mardi 29 avril 2008

Jardins de thé

Jardin : quel beau mot ! Il nous emmène dans des allées, des bosquets d’arbustes et de fleurs, des ombres pénétrantes sous des arbres majestueux mais aussi des plantations de l’autre côté du monde.



*source plantation de thé au Kenya, photo de Fleviez

« Dans le très poétique vocabulaire du thé, on appelle « jardin » la plantation produisant un thé qui ne sera pas mélangé à un autre, et qui portera le plus souvent son nom. La similitude est ainsi entière entre un jardin de thé et un vignoble où nait un grand cru. Le jardin, quant à lui, offre souvent au connaisseur ce qu’on appelle un « grand seigneur », soit un thé de très grande qualité. Ainsi, déguster le thé d’un jardin, ce n’est pas boire un Ceylan mais savourer, par exemple, toute la finesse d’un Pettiagalla ou la saveur fruitée d’un Saint-James des Uva ; ce n’est pas simplement boire un thé vert de Chine, mais s’émerveiller du parfum d’un Lung Ching ou de la rondeur d’un Pi Lo Chun…On entre ici dans l’infinie richesse de l’univers du thé. »
(extrait de « L’ADCdaire du thé »)
Les plantations de thé, jardins, « gardens » ou « estates », nous proposent de suivre les délices du thé et aussi de vivre la dégustation : un thé peut évoquer, sans adjonction de parfums ou d’autres éléments (tels que fleurs ou graines) un paysage, une atmosphère.


*source

La Voie du thé japonaise Chado offre grâce à sa cérémonie du thé Chanoyu les quatre principes proposés par le maitre de thé Sen no Rikyû, de style wabi (concept esthétique associé à la simplicité, à la beauté rustique) : wa, kei, sei et jaku, respectivement, harmonie, respect, pureté et tranquillité de l'esprit. Un vrai « jardin de thé » qui accompagne jusqu’au pavillon de thé Chashitsu.
Le Chaniwa est à lui tout seul un jardin propre à amener l’invité dans un autre monde : « Le jardin de thé est une invitation au voyage, une invitation à quitter le monde de "tous les jours" où peines et souffrances sont lots quotidiens, pour un autre fait de tranquillité, de quiétude, où la notion de temps semble ne plus exister. C'est pourquoi le jardin de thé est coupé "visuellement" de son environnement extérieur (citadin dans la plupart des cas). Plus que dans tout autre archétype de jardins, la notion de limites, et donc de seuils, est ici une caractéristique essentielle.

Le visiteur qui se trouve dans le jardin doit se sentir "hors de sa vie quotidienne", il doit avoir l'impression d'être en pleine nature et focaliser son attention sur les évènements présents qui se déroulent dans le jardin, et dont il est lui-même un acteur majeur. »

(extrait du site Fujijardin, dont un très beau compte-rendu du Chaniwa, à lire absolument autant les caractéristiques que les éléments constitutifs)… je reviendrai sur ce parcours initiatique fait de mousse, de pierres, de clôtures et palissades, de banc d’attente ou de lampe de pierre. Si vous voulez en voir certains c’est ici.

*source Chaniwa de Kyoto

Et vous, quels sont vos jardins imaginaires ? Il ne vous reste que peu de temps, je rajoute une semaine et quelque pour les retardataires qui se veulent Passeurs d'imaginaires.

7 commentaires:

caroline_8 a dit…

Oui, encore un peu de temps, merci. Mais Delphine a bien commencé aujourd'hui...

rose a dit…

Je découvre plein de choses ; et j'adore les jardins japonais (et les photos japonaises qui les représentent). Merci !

Vanessa a dit…

Caroline: patience, patience

Rose: de rien

Béatrix a dit…

les jardins de thé sont merveilleux, je n'en ai jamais vu en vrai..je n'ai que ces petits jardins à te proposer et des fleurs de cerisiers..

Vanessa a dit…

Béatrix: je n'ai pas eu non plus la possibilité de fouler ses pierres moussues... et j'aime ta cour intérieure!

Delphine R2M a dit…

Tiens, je t'ai trouvé ça, je pense que ça t'aurait plu!
http://scally.typepad.com/cest_moi_qui_lai_fait/2008/04/cours-de-dgusta.html

Vanessa a dit…

Delphine: oui, oui, très très intéressant...