vendredi 17 septembre 2010

Le jeûne "odorant" de Yom Kippour

En coïncidant ma vie à la sienne, je profite de sa culture religieuse, comme on profite d'un cadeau, d'une fête. Les rituels m'apparaissent encore un peu "ethniques" mais je les suis pour le soutenir dans sa foi (ou dans sa culture, quelques fois je ne sais plus ce qui est important pour lui). Yom Kippour, le grand pardon, arrive. Demain, nous jeûnerons... sans le lutin bien-sûr.

*source de "Juifs priant dans un Synagogue pour Yom Kippour" de Maurycy GOTTLIEB, à suivre pour les fêtes religieuses juives

"Les jeûnes de Kippour et de Tichah be-av sont dits majeurs : non seulement ils commencent au coucher du soleil et se terminent le lendemain à la tombée de la nuit, mais ils nécessitent également le respect des « critères de mortification » : on n’a pas de relations sexuelles, on ne porte pas de cuir, on n’utilise pas de parfum ou de savon et on ne se lave pas (sauf le bout des doigts et les yeux). Les autres jeûnes, qui ne commencent qu’à l’aube et n’exigent pas les critères de mortification, sont dits mineurs." (source de l'extrait)

Alors je le laisserais méditer sur sa vie, son accomplissement, ses devoirs, ses souffrances, ses torts... je l'accompagnerais toutefois dans cette démarche introspective mais plus à la manière bouddhiste (j'en reparlerais peut-être une autre fois). Je le suivrais aussi dans ces 24h sans boire ni manger... mais pour qu'un jour son (notre) fils le suive (après ses 9 ans ou 12 ans pour certains), j'ai envie de trouver une manière saine de faire cette rupture avec l'alimentation du corps pour celle de l'esprit.
Alors comment bien jeûner à Yom Kippour ? C'est peut-être bien dans la préparation du jeûne que se trouve l'essentiel. Une habitude serait de bien manger le dernier repas, Aruha Mafseket, juste avant le coucher du soleil début du jeûne jusqu'au coucher du soleil suivant, en quantité et qualité... une sorte de mise en "bonne humeur"... il faudrait pourtant selon les experts santé réduire notre consommation, surtout réduire pendant la "descente" les protéines animales, puis les produits laitiers et les céréales et boire beaucoup en compensation de ce que nous devrions boire en quantité importante durant le jeûne. Pour la reprise, il faudrait limiter les apports en raison d'une satiété perceptible lentement et aussi continuer des tisanes de plantes aidant l'élimination de l'organisme... mais tout cela est un peu plus santé que spirituel. Alors question santé c'est ici et très centré sur ce jeûne particulier, suivez le guide:

"1. Tout d'abord, les buveurs de caféine (café, thé, Coca-Cola) en grandes quantités se rendront un grand service en réduisant leur consommation quelques jours avant le jeûne, de manière à limiter l'effet de manque soudain.
2. La veille de Kippour, il faut toujours boire beaucoup d'eau, parce que ce dont souffre l'organisme le plus pendant le jeûne, c'est de la soif. c'est elle qui est à l'origine des maux de tête, des vertiges et des malaises, et pas la faim.
3. Il ne faut surtout pas trop manger ni manger trop gras pendant la Aruha Mafseket, le dernier repas avant le jeûne. C'est encore plus dur de jeûner après.
4. A la fin de Kippour, commencez par vous hydrater avant de manger, avec une boisson chaude et surtout de l'eau.
5. Le sentiment de satiété met vingt minutes à être ressenti par le corps. Mangez lentement et ne vous gavez pas, vous n'avez pas aussi faim que ça en a l'air." (source)

J'aimerais rajouter des éléments accompagnant cette fête pour la rendre "héritage commun, partage des deux parents"... une petite chose me tente, ce coing odorant au clou de girofle accompagnant la journée et sacrifié après.

5 commentaires:

Malice a dit…

Merci pour ce beau billet. J'ai été bien souvent avide de mieux connaître la religion juive. Est- ce du à mes ancêtres juifs convertis au catholicisme ? C'est beau de parler de la religion et encore plus comme tu le fais un accompagnement c'est bien. Si je le souligne, c'est pour la raison suivante. Bien souvent avoir la foi croire c'est mal vue. Moi je rejète ma religion catholique, elle ma profondément déçue, même si je respect les textes biblique et la croyance d'autrui. Pour revenir à la religion juive, une petite fille, Anna (qui se trouve dans l'établissement où je travaille) m'a parlé aujourd'hui que ce soir elle faisait un dîner gouter car elle allait dans une synagogue. Je pense que cela à un lien avec le Yom Kippour.

colibri a dit…

Dix ans de ma vie passée, tu me rappelles... Je ne suis pas allée au-delà dans l'accompagnement dont tu parles si bien, et qui s'est révélé pourtant bien vain aux yeux de sa famille... J'y ai laissé mes jeunes années, pleines de cette générosité et de cette tolérance qui me caractérisaient alors... La goye n'a pas résisté à cette hostilité incompréhensible... Je me suis résignée à le laisser vivre ses convictions DANS celles de sa famille... Je l'ai revu, il y a deux ans... "J'en voudrais toute ma vie à ma mère", m'a-t-il dit, sur un ton d'infini regret... Mais non, pourquoi ? C'est la vie, la sienne dans sa culture, sa religion (?), la mienne, libre de tout dogme bien que TOUS les textes restent une de mes références préférées, adaptables à souhait dans toutes les situations de notre vie... A croire qu'on n'a rien inventé depuis...

Evelyne a dit…

Merci, dans ma classe des parents fêtent Kippour...j'ai appris beaucoup de choses grâce à ton billet si beau.
Bon courage et bonne fête.

Vanessa a dit…

Malice: oui la petite Anne va bien faire un goûter pour Yom kipour. Dans ma belle famille c'est pour "casser" le jeûne: du pain et des confitures, des petits biscuits au miel ou aux amandes, puis le bouillon de poulet sans légumes ni poulet mais avec les kneiddle (boulette de matza), le poulet et ses légumes et enfin, une heure plus tard, le dessert...
Oui c'est vrai qu'avoir la foi n'est pas forcément bien vu. Je suis très intriguée toujours par cette notion que je ne comprends pas et qui pourtant, retiré de tous les orthodoxismes, est une belle notion.

Colibri: c'est vrai qu'à chaque fois que j'évoque cette religion, tu remontes dans des souvenirs pas si beaux. J'en suis profondément désolée.
Je n'ai pas l'impression de faire partie des leurs, ni d'avoir été acceptée, je suis juste tolérée mais j'essaye le plus possible d'accompagner le père de mon fils, parce que je l'aime et parce que notre fils a un héritage culturel... mais mes réflexions ne sont pas aussi tranchées... ni religieuses d'ailleurs.

Evelyne: merci infiniment.

Malice a dit…

Pour faire suite à mon commentaire, tes réflexions, tes idées l'effort que tu déploies vers l'autre c'est peut-être une démarche païenne, quoique ! Mais, là où la croyance est violente c'est l'intégrisme et le manque d'ouverture, de tolérance vers l'autre (référence au billet de Colibri)c'est cruellement blessant ! Je l'avoue.
Ce qui est beau dans la religion juive (le tout petit peu que je connait) c'est que c'est la religion du livre. Les enfants juifs qui viennent à la bibliothèque scolaire et entre autre ma petite Anna ont un rapport je dirai charnel avec le livre ! C'est émouvant je trouve.