mercredi 12 janvier 2022

Voeux


Je suis rarement là où on m'attend. Je suis décevante, mauvaise fille, mauvaise petite fille, mauvaise compagne, mauvaise mère. OUI.

Je suis là quand je peux. Je ne fais pas semblant (ou le moins possible). Quand je ne peux pas offrir du bon, je préfère ne pas être là, ne rien offrir du tout.

Non, je n'ai pas appelé toute ma famille, tous mes amis, pour la nouvelle année. Non.

Décevante mais entière. J'espère être présente à ceux que j'aime quand ils ont besoin et non en fonction d'un calendrier. J'espère qu'ils savent que je les aime.

J'ai beaucoup donné, pensé à eux, investis de mon temps pour les réconforter... et depuis mes 40 ans, je ne peux plus autant. Je suis lessivée, épuisée. Alors je me préserve comme je peux.

***

Ici comme ailleurs les voeux arrivent tard mais je vous les souhaite de tout coeur et j'ai une forte pensée pour la poétesse Mélanie Leblanc dont j'emprunte le premier (extrait des "Etoiles filantes")

"Je te souhaite de grands soirs

                                            et aussi des matins."

Je vous souhaite des chemins... même s'il y a des obstacles.

Je vous souhaite des couleurs... des bleus à l'âme mais aussi du rouge aux joues, du blanc dans les cheveux, du vert sur les paumes de main, du jaune soleil dans le coeur.

Je vous souhaite du temps... des éternités de baisers, des secondes de tracas, des siècles de passion.

Je vous souhaite des cris... de joie, de vitalité, d'espoir, de refrains.

dimanche 26 décembre 2021

Un parcours de motricité en maternelle: un exemple "sauter, franchir"

Devenir citoyen par le sport. Je ne sais pas pourquoi cela m'a paru assez difficile à appréhender pendant la préparation du concours CRPE. Heureusement j'ai été interrogée sur la natation et (pour l'anecdote, malgré les révisions de mon fils pour apprendre par coeur les programmes de cette discipline, j'en ai été incapable: un blanc de 3 à 4 minutes quelque soit le cycle, le jury en est resté sidéré autant que moi!)

*source Beatrice Alemagna, illustration de "Lotta, la filoute" d'Astrid Lindgren

Selon les communes, en tant que professeur, vous pouvez (ou non) être en charge de l'enseigner. L'année dernière fut ma première année. Bonheur de la natation pendant un temps. Mais j'ai eu beaucoup de mal à investir ce domaine (avec en plus un manque de moyen considérable). Parce que non, vous ne pouvez plus proposer des jeux collectifs comme nos chers volley-ball, basket, foot, hand). Il faut aussi partir sur des jeux collectifs aux règles mettant en avant des difficulté de l'humain et non des règle de jeu conventionnels. Adieu mes souvenirs de "Jeanne et Serge".

Cette année j'en suis en charge, surtout qu'en maternelle, l'activité physique est prévue tous les jours. Je voulais ainsi proposer ici un focus d'une de mes propositions chouchou: le parcours de motricité.

Bon, il vous faut:

- du temps de préparation effective le jour même (une bonne demi-heure pour le mettre en place, compter moins pour le ranger surtout s'il s'agit d'une autre classe qui s'en charge, où si ce sont les élèves eux-même qui sont investis de cette fonction en sein de leur activité! Un prolongement du jeu des déménageurs avec tri associé ;) )

- du temps de préparation en amont (sauf si une bonne âme a pris des photos ou a fait des schémas avec le matériel présent dans votre école)

- une grande salle de motricité

- du matériel! 

***

Je n'ai pas proposé tout ce que vous voyez ici:

- pas de lectures, écriture si ce n'est celle concernant la structuration spatiale de ce cher chien par rapport à son carton (qu'est-ce que je l'ai cherché cette représentation de "à travers")

- pas de maquette parce que je n'ai pas de kit de matériel miniature

Mais voilà vers quoi j'aurai aimé aller : il s'agit ici de passer de tomber à sauter

J'aime aussi le parcours car une fois installé, vous êtes complétement disponible à vos élèves surtout si vous proposez un parcours linéaire: les élèves se suivent dans un circuit fermé. Il ne reste plus qu'à engager vos élèves dans l'activité, les encourager, les sécuriser, les rassurer, les observer (pour les évaluer aussi!)... et les féliciter après.

Voici des photos de ma mise en place réelle faite dans une de mes écoles, la dernière semaine avant les vacances.



Bon! Que dire! J'adore cette salle de motricité, immense, haute de plafond, très claire (très bruyante aussi).

***
Mais pourquoi donc avoir illustrer ce billet avec cette petite fille en mode cochon pendu! Parce que notre objectif est de proposer des mobilités différentes du quotidien, avec des difficultés croissantes et dans un cadre structuré et sécurisant.

Et qu'il y a bien une (?) chose dont je rêve: grimper aux arbres, escalader, surfer sur les vagues, surfer le vent, me prendre pour un écureuil volant (wingsuit).... (et si vous me connaissiez d'avant l'interruption de ce blog: slalomer entre les murs, escaliers, toits avec le parkours...)

Bon je ne proposerai pas toutes ces mobilités (dangereuses.... enfin pas toutes). Mais j'aime l'idée de proposer une structure rassurante et sécurisée à la prise de risque. Comme pour le lutin qui a grimpé aux arbres et aux structures en araignée des parcs en sachant en descendre seul, je mets beaucoup d’énergie à proposer aux élèves de trouver eux-même la solution. En haut de la structure, prendre le temps de se mettre en sécurité : les mains tiennent, jamais face au vide, un pied après l'autre, chaque pas devant être très très stable. Je ne les tiens pas, je suis là, ma main près de leur dos et je ne leur donne pas la main.

"Mets toi en sécurité. Non, tu n'y es pas encore. Oui. Appuie plus sur tes pieds" Et par contre j'appuie sur les chaussures pour montrer ce que j'appelle stable. Beaucoup de temps passer là, juste au point charnière.

De quoi leur apprendre à prendre des risques calculés, à faire des choses "dangereuses" mais en sachant le plus possible s'en sortir seul. J'envie beaucoup ces éducations qui donnent une liberté folle aux enfants tout en leur ayant appris l'essentiel pour ne jamais se sentir effondré. J'aurais aimé oublier le monde grimpée sur un arbre.

 Ça je sais que c'est moi qui l'ai apprise seule, pas dans une formation mais dans mon envie de voir mon chenapan aller plus haut, plus loin que je n'ai jamais fait... ça va: en plus de l'escalade, il fait ça !

mercredi 15 décembre 2021

Les puissances et les racines carrées

 J'ai, encore, toujours, à jamais, besoin de chercher des manières autres d'apprendre. Pour le lycéen, maintenant autonome, je me dois de revenir l'aider. J'arrive à trouver de quoi axer mon soutien en histoire géographie par exemple mais en mathématiques c'est le néant. Je ne suis pas bonne dans cette matière. Pour passer le concours de professeur des écoles, le CRPE, j'ai vu mes capacités limitées pour le programme de 3ème et de 2nde.

Il n'empêche je cherche encore et encore pour le loupiot. Après la méthode de Singapour et les derniers manuels achetés en anglais, je ne savais plus vers quelle méthode explicite me tourner. Revenir vers la manipulation peut-être aussi.

Voici par exemple des ateliers faits par l'ado alors collégien pour reprendre les notions et savoir si elles étaient intégrées avant de passer à plus complexe.

Géométriquement, avec Montessori, reprendre les puissances:

Le cube de puissance de 2:

20 soit 1

21 soit 2

22 soit 21 x2, soit 4

23 soit 22 x2, soit 8

24 soit 23 x2, soit 16

25 soit 24 x2, soit 32

26 soit 25 x2, soit 64

 

Reconstituer le cube

***

Puis les nombres de 1 à 9 au carré:

 ***

Puis les racines carrées




Choisir un métier pédagogique et ne plus pouvoir aider son fils


Tout est dit! J'ai choisi une reconversion professionnelle qui m'a demandé beaucoup d'investissements, en temps, en énergie, en réflexion, en humilité, en remise en question. 

Je suis professeure des écoles depuis 3 rentrées scolaires, et depuis, le fiston se débrouille sans moi. Nous sommes passés de lui, épaulé, cadré, exercé, interrogé, débattant avec moi sur son dos tous les jours à... des encouragements et des arrêts sur difficultés une ou deux fois par mois.

Je culpabilise beaucoup. Il a su démontrer ses capacités tout au long du collège, une bonne moyenne. Mais elle cache une hétérogénéité complète: de très bonnes notes en sciences et des moyennes dans toutes les autres matières.

En seconde, patta-tras. Les notes descendent. Je n'ai jamais exigé de bonnes notes mais certaines montrent un déficit de compréhension net. Avec l'ado cela a toujours été clair: une mauvaise note pouvait être un manque de travail dont il avait seul la responsabilité, un problème à l'instant T s'expliquant. Là aucun commentaire, cela ne se reproduirait normalement pas, le loupiot étant studieux. Mon attention restait sur les difficultés où un investissement pouvait apporter une évolution.

Mais voilà, nous avons perdu la manière, lui prenant son autonomie, moi en prise avec les programmes et attendus de maternelle et d'élémentaire en tant que maîtresse et n'ayant plus la notion du travail à la maison prévu pour un lycéen.

Nous allons reprendre car il lui faut à nouveau un soutien, de la méthode pour que son travail gagne en efficacité.


mardi 23 novembre 2021

Leçons, traces écrites en sciences (vivant) pour non lecteurs

Pour la classe de CP, je propose les cours de questionner le monde, en particulier sciences. C'est parfait, j'adore un des thèmes: le vivant.


 

Mon approche n'a rien de fabuleux mais un point essentiel méritait partage: l'utilisation du sensoriel, du visuel. Ici de la manipulation, des kits, un pantin, des fiches auto-correctives, des consignes dessinées et du texte en mode pictogrammes. Je dois cette dernière révélation à une approche d'une langue étrangère par flashcards (merci l'année dernière et mes CM2 en anglais) et par les dictées proposées par Alice en Ulis.

Nous avons abordé le corps humain et ses articulations.

Puis ce qui était vivant ou non; ce qui était graine ou pas; animal, végétal, minéral ou fabriqué par l'homme. Bien-sûr nous avons fini par le développement direct et indirect des animaux, le premier le petit ressemble à l'adulte, le second non. Et parce que j'aime par dessus tout la manipulation comme passage de la modélisation à l'abstrait, je leur ai proposé une approche sensorielle de la croissance continue et discontinue (métamorphose dûe à une mue, un changement de peau).

Je leur ai demandé de me dessiner les petits des animaux poule, chat, grenouille et coccinelle.

J'ai utilisé les étapes de vie proposés par École du bord du monde pour une utilisation autonome malgré le fait que nous n'ayons pas tous les kits en commun.

De mon côté, 2 développements directs (serpent et escargot), 1 développement indirect (grenouille) et 4 croissances discontinues avec mue (coccinelle, lucane, papillon et moustique). Le dernier pour amener le fait que la larve ne vit pas forcément dans le même milieu que l'adulte.

dimanche 10 octobre 2021

Il a eu 15 ans!


Je ne vois pas les jours passer, je suis dépassée...depuis plus de 3 ans: mon horizon professionnel n'est pas calme et, pendant ce temps-là, le petiot grandit, murit, devient plus pertinent, plus enthousiaste, plus aventureux.

Trois ans que je suis ailleurs, le papa aussi, et qu'il pousse, pousse. Trois ans qu'il est notre priorité et que pourtant il n'est plus au centre. Notre attention a été plus diffuse, moins concentrée. Il a grandi d'un coup. Il a eu 15 ans notre grand.

Mon plus grand défi, ma plus grande aventure, ma responsabilité ultime.

Lui, ado, grand, passionné, passionnant. Tactile, attentionné, câlin et aussi un pied dehors, la tête déjà un peu ailleurs, les doigts sur une prise d'un mur d'escalade, de son propre univers.

Il a notre confiance, entière, il a notre amour, tous les jours plus fort. Il a notre fierté pour ce qu'il est, ce qu'il devient et qui ne dépend pas de nous.

Il est moins timide, tant mieux. Il ne veut toujours pas une quantité d'amis mais peu, de choix. Il aime et sait que c'est une prise de risque mais il l'accepte. Il n'entre plus dans le monde derrière nous, sur notre côté, mais bien devant avec envie.

Je lui envie sa fougue, je lui envie sa capacité à lâcher-prise, à rire à gorge déployée. Félicitation grand funambule!