jeudi 29 novembre 2007

Un atelier…un créateur *5*

Le passage dans un atelier de nuit et me voilà repartie dans des souvenirs de palettes de couleurs, d’eau diluée dans des pots de yaourt en verre, de beaux pinceaux à poils sombres, de papiers épais et doux.


Il s’agit là de l’atelier de peinture (ou d’activités manuelles) de ma tante, Marie-Laure S. Espace privilégié avec son propre aménagement (ou désordre), la "cabane" de ma tante est une pièce qu’elle a conquise bec et ongles. J’ai toujours aimé cette pagaille organisée de produits, de tubes de couleurs, de sources d’inspirations.
Un enchevêtrement de matière à dessiner, tout est sous la main, le regard s’arrête toujours sur un objet utile.

C’est la seule, dans cette famille de peintres, amateurs et professionnels, à s’être installée dans la technique de l’aquarelle. Elle vivait entre la Belgique et le Luxembourg et cette technique, mêlant l’eau, diluant les couleurs chaudes, est fondamentalement ancrée en moi comme propice à décrire les paysages de ces régions : des couleurs délavées, des rayons de soleil transperçant le panorama, des ciels bleus/blancs, gris/roses, mais jamais de ce bleu « chaud » des régions très ensoleillées.

Quand je passais chez elle, j’étais ivre de sa technique, de ses astuces et de ses « outils ».
Son papier, tout d’abord. Ce n’était pas les toiles de ma maman, ni ses brouillons de croquis, c’étaient des papiers épais, à la fibre apparente, assez spongieux pour récolter l’eau, pour aider les lavis et la peinture « au frais ».

Des bocaux d’eau ensuite. Son eau propre au départ, prenant la teinte de sa peinture. J’aimais énormément suivre la diffusion de ce pigment dans l’eau clair et trouble ensuite. Il lui arrivait de changer l’eau (ou d’avoir deux pots d’eau, je ne sais plus) entre les couleurs pastels et les sombres. J’étais alors loin de la technique maternelle : chaud et froid.
Ses petits paquets d’aquarelles aussi : de petits cadeaux de couleurs ! J’ai toujours été plus émerveillée par ces tout petits carrés denses, durs, de couleurs…des coquillages à ne pas lécher (souvenir d’une confiserie d’enfant !). La couleur n’était pas celle du résultat rien qu’en enlevant le papier. Un tube propose sa couleur brut, à mélanger oui, mais quelque chose de visuel très rapidement. Le petit paquet, lui, devait être caressé par le pinceau pour laisser filer sa couleur.
Les palettes ensuite, bien différentes de celles utilisées en huile, proposaient des nuances douces.
Et sa technique alors. Et bien simplement et magiquement celle de l’aquarelle : des coups de pinceaux visibles, des blancs non vide, des effets garantis de lumière, des surprises dues à l’eau, des petits grains de sel laissés ici et là, de la mie de pain, et une pâte pour délimiter ce qui ne devait pas être pris par la couleur, une sorte de dentelle de diffusion de la couleur et de l’eau…

Après elle s’est tournée vers d’autres techniques et d’autres loisirs créatifs. L’huile et l’acrylique ont trouvé leur place.

Les tissus de patchwork, de peluche aussi : des dessus de lit, des ours en peluche,
des tableaux de découpe, collage…et des carnets de voyage.
Je n’ai pas beaucoup de ses peintures en photo, livre ou tableaux à la maison, je ne vous propose alors que quelques pages de son carnet de plage, fait dans la ville de nos vacances dernières.



Elle a eu aussi sa période animalière : les chevaux, les chats ou gros félins (avec ou sans crêpe bretonnes à lécher !)…


Au fait, vous avez compris mon bonheur : j’ai des tableaux authentiques chez moi, quelques miens, quelques uns de ma maman, d’autres de cette tante…d’autres de peintres plus ou moins connus…il me manque quelques uns de mon père (qui peignait aussi avant de partir), de mon grand-père maternel et un de ma grand-mère maternel (sa statue africaine !). Et j’ai quelques portraits de moi (je compte un jour sur le plaisir d'être le modèle d'Anh…)…des prochains billets en perspective…sans compter l'atelier de ma maman...

17 commentaires:

caroline_8 a dit…

Entourée d'artistes, je comprends que tu peines à trouver ta place... mais il faut que tu fasses ton chemin et donc leur lâcher la main, prendre le pinceau à ton tour et exprimer ta vision de ta vie... je pense que tu le fait peu à peu sur ton blog, parce que là est ta cabane... pour l'instant!
J'aime la femme orangée...

BelleSahi a dit…

Moi aussi j'ai des tableaux authentiques chez moi. De mon père, mon frère, ma belle-soeur. Ce que j'aime chez un peintre, c'est l'odeur de peinture et d'essence de térébenthine.

Vanessa a dit…

Caroline: oui, je suis happée par la vision des autres... et mon chemin se doit être long et sinueux... je prend le tems de cheminer, prend pied aussi dans ma cabane (oui tu as raison!).

Bellesahi:j'aime...

cathulu a dit…

Ce n'est pas du sang qui coule dans les veines des membres de ta famille mais toutes sortes de peintures !

Vanessa a dit…

Cathulu: oui, toutes sortes de couleur...et quelques fois de l'acide!

beatrix a dit…

Je suis bien en retard dans mes petites visites. Je suis un peu lente en ce moment mais que de beaux articles Vanessa..j'ai fait une belle promenade dans cet atelier et admiré tous les chefs-d'oeuvres en passant..en fait quand on peint ou dessine il faut se faire plaisir avant tout..le reste ça vient après..et parfois on saisit un pinceau sans savoir pourquoi..belle soirée Vanessa.

Lily a dit…

Ah c'est merveilleux ! c'est toute une technique et tout un art l'aquarelle. Très beau cahier de plage (ta tante te l'a donné ?:)!
J'aime aussi la femme "orange"...
Quel bel univers !!
J'aime beaucoup sa cabane de peintre. Mon père a son atelier lui aussi, dans la maison, mais la grosse, énorme, table de sculpteur a disparu, ne restent plus que la table à dessins et la table (très spéciale ) qu'utilisent d'ailleurs les ouvriers joailliers, pour la gravure...
Bonne soirée Vanessa, et merci pour ce très beau billet.

rose a dit…

Le désordre des ateliers est aussi plein d'inspiration ! J'adore le carnet de plage.

Vanessa a dit…

Béatrix: les pinceaux sont rangés, le drame est peut-être là, je n'ai pas cet espace.

Lily: oui j'ai son carnet de plage mais aussi celui reprenant ses recettes de crêpes et ses chats...
Je suis toujours toute patiente en attendant ton billet sur la sculpture et ton père, voire son atelier!

Rose: oui cela m'inspire malheureusement je n'y reste pas je passe en coup de vent!

caroline_8 a dit…

Le drame, et là, tu as raison... est que nous avons toutes, nos pinceaux de ranger... parce que pas de cabanes! Les foyers ne sont pas fait pour les mères pleines de talent; les priorités passent avant eles et c'est pourquoi, elles remettent à plus tard... et le temps passe!

Virginie a dit…

Quel voyage, quelle visite tu viens de nous offrir, merci de partager cela avec nous...en lisant...j'avais l'impression de revivre tes souvenirs juste à côté de toi...c'est étrange de se transposer dans des endroits qu'on ne connait pas, auxquels on surajoute des odeurs, de papiers, de poussière, de pigments...

Encore merci, j'en suis encore toute émue.

Lysalys a dit…

Merci de cette superbe visite... En te lisant, j'ai eu le sentiment que tu étais encore un peu cette petite fille avide d'essayer, mais n'osant pas, trop admirative, attendant un encouragement pour oser voler les pinceaux et les belles couleurs. Alors si c'est ce qui te manque : lance toi, tâtonne, barbouille, montre nous ce que tu fais si tu le souhaites (ben oui, j'attends toujours les sculptures ;) ).
Merci.

Vanessa a dit…

Caroline: allez zou, réouverture de l'atelier virtuel avant d'avoir la place de s'y mettre avec aisance.

Virginie: avec plaisir! J'ai bien sentie ton regard dirigé comme moi vers ces détails d'atelier...

Lysalys: oui!! Je ne tatonne même plus mais le prochain billet est un clin d'oeil pour toi!

maijo a dit…

Eh oui, difficile de trouver son chemin parmi toutes ces routes déjà tracées et pas mal parcourues.
Mais tes billets montrent déjà une très grande sensibilité, un caractère affirmé et du goût, beaucoup de goût.
Les aquarelles de ta tante sont très belles.

Vanessa a dit…

Maijo: merci...et je vais bien réussir à trouver ma place...

Katell a dit…

Je compends pourquoi cette fibre sensible et créatrice vit en toi! Très joli billet qui me permet de te découvrir un peu plus encore...Merci :-)

Vanessa a dit…

Katell: quand il s'agit de ce regard, j'aime l'emmener avec moi... alors à la prochaine visite!