samedi 2 mars 2013

Le thé comme apprentissage sensoriel... un amber wulong

En terminant les boites de thés, j'ai effectivement du mal à ne pas les déguster avec plus de temps. Du plaisir toujours mais peut-être de la précipitation et en tous cas moins d'attention sur les sensations.
J'aime beaucoup les sensations. Beaucoup je dois l'avouer par hédonisme mais aussi pour une certaine connaissance de son corps, un peu comme un explorateur.
J'aime effectivement intellectualiser le rapport au corps, l’organisme et l'esprit. La dégustation des thés apporte là une pratique extrêmement intéressante pour savoir, en fait, qui l'on est. Comme si nous mangions dans le noir, soit retrouver d'autres repères, réinventer un univers, le thé apporte cette expérience. Alors oui, la texture est la même, liquide, quoique. La liqueur peut être lisse, grasse, plate, ronde, moelleuse, pâteuse, etc... consistante (j'avais même tapé constituante... et le lapsus n'est pas si mal venu que cela).
Avec le thé, même s'il fait appel aux cinq sens, oui, oui, il nous demande de se former une palette aromatique et gustative ne sortant que de la mémoire et de notre vie, toutes nos expériences, notre vécu. Nous sommes lâché dans le vide, nous n'avons pas grand chose pour nous raccrocher. Il faut se lancer, se tromper, peaufiner ses sens.

Souvent devant mon zhong je me dis que je ne sais pas faire, qu'il me faudrait des cours, que malgré un langage lu dans les livres sur le sujet, malgré quelques échantillons de vocabulaire retrouvés, je ne sais pas. Je rêve de cours organoleptiques sur le thé... de quoi intellectualiser mais aussi avoir une mesure et une rectification, des ateliers olfactifs plus poussés qu'à la maison. Un rêve de sentosphère, comme pour le vin.
Alors oui, je ressors aussi ma palette des arômes (issue d'un livre de Lydia GAUTIER) et teste mon nez. J'aime beaucoup aussi la mise à neutre du nez si nous n'arrivons plus à saisir les odeurs et les distinguer une à une... mettre le nez sous l'aisselle (adieu transpiration et son pendant actuel le déodorant!).

J'aime ainsi les fiches de dégustation de thé... palette aromatique, nuancier de couleurs des feuilles et de la liqueur etc... Alors cette fois-ci j'ai sorti la fiche de dégustation de Kris/Thé noir et un Amber wulong de Taïwan (région de Nantou).


Les feuilles sèches sont froissées et avec de nombreuses nuances de couleurs, anthracite, vert sombre, quelques touches de marron/rouge et aussi quelques pointes de vert presque blanc, comme cotonneux.



Les feuilles mouillées sont elles toutes marron comme des feuilles mortes au plus fort de leur décomposition, mais rien de négatif à cela.


L'odeur, sur le couvercle du zhong, est sucrée comme des fruits cuits. Par contre, à même les feuilles humides, c'est plutôt un voyage dans les sous-bois.
La liqueur est ambrée, parfaitement conforme au nom du thé, et limpide. Elle est douce, ample légèrement fruitée mais avec tout de même un petit goût de foin/bois.

Et l'un dort du sommeil du juste, l'autre joue... et des sources sonores un peu partout... mais on profite de la présence isolée de chacun.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Oh, Vanessa, une telle mise en ambiance - dans ta bulle quand l'un dort et l'autre joue - ne se trouve pas dans la Tea Box. Bravo!
On dirait que les cases de ma fiche n'ont pas été assez grandes pour accueillir tes notes,je crois voir que tu as écrit dans la marge supérieure.
Kris

Vanessa a dit…

Kris: :)
si, si, tes cases sont assez grandes mais je n'avais pas assez bien regardé avant (tout mon texte du haut allait dans "emballage", en fait). Par contre je n'utilise pas encore les cases "eau" et "grammage"... je bois encore trop en amatrice... la température oui, le temps est "à l'odeur du couvercle de zhong".
Merci encore