vendredi 17 mai 2013

Un Pu'er fumé

Pendant les dernières vacances nous avons emmenés le lutin au jardin du Luxembourg. Dans un parc clôturé et payant, les enfants ont la jouissance de nombreux jeux extérieurs. Pas beaucoup de nature dans ces balades-ci mais le chenapan se défoule... je reste à l'extérieur assise sur ma chaise avec mon chapeau et, les deux fois, avec un "paquet" de paquets de thés... George Cannon pas loin mais aussi Thés de Chine, là plus éloigné, à côté de l'Institut du monde arabe ou du Jardin des plantes du Musée d'Histoire naturelle.

Dans le second repère, où vous aurez raison de vous perdre, Vivien vous conseillera avec toujours autant de passion. J'entre et en attendant de refaire un stock de son délicieux Anxi Tie Guan Yin, qui n'arrivait que cette semaine, je repars avec mon trio gagnant en thés chinois: thé vert, wulong et pu'er.

Un petit zhong sorti, la paire du gong fu cha miniature, une tasse et voilà un An Hua Hei Cha dégusté. De quoi écrire une fiche de dégustation et considérer les cases à agrandir, les autres à mettre de côté pour l'instant etc... Kris de 2 cuillères à thé propose ainsi des cases détails sur l'infusion: l'eau, la théière, les quantités et le temps.


La température de l'eau par exemple quand pour moi je ne juge qu'au toucher de ma bouilloire (extérieur bien-sûr) et au son pour atteindre soit les yeux de crevettes, soit les yeux de crabe ou, et en laissant faire l'arrêt automatique, les yeux de dragon... Alors pas de température exacte mais juste un à peu près entre vert/bleu peu fermenté (à la crevette), pu'er au crabe et pour la énième infusion de tous le dragon arrive! Aussi l'origine de l'eau... à la maison de l'eau de ville, de Paris, pas pire qu'ailleurs... et mon calcaire doit certainement se coller à mes magnifiques minuscules coquilles d'huitre, qui maintenant n'ont que la nacre apparente (enfin c'est ce que l'on dit). Mais effectivement, le fait de bouillir, ou plutôt de faire frémir, l'eau du thé dans une bouilloire électrique n'est pas très "esthétique", alors j'aime penser que mes nacres apportent un peu de leur minéralité. Donc eau du robinet.
Alors oui je note l'ustensile d'infusion et sa matière mais sans connaître la contenance. Et la quantité de thé alors? Et bien c'est au pif Mesdames et Messieurs! Sauf pour le matcha, le reste est une couche épaisse au fond du récipient: 1/4 ou 1/3.
Et j'augmenterais bien un tout petit les cases sur le sensitif de la dégustation: plus d'espace pour les feuilles sèches et infusées par exemple... quand aux cases sur la liqueur, merveille! De la place et en plus des distinctions que je ne saisis pas encore bien: le corps et la texture du thé. Waou, encore de belles choses à découvrir.

Une couche de 1/4 de An Hua Hei Cha dans mon zhong à petite capacité. Il s'agit d'un Pu'er particulier, il ressemble à l'odeur à un thé fumé. A l'inverse d'un thé fumé où le séchage en fumoir est aussi une étape d'enfumage volontaire, voire même industrielle et avec adjonction de substances, celui-ci opère juste un temps de séchage au-dessus d'un feu de bois. Il s'agit ainsi d'un Pu'er presque fumé. Alors oui, ce n'est peut-être pas le cas, n'hésitez pas à suivre la réflexion de Sébastien là (et les commentaires). Un Pu'er ou un thé noir(rouge) Hei Cha!

Une température de crabe sans rinçage, je n'arrive pas à me faire à l'idée de rincer les Pu'er, et puis d'abord, ce n'en est peut-être pas un! Une petite rotation de 180° pour "le nez" qui passera au-dessus.

Les feuilles sèches, en partie agglomérées, sont noir argenté et ont une odeur à la fois de thé fumé et de pu'er (cuir et tabac aromatique ou miellé de pipe). Une fois mouillées, elles sont sombres.

La liqueur est caramel, limpide mais pas brillante. Elle a effectivement une odeur de thé fumé... En bouche, je ressens une saveur salée et d'umami comme du champignon, pas d'acidité ni d'amertume mais une légère astringence. Est-il charpenté? Je crois.

3 commentaires:

Francine a dit…

J'ai dévoré avec gourmandise ce beau billet, tu as un réel talent pour mettre des mots précis pour décrire les thés, bravo ! Bonne nuit

Anonyme a dit…

Tu as raison, Vanessa: la taille des cases ne convient pas toujours et je me rappelle avoir eu un mal fou à les ajuster, pour ensuite les voir toutes de guingois en changeant de logiciel. Quant au corps du thé, c'est son physique, robuste ou frêle, assuré ou timide, solide ou léger... La texture peut être lisse, soyeuse, veloutée, rugueuse...
Tes commentaires m'incitent à retravailler cette fiche. Merci!
Kris

Vanessa a dit…

Francine: merci, je pense à toi à chaque fois que je retourne dans ces lieux que tu me fais découvrir. Vivien a, comme toujours, été aux petits soins pour moi.
Je me remets aux dégustations après avoir fini quelques paquets sans en parler... Je ne désespère pas de venir à un atelier avec toi... après mes problèmes de santé et quelques autres petits désagréments.

Kris: le corps du thé est encore un mystère à distinguer sur mes papilles alors. Je tenterais d'être encore plus précise. Ce qui est dommage c'est que je note des impressions qui ne sont que subjectives, je n'ai jamais de talon me permettant de réajuster mes sensations. Mais déjà peaufiner ce que je ressens est un premier point... patience, patience. Ta fiche de dégustation me sert beaucoup, elle m'oblige à réfléchir encore plus. Quand à l'éventail des arômes du thé de Lydia GAUTHIER dont nous avions parlé, je le retrouve avec la roue du livre "Thés, histoires, terroirs, saveurs". Je tente de mettre en peu d'ordre pour être encore plus disponible aux sensations. ;)