mercredi 12 octobre 2011

Exercices de nez et thé, un Anxi TGY

J'ai porté mon dévolu sur le thé comme boisson de prédilection et ce pour plusieurs raisons.
D'une part, parce que cette boisson est celle qui m'est la plus fidèle depuis que j'ai eu le droit d'en boire (il a fallu attendre plus de 13 ans). D'autre part, parce qu'avec les dégustations et le choix de thés de qualités avec jardins, les découvertes sensorielles sont nombreuses.

J'aime par-dessus tout, aussi, les odeurs. Enfin les bonnes, très subjectivement celles qui me plaisent.
J'aime les odeurs de la terre, de l'automne, des sous-bois, de la décomposition des feuilles. J'aime les odeurs du printemps, des jeunes pousses, des jacinthes, du lilas, des roses, de pelouse tondue, de tilleul. J'aime les odeurs des herbes aromatiques, toutes, estragon, aneth, coriandre, persil, thym, marjolaine (enfin vous me comprenez), les odeurs d'épices. J'aime les odeurs de météo, d'orage, de pluie, de brume, de soleil chaud sur la terre sèche. J'aime les odeurs de cuisine (sauf graisse d'oie, tripes, choux même si j'en cuisine... moins le second il est vrai). J'aime les odeurs de fumées et de bois, feu de cheminée, tabac de pipe ou de shisha (presque miellé), de poudre de cade, de papier d’Arménie (résine de Benjoin), de cordelettes d'encens népalais (poudre de Genèvrier et de plantes aromatiques, enveloppée dans du papier de riz).
Je n'aime pas les odeurs de métro, de bus, de villes. J'aime les odeurs de campagne, de foin, même de ferme quand les animaux ne pataugent pas dans leurs excréments. Je n'aime pas les odeurs de désodorisants maison, voire de corps, les encens bâtons, les produits de ménage (sauf aux huiles essentielles ou pin et quelques autres).
J'aime l'odeur de peau, celle de notre lutin bébé, celle de son cou maintenant, celle du cou du papa... quelque fois même celle de la peau moite du dernier.

J'aime sentir et surtout choisir ce que je sens. Le thé m'offre des exercices de nez avec délectation. Et je m'exerce, je cherche... et suis souvent déçue de ne pas trouver ce qu'il sent. Alors j'ai ressorti mon loto des odeurs (attention celui fait à base d'huiles essentielles et non de parfums de synthèse).
Premier point: 16 odeurs trouvées, onze mal associées et trois qui ne me disaient rien. Mes erreurs ont été de confondre le magnolia avec une autre fleur, le citron avec la citronnelle (c'est fou parce qu'après, le flacon de citronnelle trouvé plus tard ne laissait aucun doute). La difficulté est aussi en raison de la fabrication des odeurs, justement l'odeur du basilic en huiles essentielles n'est pas la même que la feuille de basilic fraiche et froissée sous les doigts, la fleur d'oranger n'est pas l'odeur de la tisane mais bien du petit grain bigarade en huile essentielle, beaucoup plus prononcé. La difficulté réside aussi dans es flacons. J'ai acheté ce loto il y a quelques année et les odeurs se modifient, se délitent aussi: la date de péremption est de 2 ans! Le mien est plus vieux. Le résultat est pourtant assez bon par rapport à mes doutes mais le fait d'éliminer au fur et à mesure des possibilités apportent des facilités. A refaire donc.
Pour le lutin, je vais reprendre l'exercice que nous faisons quelque fois, retrouver l'odeur flacon et l'odeur du "frais" mais aussi proposer de retrouver 10 odeurs.

Je compte bien m'exercer encore et préparer ainsi comme un orgue olfactif à thé maison.
De quoi se familiariser avec les familles arômatiques du thé, de notes:
d'agrumes
marines
végétales
lactées
pyrogénées
épicées
fruitées
de sous-bois
boisées
animales
coumarinées
florales
terreuses
empyreumatiques
minérales
de confiserie
Les livres de Lydie GAUTIER, "Le thé, arôme et saveurs du monde" et de la maison de thé canadienne Camellia sinensis, "Thé, histoires, terroirs, saveurs" apportent du vocabulaire sur cette sensation et le livre d'Olivier SCALA, "Thés", lui, propose de déguster en se fiant au nez en proposant ces thés par arômes dans son livre. De quoi aussi refaire une roue des arômes comme dans le livre de la maison de thé, voir billet de Francine.

Le temps de se faire un petit lavage de nez avec un jala neti, un râpage de langue ou jihva dhauti, une gorgée d'eau qui passe bien partout et me voilà prête à une dégustation très aromatique.

Un Anxi Tie Guan Yin T0415 de chez "Thés de Chine" choisi pour être un thé floral avec une note fruitée.
Un thé pas encore fait à température idéale (je n'arrive que rarement à les infuser à plus de 90°C, je les brule trop souvent: ici je me suis contentée de 85°C).
odeur des feuilles sèches: de beurre et de foin
odeur des feuilles infusées: capiteuses d'orchidée voire même de vanille
odeur de l'infusion: plus végétale douce, plus délicate comme du chèvre-feuille.
L'infusion est chaude, presque sucrée avec une légère amertume de légume. Mais de note fruitée pour moi aujourd'hui.

Le lutin au réveil de la sieste a bu dans la petite tasse un peu de la troisième infusion.

2 commentaires:

Francine a dit…

Encore un superbe billet, j'ai beaucoup aimé!

Vanessa a dit…

Francine: merci... c'est toujours une sacrée expérience de "sentir" le même thé et de ne pas "ressentir" la même chose.
Allez je m'entraine pour nos dégustations.