mercredi 5 janvier 2011

Lorsque tu as du thé, bois du thé, et lorsque tu as du riz, mange du riz !

La nouvelle année (avec la fin de l'autre) serait l'heure des bilans et des résolutions. Il n'en ai rien par ici, pas de bonnes résolutions, pas de bilans, juste une continuité, un aller-retour, 3 pas en avant/ 2 en arrière (si ce n'est pas 4).
Je me reconnais de plus en plus dans des considérations et pas à pas je chemine. Plus de concentration (quoique), une volonté de se poser, une volonté de faire place à l'action plus qu'à l'intellectualisation. Faire place à l'observation, à la méditation aussi. Prendre les actes quotidiens comme une démarche fondatrice aussi... reprendre aussi du créatif ici et là.

Ma première dégustation de thé de l'année avec les ustensiles adéquats m'a laissée sur le qui-vive. Un Yun Wu Shai bio, thé vert chinois du Yunnan, servi au zhong avec une tasse de mon enfance récupérée enfin d'autres utilités moins essentielles.
La dernière fois que je l'ai bu, et que je l'ai noté (soit dans ces pages virtuelles), je l'avais confondu avec un thé de Zhejiang comme le Lu shang Yun wu (un thé des monts nuageux). Je suis encore si petite apprentie qu'il me manque des références, des bases, des soutiens. Je me suis délectée d'un thé hier avec cette insatisfaction de ne plus savoir de quel thé il s'agissait. C'est assez nouveau cette perte de complétude par manque de dénomination.

Cette fois-ci, encore, je n'ai pas su que dire de cette infusion. Il me faudra vraiment reprendre un fiche de dégustation avec aussi cette envie de découvrir des flaveurs, de me faire un paysage rétro-olfactif, une éducation. Les feuilles sèches ont une odeur sucrée de fruits secs, l'odeur de l'infusion est elle plus florale. La liqueur salée d'un superbe jaune offre une épaisseur en bouche très agréable et un peu lactée. Elle semble laisser sur la langue un côté un peu poudré.

Je lis en ce moment "Journal d'un apprenti moine zen" de Giei SATÔ. J'ai toujours eu l'impression que ma vie passerait par un séjour en monastère, pour apprendre à me désaisir non tellement du matériel mais de cet esprit toujours en éveil et loin d'être aussi "éveillé" qu'il le faudrait.
La phrase en titre est bien significative pour moi. Ne pas mépriser le moindre fait quotidien, même le plus "ingrat" et accueillir ce quotidien comme exercice de concentration, de méditation.
Le thé du matin après la récitation des sutras, dans ce temple Tôfuku-ji, est un thé parfumé à la prune, "acide potion - acide au point de chasser les dernières vagues de sommeil; elle rafraichit la bouche, mais pas seulement, l'humeur elle-même en est revivifiée. La recette appartient aux temples zen, et cette infusion-là pourrait bien s'appeler "fragment de vie de sagesse". "
Voilà un chemin à emprunter, enfin ou encore, vers un éveil et une humeur vivifiée.

3 commentaires:

Francine a dit…

Encore un superbe billet, très toi Vanessa. L'ambiance thé est présente au travers de tes photos et tu me donnes envie de lire ce livre, merci

Philippe de Bordeaux a dit…

Chère Vanessa,

Joli billet .

"Ne pas mépriser le moindre fait quotidien, même le plus "ingrat" et accueillir ce quotidien comme exercice de concentration, de méditation."

J'ai particulièrement retenu cette phrase:Assumer ces actes et rester en éveil pour pouvoir recevoir la vie avec ces hauts comme ces bas sans trop de difficultés...
Tu t'en sors bien je trouve sur ta description organoleptique du thé vert.

Merci .

Amicalement .

. PHILIPPE .

Vanessa a dit…

Francine: de rien ;)

Philippe: merci pour la dégustation... que c'est dur! D'ailleurs l'autre élément du billet, cette concentration au quotidien, aussi!