai une fascination pour l'exploration des sens: la vue bien-sûr (dans une famille d'artistes peintre ce serait un comble sinon), le toucher, le goût, l'odorat et l’ouïe. Les bruits de la nature, le climat, les animaux etc... les orages presque encore plus que la musique pour laquelle il me manque l'oreille musicale, une éducation rythmique peut-être.

"Rouge comme dans le ciel", film de Cristiano BORTONE a été ma dernière révélation auditive.
D'une part ce film marque quelque chose qui m'est cher: la place que nous accordons à l'éducation, la place que nous laissons aux plus faibles, aux différents, aux "handicapés" (moteurs, physiques, psychologiques ou autistes). Le récit nous emporte dans l'enfance de Mirco MENCACCI, ingénieur du son renommé. Cet enfant a perdu la vue dans un accident domestique et a dû être retiré du système scolaire italien pour rentrer dans une institution spécialisée.
Là, les petits aveugles sont considérés dans leur handicap et limités à des fonctions permettant une insertion professionnelle simplifiée. Ils sont soumis à une discipline sans beaucoup de liberté.
Le visionnage m'a rappelé ma dernière conversation avec Lily. Elle indiquait à son seigneur de la mer que nous pouvons tous avancer : "nous partons tous avec un handicap dans la vie comme à la boxe (poids moyen, plume etc) cela ne nous empêche pas d'être dans la course" et de suivre nos chemins et combats de vie.
J'ai aimé aussi cette perte d'un sens, de la vue par ces yeux bandés ou dans le vide, ces mains tactiles, caresses ou présentations, cette mise en mots des couleurs: bleu "comme quand tu fais du vélo et que le vent s'écrase sur ta figure", rouge "comme le feu, comme le ciel au coucher du soleil", marron "rugueux comme l’écorce de l’arbre". Et encore plus j'ai aimé ce sens stimulé, créatif qu'est l’ouïe pour Mirco. Il va créer les sons d'une histoire à raconter.
Magique!! Pour vous rendre compte de la densité de ce film, n'hésitez pas à lire cette mise en avant.


Rouge comme le ciel Extrait 2 par toutlecine

****
J'ai aussi pensé à "August Rush", film de Kirsten SHERIDAN dont je ne peux malheureusement pas vous proposer mon moment favori, dans l'orphelinat et sans instrument de musique mais ici une utilisation particulière de la guitare. De cette musique dans la tête vers l'utilisation d'un instrument.



Aussi dans les révélations auditives, j'ai adoré "Sound of noise" de Ola SIMONSSON et Johannes STJARNE NILSSON. La poursuite de ce terrorisme sonore aux performances musicales déjantées (et je ne vous mets pas l'extrait de l'intervention chirurgicale)

Sound Of Noise - Extrait Braquage Banque par wildbunch-distrib

De quoi se dire que nos oreilles ont une place à se faire et qu'il est nécessaire, aux handicapés sensoriels comme aux autres, de puiser dans tous les sens mis à notre disposition.

mercredi 14 septembre 2011

Sensibilisation du corps enseignant à la vision chromatique des daltoniens

Avec la reprise scolaire et les difficultés de chacun non atteint de daltonisme pour comprendre les réelles implications, j'ai préparé un petit feuillet pour le corps enseignant montrant les possibles visions du lutin... une image vaut ici mieux qu'un discours pour se rendre compte.

Le loupiot est daltonien (pour lui c'est la confusion rouge/vert). Selon deux sources différentes (source des roues chromatiques et des spectres de couleurs), cela donne une idée avant le diagnostic final dans quelques années, voici les 4 visions des couleurs possibles pour cette confusion (pour les autres je vous laisse les voir en suivant les liens) : la déficience en rouge est protan, en vert deutan.

- vision normale comme repère:


- vision deutan:
deuteranope:



deuteranormale:


- vision protan
protanope

protanomale

dimanche 11 septembre 2011

Sencha d'exception et musique japonaise

Là, oui, poses-toi Vanessa. Prends ton souffle.
Là, plus de pression. Là...
Respires et tu verras plus tard pour les attentes des uns et des autres. Tu verras à l'envie si tu y succomberas avec plaisir. Tu verras si tu as le temps de tes souhaits.

Là, poses-toi. Reprends du souffle. Allez un temps juste pour la respiration, un Sencha Yamato dans la théière et la fenêtre grande ouverte. "Je me rends sur place pour découvrir un thé exceptionnel, connu seul des Japonais, le thé d’Origine, dit-on, le premier, cadeau offert par les Chinois lors de la fondation de l’empire et que l’on nomme le «Yamato Kabuse Chà»" (extrait du carnet de bord d'un acheteur de thé, cf lien)

J'ai sorti mon thermomètre pour ne pas bruler les feuilles de ce thé d'exception. Elles sont aplaties, bien vertes. Leur odeur est végétale et très légèrement iodée comme une algue avec une note sucrée.
La liqueur après infusion à un tout petit peu plus de 70°C est végétale, de légumes verts, mais avec un soupçon de doux, sucré. Et j'aime encore cette texture sur la langue.

Je me demande pourquoi le sencha doit se boire, si pendant l'absorption d'autres éléments, avec des produits de la mer. Je ne dois pas encore avoir le palais aguerri, moi j'aime les seconde et troisième infusions aussi avec de la poire. Peut-être pour cet apport délicat de sucré et surtout, je pense, pour cette même texture en bouche... poudrée, "texturée".

Inspires, expires. Ne succombes pas à la dépréciation. Tout va bien: être à la hauteur est subjectif.
Être à la hauteur! Être une femme indépendante, une mère attentionnée, une sœur aimante et inspirée, une marraine fidèle, une amie retrouvée.

J'ai bu mes infusions en écoutant en boucle la bande originale de "Kiki la petite sorcière" de Hayao MIYAZAKI. Le dessin animé n'est pas un des préférés du lutin mais je l'aime beaucoup, il pourrait paraitre plus simple que les autres mais parle de la prise d'indépendance à l’adolescence.
Le livre d'origine, "Majo no Takkyuubin" écrit par Eiko KADONO marque l'indépendance financière de cette toute jeune sorcière. Ce que j'aime aussi, peut-être même plus c'est justement la mise en valeur des compétences et affinités de l'enfant, Hayao MIYAZAKI en parle bien là : c'est aussi une indépendance, une voie, spirituelle.
Les musiques des films d'animation de Hayao MIYAZAKI nous accompagnent de plus en plus. J'aime beaucoup les compositions de Joe HISAISHI. Elles ont une ampleur presque classique tout en gardant une thématique très ancré à un récit. Il y a aussi avec des touches plus typées, presque ethniques.


Kiki la petite sorcière Bande annonce par PlacedeCinema

vendredi 9 septembre 2011

Se préparer à être marraine

... la vie a de ses soubresauts!


Un thé blanc parfumé, Pavillon de laque, et quelques noisettes (noisette entourée de sucre, sorte de dragée sans chocolat... et à la noisette) qui me viennent de mon grand-père, parti depuis longtemps. Une infusion douce de ce Yin Zhen, parfumé à la mauve et aux épices douces (dont cardamome et un soupçon de fleur d'oranger ?!), presque meilleure infusée à froid.
Et mes pensées. Quelques unes couchées sur le papier pour M.,

quelques griffonnages pour mettre ses traits sous les miens... le dessin n'est pas beau, il restera avec moi, la lettre sera pour elle.

lundi 5 septembre 2011

Il n'est pas parti pendant un orage... la mort pour un enfant

Il était malade, nous le savions.
Cela faisait quelques temps que son départ était annoncé, pour dans quelques années, 1 an, quelques mois. Il me disait qu'il tenait pour sa famille, qu'il voulait tout faire pour eux, être le meilleur père, grand-père. Je lui espérais de partir dans un orage, apaisé. L'orage ne fut pas au rendez-vous, l'apaisement je crois que si. Il était entouré de ses proches.

Ce fut la seconde mort annoncée au lutin, à part le chat dont il n'a pas de souvenir.
L'année dernière, une toute petite, sa presque cousine, partie si tôt. Nous venions tout juste de lui choisir ensemble un doudou qui l'a accompagnée jusqu'à son nouvel ailleurs.
J'avais expliqué le plus possible. La cause, le devenir du corps, la douleur de ceux qui restent. J'avais expliqué la tristesse parentale d'un enfant qui ne grandira pas.

Et puis voilà une autre mort, pas la même, la mort d'après une vie. Son grand-père. Le petit d'homme le connaissait depuis sa naissance. Alors oui la mort comme un départ "- Il n'est pas parti maman, il est mort et ne reviendra pas!". Oui, nous ne le reverrons pas. D'ailleurs ne pas lui dire au revoir l'a marqué, un cercueil, une boite fermée et pas son grand-père, son corps.
Et puis les questions étaient très directes: "- Mamie, qu'as-tu choisi: qu'il devienne flamme ou os?" Bah oui, il fallait si attendre. Fan de biologie, le corps humain, les os de dinosaures, les fossiles... et puis ce discours sur la première petite disparue. Ce choix du décédé ou de la famille.
Les questions ont fusées, franches, sans ambages. Elles ont aussi choquées, parce que certains adultes ne pensaient pas parler à un chenapan de moins de 5 ans dans ces termes... et aussi sans tristesse. Parce que oui, il n'était pas si triste que ça. Sa vie au présent, sans beaucoup de passé, ne laisse pas encore la place à ce sentiment.

Cela fait plus d'un an que nous parlons de la mort au même titre que de la vie. La mort des dinosaures, des animaux, des insectes, c'était facile. La mort aussi comme fin de vie. Le propos n'a jamais été triste et je n'ai jamais eu l'impression d'avoir commencé à en parler trop tôt. La vie nous a malheureusement donné l'occasion d'en reparler, pour de vrai.
J'avais besoin de lui signaler cet aspect de la vie, la fin. La douleur des parents de la petite, parce que je voulais en parler vrai. La volonté était de ne pas cacher, de ne pas en faire un secret de famille, d'adultes, voire un discours tabou ou pire une honte pour les parents. Je voulais qu'il comprenne que nous pouvions être tristes, qu'il y avait des raisons.
Nous avions parlé des différentes morts. L'accident, la maladie, la fin de vie... depuis cette semaine il nous a demandé ce qu'était un meurtre et un suicide. Là j'ai été un peu déboussolée, je n'avais pas l'intention d'aller si loin, d'aller vers les failles de l'homme. Mais c'est bien, ses questions marquaient une envie de comprendre.

Alors oui la mort comme un sujet de vie, la mort au cœur des histoires lues. J'en ai lues quelques unes, au même titre que d'autres histoires et pas forcément à des fins utiles. Il n'empêche en fonction de ses demandes, de son vécu, nous en reprendrons peut-être une ou deux. J'aime par-dessus tout créer la réflexion par les lectures. Souvent, à travers l'histoire, la poésie, la philosophie de vie que proposent certains auteurs ou illustrateurs jeunesse fabuleux, il se positionne, interroge, reprend le fil d'une émotion de la journée qu'il n'avait pas réussi à nommer.
La mort comme une destinée avec ces insectes qui ne vivent qu'un jour, "L'éphémère" de Stéphane SENEGAS, la mort comme une chose qui nous attend, prend son temps mais qui est aussi une rencontre "La visite de la petite mort" de Kitty CROWTHER ou "Le canard, la mort et la tulipe" de Wolf ERLBRUCH. La mort comme une usure du corps, "Le kimono blanc" de Dominique KOPP, illustré par Pierre MORNET, presque libératrice "Trois jours en plus" de Rémi COURGEON. La mort comme une ombre mais aussi une pensée qui accompagne avec chaleur, "Ma petite sœur étoile" de Alain MABANCKOU et illustré Judith GUEYFIER. La mort aussi dans sa trivialité, sa brutalité, avec "Petit lapin Hoplà" de Elzbieta et "Petit lapin stupide" de Edward VAN DE VENDEL et illustré par Gerda DENDOOVEN. Nous avions aussi repris le sens de la vie avec "Öko, un thé en hiver" de Mélanie RUTTEN.


Il n'y a pas eu beaucoup de discours. J'en ai parlé et l'ai laissé "digérer" l'information. Son ressenti je ne le connais pas encore bien, il semblait serein et juste déstabilisé par l'attitude des survivants. Il était même détaché : "-Mamie est triste - Alors il faut que papa aille vivre avec elle pour qu'elle ne reste pas seule!" tout en restant un enfant sans conscience de la pérennité ou permanence de la chose: "- Papa a perdu son papa mais il y en aura un autre de remplacement". Je reprendrais aussi peut-être quelques autres livres, plus directs, plus documentaires si des questions précises arrivent et que je reste un peu interdite, j'en reparlerais.
"Le petit livre de la mort et de la vie" de Delphine SAULIERE et Rémi SAILLARD aide entre autre à poser des repères sur ce qui se fait dans différentes confessions religieuses: Que fait-on du corps? Où va-t-on quand on est mort? et aussi des images de cette absence.

"Quand je ne serais plus là?" d'Anette BLEY offre lui ce qui fait de la mort aussi un accompagnement des vivants: ces partages,
ces moments, cette relation d'avant, qui porte la vie des survivants. Magnifique petit livre qui permet aussi de voir derrière les conventions les sentiments des enfants, leurs émotions et pourquoi pas leurs réactions à des normes qu'ils ne comprennent pas.

"La vie, c'est quoi?" d'Oscar BRENIFIER et illustré par Jérôme RUILLIER feuilleté sur juste une page pour ce côté de la mort, de l'ennui etc...

Une semaineest passée, l'orage a eu lieu juste à la fin de chivéâ (shiva). Le ressenti du lutin est encore impalpable, celle de son papa si. Le respect, le soutien, l'accompagnement et beaucoup d'amour se doivent d'être au rendez-vous.