dimanche 24 août 2008

Du lait dans un Wulong

En partant en vacances, j’avais été en manque de thé, et de ses petits moments rien qu’à moi avec le zhong, petite parenthèse pour avancer, seule, dans une certaine sérénité. Seule, quelle ingrate ! Un peu, un peu, j’y inclus qui veut, le plus possible, le plus souvent possible aussi …
Alors en passant dans la ville des Machines, je n’ai pas pu m’empêcher d’entrer dans une autre boutique de thé, j’en suis ressortie avec un nouveau zhong (et sa boite pour qu’il devienne nomade comme un certain autre), un autre wulong et une autre tasse japonaise sans anse.

Un oolong comme un thé noir avec du lait… de quoi laisser les asiatiques s’approprier ce goût lacté, à défaut de l’odeur :


*source de fabrication artisanale de lait de soja , photo de Annick

« C’est une odeur difficile à définir (que les Occidentaux eux-mêmes ignorent et qu’on ne sent plus pour peu qu’on vive parmi eux), qui tient essentiellement au laitage. Malgré l’expression dont certains Chinois usent pour la qualifier : « Ca sent le lait », il n’y entre pas nécessairement de nuance péjorative mais avant tout une constatation physiologique. Cette vieille race d’agriculteurs, éleveurs de porcs et de volailles, a depuis toujours ignoré le lait animal. L’enfant chinois, à part le lait maternel, ne connaît que le lait de soja. Aussi, lorsqu’un Chinois goûte pour la première fois le lait de vache ou de chèvre, ne manque-t-il pas d’avoir un haut-le-cœur, voire une envie de vomir. »
(extrait de « Le Dit de Tianyi » de François CHENG)

En effet, nous avons dégusté, toute la tablée, les premières liqueurs de ce Milky Wu long. Thé originaire du village de Mae Salong, au nord de la Thaïlande, dit fleuri et lacté proche des Jin Xuan taïwanais. Quelles sont belles ces cueilleuses de thé Akhas, sous leur fardot de thé et non plus d’opium.
Les feuilles sèches sont vert émeraude, enroulées et régulières, comme un peu sèches. Elles ont une note sucrée comme de fruits cuits. La liqueur est jaune verte, le couvercle apporte une note florale légère et verte, comme du gazon coupée.
Et puis en bouche, la liqueur est marine, salée avec un peu d’amertume mais surtout comme un peu de « gras »…comme du thé noir auquel nous aurions ajouté du lait…et plus tard reste en bouche un léger goût de noisettes.

2 commentaires:

Soïwatter a dit…

Du Palais des Thés, c'est bien l'un des oolongs que j'ai envie de goûter. J'en avais reçu une tasse il y a quelques mois lorsque nous faisions notre provision de Earl Grey (Blue of London, le seul, l'unique...) rue Vieille-du-Temple. Il avait été dilué et totalement dénaturé, mais déjà, il laissait entrevoir quelques belles qualités.

C'est vrai, les asiatiques ont du mal avec le lait et les produits laitiers... Et c'est sans parler de nos chers fromages, ou pire nos pâtes fleuries qui les écœurent au plus haut point. Même si des fois après quelques mois en France, il en deviennent de fervents défenseurs... J'ai la chance d'en croiser beaucoup par mon travail. Mais que dirait-on de leurs kimchi, oreilles de porc confites, algues...

Sinon, bonne chance pour ton Zhong nomade... Longue vie!

Vanessa a dit…

Soïwatter: je ne connais pas de Chinois, juste des coréens (coréennes pour être exacte) et des japonais...une autre façon encore de penser. Mais cela doit être aussi exaltant de partager avec eux. Je ne leur ai jamais poser la question du lait! Il va falloir. Et puis oui les kimchi ne me tentent pas comme ça mais les algues sans problème, j'en mange régulièrement, des françaises comme des japonaises.
Et merci de lire ces petites dégustations pas encore totalement nomades.