jeudi 17 avril 2008

Vos métiers "imaginaires"

Le thème des Passeurs d'imaginaires de mars nous amenait entre vocation, tradition et rêve de devenir. Voici vos métiers imaginaires ….


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Un métier comme une vocation d’enfant

Il y a de ces métiers qui vous viennent en tête comme un rêve. Enfant, encore dans le quotidien feutré (du moins pour certains) nous nous imaginons la vie active comme un monde d’adulte : des métiers, professions de subsistance, pour l’argent. Des emplois du temps d’absence des parents pour nous faire manger. Alors le métier souhaité est une illusion, une porte ouverte sur notre monde intérieur. Rose nous livre ses vocations et les histoires qui l’ont bercée y sont pour quelque chose : éleveur de Marsupilami ou hôtesse de l’air…


*source "Mon rêve à moi" de Pascale FRANCOTTE

Les métiers sont aussi porteurs de poésie, réels et repris par notre imagination. Que dire des allumeurs de réverbères de Caroline, devenus par simple ouverture des possibles, allumeurs d'étoiles. Tout dans le monde permet de créer ces métiers, loin de notion de subvenance aux besoins, emprunts que de beauté. Les découvreurs de lieux abadonnés présentés par Florizelle ou le pendant pour enfant que sont les sculpteurs de rêves quand ce dernier se fait denrée rare ne sont là que des continuités de nos rêves éveillés.


*vocation de Rozenn FOLLIO-VREL dont voici le blog

Certains ont eu la chance de vivre leur rêve. Il reprend cette enfance, le contexte social, l’éducation parentale et devient une ouverture vers un monde, comme celui que nous propose Zoéchiffon en présentant sa Singer et sa passion pour le tissu et ses découpes. Il ne faut pas oublier le plus beau métier du monde pour certain(e)s, être parent (à ne pas confondre avec le plus vieux, et là c’est une autre histoire). Etre parent, c’est être une fenêtre pour les yeux des enfants, ouverte sur le monde.


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Un métier, tradition à perpétuer

Le métier était la principale activité de l’homme, une reconnaissance des pairs. Maintenant nous en avons aussi d’autres. Seulement quelques métiers sont si emprunts de souvenirs, de traditions voués à se perdre, que certains aiment les préserver et se font un devoir d’en être un représentant. Maijo a choisi ainsi de mettre en lumière les sorbetiers équatoriens, un peu de ses origines avec une bonne dose de tradition. Les souvenirs de sa grand-mère et de son magasin hantent encore N-Talo qui nous dévoile les coulisses de la confection avant le prêt-à-porter.



Les métiers peuvent aussi être une occupation non rémunérée, indispensable à l’individu et au groupe : une profession de foi. De père en fils, la transmission écrite d’une filiation est un métier juif (entre autre) : « La mémoire d’Abraham » de Marek HALTER montre au combien est important ce continuum, scribe d’une histoire familiale à imprimeur de métier. Maintenant les traditions sont aussi ailleurs. MAP nous livre enfin le secret de métiers anciens et du quotidien.


En partant dans d’autres contrées, les métiers les plus bizarres apparaissent : une fable…peut-être :
« .. à Leh (Ladakh, état du Jammu & Kashmir dans l'Himalaya indien), alors que j'étais confortablement installé sur le trottoir, à prende le thé devant l'étal d'un bouiboui improbable en écoutant de la musique, j'ai croisé le chemin d'Assim HAMAD, un vieil indien très digne, très blanc de cheveux, très foncé de peau et très noir de regard ... tout droit sorti du temps de l'Inde de Rudyard KIPLING
il s'est installé à mes côtés et nous avons rapidement engagé la conversation sur ce sujet de rencontre universel qu'est et sera toujours la musique, nous amusant tour à tour à essayer de reconnaître le premier et dès leur apparition les différents instruments du morceau qui se jouait ...
par le fait de ce jeu devenus presque de vieux potes, et intrigué de savoir quel pouvait être la vie de ce vieil homme, manifestement originaire d'un autre état de l'Inde, ayant du temps à perdre avec moi, pauvre blanc ignorant presque tout de la valeur du temps, je lui ai demandé ce qu'il faisait dans la vie ...
il a lors sorti de sa besace quelques petits outils à main auxquels je n'ai pas compris grand chose, ce qui n'a pas manqué de l'amuser ainsi que le petit auditoire qui commençait à se former autour de nous ... et il m'a raconté qu'il voyageait beaucoup dans son immense pays, partageant principalement son activité entre Leh et Goa au gré des saisons touristiques
puis il m'a tendu, toujours sortis de sa besace "trousse à outils", ... une dizaine de petits calepins plus ou moins marqués par les outrages du temps, plus ou moins jaunes et sales d'avoir été manipulés tant de fois au cours de sa longue vie, les uns de vieillesse perdant leurs feuilles, les autres s'effritant comme de vieux parchemins...
après un regard pour lui demander l'autorisation de le faire qu'il m'accorda aussitôt d'un signe de la tête et de son sourire, je me mis à feuilleter le premier d'entre eux pris au hasard, qui m'apparut rapidement comme étant ce qu'on ne pourrait appeler autrement que par "livre d'or", dans lequel toutes celles et ceux qui sont passés entre les mains aussi attentives qu'expertes d'Assim ont confié dans toutes les langues leurs impressions parfois les plus intimes sur les sensations et les bienfaits éprouvés à cette occasion ... les uns ne tarissant pas d'éloges sur sa délicatesse, d'autres sur sa douceur ou encore son savoir-faire, d'autres parlant d'un plaisir encore inconnu même avec l'élu(e) de leur cœur, d'autres encore déclarant s'être sentis plus intelligents ou encore l'esprit plus ouvert, plus à l'écoute ... après une telle expérience !
j'ai alors regardé de plus près entre ses mains les outils que le vieil homme m'avait montrés, que j'avais de prime abord et rapidement identifiés comme "de petites vrilles" sans la moindre idée de ce à quoi elles pouvaient bien être destinées, ... mais avec d'autant plus d'attention cette fois-ci qu'Assim s'apprêtait à en faire un usage professionnel auprès d'un client entretemps abordé et convaincu, désormais assis sur un petit tabouret, immobile sous le regard et les attentions de mon nouvel ami :
... avec les gestes précis d'un artisan ... d'un artiste ... d'un orfèvre, Assim HAMAD tenait entre ses doigts en forme de pince l'une de ces mystérieuses "vrilles" délicatement enveloppée d'un peu de coton, qu'il approcha lentement du visage incliné de son "patient" ...
... ah, j'allais oublier de vous dire : Assim HAMAD est nettoyeur d'oreilles ... »
(tiré d’un forum, texte de Maitairoa )


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Un métier si insolite

L’imaginaire, pour faire rêver les enfants mais aussi les adultes, en fait, nous amène aussi dans des terrains inconnus. Maijo nous offrait de regarder la lune, pas Madame ou Monsieur Lune, pas le petit bonhomme dessus, passif, mais bien celui qui la rend si mystérieuse : le cacheur de lune. Avec le balayeur de ciel, découvert dans le périple des graines de cabanes que je vous présentais, ils vont faire la paire.



Les métiers insolites, juste imagination d’enfants ou encore imagination d’adultes, pour trouver une touche de poésie dans la vie : ceux présentés ici par GIL sont fabuleux, mes coups de cœur vont vers le pêcheur d’idées, l’éleveur de nuages, le peintre paysagiste sur fenêtre, le recycleur de jours usés, le réparateur de miroirs enchantés, le vendeur d’étoiles…enfin vous voyez, tous ! Des fois, la réalité rejoint la fiction…enfin presque, Sa Marraine nous dévoilait les débuts de sa passion professionnelle : dompteuse de bêtes féroces, comme son arrière-grand-mère, les bêtes étant amenées par les hommes de la famille… dompteuse de scarabées ! J’aime à croire aussi que cet homme fait vraiment ce travail (sans y regarder la pub !)



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Un métier comme une passion

D’où peuvent bien venir certains métiers, qui nous taraudent au corps comme si toutes nos pensées étaient centrées sur eux. Des métiers qui prennent aux tripes et toute une vie. "Un léopard sur le garrot" de Jean-Christophe RUFIN montre cet humanitaire derrière le médecin nomade. D’autres vont chercher des initiations dans le monde entier pour venir faire un métier encore plus abouti. Julie TAYMOR, que je présentais , partie vivre en Indonésie pour redécouvrir le jeu des comédiens, les mises en scènes et marionnettes. Fabienne VERDIER partie en Chine pour son initiation à la calligraphie.

Et que dire de ces personnages fictifs qui correspondent à une réalité : Monsieur Jack représentant fictif de la fête d’Halloween chez Tim BURTON ou Santa Claus, son pendant de Noël. Ils sont les responsables des actions produites lors de ces fêtes. Et puis, plus onirique, que serions-nous sans Don Quichotte de CERVANTES, ce pourchasseur de chimères, duelliste de moulin à vent…



*source Alexandrine VAN DUIJN

J’aime les recherches et les découvertes de métiers, de pratiques, ancrés en l’homme et qui font partis d’eux. Que penser des sorciers, marabouts…ou médecins. Ils prennent les savoirs acquis et appliquent pour les autres. Les recherches accumulées sur les médecines du monde, vouées à l’oubli, sont aussi un métier de transmission comme peut nous le montrer entre autre le livre collectif "Panser le monde, penser les médecines" sous la direction de Laurent PORDIE.
En plus, Laurent PORDIE, par cet essai, permet d’entrevoir le développement sanitaire dans le monde à travers les médecines ancestrales. Une façon de refaire le monde…


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Un métier, refaire le monde

Le métier est aussi celui qui reste après être devenu adulte. Pas une passion mais plutôt une envie de démiurge, refaire le monde à sa façon. Certains rentrent en politique, d’autres choisissent des voies alternatives. Les Passeurs d'espoir que je vous présentais reprennent cette envie de voir les actions positives individuelles partout dans le monde et relayent l’information. Comme quoi chacun peut refaire le monde sur le pas de sa porte.

*source Apothicaire de Pietro LONGHI

Béatrix, par une fresque saisonnière pour enfants (entre autre, lire toute la catégorie art visuel), refait le monde… « Analogie de la sève nourricière des arbres et le sang qui nous construit: les éléments perturbateurs de la nature le soleil, la chaleur, le vent, le froid ne sont-ils pas eux, nos saisons de l'âme, du coeur et du corps», un métier comme une vie à vivre.
Quelque fois aussi notre métier est de se trouver, de comprendre qui nous sommes. C’est le chemin vers la foi ou vers la spiritualité ou tout simplement un cheminement de réflexion. Moi j’essaye la renaissance en voulant aussi être ouvreuse de possibles…être parent c’est aussi cela non !

Il y a vraiment toute une gamme de métiers convenables et convenants. Nous oublions le pendant économique, mais oui bien sûr car sinon rien ne serait plus amusant ou poétique. Il est beaucoup plus intéressant de voir tous les autres, les « en rêve ». Il suffit de choisir lequel, d’en changer, d’en reprendre un et de s’accomplir. Pas simplement vouloir devenir quelqu’un mais être…nous ne rentrons dans aucune case. Et puis de toute façon, nous ne sommes pas ce que nous faisons, peut-être seulement ce que nous rêvons.

Merci infiniment à Béatrix, Caroline, MAP, sa Marraine, Maijo, Rose, N-Talo, Zoéchiffon et Florizelle (involontairement). Vos partages sont la sève de cette initiative des « Passeurs d’imaginaires ».

12 commentaires:

lily a dit…

Captivant !
J'y reviendrai parce que je n'ai pas épuisé tous le liens :))
J'adore l'éleveuse de Marsupilamis (Rose :) et la dompteuse de scarabées digne héritière de ses parents :))
Beaucoup de poésie... Comme cela fait du bien !!
Merci Vanessa !

rose a dit…

Moi aussi il faut que j'explore plus avant tous les liens (exploratrice de liens, c'est bien, aussi !) mais encore et toujours bravo pour ces synthèses qui me font toujours rêver. J'aime beaucoup ta conclusion.

Marraine a dit…

Pareil que les deux précédentes, il faut que je revienne!
Bravo pour le billet, Vanessa, je cogite à tes jardins...
Ah, mais, ça yest, je suis bête, j'ai une idée!!! ;-)

caroline_8 a dit…

Ce matin, au petit déjeuner, j'avais de la lecture en venant chez toi. Tu as faites des découvertes extraordinaires comme le métier de découvreur de lieux abandonnés. J'ai un faible pour le cacheur de lune, la dompteuse de scarabées et les petits métiers de GIL. Que c'est bon d'être passeurs d'imaginaire. Merci à toi.

Vanessa a dit…

Lily: de rien, de rien...

Rose: la fin est le seul point finalisé, hi, hi...

Marraine: ah oui, je suis impatiente

Caroline: merci à toi d'être passeuse

béatrix a dit…

Ah comme j'aimerai être cacheur de lune ou dompteuse de scarabées et chercheur de lieux abandonnés..mais ne suis-je pas tout ça aussi lorsque je rêve, peint ou écrit..écrivain, peintre ou embelliseur de la vie me parraîssent être les plus beaux métiers du monde..quel voyage Vanessa à travers tous ces liens..c'est un solide brunch du Dimanche!.Je pense aux coeur de jardin..ils prennent vie peu à peu..et je t'envoie des pétales de fleurs..

n-talo a dit…

il y a tant dans ce post, j'aime le résultat de tes recherches, tes assemblages de nos passages aussi merci

zoechiffon a dit…

Voilà !!
j'ai tout lu et fais tout les liens
formidable !!!!
je vais revasser dessus ..........

Vanessa a dit…

Béatrix: créateur, oui!

N-talo: merci de ton partage

Zoéchiffon: merci d'être allée zieuter partout.

Marraine a dit…

pfff... j'aurai du refaire le monde moi aussi! ça aurait été un peu moins egocentrique que de ne m'occuper que de mes scarabées ;-)
Quoique refaire le monde peut être tout autant personnel et égocentrique aussi!

sylvie a dit…

Encore un très beau billet! j'aime bien la dompteuse de scarabées...et vraiment j'adore ta dernière phrase, très jolie conclusion.

Vanessa a dit…

Sylvie: merci! et toi ton métier imaginaire?