mardi 30 septembre 2008

Timidité et corps chez l'enfant

Et puis pour Cécile, j'ouvre mon livre de chevet du moment: page 123, de la 5ième ligne à la 8ième incluse... allez parce que ces lignes font partis d'un tout petit paragraphe... de la 3ième à la 11ième!

"Je compris que les enfants n'avaient aucune timidité. Entre leur âme et l'ambiance, aucun obstacle n'existait. Leur expansion était complète et naturelle, comme une fleur de lotus qui ouvre sa corolle blanche jusqu'aux étamines et reçoit les rayons du soleil, en exhalant un parfum délicat. Aucun obstacle: voilà le point. Rien à cacher, rien à renfermer, rien à craindre. C'est tout. Leur désinvolture était faite d'une parfaite et immédiate adaptation à l'ambiance."
(extrait de "L'enfant" de Maria MONTESSORI, dont je vous livrais un autre extrait ici )

... entre nous, de quoi reprendre quelques notions de base, non?!
Hier j'ai été en première ligne d'une scène illustrant exactement ce constat. D'une voiture se garant pour aller chercher mon loupiot chez sa nounou, je vois un jeune garçon de 6/7 ans se mettre sur le seuil d'un magasin très ethnique de cabines téléphoniques pour appeler à travers le monde. Il ouvre sa braguette, sort son "ouistiti" et commence à uriner vers la rue. Les occupants de la voiture où j'étais se sont alors scandalisés de voir un "enfant aussi mal élevé qui mériterait une bonne fessée". Nous étions garés et, c'est vrai, pas très loin du point de cible du jet. L'enfant, par réaction aux propos tenus par mon conducteur qui ouvrait sa fenêtre et sa porte près à aller mettre sa punition à exécution, repris son engin pour amener son jet encore plus loin et essayait d'atteindre la carrosserie. Sans succès. Outrage complet.
Et bien ce n'était pas mon avis. De mon côté je pensais qu'effectivement ses parents passaient à côté d'un élément d'une importance extrème: non pas la politesse... mais le respect de soi. Un enfant n'est pas timide en soi, il est donc nécessaire aux parents de lui dire que son corps lui appartient, rien qu'à lui. Qu'il pouvait se tourner face au mur pour que personne n'est accès à son intimité si l'envie était trop pressante pour attendre un lieu plus convenable. Quand à savoir s'il est convenable d'uriner comme cela dans la rue... à chacun ses limites et sa notion de l'intolérable. Pour moi, le plus agressé de nous tous fut lui... le manque de politesse ne fut qu'une réaction.


*source Manneken Pis à Bruxelles

En cela, pour qu'il ne fasse pas le Manneken Pis vivant (et celui-ci offusquant pour une certaine population), j'aime à lire au petit d'homme, déjà, le livre de Catherine DOLTO "Respecte mon corps" dont je parlais brièvement .

Il me faut demander à quatre autres bloggeurs d'ouvrir le livre le plus près de leurs main et de nous en livrer des 5ièmes aux 8ièmes lignes de la page 123, sauf que j'étais passée doucement entre les mailles des filets des autres demandes... alors à qui veut!

3 commentaires:

les chéchés a dit…

la timidité, c'est une question qui m'habite depuis longtemps... petite, j'imaginais qu'elle disparaitrai une fois devenue grande, parce que je ne voyais pas cette réserve chez les adultes... cette pudeur, je l'avais déjà... trop importante intimité à ne pas partager...

Katell a dit…

Et dire que je pensais que cela n'arrivait que dans les campagnes :-o
Un coucou en passant :-D

Vanessa a dit…

les chéchés: pudeur... oui je ne sais pas si elle est naturelle ou aquise..

Katell: oui tu vois on peut tout avoir à Paris!