mercredi 23 novembre 2011

Décalquer, imaginaire et dessin pour lettre au Père Noël

Il fut un temps où j'étais un peu surprise de ne pas voir le chenapan avec du papier, des crayons ou des feutres en main. Moi qui ai dessiné toute ma jeunesse, même si c'est vrai je ne lui montre pas l'exemple (mes papiers, crayons, pinceaux et peintures sont relégués au fin fond de mes placards, sniff!), je pensais qu'il dessinerait.
En fait, il a attendu 4 ans 1/2 pour y trouver un intérêt. Maintenant ne se passe pas une journée, un soir en rentrant de l'école, sans une feuille de papier remplie. Il demande encore d'illustrer ses propres histoires, qui s'étoffent au fur et à mesure, mais depuis cet été, ce sont plutôt ses envies qu'il dessine.

Il demande aussi à ses parents de dessiner parce qu'il craint ne pas y arriver.
Alors oui, nous lui parlons à chaque fois :
- qu'il est nécessaire d'essayer pour savoir si le résultat nous plait ou non, quitte à refaire le dessin sans que cela soit une erreur
- qu'un petit enfant ne dessine pas comme un adulte mais que cela ne veut pas dire que son dessin est moins bon
- que justement un "dessin bon" est un dessin pour lequel nous avons mis de nous, rien à voir avec la ressemblance au modèle, avec la vraisemblance de la créature etc...

Alors oui, d'un certain côté il copie juste. Mais ce serait limiter ses gestes.
Quand j'étais petite, je voulais dessiner tout le temps. Je voulais peindre sur des toiles très tôt pour faire comme ma maman. Mais mes enthousiasmes étaient un peu refroidies... je n'ai toujours pas récupéré cette spontanéité que j'ai perdu mais elle a eu une idée qui m'avait énormément plu, après coup. Elle m'avait fournie un livre représentant toutes les fresques de Pompéi reprises en dessins contour noir, un tas de papier décalque. J'avais dessiné page par page en rotring et à l'encre de Chine. Après l'énorme frustration de devoir être cloisonnée à recopier, à suivre le chemin, à devoir passer d'une page à l'autre sans vraiment de choix, il s'est avéré que mes traits se sont fait plus juste, ma technique au rotring moins "pâteuse" et mes dessins suivants beaucoup plus forts en musculature et drapés. C'était une manière d'exercer la main et de ne pas me focaliser sur un style que je n'ai pas. Normal, je ne dessine plus donc sans pratique, pas d'avancée! Même si je continue toujours à décalquer...

comme sur les traits de RACKHAM, ou de Loisel ou de Wendling ici.

A chaque fois, décalquer délie les mains en nous enlevant cette exigence de résultat, ce frein à la création en voulant tout de suite ce que nous avons en tête (apparemment j'ai refilé le virus à notre lutin).

Alors oui, il décalque. Il reprend les traits de son papa, très fort dans l'imaginaire, ou les miens, plus à l'aise avec modèle. Et il repasse sur le stylo.
J'avais peur qu'il se limite, qu'il n'éveille pas son imaginaire, si ce n'est dans les choix de ses sujets. Mais non, oh que non! D'une part il repasse ou décalque, quelque fois colorie l'intérieur, mais aussi il le refait, à sa manière, cette fois-ci sans attente démesurée.


Ce qui lui donne aussi de l'énergie et de la motivation pour dessiner ses jouets...

et préparer page par page sa liste de cadeaux à faire parvenir à un hypothétique Père Noël.
D'ailleurs c'est drôle, cette année il a envie d'y croire... ou non, en tous cas il a bien compris l'accumulation des cadeaux, un par personne offrant ou multitude de Pères Noël (celui arrivant chez mamie, l'autre ailleurs)... ce qui fait un total de... cadeaux.
La réflexions des cadeaux, de leur nombre, de leur caractère loin d'être obligatoire est là (que j'aimerais limiter le nombre et plutôt déplacer ces marchandises pour du temps partagé avec lui, de la part de tous)... mais ce n'est pas le fond du billet...

En attendant, je le vois rêver devant un modèle, le reprendre, le faire sien... Je le soupçonne de prendre encore plus de plaisir à dessiner ses envies de cadeaux qu'à les recevoir réellement.

2 commentaires:

n-talo a dit…

et je pense à un mot entendu à la radio, un mot de luc besson ... quand je décalqué des pièces de monnaie, il y avait d'abord liberté, puis égalité et fraternité, aujourd'hui c'est la valeur faciale qui importe à nos contemporains ... decalque petit bonhomme il en restera toujours quelque chose

Vanessa a dit…

N-Talo: oui, merci... merci de passer encore par ici