vendredi 27 août 2010

Le parent de la nuit

Nous sommes deux parents, nous avons cette chance. Mais la nuit, je suis seule. Le papa travaille et un compromis a été fait pour qu'il puisse se reposer. Seules les réveils pour cause de maladie ou de fièvre sont affaire des deux.

©Janine TEISSON et Joanna CONCEJO/ Motus, "Au clair de la nuit"dont je parle là

Je ne peux pas dire que j'aime être réveillée en plein sommeil. C'est une catastrophe d'ailleurs avant 3/4 heures du matin: il me faut ce premier sommeil, ces phases de sommeil profond sinon... je baille, somnole, suis irritable et incapable même d'aller jusqu'aux toilettes.

*source indices de sommeil

Sinon à partir de 4 heures, je me lève facilement et suis disponible d'esprit. Ces moments de parentalité sont importants pour moi, c'est une manière de lui dire que nous sommes ses parents même la nuit, que nous le soutenons dans les épreuves. Ne jamais rechigner à sortir de mon lit pour le retrouver, juste pour un câlin, pour une parole, un baiser... ou pour une partie de la nuit. Nous n'avons pas été pour le cododo et n'avons pas non plus mis en place un coucher montessorien expliqué là et la suite ici mais à partir de 5h30/6h du matin il peut venir dans le lit des parents (l'heure n'est pas si déterminée, en fait, c'est 1 heure à 2 heures avant le réveil de la maisonnée).
J'aime me lever, quand il n'est pas malade, je suis désolée de sa rupture de nuit mais c'est comme un moment rattrapé, un moment pris sur le quotidien, un moment entre parenthèse.

*source phases de sommeil chez les petits

J'aime ce moment dans le noir complet, ce moment tactile où il me prends la main, où je lui masse le ventre et lui parle tout doucement de la journée, des événements prévus du lendemain où que nous reparlons de ses cauchemars pas encore si expliqués. Nous reparlons des monstres, des loups, des marionnettes de sa chambre. Nous reparlons des situations où nous les avons rencontrés, mis en scène...

Ses frayeurs nocturnes actuelles sont dû aux moustiques. Sa peau les attire dès qu'il a tendance à transpirer et il fait de multiples réactions... J'essaye de descendre sa température corporelle et de sécher sa peau et puis nous parlons de ces femelles qui ont besoin de sang pour pondre leurs œufs dans l'eau (et non sous sa peau). Il me réclame le cycle de vie et regarde en boucle la vidéo de ce lien

*source cycle de vie du moustique

Et puis c'est la nuit. J'aime par dessus tout prendre conscience du noir, de mes propres frayeurs nocturnes, je suis aux aguets sensitifs. Alors je fais à chaque fois la même chose: j'ouvre les volets, la fenêtre par n'importe quel temps et à n'importe quel moment de cette seconde partie de nuit (au pire on se planque sous la couette s'il fait froid!). Nous nous asseyons, nous écoutons le "silence", le vent, la route si proche mais si absente de notre perception la journée. Nous fermons les yeux et sentons le vent ou l'air chaud de la nuit. Et puis nous regardons ce noir, pas si noir. La nuit dans Paris la luminosité est là, nous regardons le vent, la nuit et ses teintes de gris sombres, le luminosité par les réverbères, les fenêtres d'en face.




Et puis nous parlons (ou pas) en regardant le lever de soleil. La luminosité me fait tellement de bien, je suis en manque et rêve de réparer mon réveil simulateur d'aube, alors c'est vrai que je profite de ces levers de soleil de la chambre du lutin.
Et puis dès que le ciel devient bleu ou blanc, les oiseaux se réveillent et chantent à profusion, puis se laissent aller au silence et les dialogues reprennent, un peu, moins tenus. C'est le seul moment où j'aime les pigeons. J'ai d'ailleurs cru pendant quelques mois qu'il s'agissait de chouettes, quelle déception! Les chats se réveillent bien après.
J'ai souvent voulu aussi, avant que le soleil se lève, voir les danses des chauve-souris de Paris. Une était venue jusque dans notre salon et a tourné 4 /5 fois avant de retrouver la sortie... et puis avant-hier j'en ai revu une... un pur bonheur de savoir qu'à Paris il y a aussi une faune.

"Quel Parisien se douterait qu’à Paris voisinent le renard et la fouine, le lucane cerf-volant et le papillon machaon, le martin-pêcheur et le faucon crécerelle, le lézard des murailles et le crapaud accoucheur, la libellule aeschne bleue et le bombyx de l’ailanthe, le pseudo-scorpion et le varroa des abeilles, la méduse Craspedacusta et la mulette des peintres, le silure glane et l’anguille... ?
A Paris cohabitent près de 1290 espèces animales." Plusieurs centaines d’espèces d’insectes (dont 500 de coléoptères, 50 de punaises (!), 100 de papillons, 35 de poissons, 29 de mammifères, 44 de mollusques et même 9 de lombrics et une espèce d'éponge ! "
(extrait de renard, chauve-souris, fouine... à Paris)

Rajout du 04/07/2011: et le début d'une nuit ici..

2 commentaires:

Abeille papillon a dit…

Ton ode à la nuit est magnifique.
Depuis mon 7ème mois de grossesse, je me lève régulièrement la nuit. Je profite de la fraicheur, de ces moments où le temps semble s’arrêter.
J'écoute le silence et je me prépare à devenir maman.
Merci pour ton billet sur la nuit.

Vanessa a dit…

Abeille papillon: bienvenue entre mes billets. Une très belle préparation à la maternité! Je t'espère des temps forts aussi pour profiter des moments "hors du temps" quand l'enfant sera là... la nuit et les orages aussi.