lundi 14 mai 2012

Un matcha comme début de réflexion sur la vie, que je voudrais incarnée

Est-ce qu'il vous arrive de trouver que votre vie n'a pas la passion, la fougue que vous souhaitiez y voir souvent, si ce n'est pas constamment?


Un petit Organic Matcha dans mon nouveau chawan. Ce n'est pas un bol de luxe comme dans mes rêves, il est juste noir et de toutes les saisons à l'inverse de mon autre chawan. Soit un bol large au bords droits style raku, voir ici pour l'explication des formes de chawan.


J'avais envie de cette couleur, du noir profond mais là pas de différence de texture, juste un glacis homogène et cette ombre métalisée argent et virant sur le rouge doré teinte du chawan brut... une goutte de trop là qui fait tout son charme.


 Un matcha nouvellement arrivé. Une poudre réfrigérée à l'odeur cacaotée ou épices douces (?!) et au bon goût végétal. Il reste très doux, crémeux et aux notes douces d'herbe plus que de légumes verts.


Bon, bien-sûr je rêve aussi de chawan de céramistes et non, comme celui-ci un travail moins "vrai". J'aime les imperfections, un travail d'artisan, de très bon artisan et des imperfections, des coulures, de la texture...
De quoi aussi prendre en compte l'objet comme une merveille, choisir son chawan comme l'on célèbre déjà un thé... défaire un nœud, ouvrir une boite : un tomobako, écrin de luxe à une pièce unique, un chawan créé par un céramiste japonais précis... en plus explicité, l'emboitage est ici, le nœud là.

J'ai comme une insatisfaction quotidienne que je traine. Cela doit être mon principal défaut, vouloir encore plus. Je n'attends pas tant des autres, de la météo, des voisins, des tâches à accomplir mais plus de moi.
Comme si là, j'aurais dû être une autre, une personne plus dense, une personne plus expérimentée. Faire des gestes anodins de vraies leçons de chose. Trouver une sérénité et même considérer certains gestes comme acte précieux. Ici je pense à ces tâches ingrates comme faire la vaisselle, laver les radis. Mais je pense aussi à ces actes nobles faits à la va-vite.
Le thé est pour moi une école de la vie. J'essaye d'y mettre, en plus d'expériences sensorielles, une certaine démarche, comme les premiers pas d'une méditation, ou une éducation spirituelle. J'aurais aimé le partage de boire un thé. J'aurais aimé qu'il soit transmission, éducation.

Je me voudrais plus imprégnée, plus dense, plus... incarnée.

Souvent je me prends à rêver à des étapes, des sortes de rites de passages. De ces moments pris sur soi, sur le temps, sur la société, pour accomplir, mettre en actes, en mouvements, agir mais aussi progresser... pour se perfectionner mais aussi se retrouver.
Alors oui, j'aime cette idée de séjour dédié, de temps, long, accordé à une manière d'être au monde. A la pratique d'un art (10 ans en Chine pour apprendre à tenir un pinceau comme Fabienne VERDIER), d'une expérience exprimée jusqu'au bout (par exemple école de thé), d'un savoir-faire artisanal (une transhumance saisonnière dans les montagnes, une saison de poterie raku), d'actions nécessaires et suffisantes apprises presque par la contrainte de la situation (séjour en monastère).
Mes divagations vont souvent loin... j'ai beau avoir autour de moi des personnes sensées qui me disent que j'exagère un chouilla... qu'importe, j'ai envie. J'ai souvent envie d'autarcie.

Envie de savoir qui je suis. J'ai l'impression de ne pas me connaître. Oh oui je mets le doigt quelques fois sur quelques traits bien trempés de mon caractère, de sacrés défauts, peut-être des qualités mais je ne sais pas si le bon, le mauvais, tient la route des épreuves.
La maternité et la parentalité, la fatigue, ne m'ont pas montré la meilleure partie de moi depuis quelques années, alors  que suis-je?


J'aurais adoré pratiquer le séjour en forêt que décrit François COUPLAN, soit 3 jours dans une forêt primaire (et non sylviculturée, soit entretenue par l'homme). J'aurais adoré suivre son stage de survie "douce" avec la reprise en main des connaissances de nos aïeux.

Dernièrement j'ai même eu envie de suivre le lynx, enfin Madame Lynx. Ce n'est pas tant pour le dépouillement total et cette vie communautaire un peu baba-cool mais plus pour les rudiments alimentaires, les techniques de survie. Je ne partirais pas foncièrement non plus sans élément de notre siècle: l'âge de Pierre est une période forte en techniques de survie mais je ne souhaite pas revenir en arrière, juste expérimenter un séjour.

2 commentaires:

Alma a dit…

Il y a 10 minutes, je parlais matcha avec la dame qui tient cette nouvelle boutique de thé près de chez moi.
Ton texte me parle tellement.
Et je te trouve tellllllement incarnée, au contraire. Mais je comprends le chemin que tu suis. Moi, je commence tout juste.

Vanessa a dit…

Alma: merci pour cette "incarnation" et merci de mettre, souvent, une petit caillou entre mes pensées. C'est agréable, doux et cela donne de la pêche pour continuer le blog... et même quelques fois la journée!