jeudi 5 juillet 2012

Le sport... au mental ("Play" de Herrero)

 Le sport a fait partie de ma vie sans y être présent. D'une famille de sportifs, et pour certains compétiteurs ou enseignants, je suis la seule à ne pas avoir perduré dans une des disciplines... et même de m'y être opposée. J'y voyais une compétition de plus. Je n'avais aucune envie de m'affronter aux autres, aucune envie d'être regardée par ce prisme où je m'imaginais que seule la victoire comptait et pouvait apporter la reconnaissance. Je n'imaginais pas ma "difficulté à être moi-même" comblée ainsi.
Il n'empêche je prends plaisir à regarder les mouvements du corps. Le sport en lui-même peut-être moins: pas un match intégral, pas une course complète... peut-être pas, mais l'acte de se mouvoir pour un objectif.

Pourtant, je prends énormément de plaisir à suivre les duels de mon frère, les courses de ma cousine ou les escalades de mon cousin. Le match de l'un, la course de l'autre, l'ascension du dernier ne sont pas forcément ce qui m'interpelle mais bien plus leur concentration, leur détermination, leur volonté, leur force mentale. C'est l'implication qui me plait.
Alors oui je regarde aussi d'un œil distrait les matchs par équipe et l’athlétisme suivis par le compagnon. Mais mon intérêt est plus dans le défi mental et même si la victoire est un des symptômes d'un mental fort, j'aime presque plus l'entrainement, les mises en condition et le partage après... j'envie aussi la liberté du corps.

J'ai été ravie de regarder un documentaire sur le sport. Il ne reprend pas des défis sportifs entiers mais des moments clefs, des ralentis sur le mouvement, des détails de position... au plus près de l'action. Les images, magnifiques, de l'acte sportif sont aussi accompagnés par des interviews de sportifs plus ou moins connus: ils mettent ainsi en lumière les sentiments liés au sport, le dépassement.
J'y ai retrouvé aussi tout ce que j'aime: l'acte de se mouvoir partout aussi dans des ethnies plus reculées. Et c'est vrai que je ne fut pas surprise de découvrir que le réalisateur n'était autre qu'un des envoyés des nouveaux explorateurs, prenant le temps de la rencontre, le temps du partage aussi ailleurs.

L'acte sportif, à la limite des possibilités, est ainsi sans pensées parasites et avec une concentration, une attention extrême. J'aime aussi cette obligation de s'engager, d'être dans l'action... N'hésitez pas à voir ce documentaire "Play" de Manuel HERRERO.

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J'aime particulièrement cette idée de dépassement de soi, comme par exemple ces images courtes mais me rappelant un autre documentaire sur le saut de N'gol (gol, gaul, naghol) comme rite de passage à l'âge adulte. Mais le sport avec cette trame de danger, de paroxysme, est troublant... j'aurais envie de ce lâcher-prise mais avec une prise de risque limitée. Cet escalade mais tenue...
Alors oui pas de compétition, pas de fauve et même pas d'agressivité mais peut-être, un jour, une hargne différente.

Et que dire de cet esprit de groupe, d'union... et à suivre de loin les débats sur certaines équipes de sport... l'apprentissage de ce dépassement de soi pour autrui, pour l'espoir, n'est pas fini.

En attendant de ne plus faire que regarder le sport, de mettre en marche les muscles et le corps oublié, en attendant de repartir à la recherche des limites de mon endurance à marcher seule loin, loin... je ne peux que me moquer avec beaucoup de tendresse de moi.
J'adore cette publicité: ils le font, l'acte est là, pas beau, pas compétitif mais il était la conséquence d'une envie...

2 commentaires:

Malika a dit…

Bonjour,
merci beaucoup pour cet article. J'ai moi même vécue pas mal de chose en regardant ce doc.
La seule chose que j'ai trouvé dommage c'est que Manuel herrero n'aborde pas la question des sacrifices car il en faut pour en arriver là.
Bonne continuation

Vanessa a dit…

Malika: bienvenue entre mes billets. Oui de sacrés sacrifices! J'ai tout de même senti cette notion dans certains témoignages.