samedi 29 septembre 2007

Les mots roux et doux

"- Il ne faut pas juger les livres un par un. Je veux dire : il ne faut pas les voir comme des choses indépendantes. Un livre n'est jamais complet en lui-même ; si on veut le comprendre, il faut le mettre en rapport avec d'autres livres, non seulement avec les livres du même auteur, mais aussi avec des livres écrits par d'autres personnes. Ce que l'on croit être un livre n'est la plupart du temps qu'une partie d'un autre livre plus vaste auquel plusieurs auteurs ont collaboré sans le savoir. " (extrait de « Volswagen Blues » de Jacques POULIN).

Merci Malice pour cet extrait, tellement pertinent, mis en exergue sur ton blog.
Je rajouterais que les livres ne sont entiers qu’avec leur arrivée jusqu’à moi. Un prêt en bibliothèque, un prêt d’un ami, une proposition des médias etc. Ils prennent une chaleur humaine, une couleur, qui sied à ma lecture.
Alors celui-ci à la couleur rousse d’un été indien au Québec : et oui la teinte de cheveux de l’héroïne irlandaise, ses tâches de rousseur, me rappellent un paysage…Lily, je ne me rappelle plus de ta couleur de cheveux mais j’ai envie de croire qu’une tâche de rousseur est sur ta peau !

*source photo

« La traduction est une histoire d’amour » de Jacques POULIN est un petit roman bien délicat.
Nous suivons un moment de vie entre un écrivain, sa traductrice et une nature québécoise toujours préservée. Un nouveau venu arrive, un jeune chat noir. Un message est caché dans son collier. Interloqués par le malaise présent entre les lignes du billet, les deux amoureux des mots, amis intimes, vont aller à la recherche de sa propriétaire. Lily en parle bien mieux que moi ici .


Cette prêteuse de livres m’avait attirée vers cette lecture par l’amour des mots, j’ai été comme lovée et séduite à toutes les pages : une chaise berceuse devient chaise berçante « pour certains mots chargés d’émotivité, je fais une entorse aux recommandations du Petit robert. » ou pour reprendre une des phrase que nous livre aussi Lily : « Il n’avait plus d’amis, c’est ce qui arrive quand vous vivez dans un monde imaginaire »…

Mais le mieux reste encore avec cet auteur, qui m’était jusque là inconnu, ce pollen des mots et des touches de pensées pris ici et là à travers l’intrigue:


« Sur quoi donc devait se baser le roman contemporain¸ demandait l’interviewer. Sur les ressources infinies du langage ! répondait monsieur Waterman d’une voix exaltée. Et il lançait dans une longue tirade qui faisait l’éloge de la langue et se terminait par une citation qu’il eut beaucoup de mal à retrouver dans son carnet de notes tout sale et couvert de ratures :
« Car bien souvent les exilés n’emportent pas de terre aux semelles de leurs souliers ; ils n’emportent rien d’autre qu’un nuage de poussière dorée et dansante qui nimbera tous les êtres, toutes les choses, tous les paysages sur lesquels se poseront leurs regards, s’attarderont leurs caresses ; et ce poudroiement infime, impalpable, fait de cendres mortes et de pollen fécond, s’appelle la langue. »
Il précisa que ce texte était de Sylvie Durastanti, et je fus heureuse d’apprendre qu’il s’agissait d’une traductrice. Du même souffle, il citait la fameuse phrase de Heidegger : « Le langage est la maison de l’être. » »

5 commentaires:

BelleSahi a dit…

Il est noté ! Merci ! Bon week-end !

maijo a dit…

Le titre me paraît très évocateur; je note. Bon dimanche Vanessa.

Lily a dit…

Je savais que tu aimerais Vanessa !
Il faut absolument que tu lises "La tournée d'automne" que m'avait prêté Alice... Magnifique. JE vais continuer à découvrir Jacques Poulin avec Volswagen Blues (il doit arriver chez moi sous peu...). L'extrait que cites avec Alice est merveilleusement juste...

Katell a dit…

je l'ai noté déjà sur mon calepin...et il est déjà souligné donc maintenant je l'encadre ;-)
Si je le vois à la librairie, je risque de craquer malgré les finances!

Vanessa a dit…

Bellesahi: tu passeras un bon moment.

Maijo: c'est tout doux.

Lily: oui je continues avec "La tournée d'automne", tu m'as décidée.

Katell: oui tu peux nous suivre les yeux bandés.