jeudi 4 février 2016

Grèce 2/2

Le lutin présente son exposé cet après-midi (cf premier billet ici).


Il a passé beaucoup de temps à récolter des informations et à préparer ses affiches.
Les éléments imposés concernent la fiche d'identité (capitale, superficie, nombre d'habitants, drapeau, langue, monnaie, devisE, hymne, gouvernement), le relief, le climat.

Le petit d'homme a voulu rajouter un peu d'histoire et voici mon premier apport, lui indiquer qu'au nombre des éléments une frise chronologique permettrait peut-être de bien situer. Ne pas noter les dates, trop abstraites pour l'instant mais de longues périodes. Après discussion, il a remarqué que nos périodes historiques n'étaient pas les mêmes que celles de Grèce. Je lui ai donc créé une frise avec nos périodes puis succinctement celles de la Grèce, à lui de compléter. J'ai volontairement segmenté en siècle sans mettre de date et en ne me souciant que peu des limites d'une période à 100 ans près. L'intérêt était de faire simple! Si vous la souhaitez n'hésitez pas à me la demander par mail ou commentaire.

 (cliquez pour la voir en grand)

Ses mots écrits puis que j'ai tapés à l'ordinateur - sans faute - (seconde et dernière contribution). Pas de phrase toute faite juste un plan bien détaillé.


Il y parlait des 5 mers (ionienne, méditerranéenne, Égée, de Crète et de Thrace) symbolisées par les 5 barres bleues sur le drapeau, des 4 barres blanches rappelant les 400 plis de la fustanelle (jupette des soldats grecs, les "evzone"), de la croix orthodoxe.
Il avait noté les 9 régions: îles ioniennes, Crète, Macédoine, Thessalie, Péloponnèse, Attique, Thrace, Grèce centrale, Épire. Les nombreuses montagnes dont le mont Olympe et les Météores, pitons rocheux, sur le sommet desquels des monastères nichent, les 2 000 îles dont seulement 140 habitées.
Il a indiqué la civilisation mycénienne, venant de Mycènes, première civilisation organisée du monde, les hiéroglyphes crétois (et des exemples), première écriture d'Europe, la Guerre de Troie et Agamemnon, Alexandre le Grand réunificateur de la Grèce, la création des jeux olympiques et de la démocratie.
Il a parlé du petit-déjeuner des travailleurs d'Athènes (une soupe à base d'intestins de veau), de tartine au miel, de loukoums, de pieuvres qui sèchent sur le fil au soleil, de pigeons dévorés, d'aubergines ou de "kourabiédes" (pâtisseries à base de fleur d'oranger qu'il a ramené pour la dégustation).
Il voulait présenter Homère (il a même préparé une petite surprise avec un autre Omer), chanteur autant qu'écrivain de L'Iliade et l'Odyssée, Ésope dont Jean de La Fontaine s'était inspiré pour ses fables, Socrate (le premier qui ne voulait pas croire en leurs dieux grecs) et Platon. Puis il s'est restreint dans toutes ses envies de partage sur la mythologie tout en leur offrant le parcours des héros en carte puis des dessins (Homère/Omer, "rhyton", "komboloï", sirène à plumes...).


Il  s'exerce là à dessiner le rhyton: un vase destiné aux cérémonies en forme de tête de taureau. Taureau symbole de force virile en Crète (et indication pour le minotaure).

Un bon quart d'heure à l'oral, les bouches pleines, un petit bonus sur des mots français choisis venant d’étymologie grecque:
Dinosaure = deinos (terriblement grand, effrayant) et saura (lézard)
Pachyderme = paktus (épais et gras) et derma (peau)
Rhinocéros = rhinos (nez)
Sarcophage = sarkos (chair) et phagos (mangeur)
Squelette = skeletos (desséché)
Hippopotame = hippos (cheval) et potamos (fleuve)

Il a dû commencé son exposé par "kalimèra" - bonjour - et le finir par "anndio" - au revoir -.
Il n'a pas chômé!

mardi 2 février 2016

Caprice, colère, cri

Non ce n'est pas un caprice, je ne suis plus une enfant, je suis bien adulte n'en déplaise à certains.
Oui c'est un cri que je ne peux pas produire, que je suis obligée de déverser en ondes hurlantes.
C'est une colère mais plus encore une lassitude.


Je n'ai plus bon dos, j'ai les jambes qui flageolent.

Honteuse d'être toujours rapportée à ce que j'étais enfant: vociférante. Ils oublient que j'avais été, avant, si longtemps, trop longtemps, une enfant transparente.
Une enfant que l'on pose là, qui ne doit surtout pas gêner, une poussière à même d'être éjectée dehors. Une silhouette qui ne peut pas souffrir. Et puis je souffre, et puis je parle, et puis je me rends compte que je ne fais que mettre en lumière ce que tous savent. Et pourquoi donc me secourir quand ils n'ont pas pu le faire pour eux. Pourquoi donc se reprendre quand eux même me paralysent de douleurs. Je n'ai si peu parlé en somme.
Une adolescente laissée là aussi, avec les peurs des autres. Marre d'être celle qui subit, marre du manque de courage des témoins qui n'ont pas agi. Marre d'être celle qui pardonne même à mes agresseurs. Marre d'être compréhensive pour tous.

Hystérique de voir qu'encore, toujours, à chaque moment de ma vie, je suis le catalyseur. Marre de constater qu 'ils me regardent outrés me déguiser en harpie pour faire sortir tout le mal vécu, par moi et par les autres. Marre d'être celle qui indique les personnes toxiques et qui leurs fais obstacle, quand tous, tous autant qu'ils sont, les montrent du doigt depuis si longtemps sans rien dire.

Épuisée de m'y prendre mal, d'être vociférante parce que cela fait trop mal et que personne ne me soutient dans l'action.
J'avance pourtant pas à pas mais cela me rattrape. Un passé et puis un présent. Pourquoi toujours être celle qui se brûle, qui se consume.

Stupéfiée par ce rôle qu'ils me donnent tous: le mauvais, celui de la parole, des secrets familiaux dévoilés, de la fille de, de celle qui s'en sort mal, pas si mal, qu'importe. Le mauvais, celui de l'autorité, de la remise en question. Et dire que je prends votre défense, que je vous sauve aussi quelque fois. Dite désagréable.

Désagréable quand je fais tellement d'efforts, quand je n'arrête pas de prendre sur moi, quand ma personnalité, mon identité, ma sensibilité, sont dénigrés voire même spoliés et qu'il me faut faire face, que je ne peux pas fuir.

Putassière oui. Certaines fois je lis beaucoup, j'écris, je mange, je bois. Certaines fois je me vautre devant la télé, me remplir de tout niaiserie pour ne plus penser. Cela ne sert à rien de ressasser. Les premières flèches qu'ils m'ont envoyées se tordent en moi où ça fait mal par ma simple faute, celle d'y repenser.
Oui laisser ce sentiment écœurant partir tout seul. Oui j'aimerais tant. Mais pourquoi donc être rattrapée. J'en ai pas fait assez!
Il fallait survivre avant, maintenant il me faut juste être en société, avec certaines personnes qui me sont imposées. Pourquoi est-ce si difficile de me mettre un masque, celui de la bonne société? En fait, je le sais. Je me suis construite seule, en opposition, en réaction, combattive pour ne pas suivre le futur que certains me donnaient, fille mère, pute, droguée, suicidée, débile, sans boulot. Non je suis là, je tiens bon, je suis assez forte. Alors ils oublient ou ne savent pas. Ils oublient que je ne me(les) laisse(ent) pas injurier.

Coupable de ne pas être douce, lisse, devant mon fils. De ne pas réussir à le laisser en dehors. Pourquoi faut-il qu'ils le prennent à témoin pour marquer mes défauts, mes failles, ma ligne de folie. Pourquoi les autres laissent faire? Eux qui savent que je ne fais que réagir au non-respect, à l'agression, à l'ignominie des fois aussi. Et voilà que je leur fais plaisir, je suis la folle, je suis celle qui hurle, celle qui n'arrive pas à enjoliver les relations. Non, je suis déchirée, humiliée et il me faut avoir ce beau visage de la compréhension. Alors je dévoile les dessous sombres à cet enfant de 9 ans, je lui montre la morve, le sang, la pourriture... les miennes, celles des détracteurs.

Et puis les autres, ceux qui vivent le feu mais sur les bords, pas cramés, juste un peu roussis, quand je suis la cible. Ceux qui pourraient faire quelque chose mais restent dans le confort d'un silence... pas faire trop de bruit, pas déranger, pas tenter le changement - bah, non, ils ne changeront jamais alors à quoi bon! - préférant me voir me décomposer, me ratatiner... Quelle mauvaise foi! Je suis aussi celle qui va au feu pour vous.

Mes démons sont revenus! Que j'aimerais crier, CRIER!!!!!

(source illustration David SALA)

Mr Viscoglut, attaché aux feuillus

La botanique peut aussi être racontée comme une aventure. J'aime ses partis-pris! Donner vie, permettre à tout un chacun de fixer des concepts complexes grâce à des anecdotes.


Enfant, j'avais adoré le petit magazine "La Hulotte" et je continue à le recevoir. Le lutin prend enfin plaisir à cette découverte, nous avons donc commencé par un pirate terrible, capable harponner mon jeune lecteur/auditeur, une plantule bien visible par chez nous. Pour rencontrer ce terrible pirate, nous levons le nez en allant à l'école, en faisant les courses, puis nous dévorons des vieux numéros de "La Hulotte" n°48 et 49, mes exemplaires de 1983!

Oui, Mr Viscoglut: tu n'auras plus aucun secret pour nous!
Bon, bon, c'est vrai que nous sommes un peu remarqués par les voisins et autres promeneurs: tête en l'air, essayant de grimper le grillage pour atteindre cette petite touffe-ci, regardant deux piétons passer devant une devanture fermée, le soir, et se retournant pour voir s'ils sont amoureux et s'ils se sont embrassés sous le bouquet desséché de congénères de Mr Viscoglut. Moi rentrant de l'école et photographiant encore plus que le ciel, des branches en contre-plongé et contre-jour.
Au moins ce papa m'a fait un large sourire malicieux et pas du tout choqué d'une quelconque folie (bon, il ne m'a pas encore vue l'été avec mes tongs et mes tabis! mais c'est une autre histoire).


Il a envahi plusieurs arbres par chez nous dont celui qui donne ces fruits-ci. Après vérification, il s'agit d'un robinier...



Mr Viscoglut s'est ainsi présenté à nous. Né d'une bique (une baie de gui), contenu dans cette sphère laiteuse, gluante et collante, il a été mangé puis évacué par une grive.


Tombé juste ciel sur un arbre pas récalcitrant, il a pu forer son support. Il s'enfonce dans l'écorce pour atteindre le cambium, très fine couche au dessus du bois transportant la sève. Puis il grandit doucement très doucement.


Nous avons vu à quel point ce parasite de l'arbre était indélogeable. Coupez-le et il réapparaitra sur la même branche un peu plus loin, il a pris des dispositions au cas où. Il s'infiltre dans la branche des deux côtés de son suçoir principal. Quel brigand celui-là!


Nous avons repris certains termes importants du gui avec les cartes de nomenclature personnelles. Elles ne sont pas Montessori car elles ne reprennent pas la leçon en 3 temps et ne permettent pas l'apprentissage en autonomie mais elles ont l'objectif de faire un focus le plus clair possible. Puis nous avons créé son cycle de vie (si vous les souhaitez, n'hésitez pas à m'envoyer un mail).


Avec cette histoire de "La Hulotte", menée avec de multiples références, solstice d'hiver avec Gaulois et druides, Vikings, et beaucoup d'humour, le petit d'homme découvre les besoins de la plante: le gui pompe dans la sève de son hôte mais aussi tout ce qui permet à la plante de germer, ce qui n'est pas si évident (être transporté au bon endroit, sur un arbre à l'écorce pas trop épaisse, collé correctement, ne pas être mangé).

Un matin

 
... il y une ou deux semaines en emmenant le lutin à l'école et puis j'étais rentrée pour boire un thé.

Un autre matin, la semaine dernière sûrement, au petit déjeuner ce fut un lait fermenté (ribot ou leben), un droa et son lot de dattes mejhol et un livre bien-sûr.


Vous croyez qu'il faut que je parle au lutin du sujet de ma bande-dessinée ?  - - -     ;)


Grèce 1/2

Il y aurait un exposé dans l'air.
Oui, dans la classe du lutin, chaque enfant présente un pays de l'union européenne aux copains. Le petit d'homme a été chanceux, il a pu choisir: la Grèce (pour parler de la mythologie).


Direction les recherches et je me suis prise pour une documentaliste. Je lui ai sorti tout ce qui pouvait avoir un lien avec son sujet...
quelques livres pris à la bibliothèque, les trois du bas, et d'autres sortis des étagères de la maison. Géographie, points d'histoire, de culture et d'idées (démocratie) et quelques focus sur certains personnages pointés par lui (Homère par exemple... mais j'ai encore Socrate, Alexandre le Grand et Ésope sous le coude)... et encore je ne vous ai pas sorti les livres avec juste un chapitre intéressant, par exemple sur la civilisation Mycénienne (ses ruines ou son écriture).


Depuis quelques semaines aussi, le puzzle de l'Europe était ressorti avec la carte imagée. De quoi prendre quelques notes, vérifier les pays limitrophes de la Grèce (terrestres: Albanie, Macédoine, Bulgarie et Turquie; maritimes: Italie, Libye et Égypte) et nommer certaines îles: les Cyclades (avec Santorin), la très grande Crète et toutes celles reprises sur ce support (de fut assez long!).


Nous avons aussi visionner ensemble quelques vidéos sur le net "Échappées belles", les courts "Là où je t’emmènerais" et quelques autres.
Google maps propose aussi de déambuler dans les rues des villes. Le lutin a slalomé entre les touristes autour de l' Acropole à Athènes et est parti par les rues retrouver le port. Puis il a randonné en peu sur le Mont Olympe et en Crète.

Je lui ai facilité la tâche sur un autre point, je lui ai tout lu, la lecture étant encore une activité assez lourde pour lui. Il repérait en même temps sur la carte et je vérifiais juste sa compréhension.

Premier exposé à travailler. Il n'a pas préparé en autonomie.
J'aurais pu ne pas lui sortir autant de ressources. Faire un exposé en ne mettant en avant que le strict nécessaire serait plus facile mais beaucoup moins constructif dans le temps. Mon objectif était presque de l’immerger virtuellement (à défaut de connaître le pays comme destination éprouvée de vacances). A force aussi d'en entendre parler, différemment selon les sources, il retenait certains éléments.

Ce qui me semble important n'est pas tant le travail de recherche des documents que le choix qu'il ferait de tout ce matériel.
Après les quelques points imposés par la maîtresse qu'il a été seul à extraire des informations lues ou vues, il a noté ce qui lui paraissait intéressant, selon son envie. Je n'ai presque rien rajouter (vous verrez) et le lutin a tenté de canaliser son intérêt pour la mythologie, je n'avais d'ailleurs sorti aucun livre dessus pour le limiter au besoin.

lundi 1 février 2016

L'angle avec Montessori

J'ai longtemps rêvé du cabinet de géométrie ci-dessous. Je n'ai pas pu nous l'offrir alors j'ai fait comme j'ai pu, avec du matériel maison. C'est plus fragile, moins accessible, moins spontané.
Avec les barres signifiants les droites possibles et les segments, permettant de fabriquer nombreuses figures géométriques planes, il y avait aussi d'outils pour aider dans la prise en compte des angles, par exemple des demi-cercles.

*source Montessoria qui propose la boite pas trop chère

J'ai fabriqué des barres comme j'ai pu (voir lien matériel maison en haut du billet) par contre les cartes de nomenclature Montessori sont de sortie avec énormément d'efficacité (trouvées à imprimer sur le site de Participassions, toutes les cartes de nomenclatures géométrie, ici la série 3).


Un petit point sur les angles les plus courants ou comment réestimer un angle : droit (90°), plat (180°, plat comme l'horizon), nul (0°), obtus (entre 90° et 180°, comme un éventail ouvert), aigu (entre 0° et 90°, comme le bec d'un oiseau)