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mercredi 10 février 2016

Un superbe oolong d'après tempête

Le vent a soufflé fort par chez nous. Les arbres se sont pliés, les oiseaux ont chanté avant et après, tous les volets, les nôtres et ceux de nos multiples voisins, ont craqués, les fenêtres ont crissé, le ciel s'est obscurci puis les nuages sont passés.
La tempête fut aussi émotionnelle. Passée, oui, les sentiments sont toujours frais mais cela passe. Il ne reste que des traces, jusqu'au prochain vent.


Je goute mon plaisir tous les matins: regarder le ciel, les arbres, zieuter le sol. Je reviens encore avec de multiples petits trésors de la nature.

Le lutin avait voulu couper une branche de gui mais c'était bien impossible... mais ne voici pas que le vent nous en a servi sur un plateau sur le chemin de l'école.


Des fruits et bourgeons de magnolia (dure et noire pour l'un, duveteux vert pour l'autre). Des cônes, de sapin (douglas avec ces petites languettes brunes entre les écailles) ou de pin (aux écailles bien larges). Et puis des lichens.
Que j'aime les lichens et leur palette de verts.


J'en ai profité pour déguster un Long Men Si Ji Chun, oolong peu fermenté de Chine. Un Si Ji Chun, théier des 4 printemps. J'ai cru qu'il s'agissait d'un thé de Chine, serait-ce une erreur et viendrait-il de Taïwan? Un thé très floral, avec une odeur presque biscuitée à l'ouverture du paquet.


Un magnifique thé à la feuille et tige bien bouchonné. Sombre sec mais aux verts plus tendres une fois infusé.


Je ne peux que confirmer que ces thés, de très grandes qualités, apportent beaucoup plus en bouche que d'autres achetés en vrac ici et là. L'homme boit maintenant beaucoup de thés. Il en choisit encore parfumés que nous buvons à la grande théière (pour plus de facilité car mon goût va aux natures, encore et encore, beaucoup plus amples, beaucoup plus rassasiants). Je lui propose aussi beaucoup d'oolongs ou ... comble de sa joie (et de celle du fiston) des thés verts japonais (trop rares dans nos bols selon eux).
Une infusion fleurie et florale, puis une autre et une autre plus amples et presque sucrées.  Hâte de reprendre goût à l’expérience explicitée avec ma roue des saveurs, pourquoi pas un carnet Moleskine spécial thé...

***
Le lutin se met à contribution dans la collecte de petits bouts de nature. - Il me faut quelque chose de différent que ce que j'ai déjà et que nous ne trouvons pas forcément au sol - Une épluchure d'orange par exemple (me dit-il avec malice)...
Et me voilà prise dans un fou rire.

lundi 15 juin 2015

Presque... oui presque... et un oolong

Une longue parenthèse avec de multiples choses à préparer, à vérifier, à remettre en route. Il y a bien des choses que je ne voulais plus connaître, je ne voulais plus ne plus maitriser, subir. Nous y sommes presque.
Je reculais, encore et encore, par une trouille vrillée au corps, la trouille de tout perdre, la trouille de me considérer comme incompétente dans la vie. Une angoisse d'être la colonne vertébrale d'autre chose que de moi-même. Il a fallu prendre sur moi à l'arrivée du lutin, puis prendre sur moi quant aux angoisses communes du couple. Ne pas être portée par quelqu'un d'autre. Je le savais pourtant. Je savais que le chemin se faisait souvent en solitaire, même si à deux.


C'est dur, long... mais enthousiasmant aussi. Parce que tout avance, maladroitement, avec... comme par hasard, de nombreux gravillons sur ma route... je chute un peu, frotte mon genou qui pique et je me relève et le ciel est beau, bleu avec ce doux vent... cela va être beau là-bas, doux et chaud, protecteur mais d'une autre manière. Je ne suis plus une enfant, peut-être n'ai-je jamais eu ce privilège d'ailleurs... un peu trop grave, un peu trop sauvage, pas trop policée ou trop percutée peut-être.


Des mots doux arrivent et me réconfortent. Des mots des proches, des encouragements, des rixes constructifs aussi, cela va de soi. Et puis des mots d'inconnus, de presque connue. Des encouragements, des attentions gratuites, sans attente... C'est doux, c'est bon, merci!!!

Et puis je continue à lire et à écrire, à billetter les livres jeunesse là. Je dessine des perspectives architecturales et vertes en attendant de dessiner des architectures intérieures ou des herbiers à but alimentaire. Et je continue à boire du thé dont ce magnifique Si Ji Chun. Ce oolong de Taïwan est sublime, il a gardé sa puissance et son gout floral.

mardi 15 novembre 2011

Thés taïwanés et retrouvailles

Quelques billets sont en attente mais leur actualité n'est plus aussi fraiche: ils attendront donc au profit de cette journée. La "folle de thé" que j'apprécie le plus était dans ma ville. Après avoir déambuler avec d'autres amateurs éclairés ici, là, là, là et là, la voilà sur son dernier jour... juste de quoi passer quelques heures ensemble.

Il faut dire que je la laisse me guider. Toujours. Et avec raisons. Francine, puisqu'il s'agit bien d'elle, organise toujours ses séjours et convie ses amis de thé aux endroits les plus aptes à nous délecter. Aujourd'hui pas d'exception.

Un superbe déjeuner taïwanais au Zen-Zoo salon de thé accompagné par une boisson typique.
Je m'arrête un peu d'ailleurs sur elle. Non, non point de thé, quoique si mais pas de la manière dont je le bois d'habitude, avec du lait de soja sucré au sésame noir et perles noires de tapioca. Un zhenzhu naicha d'où vient le nom de Zen-Zoo, qui veut dire perles. Il est aussi appelé boba ou thé aux bulles. Ces perles sont phénoménales, plus grosses que les perles du Japon, tapioca "façonné français" surtout pour enrichir une soupe veloutée, et noires. La paille à la dimension gigantesque permet de les gober mais attention, vous n'êtes pas à l'abri d'en prendre une de travers. Le contact avec lesdites zenzoo est assez mou et élastique et avec le mélange mixé j'adore. Francine l'a choisi froid, moi chaud. Délicieux avec son bon gout de sésame qui m'a rappelé, bizarrement, le lait de pavot lituanien, aguonu pienas, que j'avais fait un jour.

Un délice que ces plats: émincé de porc pour moi sur un lit de légume que je n'ai malheureusement pas pu terminer aux baguettes, légumes au tofu fumé et légumes aux algues. Et bien-sûr des échanges, sur nous, nos séjours, nos temps que nous nous souhaitons libres pour nos intérêts et bien-sûr les thés.

Puis nous sommes passées aux thés justement avec le Zen-Zoo thesaurus, la maison de thé.
Nous avons suivi avec bonheur et concentration le rituel du Gong Fu Cha avec nos thés choisis. Puis chacune de nous avons préparé les infusions suivantes.

Notre hôtesse, Mademoiselle HSIEH Yu Hsin, nous a offert plus que les gestes. Une douceur, une attention, une proposition qui loin de me laisser trop intimidée pour faire mes infusions suivantes m'ont donnée du courage pour ressentir les infusions.
Les ustensiles de thé présentés, qui avec la pratique se révèlent pour certains indispensables comme je verrais plus tard. La théière remplie d'eau bouillante et aspergée d'eau. L'eau la contenant servant à chauffer la cruche à thé (Cha Hai), la tasse à sentir (Wen Xiang Bei), et celle à déguster (Cha Bei). Puis ce thé, présenté dans sa matière, à l'état sec, pour y trouver l'aspect tactile en plus de sa couleur, texture et odeur. Puis versé de 1/4 à la moitié de ces petites théières en terre cuites réchauffées.
Ce geste fabuleux, pétillant et espiègle que fut le "secouage" de cette théière au contenu encore dense qui permet de sentir cette matière encore sèche mais ici chauffée par le contenant chaud en terre cuite. Puis ce "rinçage" des feuilles qui est devenu après ma naïve réticence et des explications à propos non pas un mini-gaspillage mais bien un éveil des feuilles... très peu d'eau et tout de suite évacuée.
Puis cette eau remplie à ras-bord, le couvercle permettant un débordement de l'eau propre à un culottage extérieur spontané. Et cette infusion qui perd sa mesure du temps: ici point de minuteur mais une attention constante au bec de notre belle rouge. Cette peau d'eau bombée descendra, les feuilles prenant leur aise à l'intérieur... il nous faut apprivoiser ce retrait qui peut jouer à remonter, aussi.
Et ce renversement total arrêtant l'infusion et retirant sans aucune négligence la dernière goutte de la liqueur.
...
Ainsi Francine a choisi un magnifique Bao Zhong, oolong taïwanais. Senti sec, sec et chaud, puis dans le puits à senteur immédiatement, puis ensuite (odeur d'ananas... si subtile). Ce thé savouré et touché une fois qu'il a tout donné.

Pour moi, un Shui Xian, Narcice ou Fée de l'eau, oolong taïwanais. Un thé boisé, ample et aux approches de fruits secs cuits, comme le pruneau. Je n'ai malheureusement pas pris plus de notes sur la dégustation.
Nous avons pu admirer l’oxydation de ces deux oolongs, d'une part avec la couleur du thé (feuilles sèches) puis, surtout, les feuilles infusées, de très vertes à l'oxydation faible à très brunes à l'oxydation poussée, le Bao Zhong très faiblement, le Shui Xian moyennement.

Bien-sûr nous avons déambulé dans le lieu pour admirer les objets de thé...
une Francine partie de notre "salon personnel", appareil photo à la main. Puis nous sommes parties félicitant notre hôtesse pour ce si bel accueil, que Francine, à la grande joie de notre interlocutrice, qualifia entre autre de très taïwanais. Une énigme pour moi. Est-ce cette manière de nous laisser libres de nos infusions après une démonstration professionnelle? Est-ce aussi le thé choisi qui s'il n'est pas dégusté sur le moment fera parti de nos cadeaux de départ? Et plus encore...

Je suis repartie avec une théière en terre rouge cuite, un Si Ji Chun, Quatre saisons, et un "blaireau" à patinage. Et j'ai quitté Francine en partance. Merci pour tout, pour cette amitié, ce partage, ces dons et toute l’énergie que tu mets à notre disposition pour nous ouvrir les voies du thé.

....
Ce soir je n'ai pas pu m'en empêcher. J'ai profité de la séance de théâtre du lutin pour baptiser ma petite théière avec le Si Ji Chun, thé oolong taïwanais.

J'ai secoué avec délectation comme une enfant débordante de vie ma théière et son précieux contenu. Je n'ai pas éveillé les "feuilles" mais ai fait 4 très belles infusions en me fiant à mon bec.

Un versement hasardeux de ma tasse, pas cruche à thé pour deux sous mais assez pataude tout de même,
et quelques feuilles bloquées dans le bec m'indiquent d'autres objets à acquérir... aussi.
Malheureusement je n'ai pas pris de notes des dégustations, pas photographié la couleur... j'étais dans le moment présent avec mes liqueurs, mes objets, les lumières.

Et la première infusion de ma belle théière? Et bien je n'ai pas réussi à patienter... sa première infusion, son culottage de départ, sera pour cette nuit.
Je n'ai pas pu lui réserver des feuilles sèches mais lui ai laissé les feuilles de la 4ième infusion pour sa 5ième toute personnelle. De quoi la destiner aux oolongs peu oxydés voire moyennement. Mon zhong en terre, lui, sera dorénavant pour les oolongs fortement oxydés.

Allez les présentations, de dos... et plus osé !

Rajout: Francine nous raconte ces moments là.