lundi 3 novembre 2008

Entrée par la porte de service, ChaJin

Pour des raisons stratégiques, je n’ai pas pu vous livrer ce billet alors que l’envie était bien présente.

Je suis allée le jour de mon anniversaire au ChaJin, vous savez cette maison de thé de la découverte des thés verts japonais. Mme NEGIAR m’avait prévenue : venez quand vous avez du temps, c’est mieux. Alors j’y suis arrivée à 13h45. Je ne savais pas qu’un déjeuner est possible sur place, un plat léger au thé accompagné de thé est proposé tous les jours. Moi, j’étais arrivée les mains vides, après avoir mangé cependant de quoi me mettre dans l’ambiance : une soupe miso maison, avec carottes, champignons de Paris, wakamé, tofu ferme (à défaut de soyeux) et miso doux. J’avais terminé mon repas par un petit yukan.

Là je me suis sentie chez moi très vite. Une jeune femme finissait son déjeuner et tout de suite je me suis retrouvée à partager la conversation avec l’hôtesse et cette cliente. C’est une des particularités de Mme NEGIAR je crois, à chaque client, vous êtes englobé, vous faites partie intégrante de la maison de thé… ainsi les discussions sur les bienfaits du thé, les mélanges (oh comble de l’hérésie !) de thés noirs et verts voulus par une petite dame, les coulisses des productions et des importations de thé, les salons, les forums… tous les sujets sont débattus, à cœur ouvert, entre tous.
A la table c’était une demoiselle, jeune maman, partie quelques années au Japon. Grâce à leur conversation en cours, j’ai pu entrapercevoir le vrai esprit des cérémonies de thé. La maison de thé vert Cha Jin comporte aussi une salle pour les cérémonies. Même si j’ai cru comprendre que les cours donnés l’année dernière ne seraient pas forcément continués, il a été question de manière de procéder. Ces dames ont parlé des nombreux courants et de la personnalité, forte, des maitres de thé. La demoiselle cherchait un nouveau maître pour continuer sa formation commencée 5 ans plus tôt au Japon.
Ainsi je suis rentrée, très vite, dans un univers encore inconnu… C’est vraiment là que j’ai découvert être très loin de saisir toute la grandeur de la voie du thé japonaise chado et des cérémonies. Comment donc distinguer les écoles Urasenke, Omotesenke et Mushanokojisenke. Et dire qu’il ne faut pas, pour être respectueux, ni prendre de photos, ni prendre de notes, ni poser de question… la voie du thé et son apprentissage doivent se faire au jour le jour, par l’expérience et les erreurs… et ce vrai échange entre maître et élève. Ma maladresse a été aussi remarquable (remarquée ?!) pour aller aux lieux d’aisance (une demi-journée à savourer le thé permet une « libération des toxines »)… des pavés et un jardin de petits cailloux (que je n’avais pas vus)…soit un pas de pachyderme et des cailloux qui sautent sous ces pas de parisienne pressée (mais, mais non !).

Mais pendant ces quelques 3 heures, qu’as-tu bu ? Et oui parce que l’objectif était bien là, boire du thé et en ramener dans mes bagages d’amatrice…alors assise au bar, j’ai dégusté un gyokuru. Sur mon plateau à thé individuel, ma tasse et un usamachi (2nde tasse pour refroidir la liqueur entre deux tasses), 1ère infusion, seconde, troisième. Un vrai délice, doux. Je n’ai pas retenu de ma dégustation assez pour vous en faire part mais je l’ai acheté… à la première dégustation maison, je vous en parle mieux.
Je me reproposerais cette petite anecdote gustative particulière, offerte là-bas : manger le thé gyokuru, oui les feuilles mouillées, à la fin des infusions, … avec un trait de shoyu, à faire (thé bio !)!


Je serais bien partie avec un natsume même si c’est plutôt un Cha ire (et son shifuku) qui me tentait encore plus, quoique tout me tentait (voir ici les différents ustensiles )… mais ces objets sont bien trop précieux et symboliques d’une démarche pour qu’ils viennent chez moi pour l’instant. Je me suis tout de même offert une première marche à ma voie du thé japonais, un chawan mi-saison, utilisable en été et en hiver et un chasen. Il fallait bien, j’ai acheté un matcha aux effluves de sakura, sans être aromatisé, un « précieux », celui même que j’avais goûté des mains de son producteur japonais.



Et puis, parce que je suis gourmande, dans mes bagages, il y avait aussi des pâtes d’amande d’un maître confiseur, nature et au matcha… à tomber !

Rajout: et Kris en rajoute une couche sur les Cha ire

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Quel beau récit sur la dégustation que tu as faite!!
Une vraie chance à ne pas laisser passer!
Merci pour ce joli voyage.
Katell

mirontaine a dit…

C'est un voyage cette cérémonie...Quel beau moment,merci de nous le faire partager.

Vanessa a dit…

Katell: oui ce sont de beaux moments maintenant je continue mes expériences olfactives et "papillesques"...

Mirontaine: une petite porte ouverte... merci

Delphine R2M a dit…

Pâtes d'amande au matcha? mmmmm ! Et comme ce bol est joli, Vanessa.

Vanessa a dit…

Delphine: au goût très matcha et d'une douceur... exquis! Et puis ce chawan.. pas très asiatique mais c'est selon mes moyens... et je l'aime bien pour démarrer