vendredi 5 juillet 2013

La laideur du sage, peinture chinoise

Je finis ma parenthèse enchantée dans le monde des peintres classiques chinois. Je vais rendre "L'Espace du rêve : mille ans de peinture chinoise" de François CHENG à sa propriétaire, je ne peux décemment pas continuer à m'y perdre.

Je sais aussi que je ne retiendrais presque rien de ce voyage, il m'aurait fallu le vivre, prendre mes pinceaux, marcher dans la nature, retrouver les rochers et les arbres si chers aux peintres chinois. Mais cette première petite escapade en si bonne compagnie, celle de Monsieur CHENG accompagnant le regard ne sera pas vaine: une verticalité des falaises, paysage vers le haut et vers le bas, l'abime n'étant pas là un danger, une chute possible mais bien une ascension, des singes loin d'être simiesque mais bien comble de la liberté, un pêcheur comme l'effacement des besoins artificiels, des saisons, des météos toujours respectée et pourtant peu de tempêtes... des traits de pinceaux au noms si figuratifs, du noir absolu de Chu Ta, des encres diluées, des formes architecturales qui s'insinuent...
J'ai adoré ces paysages, ces effets botanistes qui n'en sont pas. J'ai adoré les animaux, présences dans l'harmonie.

Le lettré toujours au dehors même si il est à l'intérieur, de la méditation un peu, de la contemplation beaucoup... j'aurais aimé tout noter, juste encore une fois.
Ici la laideur du sage:

*source Liang K'ai, L'immortel

"La beauté du sage passe souvent pour de la laideur. Sa chevelure ne connaît guère les parfums, son vêtement s’accommode de la poussière des chemins: pourtant, son corps et son esprit sont purs. Nul ne songerait à le prendre pour un personnage distingué; c'est qu'il a atteint au même détachement que le pauvre pêcheur qui chante sur sa barque: "Claire est l'eau de la rivière, j'y laverai mes turbans; mais si elle est boueuse, j'y laverai mes pieds..."
La technique adoptée par Liang K'ai est celle de "l'encre éclaboussée", qui exige une rapidité extrême d'exécution. Mais ne nous y trompons pas: le geste de peindre est ici l'aboutissement d'une longue méditation, l'"art" ne servant qu'à transcrire une vision intérieure déjà entièrement maîtrisée à l'instant où le peintre s'empare du pinceau. L'impression en tous cas est saisissante. Qui est cet "Immortel" ? Un homme qui rêverait qu'il est devenu montagne? Une montagne qui se rêverait homme? Pour un artiste digne de ce nom, le moindre rocher n'est-il pas aussi vivant que le sage qui se repose à son ombre?"
(extrait de "L'Espace du rêve : mille ans de peinture chinoise" de François CHENG)

Ça y est, le livre est refermé!

2 commentaires:

Frédéric a dit…

Quand on me dit que je suis moche,
Je me marre doucement, pour pas te reveiller,
Tu es ma petite Marylin, moi je suis ton Miller,
Hein, non pas Arthur, plutôt Henry spécialiste de hardcore.

La beauté cachée des laids des laids,
Se voit sans délai, délai.
La beauté cachée des laids des laids,
Se voit sans délai, délai.

Même musique même reggae pour mon chien,
Que tout le monde trouvait si bien,
Pauvre toutou c'est moi qui boit c'est qui est mort,
D'une cyrrose, peut être était ce par osmose,
Tellement qu'il buvait mes paroles.

La beauté cachée des laids des laids,
Se voit sans délai, délai.
La beauté cachée des laids des laids,
Se voit sans délai, délai.

Vanessa a dit…

Frédéric: oui...