jeudi 6 mars 2008

Aubergines à la japonaise: sésame noir et tofu au miso

Mais comment cuisiner l’aubergine pour qu’elle ne soit pas imbibée d’huile ? A part le four, cette recette permet vraiment d’apprécier la chair des aubergines.

Aubergines légères au sésame noir et leur tofu au miso persillé
Pour 2 personnes :
2 aubergines moyennes
4 cuillérées à soupe de graine de sésame noir (peut être remplacé par du blanc)
2 cuillérées à soupe de shoyu (ou sauce japonaise au soja)
2 cuillérées à soupe de sucre
Du sel
200g de tofu fumé
1 cuillérée à soupe de persil
1 cuillérée à soupe de miso
1 cuillérée à café de vinaigre de riz
1 échalote



Coupez les pédoncules des aubergines. Coupez-les en deux dans le sens de la longueur, puis reprenez les moitiés et coupez chaque en quatre dans le sens de la longueur. Salez les morceaux et laissez-les dégorgez pendant une ½ heure.

Préparez votre sauce en chauffant à sec le sésame noir en tournant continuellement jusqu’à l’apparition d’une odeur mais sans les griller. Mixez-les. Rajoutez le shoyu et le sucre.

Mixez à part le tofu en petits morceaux, l’échalote grossièrement découpée et rajoutez le miso, un peu d’eau, le vinaigre de riz et le persil.

Reprenez les aubergines légèrement dégorgées, rincez-les soigneusement et laissez-les 10 minutes dans de l’eau très froide. Faites-les cuire ensuite dans de l’eau pendant 10 bonnes minutes (arrêtez la cuisson avant qu’elles se décomposent). Pressez-les doucement pour enlever le surplus d’eau et disposez les sur vos assiettes en étalant la sauce au sésame noir dessus. Mangez chaud accompagné du tofu froid !

mercredi 5 mars 2008

Pêche enthousiasmante de petits poissons

Simon LEYS, dans ses chroniques littéraires, prend à part la culture, la digère et se la réapproprie avec sagacité et pertinence. Il est vrai que l’auteur fait continuellement références aux écrivains, philosophes ou artistes et que pour comprendre en profondeur sa position il nous (me) faudrait chercher plus loin. Seulement, la juxtaposition des pensées d’autrui se mêle à la qualité de la réflexion de LEYS. J’ai pris un malin plaisir à cette lecture de "Le bonheur des petits poissons, Lettres des Antipodes".



D’une part, car il marque un reflet de certaines de mes préoccupations du moment : il ne faut pas oublier que Simon LEYS, ou Pierre Ryckmans, sinologue, est aussi connu pour ses traductions d’artistes chinois, et en cela, je retrouve des prolongements à mon billet sur la pensée avant l'action de peindre. J’ai encore plus envie de m’offrir « Shitao : Les propos sur la peinture du moine Citrouille-amère », dans mes mains un jour et reposé, repris un autre jour et encore reposé.
Mais aussi, parce que ses « lettres aux antipodes », courtes, rappellent une méditation sur la création tout entière. Loin des sentiers battus, cette lecture est salutaire, elle fait le pont entre toutes les formes de création (musicales, littéraires ou artistiques) et allie pensées occidentales et asiatiques. Quelques anecdotes, des incongruités prises ici et là, rendent vivant le rapport de la création au réel : du bon goût, apanage des personnes sensible au beau et non à la proximité créative, des rapports vitaux des écrivains à leurs critiques littéraires (comme une femme nue offerte à la vue, même laide, l’on se surprend à désirer la regarder), aux vies des écrivains non décalquées dans leurs œuvres, en passant par le manque d’inspiration. Soit la recette d’Hemingway, « écrire chaque jour quelques lignes comme on tire de l’eau d’un puits ; après un seau, disait-il, la nappe souterraine reprend son niveau. Mais si vous pompez trop d’eau d’un coup, vous risquez de vous retrouver à sec. » Qu’il est bon de suivre l’auteur dans son plaidoyer pour la lecture salvatrice de romans. Œuvre d’imagination mais aussi œuvre d’un historien du présent, LEYS nous rappelle avec une joie communicative ce qui est sain en considérant, à juste titre, que déjà la conscience humaine est une maladie : « Ce que je voulais souligner est simplement ceci : notre équilibre intérieur est toujours précaire et menacé, (…) et finalement c’est peut-être un personnage de Mario Vargas Llosa qui a donné la meilleure description de notre commune condition : « La vie est une tornade de merde, dans laquelle l’art est notre seul parapluie. » »


Lire d’un seul tenant est jouissif, je n’ai qu’une seule envie, reprendre la lecture pour tous les apports de cet auteur : sa magnifique éloge de la paresse loin de l’oisiveté pourtant ou encore sa philosophie de vie : « Samuel Butler compare la vie à un solo de violon qu’il nous faut jouer en public tout en apprenant la technique de l’instrument au fur et à mesure de l’exécution. » et « quiconque, en fin de parcours, a le sentiment d’avoir réussi sa vie, ne devait pas avoir visé bien haut au départ. » ou encore toutes les miscellanées sur les écrivains, musiciens ou artistes évoqués, ses envies de fumer rien que parce que c'est interdit (et bien plus que cela).

Je me garde de faire un nouveau billet sur la création « cosa mentale ». N'hésitez pas à lire le billet de Flo, elle aussi conquise, et relire l'extrait sorti de son contexte, décrivant le titre ici. L'initiative de Babelio, Masse Critique est expliquée .


livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

Rajout du 29/06/08: Je viens de découvrir un superbe billet sur les compétences de ce sinologue et un retour sur ce livre, c'est ici sur le blog de Littérature chinoise & traduction. Vous y trouverez les noms des artistes chinois cités et la mentalité de cet auteur. De quoi donner envie d'aller encore plus loin.... mais oui j'ai maintenant « Shitao : Les propos sur la peinture du moine Citrouille-amère ".

1ère dégustation de Lapsang

La première dégustation de thé au zhong a eu lieu lundi, sans flash ni parole. C’était une impression très agréable, de sérénité et j’en avais besoin. Il y a longtemps, j’avais suivi un amateur très éclairé dans une dégustation en découvrant un monde de sensations bien particulières…mais il y a tellement longtemps que j’avais oublié.
La dégustation au zhong est une vraie découverte. Le breuvage n’a plus le même goût avec cette préparation et l’attention portée à tous les détails visuels, olfactifs. L’odeur du couvercle est une révélation : tellement différente de celle du breuvage !
Alors voici ma première dégustation avec un formulaire de dégustation de Tea Masters. Je prouve mon incroyable méconnaissance et mon inexpérience totale, il y a tellement de vocabulaire sur le thé comme nous le prouve entre autre le site Admirable Tea: sur le thé (feuilles sèches), sur la liqueur (breuvage) ou sur l’infusion (feuilles mouillées) ....
Merci à Flo (et à son Mini Swap Thé), je déguste avec le zhong offert et un thé choisi par la demoiselle…

Grand Chine Lapsang
Accessoire d’infusion utilisé : zhong en porcelaine blanche fine (n'hésitez pas à lire comment boire le thé en zhong)
Quantité de thé : 2 grammes
Eau : robinet (oui, oui, une honte!) eau froide 1/3, eau bouillante 2/3


A/ La Vue :
Aspect du thé (les feuilles sèches) : feuilles légèrement enroulées, courtes et brisées
Couleur du thé : brun/ gris bleu
Couleur de la liqueur (breuvage) : orangé intense
Clarté de la liqueur : lumineuse
Aspect de l’infusion (feuilles mouillées, ouvertes) : brun rouge en début d’infusion, vers le brun vert

B/ L’Odorat :
Le thé (les feuilles sèches) : fumé, essence de pin, comme un peu grillé
Le couvercle : fumé et mouillé avec un peu d’herbe
La liqueur : fumé mais l’essence de pin a disparu
L’infusion (feuilles mouillées) : de sous-bois
Verre vide : …

C/ Le Goût :
Sucré : non salé
Persistance du moelleux : ?
Acidité : non
Dans la gorge : un peu astringent
Impression de sec : oui

A la deuxième infusion, la couleur de la liqueur change…

En terme plus vulgaire, j'aime ce thé, fort en bouche...

mardi 4 mars 2008

Les métiers imaginaires *5* mars

Avant de vous proposer une petit mise en appétit de vos imaginaires sur pattes ou palmes (ou nageoires) de février, voici le thème de mars des Passeurs d'imaginaires (vous avez jusqu’au lundi 31 !). Quels sont vos métiers imaginaires ?


Vous pouvez à loisir :
- vous prendre pour un inventeur de métiers, provoquer les vocations, effacer la distinction entre rémunéré et uniquement reconnu d’utilité
- nous parler du vôtre (et oui, je confirme : maman en est un ! Non mais alors !)
- nous ouvrir des archives et reprendre un vieux métier, son appareillage, son univers, ses matières premières, ses clients, ses objectifs
- évoquer un enseignement précis arrivant jusqu’à un métier, mettre en surface la vocation, nous amener dans un cabinet, un atelier, un lieu de travail (en coulisses)
- nous révéler ce que vous vouliez faire tout petit et ainsi nous désigner ce qu’un métier a de symbolique
- nous préciser ce qu’un métier est supposé apporter à d’autres niveaux qu’économiques
- nous amuser avec des ambigüités professionnelles (« Le journal d’un tueur sentimental » de Luis SEPULVEDA)
- nous proposer un personnage reconnu pour un métier particulier et brosser son portrait (ex : une mise en lumière du livre « Un léopard sur le garrot » de Jean-Christophe RUFIN)




L’imaginaire, ici, n’est qu’une façon de vous amener à partager : de l’imaginaire, du réel, de la passion. Les Passeurs ne font que regrouper certaines envies de partage pour pousser tous les autres à rebondir avec leurs propres ressentis et émotions. Les Passeurs d’imaginaires ne seraient rien sans vous : ceux qui participent, ceux qui lisent et redemandent d’autres ouvertures inter-blogs. Merci !

lundi 3 mars 2008

Le bonheur des petits poissons


*source portrait de Zhuang Zi, Chuang Tsu, Chuang Tse ou Chuang Chou
« Zhuang Zi et le logicien Hui Zi se promenaient sur le pont de la rivière Hao. Zhuang Zi observa : «Voyez les petits poissons qui frétillent, agiles et libres ; comme ils sont heureux !» Hui Zi objecta : «Vous n'êtes pas un poisson ; d'où tenez-vous que les poissons sont heureux ? - Vous n'êtes pas moi, comment pouvez-vous savoir ce que je sais du bonheur des poissons ? -Je vous accorde que je ne suis pas vous et, dès lors, ne puis savoir ce que vous savez. Mais comme vous n'êtes pas un poisson, vous ne pouvez savoir si les poissons sont heureux. - Reprenons les choses par le commencement, rétorqua Zhuang Zi, quand vous m'avez demandé "d'où tenez-vous que les poissons sont heureux" la forme même de votre question impliquait que vous saviez que je le sais. Mais maintenant, si vous voulez savoir d'où je le sais - eh bien, je le sais du haut du pont.»
(extrait de "Le bonheur des petits poissons" de Simon LEYS dont je parle )

Je ne suis pas un sage mais, du haut de mon pont, je vois de la souffrance…pour ceux qui se reconnaitront…

samedi 1 mars 2008

Lu Yu nous parle de torréfaction du thé

Katell m’avait un peu intriguée avec cette torréfaction du thé. Je n’ai pas réussi à trouver une définition claire de ce que c’est : pour certains il s’agit juste d’un procédé utilisé pour les thés verts, pour d’autres ce serait le panning process, encore pour d’autres il faudrait faire la distinction entre méthode chinoise et japonaise. Je ne suis pas une experte…je reste dans le flou…Teamasters, blog hautement recommandable, nous explique aussi les différents degrés de torréfaction des Wulongs.

Loin d’être un traité sur le thé, l’indice de mon (ou ma) swappé(e) du Mini Swap Thé reprend tout de même ce superbe extrait sur la torréfaction des galettes de thé, pu’er, tiré de « Cha Jing ou classique du thé » de Lu Yu que j’avais lu chez Katell :
"Lorsqu'on torréfie du thé en galettes, il faut veiller à ne pas le faire au-dessus de braises exposées au vent : le feu s'élevant de façon sporadique, les flammes seraient comme de petites lames et le thé ne serait pas chauffé de manière homogène. Il convient de l'approcher du feu, de le tourner sans relâche jusqu'à l'apparition de petites aspérités, telles celles qu'on trouve sur le dos d'un crapaud. Alors, on continue à rôtir les galettes à la flamme, mais à cinq pouces de distance. Dans le cas où la galette gondole, ou qu'elle se désagrège, il faut recommencer la torréfaction depuis le début."
Lu Yu est un personnage emblématique de la légende du thé. Maître de thé, spécialiste dans le choix des eaux qui servent à sa préparation, ses écrits sont une pierre angulaire des pratiques autour du thé.


Pour un exposé complet n’hésitez pas à lire ce superbe billet d’où provient cette peinture, qui me fait penser au travail de Fan ZENG .

« Pour chasser la soif, il faut boire de l’eau. Pour chasser l’ennui, il faut boire du vin. Pour s’éclaircir l’esprit et rester éveillé, il faut boire du thé. »

Lu Yu « Cha Jing ou classique du thé »