vendredi 28 septembre 2007

My precious

Tels que je vous connais, vous pouvez craquer sur des livres, de ceux que nous pouvons croire précieux : ils sont faits de mots emplis de sagesse, de références artistiques, littéraires, restées accrochées à la peau, de voyages imaginaires dans l’enfance ou en territoire inconnu (ou trop aimé).
Il y en a certains que j’ai car je veux les lire dans ma vie, peut-être pas maintenant, mais plus tard, quand je serais prête, quand ils me feront de l’œil et m’empêcheront de dormir la nuit par leur luminosité, une certaine clairvoyance.

J’en achète certains comme nous pourrions plébisciter les cours d’un professeur qui mettrait son charisme au service d’un passage de curiosité (bien plus important que le savoir ou que la sagesse, foncièrement personnelle, intime). Parmi ceux-là, je rêve d’avoir des livres de voyage (au mieux des carnets de voyage, remplis à ras bord de réflexion, de sagesse, de dessins, de photos, de recettes de cuisine, de secrets de polichinelle…).


Mes mains ont souvent tenu « L’Usage du monde » et l’ont reposé – Mais Vanessa, tu ne vas pas acheter un livre que tu ne liras peut-être que dans un an, voire deux !- bon, oui, c’est vrai j’ai déjà acheté quelques livres important, comme « Histoire Universelle des chiffres » de Georges IFRAH, dont je n’ai lu que 2 chapitres, pas par inintérêt mais parce que ce n’était pas le moment (voir ici pour plus d’infos … )
Alors voilà le livre qui a rejoint ma bibliothèque aujourd’hui : « Œuvres » de Nicolas BOUVIER.




« On ne voyage pas pour se garnir d'exotisme et d'anecdotes comme un sapin de Noël, mais pour que la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rende comme ces serviettes élimées par les lessives qu'on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels. On s'en va loin des alibis ou des malédictions natales, et dans chaque ballot crasseux coltiné dans des salles d'attente archibondées, sur de petits quais de gare atterrants de chaleur et de misère, ce qu'on voit passer c'est son propre cercueil. Sans ce détachement et cette transparence, comment espérer faire voir ce qu'on a vu ? Devenir reflet, écho, courant d'air, invité muet au petit bout de la table avant de piper mot. » (extrait de « Le poisson-scorpion »)
Je ne pouvais pas passer une fois de plus à côté, n’est-ce pas la rêveuse ?

Pour vous faire une idée de cet explorateur, écrivain, photographe, je vous conseille le très beau billet sur le blog d’Espace de voyage que je vous conseille ou (d'où la première photo est prise). Je réserve un billet sur ce livre monumental pour plus tard.





Pour vous faire une idée de ce qui trotte encore dans ma tête, voici un autre livre que j’ai pris en main et reposé, pour plus tard : « Tingo, drôles de mots, drôles de mondes » de Adam JACOT DE BOINOT ou les oeuvres de Bruce CHATWIN dont je parlais .

Le Livre :
Saviez-vous que les Boliviens ont un mot dans leur langue qui signifie : «J'étais beaucoup trop saoul, hier, et tout ça c'est de leur faute» ? Qu'il n'existe pas d'équivalent au mot «bleu» en italien ? Que le mot allemand pour «ricochets» est «plimpplamppletteren» ? Ce livre génial, qui puise dans la sagesse collective de plus de 154 langues, inclut non seulement les mots pour lesquels il n'y a pas de traduction directe en français («pana po'o à Hawaii signifie «se gratter la tête pour se souvenir de quelque chose d'important») mais aussi une discussion honnête sur le nombre de mots exprimant la «neige» qui existent en eskimo, et sur le plus long palindrome connu parmi toutes les langues («saippuakivikauppias» - Finlande).
Extraits
Vous n'avez qu'un mot à dire : Un seul mot peut parfois servir dans une multitude de situations. Au Sri Lanka, par exemple, le mot cingalais ayubowan signifie non seulement bonjour, mais aussi bon après-midi, bonsoir, bonne nuit et au revoir.
L'attente : L'irritation que l'on éprouve en attendant quelqu'un est joliment résumée par le mot inuit iktsuarpok, qui veut dire sortir régulièrement pour voir si quelqu'un arrive. Quant à l'impatience de celui qui cherche à obtenir une réponse, on peut la décrire avec le russe doznovit'sya, qui ne signifie pas seulement sonner à la porte mais le faire jusqu'à ce que quelqu'un vienne ouvrir (on l'emploie également pour les communications téléphoniques).
Bla bla bla : Les raffinements de ce que nous appelons sobrement la «conversation», sont parfois mieux saisis dans d'autres langues.
ho'oponopono (hawaïen) : résoudre un problème par la discussion
samir (persan) : une personne qui parle la nuit, au clair de lune
begadang (indonésien) : passer toute la nuit à discuter
glossalgos (grec ancien) : parler jusqu'à en avoir la langue douloureuse
-présentation des éditeurs-

Au fait, deux voyageurs sont arrivés ce jour envoyés en vacances constructives chez moi par une lectrice enthousiasmante, Lily! Merci!

10 commentaires:

maijo a dit…

Ton dernier livre me tente bien. Je le note donc. Bon week-end.

Coumarine a dit…

e suis sidérée par le soin que tu prends à rédiger des billets hautement documentés et intéressants.
Merci en tout cas...

BelleSahi a dit…

Je confirme ce que dis Coumarine. Tes billets sont toujours très intéressants. Bon week-end !

la rêveuse a dit…

Oh que tu me fais plaisir, Vanessa!

Vanessa a dit…

Maijo: oui je le crois passionant!

Coumarine: merci, le compliment me va droit au coeur!

Bellesahi: merci, bon week-end!

La rêveuse: de rien, de rien...

Lily a dit…

J'aime beaucoup l'extrait que tu cites du "Poisson scorpion"... Ah beaucoup vraiment !
Merci Vanessa, je le note cent fois !

zoechiffon a dit…

tiens!!!
le Nicolas Bouvier au japon est le prochain sur ma liste !!!!!!

Vanessa a dit…

Lily: oui j'ai adoré, le problème c'est que je ne connais encore que des extraits, à lire absolument.

Zoechiffon: oui, il doit être super...

beatrix a dit…

Superbe billet que j'ai pris le temps de lire bien attentivement..je le note également.pour bientôt..j'ai une de ces liste!!

Vanessa a dit…

Beatrix: oui il me semble indispensable..hi, hi, enfin pour certains.