dimanche 23 septembre 2007

Nos maternités

Notre petit d’homme a bientôt un an et son papa m’a demandé si, avant d’être maman, je pensais être « capable » (je vous simplifie là sa réflexion !). Lui n’avait aucun doute mais moi si :

Que devient une souffrance, enfantine, adolescente, d’une jeune femme, quand celle-ci devient maman ?
Mes premières angoisses venaient de là. Il y a des critères, malheureusement, pour entrevoir l’avenir éducatif, un certain déterminisme : un cercle vicieux des événements bouleversants, de victime passer à potentielle actrice, ou, tout au contraire, une opposition tellement franche qu’elle en devient extrême ! Combien de temps faut-il pour digérer un passé ? Combien de temps pour ne plus tenir de rancune mais comprendre qu’il faut en faire du positif ? Combien de temps pour construire une patience, une confiance en l’homme (non, non, je ne parle pas de ces mâles, mais de la condition humaine !) ?
Mais là, j’ai foi en l’homme, je crois en moi. J’ai cet orgueil de croire que je peux changer la donne, par réflexion, par introspection, par études psychologiques, sociologiques aussi, je vais devenir une mère toute unique, originale sûrement (même volontairement : les chiens ne font pas des chats !), mais unique. Alors oui, j’en suis devenue exigeante, (intransigeante, non ?! mais non !), perfectionniste…pour palier avec mon cœur, mes tripes, mon cerveau, tout ce que mes nerfs, mes maux pourraient laisser passer. Alors une vraie présence et des recherches multiples pour s’orienter dans les méandres des maternités.

D’une part, une préparation à la maternité : un épanouissement sans enfant avant, un projet de vie avec aussi ; puis une sérénité des émotions, une grossesse suivie par de la présence et pas uniquement par des praticiens médicaux, une préparation à l’accouchement ensuite (haptonomique pour nous car elle permettait un rôle équivalent de la future maman, du papa et de l’enfant à venir).


*source sculpture : André NAEGELEN

Une arrivée de l’enfant dont il faudrait redonner ses lettres de noblesse : un accompagnement des mères , une présentation sociétale des nourrissons à reconsidérer, une nécessité de remobiliser les mères sur leur choix, personnel, intime, d’un allaitement ou non : une qualité des échanges et non un consensus de la « bonne mère ».





*source sculpture : Caroline CHOPIN


Un choix aussi des systèmes d’éducation. Pour être trop sortie des sentiers battus, pour n’avoir été élevée que par un non mans land, un soupçon de bon sens enfantin et une envie irréductible de vivre, je me défends à chaque instant de partir dans des éducations trop alternatives, trop cloisonnées. Est-ce à dire que je ne les regarde pas ? Oh que non, je suis toute attentive, je furète, je zieute, je teste…mais que tester avec un bambin de 11 mois ? Un bon sens, que je souhaite affiner…
Alors oui, je me renseigne, je lis, essaye un tant soit peu de digérer, de comprendre tout ce qui est possible : quelques livres de Françoise DOLTO et quelques abonnements pour savoir quels livres de quels « éducateurs » vont suivre !
Je me suis abonnée au magazine "Grandir autrement", que j’aimerais accompagner du magazine "L'enfant et la vie". Il y a beaucoup de pro-nature, je dirais même certains intégrismes sous des aspects de complète bonne humeur et intelligence humaine. Moi, j’y prends quelques belles initiatives, des actions poussées par une bonne conscience et surtout des chemins à emprunter, à abandonner, à suivre pour un bon moment ou à éviter. Je note surtout les réflexions de base qui ont poussé certains, certaines, à inventer de nouvelles voies.
Alors je lis sur le maternage, le portage, l’hygiène enfantine (ou du nourrisson), les éducations alternatives (les apports à repenser, à comprendre, à disséquer, des pédagogues), la non scolarisation, le principe de non-fessée etc…je reparlerais sûrement de chaque sujet (et d’autres) un par un !
Après il fallait savoir si je consacrais, un peu plus que les femmes dans la vie active (quel terme odieux quand nous savons que être femme au foyer est parfois synonyme d’une vraie organisation de femme d’affaires !), un temps fort pour le petit d’homme arrivé là, d’où mes caprices .



Alors oui, j’avais des doutes, de très nombreuses angoisses, mais ce qui est beau, c’est qu’en même temps que l’enfant, notre parentalité grandit, se fortifie, se forge même. J’ai déjà emprunté des chemins non conventionnels mais en essayant de ne pas me cloisonner, de prendre le meilleur (si possible) tout en choisissant de permettre à cet enfant de revenir dans la norme (si désagréable à mon goût !) Alors oui, j’ai initié le langage des signes pour enfants par exemple et pour les autres initiatives, j’en parlerais…peut-être, si cela peut me permettre de me conforter dans ma maternité!

Je voulais continuer par ma profonde inquiétude par rapport aux mères qui souhaitent un enfant pour elles ! Cela fera office d’un prochain billet !

15 commentaires:

maijo a dit…

Que dire sinon que ton billet est très touchant et très beau. J'attends la suite.

Vanessa a dit…

Maijo: merci, je tenterais de faire plus clair la fois prochaine.

Marraine a dit…

" j'ai foi en l'homme, je crois en moi", bravo Vanessa!

BelleSahi a dit…

Laisser son coeur de mère parler. Apprendre à connaître son enfant et le respecter. Lui indiquer le chemin, le guider, lui apprendre les régles. Etre mère est simple et compliqué à la fois. Oui cela m'angoisse aussi d'être mère. Se servir de son passé pour ne pas reproduire les erreurs de ceux qui nous ont élevés. Avancer ensemble dans la vie. L'enfant nous éduque aussi.

Vanessa a dit…

Marraine: ...

Bellesahi: un beau parcours en perspective!

Lysalys a dit…

Je me retrouve beaucoup dans ton billet. Je l'ai quant à moi trouvé très clair : une maman qui cherche la voie de sa maternité.
Et je me suis revue lorsque Mi était petite, observant, me questionnant, avançant doucement, à l'écoute, parfois hésitante, testant pour ne retenir que ce qui nous convenait. Et aujourd'hui je continue encore parce que je crois qu'être mère, c'est cela : tester, chercher le moyen de devenir maman de la meilleure façon qui nous convient...

Vanessa a dit…

Lysalys: et suivre votre parcours me permet d'aller plus vite!!

Lily a dit…

Oui quel beau billet Vanessa, j'allais dire à nouveau, toujours !
Oui être mère est ardu, difficile, parfois angoissant, et puis merveilleux à la fois... Ce qui m'avait le plus marqué, quand Matthieu est né, c'est ce sentiment de responsabilité énorme... Toute la vie... Puis je suis passée par le stade : mon dieu, donnez moi le temps nécessaire pour les voir grandir, pour les accompagner, les aider à devenir grands, heureux, indépendants... A présent, je suis toujours sur le qui vive (on ne se refait pas), j'essaie juste de vivre un peu plus dans le présent, sans trop me projeter dans l'avenir, j'essaie d'être à l'écoute...
Tu es une mère formidable Vanessa, il suffit de te lire. J'ai envie de dire comme Bellesahi, laisse ton coeur parler, tu peux lui faire confiance...

Vanessa a dit…

Lily: je me projette dans l'avenir, m'écroule aussi deant ce lot de responsabilité...mais je continues le chemin. Merci

Lamousmé a dit…

inutile de te dire ce que j'en pense hein? ;o)
moi c'est en toi que j'ai foi!!!!! :o)))

Vanessa a dit…

Lamousmé: merci, de la part de quelqu'un qui m'a vue en vrai, merci encore!!!

mamzelle yaya a dit…

je suis toujous touché par tes articles si sincére
et ces statues sont très belles
celles illustrent ce texte

Vanessa a dit…

Mamzelle yaya: c'est vrai que la maternité est un sujet si entier que l'on ne peut pas en parler à demi-mots. Et pour les sculptures, c'était intéressant de voir comment la maternité est vu par une femme et un homme ;-)

Holly Golightly a dit…

Tu réponds à beaucoup de mes questions très intimes et tu poses des questions que je n'ai pas vraiment osé verbaliser. Merci, jolie demoiselle.

Vanessa a dit…

Holly golightly: il y a tellement de côtés sombres en nous, même pour ce qui devrait ête la plus belle chose au monde...merci de savoir lire entre mes lignes...