mardi 2 décembre 2008

Un tapis sonore pour mes humeurs

Il suffit d’une chanson écoutée comme cela par hasard pour avoir le regret d’un passé silencieux. Il m’a fallu du temps pour capitonner autour de moi quelques airs, des mots, des rythmes. Et je dois dire je suis en manque. Il m’a fallu attendre quelques années pour avoir une sensibilité musicale.
Jacques BREL a été mon premier coup de cœur, je l’ai écouté en boucle pendant des années, il était le seul admis en famille (admis ou connu je ne sais). Je me suis construite avec cette ironie, cette gouaille et cette sorte d’auto-flagellation… une idée pas si sereine de l’amour et du reste. J’y voyais les tares de la société, cette nostalgie des ciels brumeux, des régions froides, du plat pays… un air d’origine, le pays que j’imaginais pour mon père, mort trop tôt, bien avant de me (dé)former… cela tombait bien, ce sont les vinyles de mon père que j’ai écouté au tout début… « Ces gens-là ».
Et dire que je fus la seule en première à connaître le texte. Ma nouvelle professeur de français, dans ce nouvel établissement si loin du chez ma mère, d’un chez moi réel, en a été toute surprise… j’étais un peu à côté des autres, pas en phase c’est sûr ! Mais avec Jacques BREL, j’avais l’impression d’une lucidité nécessaire à ma vie future… pas si tord !


Jacques Brel - Ces gens la
envoyé par yes_


Je ne renierais jamais les bandes originales de film, les thèmes philarmoniques si chers à mon cœur de James Horner, de John Williams ou de Danny Elfman etc… Elles sont venues après, présentées, proposées, offertes à l’œil et aux cordes vocales. Elles avaient un initiateur, un intermédiaire aimé, elles avaient un goût en bouche aussi. Il m’a fallu du temps pour me les réapproprier. Cependant, juste après, seule, je me suis baladée vers la chanson française, de celle qui fait une culture, une atmosphère, un cocoon. Avec toujours du texte, de la subtilité, de la sensibilité… et puis s’il n’y avait qu’un ou deux accords tant pis. Un Georges BRASSENS, chanté par Maxime LE FORESTIER avant d’accepter sa voix (quel étrange à priori des fois !). Un peu plus de bonne humeur, de la sensualité souvent, des images cocasses…

Et puis il y a l’après. Là où je suis persuadée qu’il me faut un environnement sonore pour continuer à me construire, pour peaufiner mon caractère, pour arrondir aussi les angles du quotidien… là j’ai envie de m’approprier d’autres chansons, d’en faire aussi un tapis pour mes humeurs. J’aime ses mots d’autres que moi, que je peux quelque fois mettre sur mes maux. J’aime l’idée qu’une chanson correspond à un moment de vie et à notre lutin, j’ai envie de faire écouter, les yeux ouverts, l’univers de ses parents.

Et puis avant de penser à lui, allons piocher dans les albums de NOUGARRO, de GAINSBOURG, d’Alain SOUCHON… tout en continuant à suivre de près les nouveaux aussi importants pour moi, pour mon bien-être …


"Je chante un baiser, osé, sur mes lèvres déposé, par une inconnue que j’ai croisée… je chante un baiser". Merci Alain SOUCHON pour ces si beaux moments.

3 commentaires:

T.alain a dit…

quel joli melting pot musical...rien que des choses qui donnent des frissons dans le dos lorsqu'on les écoute avec attention...J'a-do-re..

dubleudansmesnuages a dit…

Une bien joli manière de parler du monde de la musique a travers quelques savoureux interprétes. Merci pour le bon moment de lecture et de rêve.

Vanessa a dit…

T.alain: ... avec plaisir...

Dubleudansmesnuages: bienvenue entre mes billets (ou quel plaisir de te revoir entre elles, Lali). Ravie de savoir que mes mots portent un peu leur musique vers celles des autres.