jeudi 30 avril 2009

Le thé en boutiques et âmes

N’est-il pas rageant de découvrir des lieux de thé dans sa propre ville qu’une fois de temps en temps ? Oui un peu mais il faut dire que mon guide est la patte blanche qui permet de brûler les étapes. Celle qui par sa chaleur humaine vous présente et qui vous permet d’être tout de suite au plus près des conseils. Francine de La théière nomade est revenue sur Paris et j’ai eu la chance de la revoir. Souvenez-vous la dernière fois elle m’avait emmenée dans un périple d’ivresse fabuleux, les prémices et la suite. Bon, il y a aussi une autre raison, j’ai besoin d’être amenée dans une maison de thé. J’avais eu du mal à rentrer dans « mes » premières librairies mais les livres ont cela de fabuleux : ils sont sur des présentoirs, touchables, manipulables, palpables et violables (au sens que je peux lire une ligne intérieure même si rarement, que je regarde la pochette, la quatrième de couverture, quelque fois le sommaire)… Je ne peux pas de moi-même arriver jusqu’aux boites à thé, sentir leur contenu, toucher les feuilles. Il me faut parler, mettre des mots sur une activité passionnante, la dégustation de thés, sur ma joie de boire des crus différents. Connaitre un peu mieux ma manière de boire … et faire confiance.
Alors après avoir contempler ce que font les lettrés chinois au Musée Cernuschi dans la période Ming et Qing, Francine m’a emmenée dans un tout petit endroit, plein de thés et accessoires, Bonthés et accessoires.

Un tout petit espace rempli de superbes théières allant des originales ou plus pures, des tasses, aux mugs en passant par des zhong…
Cette grenouille sur le rhizome de lotus aurait bien pris place chez moi, pour les akhènes peut-être, ou pour cette impression de bouquet éternel comme un bouquet de saison. je fus très attirée par les contenants à théières, en bois ou en osier molletonné comme encore un autre aspect de cette manière d’être au thé : occidental, oriental, tea party ou nomade. Les gourmandises plus accessibles étant à côté d’une bibliothèque de thé bien achalandée en livres spécifiques et pas superficiels. Nous attendions l’hôte de la maison en vain, en dégustant un Genmaicha au matcha offert par notre accueillant, je reviendrais pour converser avec l’âme de cette « boutique » même si je l’ai rencontrée ailleurs (je vous en parle très vite). En espérant revenir dans ce lieu pour découvrir toutes les saveurs et aussi visiter leur prochain site internet.

Après, une pause repas à Thés de Chine, comme à la dernière rencontre avec Francine, nous avons pris le menu thé et vapeurs, toujours aussi fins…
un Grand Pouchong pour moi, un Tie Guan Yin pour Francine (et une mer dans mes bagages… oui plus tard). Vivien n’était pas là mais l’accueil toujours personnalisé (avec Francine).

Enfin un passage dans une boutique colorée, aux murs en faïence motif de ferme, colorée de ce vert si caractéristique mais plus encore, pleine de boites stylées, de décorations en laine mouillée (cette fois-ci des papillons dans la vitrine), d’étagères en bois de récupération ou flottés : ThéOdor. Je connaissais la marque pour avoir deux boites offertes, le thé « Madame » (fumé aux groseilles) et le thé « Je t’aime » (noir aux macarons), avec une réelle préférence pour le premier, le second réservé pour les envies de pâtisserie peu sucrée (comme la tarte aux pommes)… mais je n’avais aucune idée en arrivant là d’être à ce point emballée par notre hôtesse. Amatrice débutante, je m’en allais gaiement vers les thés natures. C’est vrai que depuis deux mois, je n’ai pas eu le temps de me poser et donc pas eu le temps de déguster à ma façon un thé. Alors les thés parfumés ont pris le relais. Plus abordables à une femme pressée et stressée, ils m’ont suivie sans que je me pose de question. Ce sont les thés offerts, les thés de Tea Time (avec une pâtisserie, mes thés natures sont bus seuls ou avec un soupçon de rien… une amande, une noix, une feuille d’épinard, oui, oui, un grain de raisin etc…). Ce sont aussi des thés bus en théière en porcelaine, pour tous, convives associés. Des thés aux parfums forts que je ne peux infuser pour moi seule qu’en prenant une cuillère à thé. Un thé de boisson plus qu’un thé d’apparat.
Mais seulement voilà. L’hôtesse, Nadia, étant ce qu’elle est, je me suis très vite sentie harponnée, dans le très bon sens du terme : un stimulus et après une discussion sur ma façon de boire qui m’a laissée presque sans voix (impossible je suis une grande bavarde). J’avais oublié aussi que le thé pouvait être festif, comme une madeleine de Proust.
Un petit test de choix de thés au départ, au nez surtout, pour que notre hôtesse se rende compte de ma sensibilité et ensuite, elle a pris le temps de reprendre avec moi les bases du parfumé. Le dosage thé noir (ou vert) et parfums naturels. Me dirigeant vers ceux qui étaient à ma portée d’accueil et d’adoption (pas la capacité à apprécier mais bien celle à trouver le thé juste à ce moment-là d’une journée, d’une envie), soit le pourcentage de thés le plus importants et des parfums plus en association qu’en compensation du thé. Sans avoir parlé de thés natures (ou si peu en indiquant boire beaucoup de Wulongs, une quinzaine de différents dans ma Théothèque), elle m’a entourée, enveloppée dans cette vision qu’elle a de moi amatrice de thé, les mots sont justes, les idées très claires et certains conseils évidents : thés verts japonais et Long Jing chinois… les autres ne reviendront plus (petite annotation personnelle : si peut-être encore un peu de thé de rochers, j’aime en ce moment). Sa manière de parler de thés commémoratifs d’une émotion, de thés colonne vertébrale pour se recentrer après des découvertes, est une façon de voir qui m’emporte loin. J’ai aimé sa façon, assez éloignée des orientaux, d’aimer le thé parfumé, de donner des pistes, de jouer à cache-cache, de proposer des retours en arrière… une psychologie fine aussi qui donne envie d’y revenir pour se sentir être quelqu’un qui se construit une personnalité de thé. De quoi choisir quelques thés parfumés pour être en bonne compagnie dans mes étagères, cette fois-ci choisis en connaissance de cause.
Et que dire du thé de petit garçon, allez, je vous en parle . Mais vous pouvez me voir buvant les paroles de l'hôtesse chez Francine là avec le reste de notre journée. Merci encore Francine pour ce parcours dans ma ville.

Du Musée Cernuschi comme préparation au thé

Une journée qui commence par un musée, de quoi se mettre du beau dans le cœur et des références visuelles sur de prochaines sensations. « L’exposition « Six siècles de peintures chinoises, œuvres restaurées du musée Cernuschi » présente les plus grands peintres de la Chine impériale, actifs dans les cercles lettrés des Ming (1368-1644) ou à la cour des Qing (1644-1911) ». Un musée que je ne connais pas, une exposition tentante mais toujours cette sensation désagréable : les musées me glacent un peu. Souvent trop de monde, souvent aussi une telle méconnaissance de ma part que la visite se fait machinalement sans quelquefois avoir cette étincelle de compréhension… mais je vous en parlais ailleurs alors passons. Bien sûr j’ai suivi quelqu’un ici, Francine, pour une journée chargée, vous verrez dans le prochain billet aussi.

En l’attendant, le dragon de droite, un des hôtes de ce musée donnant sur le Parc Monceau, a été croqué.
Je me suis rappelée avec émotion amener une enfant dans ces rues adjacentes au parc jusqu’à son école bilingue : la prendre et la ramener chez elle, un appartement plein d’âme, très chargé de peintures (je dirais même quadrillé), avec une cuisine verte, comme un wagon de train, à la banquette donnant l’impression d’être à la table d’un transsibérien… une enfant trilingue, français, russe et anglais… ces accents et petits déjeuners russes… quel plaisir de me remémorer ce passage.
Bien entendu l’exposition ne pouvait que me plaire, la peinture asiatique est une de mes favorites, la chinoise entre autres. J’y aime ce passage de l’encre de chine comme contour aux couleurs intérieures à cette monochromie dans les paysages. J’aime la différence de sujet, cette capacité à faire d’un paysage un poème, de nous emmener comme au cœur du pays et de sa culture. Les techniques me montrent aussi au combien je méconnais l’art graphique chinois : les montagnes comme sèches, griffées par le vent en utilisant un pinceau peu encré, des pins pliant sous le nombre d’aiguilles, des arbres en plein saison et offrande de fleurs, feuilles et incarnés dans leurs troncs, des troncs justement, noueux, imbibés d’encre, comme calligraphiés, des fleurs elles, subtilement évoquées avec une pointe de pinceau très fine. Des gestes amples puis précis, minutieux pour les personnages, délicatement coutourés… ou personnage juste évoqué dans une posture, un ermite, un lettré, très souvent un solitaire.
Les paysages ont aussi cette composition forte. Les éventails de la première salle sont très instructifs mais ma préférence va au rouleau vertical, amenant le regard, des montagnes ou de la mer au fond (ou l’œil aiguisé découvrira des oiseaux migrateurs), à l’escarpement de la paroi, en passant par le cours d’eau jusqu’aux arbres du premier plain, voir la maison ou le pont… où se situe l’homme, minuscule insecte dans la grandeur de la nature. Le trait est contrôlé ou comme plus énergique, le trait fin ou chargé, les oiseaux subtilement « habillés » d’un plumage exquis ou libérés dans un mouvement entre instantané et mouvement, envol et appui sur la branche.
De multiples manières j’ai été touchée : Par Wang Hui et la force de ses rochers en montagnes, de cette flore abrupte des altitudes avec ses rajouts finement colorés de vert ou d’ombre et que dire de ses montagnes vertes
* source1 et source2

Par les ombres plus embrumées de Fang Cong.
Par la technique aux doigts de Gao Qipei (avec quelle sensation troublante les empreintes de pouce apparaissent encore) du pointillisme en mouvement, animalité, fougue

Par la délicatesse presque naturaliste de Chen Zhifo aux couleurs magnifiques

* source

Par Pu Ru et ces branches botaniques avec un détail de faune, tout petit, comme visiteur improviste (un rat dans le musée si je ne m’abuse, entre autres)

* source

Et que dire des chevaux de Xu Beihong plein de force, de vigueur et de corps
* source

et des tableaux de QI Baishi, mon préféré sûrement ici.
* source1 et source2

Les œuvres présentées ne sont, bien entendu, pas celles de l’exposition. Je suis passée à côté de toutes les subtilités bien sûr : comment se rendre compte de la poésie sans savoir l’association que font les chinois entre éléments visuels et caractères chinois, par exemple la chauve-souris qui permet de dessiner le bonheur. Ou plus proche de ce qui allait suivre… cette référence aux réunions de lettrés chinois, les Odes à la falaise rouge de Su Shi (Su Tung-po) ou les réunions au pavillon des orchidées de Wang Xizhi. Regardez donc cette embarcation, comme fragile, où se retrouve des lettrés, entre conversation abrupte et contemplation active, se promenant au bas de la falaise pour emmagasiner tous et le retranscrire ensuite…
* source

De ces moments de méditation, de contemplation propre aux arts, poésie, calligraphie, peinture… comme une préparation avant de prendre le pinceau dont je vous parlais là une préparation avant de boire un thé. L’ « Histoire du thé » de Wu Zuoren, parcourt du Tibet au Qinghai m’a plus fait penser à un carnet de voyage ethnique (costume et faune, transport et dégustation de thé en chemin sur la route). Francine nous en parle aussi … de quoi vous mettre aussi sur la voie du billet qui va suivre.

jeudi 23 avril 2009

Ressources pour comprendre le corps humain

Entre des livres bien écrits pour enfants, d’autres sont venus se rajouter pour un âge plus « tendre ». Parce que c’est aussi difficile de ne pas proposer des histoires toutes petites (ou d’assumer dans une librairie, auprès d’un nouveau conseiller, de ne prendre que des livres « fabuleux » aux diverses lectures)…
Alors je reprends goût aux matériels pédagogiques sans avoir l’air et aux lectures plus ardues, mais si demandées, plébiscitées, par le loupiot.


La découverte du corps humain fait partie de ces démarches ludiques et d’apprentissage.
Au démarrage, il y eu « Le corps, L’imagerie des bébés » avec ses formes en pâte à modeler et le poupon Beedibies.




De quoi découvrir les parties du corps, les montrer sur soi et sur la poupée… devant le miroir.


J’étais intéressée aussi par cette poupée sexuée et pourtant sans… , je n’ai pas pris celle qui pourtant l’était bien et qui présente l’avantage de suivre l’enfant dans son évolution, entre imitation et fusion d’avec la maman, et apprentissage des rituels de sa vie quotidienne (bain, habillement, etc…), le garçon de Furnis. Je n’aime pas particulièrement les poupées, même pour les filles, mais une au début, pour avoir la possibilité de la toucher, de l’habiller, la déshabiller, l’explorer me parait de bon aloi. Quel beau moyen pour expliquer les maladies comme une Lou en ciré jaune à l’hôpital de Nantes.

Et très vite après, ces petits livres « Mes premières découvertes » des éditions Gallimard Jeunesse : « Le corps » et « La vie du corps » de Sylvaine PEYROLS.


Les os, les organes, la peau, les cheveux, les dents, les ongles ;


puis le système digestif, le besoin en air, en soleil, en eau, en aliments, les hormones.


Le petit loup les réclame comme des histoires du soir et revient à chaque fois tourner les transparents pour découvrir encore ce qui se cache dans le corps.
L’approche n’est que celle-là, pour l’instant, lecture encore et encore, en pointant les parties du corps, en touchant les cotes à travers la peau, les os du bras et des poignets, en marquant des points de shiatsu sur le corps mais aussi en regardant les trous dans la peau à la source d’un poil. La partie la plus réclamée aussi est celle du passage de la pomme mangée…



« La magie du corps humain », des Racines du savoir sciences, Gallimard jeunesse, sera là pour emmener notre garçon plus loin.


Sur les parures du corps, la machinerie interne


et ses images (scanner, coupe, photos, dessins anatomiques de cours de dissection etc…), les médecines et le psychique…

Je rêve aussi, pour maintenant ou d’ici un an, à des nomenclatures à la Montessori, alors je les commence sans savoir si j’aurais le courage de les terminer, en espérant peut-être trouver les ressources photocopiables sur internet. Je commence les décalques pour chaque partie du corps et le tout, mais aussi un contenant pour les os, le système sanguin, le système respiratoire, les muscles, chaque organe interne etc… du travail en perspective… mais je zieute sur des ressources déjà prêtes, bien faites, adaptées dont je vous parle , sur mon blog des envies, concernant celles adressées au petit d’homme.

Sans oublier une piqure de rappel pour faire respecter son corps et le respecter.

mardi 21 avril 2009

Développement "sensible" de l'enfant

Etre parent ne va pas de soi. Je suis de celles qui croient que devenir parent est à l’origine pur égoïsme et que nous devons nous investir dans ce projet d’enfant pour nous et pour lui. Je ne nous trouve pas préparés, ni à assumer la venue de l’enfant et ni à accoucher, ni à être bouleversés dans nos chairs et nos tripes (maternité et paternité) par les premiers mois de vie du bambin.

De même, je nous trouve ignorants du développement de l’enfant. Je serais de celles qui espèrent une formation, une indication des bases pour mesurer la demande de l’enfant. En même temps que nous apprenons les bases de l’hygiène sanitaire, alimentaire, je serais partante de sortir de la maternité (ou mieux de cet espace de liens sociaux après la naissance permettant d’accompagner les premières années de vie de l’enfant et les premières années de parentalité) avec quelques notions. Alors j’ai du les trouver par moi-même et j’ai l’impression de courir derrière le temps et la force de vie de notre loupiot pour répondre en adéquation à ses besoins. Le babillage avec le mamanais, la position debout sans prendre en compte tout le potentiel de celle couchée.


*monter l'échelle verte, un premier défi, pour aller se regarder dans le miroir (occupation réitérée pendant près d'une heure à 1 an 1/2)


J’aime maintenant me référer aux 5 dimensions du développement global de l’enfant proposé par Investir dans l’enfance (lien en maintenance mais que nous retrouverons bientôt, j’ai repris ici du site Naitre et grandir qui a fait un copier/coller):
Affectif "Le développement affectif désigne la capacité de l’enfant à manifester plusieurs émotions – allant de la tristesse à la joie, en passant par la colère – et à apprendre à les maîtriser. Au fil du temps, il bâtit son estime de lui et fait preuve de qualités plus profondes, comme la sympathie, la compassion, la résilience, l’affirmation de soi, l’empathie et la capacité à affronter la vie. "
Motricité fine "La motricité fine de l’enfant se développe; cela signifie que celui-ci utilise certains petits muscles des doigts et des mains pour faire des mouvements précis dans le but d’atteindre, d’agripper et de manipuler des objets. "
Motricité globale "Le développement de la motricité globale permet à l’enfant d’acquérir l’équilibre et d’utiliser ses grands muscles afin de maîtriser certaines activités physiques comme s’asseoir, ramper, marcher, courir, grimper, sauter et faire tout ce que son corps lui permet d’exécuter et qu’il aime."
Intellectuel "Le développement intellectuel désigne la capacité à penser de façon créative et abstraite, à être attentif, à résoudre des problèmes, à exercer son jugement et à apprendre. "
Social "Le développement social désigne la capacité à se faire des amis et à s’entendre avec les autres, à travailler en équipe et à être un bon meneur. Toutes ces habiletés reposent sur l’estime de soi, la confiance en soi et la coopération avec les autres."

*ouvrir le courrier en appuyant la main sur l'enveloppe et en passant le couteau à beurre dans la fente, le geste sec pour déchirer est encore un geste accompagné, puis courrier retiré de l'enveloppe et mis dans le tiroir "à traiter"... activité quasi quotidienne de ses 2 an 1/2

Avec ces bases, un état du développement est proposé : A cet âge, il … et commence peu à peu à … ainsi que des voies de progression offertes aux parents pour l’aider en le réconfortant, jouant et enseignant. Voici l’exemple de 2 an ½ à 3 ans : Affectif, Motricité fine, Motricité globale, Intellectuel, Social.

Mais là où j’ai appris le plus, c’est en allant vers la pédagogie Montessori (lire ici pour une approche simplifiée ). Là les dimensions de l’enfant sont au nombre de cinq : enveloppe physique, enveloppe intellectuelle (langage, mathématiques, sciences, de l’exploration concrète à l’abstraction le tout par les sens), enveloppe sociale (dont le langage est l’outil principal), enveloppe spirituelle (de dépendant à autonome) et enveloppe émotionnelle (émotion positive source de vitalité).
Elles sont toutes mises à contribution lors des grandes étapes du développement de l’enfant entre 0 et 6 ans : de l’embryon spirituel, en passant par l’esprit absorbant et les périodes sensibles pour arriver à la normalisation. Le développement est un mécanisme extérieur et intérieur.
Par observation scientifique, le Docteur Maria Montessori a exploité les périodes sensibles du développement des enfants, ces périodes étant des sensibilisations passagères à l’environnement, à l’ambiance qui permettent l’acquisition de caractères. Les périodes sensibles reprennent les « caractères » comme le sevrage, l’ordre, le langage, les perceptions sensorielles, les petits détails et la coordination des mouvements (pour 2 ans/ 2 ans ½ : toutes les périodes sont actives et sensibles sauf le sevrage ; à 3 ans, les petits détails n’interpellent plus l’enfant).

Alors si, à la période la plus sensible à tel objectif, l’environnement de l’enfant est adéquat, l’acquisition des compétences se fait naturelle, sans effort. Mais ne nous fourvoyons pas, il n’est pas question d’acquisition de surdoué ni de surstimulation. Etre accompagnateur et proposer une ambiance propice et sensible est affaire d’hygiène psychique : les objectifs sont des fondements de la personnalité, la construction de soi par les sens.
Certains « caprices » pendant les périodes sensibles pourraient y trouver une explication. Le caprice est une action illogique et invincible et peut être un désordre, une non-adéquation entre l’ambiance et les forces vives de l’enfant vers un but de construction de soi. Le caprice est alors une lutte intérieure, un traitement erroné des accompagnants, des besoins insatisfaits, des conquêtes naturelles perdues.
Si l’enfant obéit à son animation de l’intérieur, le caractère est développé et la sensibilité à cet aspect cesse. Pour cela, il lui faut des activités, occupations motrices… du travail pratique, du concret et de l’expérience.

Des tas de nouvelles perspectives… le petit d’homme a commencé, doucement, par la vie sensorielle et pratique (dont je parlerais plus avant sur d’autres billets) et par des jeux récupérant un peu de cette pédagogie, il me manque la préparation de la « maitresse », fondamentale. Partant de là, aussi, mes besoins en ressources, en matériel, en documents est immense… pour lui, parce que je me dois de faire le maximum pour l’aider à faire seul, l’aider à apprendre seul, l’aider à se construire seul.

lundi 20 avril 2009

Bento de début de semaine et multiples envies

Une semaine dehors... entre exotisme et local...

Un durian dans une boutique, laissé là avec pourtant des envies de l'acheter. Mais comme je vous le disais là, ce fruit est très cher et très odorant... alors je l'emporterais (ou un de ses frères) cette semaine, le décortiquerais à la maison, irais sur le champ porter les poubelles et laverais avec la même rapidité tous les ustensiles et la vaisselle qui a servi... en mangerais deux morceaux dans l’heure (très, très grosses bananes) et laisserais une autre cavité, enrubannée de film alimentaire dans le réfrigérateur pour mon amoureux, adepte mais pas trop, le plus petit, lui, aura la chance d’attendre d’avoir passé ses 3 ans !


Une balade dans le village de Saint-Paul, un déjeuner « comme à la maison » avec des fleurs, du vent et des oiseaux pas sauvages...
des fouillis comme j'aime
Des murs personnalisés, en pensant à Sa Marraine la fée et à Chrixcel...

Des retours avant la pluie…


...

Voilà les vacances de deux hommes terminées… et à nouveau une maman libre et très occupée dans la journée…


Alors un bento sur le pouce, à la maison mais préparé du matin…

Pour 2 personnes :
Salade macérée de petits légumes : Tagliatelles de 1 carotte, 1 courgette, ¼ de rais noir, 4 champignons de Paris, ½ concombre et une échalote + 1 noix de gingembre émincés, macérées dans 1 cuillérée à soupe d’huile d’olive, 1 cuillérée à café de vinaigre d’umébosis, 1 cuillérée à café de vinaigre balsamique, 1 peu de jus de citron. Bien mélangées et laissées à macérer même à l’extérieur (pas besoin de la mettre au réfrigérateur).
Seitan à l’orge perlée et aux pommes cuites : 1 boule de seitan préparé pour la semaine (la recette est là) auquel j’avais rajouté au début de cuisson une poignée d’orge perlée rincée. Seitan coupés en tranche ce matin, poêlé avec l’orge et des tranches moyennes de pomme, arrosé du jus de cuisson du seitan.
Kombucha de thé et d’infusions aux herbes assez sucré : boisson faite depuis le début de la semaine dernière, selon ce principe là, cette fois-ci au thé noir sucré et avec un fond (le jus) d’un kombucha à l’infusion de plantes Ricola (menthe, camomille, verveine, oranger, tilleul).

Et des billets en attente, sur « Dis oui, Ninon » de Maud LETHIELLEUX, « Persépolis » de Marjane SATRAPI, « Plus tard, tu comprendras » de Jérôme CLEMENT… et avec cette boite à bento venue directement du Japon aux motifs de Totoro, dont je parlais , je rêve d’aller voir « Ponyo sur la falaise » des studios GHIBLI et plus particulièrement de ce phénoménal maître Hayao Miyazaki… j’ai eu la chance de voir l’exposition au Cinéaqua de Paris, quelques croquis préparatoires, des aquarelles… une merveille de spontanéité, de mouvement, de pertinence dans les mimiques des enfants et des paysages magnifiques. En plus, le long de l’aquarium des méduses de papier ondulent au vent, un billet engageant sur cette expo ici.


*source1 et source2 avec une petite fille inconnue (billet à lire sur l’univers de Ponyo et les effets marketings en France et au Japon)

jeudi 16 avril 2009

Une semaine de non-levé avec un sandwich, une tourte et...

La semaine a commencé par une histoire didactique et lue à multiples voix un soir dernier. Une heure ou deux, selon le nombre d’enfants à table (spectateurs/acteurs dont la concentration diminue tout de même avec l’arrivée de la fatigue). Une lecture en hébreu et en français, une lecture avec des arrêts pour savoir où la lecture s’est arrêtée. Oui les versions sont quelques peu différentes en style même si le fond est identique. Entre la lecture, les explications, les annotations de rituel et les différentes formes de récit, nous nous perdons tous à un moment ou l’autre de la Haggadah comme l’année dernière. Le plateau de Seder est sorti, et les « croques dans l’eau salée » se succèdent.
La veille, un ménage de la maison et surtout de la cuisine est de mise. Ce n’est pas un grand ménage de la cuisine à la Cléa et pourtant cette façon de faire me plait énormément : 1/ enlever les éléments dont nous n’avons pas envie pour des échanges ou autres ; 2/ sortir les bocaux de graines, céréales, produits d’hiver qui ne nous tenteront plus cet été et confectionner les dernières recettes… mais un dépoussiérage, un nettoyage à fond des placards et bocaux pour retirer tout le hametz (hometz) (enfin en principe… mais le multiculturalisme est là, donc les compromis aussi).

Alors la semaine se doit d’être sans orge, avoine, blé, épeautre, seigle (suivre mon explication de l’année dernière). Oublions les pâtisseries, viennoiseries, pâtes et pains du commerce. Oublions ce Mr Blop façon Makanai que j’alimentais pour bientôt (petit levain naturel au frais en attendant). Les matsot sont de sortie… et les balades au marais parisien aussi.



Cela donne des sandwichs particuliers de la maison jaune, mangés sur un banc de la Place des Vosges en compagnie de Palombes (des pigeons plus glamour, au costume violet et gris cendre, aux taches blanches comme un col de chemise, des pigeons ramiers)...


Pain non levé de farine de maïs (et peut-être de farine de matza) avec du pastrami, du caviar d’aubergine mangé avec un bout de sandwich, un friand au fromage avec des matsot.


Au retour de la charcuterie de la même maison jaune ou de la bleue, à l’angle de la rue des rosiers et des écouffes… et quelques petits gâteaux secs avec ou sans confiture, avec ou sans chocolat (fêtes normalement là pour une diète peu grasse et peu sucrée… mais aujourd’hui, le luxe !)

Et une tourte particulière… plat traditionnel de la semaine de Pâque dans le monde ottoman judéo-espagnol, tirée du magnifique livre « Le livre de la cuisine juive » de Claudia RODEN dont je vous parlais .


Mina de espinaka (Tourte aux épinards avec matsot) un peu modifiée
500g d’épinard en branche
1 grosse poignée de mesclun
250g (ou plus) de cottage cheese
De la noix de muscade, du sel, du poivre
1 petite noix de gingembre frais
1 noix de miso
8 galettes de matza
4 œufs (+ 1 si la quantité de cottage cheese dépasse 350g)


Lavez soigneusement les épinards, essorez-les. Emincez-les en retirant les tiges dures et mettez-les à fondre dans un peu d’huile avec le gingembre épluché et émincé très finement. Rajoutez le mesclun et attendez que le mélange devienne presque pâteux.

Retirez les herbes du feu. Battez 3 œufs, rajoutez le cottage cheese et incorporez aux herbes refroidies avec du sel, du poivre et de la muscade.

Imbibez 4 galettes de matza dans un peu d’eau chaude avec le miso. Mettez-les à plat dans votre plat à gratin. Mettez la couche de garniture. Imbibez les 4 galettes de matza restantes et finissez le dessus. Mélangez un œuf battu avec le reste du miso et passez la mixture au pinceau sur le dessus en imbibant bien le tout. Enfournez à 180°C pendant 45 minutes. Servez avec de la soubressade, charcuterie crue espagnole.

jeudi 9 avril 2009

De la graine au fruit... miam!

Vous l’avez sûrement remarqué, les livres jeunesse que nous avons me permettent aussi d’aller de l’avant, de découvrir ou d’ouvrir d’autres portes. « J’ai grandi ici » d’Anne CRAUSAZ, simple dans son texte, propose de nombreuses autres lectures et quel plaisir !


Une graine va affronter tous les temps et toutes les saisons pour devenir un arbre fruitier.

Le style est graphique et clair. Le vent est puissant, l’eau et la neige vivantes même sans dynamique, les bestioles abondantes et comme aussi en arrêt.

Une vie d’arbre comme des diapos avec une coupe de la terre qui permet de savoir ce qui se passe au-dessus et en-dessous… Une histoire poétique, qui offre aussi une vision de nos rapports à la nature et à ses aliments.


J’ai aimé aussi ce focus sur l’arbre, reprenant sa structure en histoire.

*source de la structure de l’arbre (site à aller visiter pour plein d’autres plans)

Le fil du temps évoqué est aussi à l’origine d’une découverte des saisons et des différents éléments de l’arbre caractéristiques de chaque (les branches nues, les feuilles, les fleurs, les fruits et la notion de maturité).

*source des saisons du pommier

Encore mieux, plus tard je pourrais inclure la distinction entre graine et fruit. Dans l’histoire, l’arbre débute de la graine et en fournit d’autres.

*source graine et fruit (cliquez ici pour le voir en grand)

La pomme, elle-même, sera découpée et étudiée pour y trouver la nouvelle source de vie avant de pourquoi pas aller encore plus loin .


*source de la pomme, le fruit, et du pépin, la graine

Mais avant d’introduire les stratégies de l’arbre pour sa survie, notre loupiot sera sûrement mis à l’épreuve dans d’autres activités autour de la pomme (cuisine, coloriages, chansons...)

J’inaugure ainsi la catégorie Apprentissages et éveils, remplie depuis des anciens billets qui permettent une découverte à partir d’une situation ou d’un livre.

mercredi 8 avril 2009

Le vent est toujours là... et moi ?

Ils sont arrivés tous les deux en même temps et je les ai dévorés coup sur coup. « Du vent dans mes mollets » de Raphaële MOUSSAFIR et sa version illustrée par Mam’zelle Roüge. J’ai commencé par le roman.

Quel plaisir que de suivre les dix rendez-vous de Rachel, petite fille de 9 ans, et de sa psychologue, Mme TREBLA. Non pas que sa vie soit belle et lisse mais bien pour tous ses travers, ses questionnements d’enfants, ses situations ambigües avec le monde des adultes.
En parlant de son quotidien et surtout de ces prises de position, Rachel se moque, s’interroge, se cabre.


Nous pourrions y voir juste une virée dans cette enfance que quelques uns ont connus (et dont ils se reconnaissent), des blagues téléphoniques pas drôles sauf pour des gamins, des envies de faire partie du groupe, des jouets chargés de souvenir (Barbie et Ken, Musclor), les coupes de cheveux imposées. Et c’est vrai que l’auteur a un vrai talent pour nous inclure dans cette époque souvenir, ressenti.
Mais le plus important reste pour moi ce qui fait la fragilité de l’enfant. Par la parole de Rachel, par ces envies aussi de provoquer sa psychologue, le malaise de l’enfance trouve toute sa place : un manque d’autonomie provoqué par les peurs de la maman, une non-affirmation d’un corps à soi. Son corps lui appartient, n’appartient qu’à elle, souligne Mme TREBLA. Un dégoût aussi d’un corps dont on ne maîtrise pas la représentation, des avis si adultes que la situation n’en devient pas plus facile. « Et moi je sais très bien qu’un physique spirituel, c’est un physique qui a plus d’esprit que de beauté et que si j’avais eu un physique plus beau que spirituel, on n’aurait pas été deux à mon goûter d’anniv’. » Une honte de ses parents, du physique d’une mère trop enveloppée, des propos non écoutants d’un père avec son penchant à la violence, sur soi et sur les parents. Quand il y a malaise, les bases de la vie quotidienne de l’enfant se veulent anéanties : être orpheline, se venger…


Toute l’éducation se trouve aussi cristallisée : un emploi de terme affectueux quand le parent assène des méchancetés et jugements sur son enfant, un pouvoir absolu sur la bienséance, une violence des propos et des allusions imagées pour arrivées à leur fin (des vers de terre trouveraient domicile derrière les oreilles sales des enfants), une écoute parentale non attentive voire même indifférente « […] l’embêtant avec les parents, c’est qu’on a pas le choix : on est obligé de penser comme eux, sinon, on va dans sa chambre immédiatement. » des activités enfantines imposées à l’école comme une occupation et pas forcément un éveil ou une construction de soi (autoportrait argumenté et dénigré), des amitiés fortuites et non gratuites.

Rachel parle de la politique en ne prenant que les jugements premiers assénés par les adultes, de la mort comme d’un état, le plus important de la vie, le plus dur aussi parce qu’il est le seul moment où nous ne sommes pas conscient de notre situation réelle, de la différence comme d’une notion fugace mais bien réelle, historique et aussi présente au quotidien, de la sexualité naissante comme d’un malaise des sensations, comme d’une gène et d’une envie, de la mémoire des adultes comme de petits moments égarés sur des photos en prise avec une phrase comme un épitaphe. Une acuité et une innocence, une pertinence du regard et une méconnaissance, le tout servi par une impertinence du langage (voire du propos pour certains bien-pensants).



(ce passage me rappelle bien des souvenirs aussi... relation sexuée entre Barbie et Ken, violence d'un malentendu entre enfance et adulte retranscrit aussi en violence sexuelle et pourtant quasi voulue)

Je me rappelle que c’est Cathulu qui m’avait interloquée et le billet de Lily n’a fait que me convaincre ici.

La version illustrée ne m’a pas interpellée de la même manière, et pourtant c’est la même histoire (ou presque), à quelques simplifications et personnages près. Quelques détails plus sombres n’y sont pas relatés, le rapport à la mort y reste une image et non une situation tactile. Ce livre/BD avait-il la volonté d’être aussi pour les enfants ? Peut-être pour accueillir les lecteurs encore plus jeunes. C’est possible et cela expliquerait les quelques petites simplifications. Mais l’atmosphère est là.
Les dessins, découpages, mises en scène de Mam’zelle Roüge offrent même une autre vision de l’histoire. Comme une porte ouverte sur les images de l’enfance. Des paper doll, poupées en carton à découper et à habiller, mettre en situation…. Si vous en avez la nostalgie Ribambelles vous ouvre ses tiroirs et vous invite à la découpe. Du papier peint qui marque un lieu, un tissu qui soutient un état d’esprit. Des amalgames imagiers surprenants. Nous retrouvons aussi tout ce qui peut nous interpeller en tant qu’adulte, un imaginaire, des jeux de vue, des rébus, des caricatures de points de vue pour ouvrir la lecture (portrait d’inculpés, podium, décor de rue comme du carton pâte… tout ce qui peut rendre cette lecture aussi intéressante à un second niveau. Au final, les émotions sont là. Ce livre illustré est pour moi la porte d’entrée au roman. Plus de pages ouvertes ici.


C’est intéressant de savoir que cette histoire était une pièce de théâtre, est passée à l’écriture comme un roman et se poursuit en images enfantines comme de multiples facettes d’une réalité : les mêmes mots et pourtant des visions sensiblement différentes. Pour vous faire une idée, n’hésitez pas à visionner ces extraits de la pièce de théâtre interprétée par Raphaële MOUSSAFIR elle-même et à suivre le parcours de cette œuvre chez Lily… la page ouverte à l’auteur, celle ouverte pour la collaboration avec l’illustratrice en suivant ce lien et en allant sur le blog de Mam'zelle Roüge ici.


Du vent dans mes mollets
envoyé par Productions_Illimitees


Merci encore Lily pour ses lectures. Douces et amères comme j’aime. Ce malaise dans l'amitié enfantine, ce sentiment de n'être pas belle, forment un pont avec des lectures jeunesse magnifiques, entre autre "Pas belle", "Le nuage" de Claude K.DUBOIS ou encore "Cassandre" illustré par cette auteur et écrit par Rascal ou encore les collaborations avec NORAC (j'en reparle bientôt).

jeudi 2 avril 2009

Jamais sans...

Je me demandais tout de même si je ne devais pas travailler sur ma tendance à la procrastination : « Cette attitude, caractéristique du comportement passif-agressif, consiste en une forme de résistance passive à toute fourniture de performance, qu'elle soit personnelle, sociale ou professionnelle. » Mais je crois que loin d’une performance, ma vie est faite de nombreux défis, petits et grands, que j’ai envie de mener, à bien, sans jugement, ni attentes d’autres parts.
J’avais par-là même mis de côté ce TAG de Rose quand pourtant je trouvais l’exercice agréable… alors ni une, ni deux… pour me faire pardonnée d’être en retard pour le PIF…

*mon créateur d’arc en ciel en crystal de Swarovski qui avec un rayon de soleil créé un mouvement de lumière dans la pièce

Jamais sans envies créatrices … les doigts me démangent, les crayons de couleurs, les tubes de peinture, la terre glaise, les feuilles, les carnets, l’encre, les pinceaux…. J’ai… un peu, beaucoup, … enfin ce qu’il faut pour démarrer… alors un jour ils commenceront et ne s’arrêteront plus.

Jamais sans un minimum de désordre dans mon intérieur… jusqu’à ce que le ménage de printemps devienne celui de l’automne de ma vie… alors là les objets partiront où ils seront les mieux accueillis, décorations, livres, meubles, tableaux etc… (sauf un nécessaire)

Jamais sans un minimum « fait maison »… de l’alimentation en perpétuelle évolution (graines germées, aux boissons dites miraculeuses, kéfirs d’eau, de lait ou Kombucha, pains, protéines végétales, seitan ou tofu) ; des produits d’entretien ; d’une envie de potager et de composteur (lombricomposteur).

Jamais sans un thé (donc jamais sans quelques feuilles fermentées ou non) et un zhong. J’ai besoin de cette boisson comme pour démarrer un temps de sérénité.

Jamais sans toucher les statues des jardins publics, sentir les roses, jacinthes ou pins.

Jamais sans un livre, pour se recentrer. Je pourrais ne pas avoir de roman, du moment que j’ai un livre pour m’aider à faire continuellement un travail sur moi (encore heureux, certains auteurs mêlent le fictif et la philosophie de vie).

Jamais sans une propension à croire que je dois me préparer à vivre dans une yourte en locavore, sans moyens si ce n’est ceux que j’aurais mis à profit pour me former à vivre à la dure, avec un nécessaire pour me nourrir, me vêtir, me guérir etc…

Jamais sans couleurs, je les trouverais partout, dans les tissus, les minéraux, les végétaux…

Jamais sans une certaine forme de gymnastique pour reprendre le corps, sentir les muscles, tendons et os et retrouver ses sensations… des makko-ho

Jamais sans envie, de découvertes, de passions naissantes, de rencontres, de partages, d’échanges

Jamais sans prendre une once de lumière pour en faire un arc-en-ciel à ma manière… un petit, minuscule… mais présent.


Un tout petit coup de rainbow maker…

mercredi 1 avril 2009

Du porc... une blague?

Et oui, nous sommes bien chez un juif et une flexitarienne (soit très tournée vers le végétarisme) et nous allons entamer ce jambon sec de porc noir, cadeau venant tout droit des séchoirs des aldules dans le pays basque. Il faut bien avouer que nous aimons ça… mais ce n’est pas casher (kasher, cacher etc.) !



Bien sûr, certaines protéines sont interdites dans la loi alimentaire juive et pour tout le monde la première prescription est le porc, viande interdite par excellence, point commun avec la règle hallal de l’islam. Je ne vais pas revenir sur ce qu’est la kacheroute, si cela vous intéresse vous aurez des éléments .

Je voulais revenir juste sur l’interdiction du porcin… animal dit affreux, qui peut manger ses déjections… porteur de tous nos mots (sale comme un cochon etc..). Oui mais bon… je croyais plus à une interdiction correspondant à des règles d’hygiène révolues pour des raisons de transmissions de parasites, de ténia…. Oui mais voilà, en recherchant mieux, je tombe sur cela, extrait de l’excellent « Le judaïsme pour débutants » de Charles SZLAKMANN

« De même que la Torah impose des limitations à l’instinct sexuel, l’instinct de conservation (nourriture) est lui aussi strictement réglementé.

Les règles de « cacherouth » sont autre chose que des règles d’hygiène !!!
Les règles alimentaires n’ont rien à voir non plus avec un dégoût quelconque… des nourritures interdites… bien au contraire, puisque le judaïsme, morale de l’autodiscipline, reconnait parfaitement la puissance de l’instinct. »

*source (parce que scan et non une de mes photos floues)

"Toutefois, rapporte le Midrach… si vous ne respectez pas MES commandements, c’est-à-dire votre spécificité humaine, vous descendrez plus bas que l’animal !
Mais toutes les viandes ne sont pas autorisées.
Parmi les mammifères, seuls sont cachères les
- Quadrupèdes
- Ruminants
- A sabot fendu
Ex : bœuf, mouton, etc. Tous ces animaux sont herbivores.
Ceux qui ne possèdent que l’un ou l’autre de ces signes, ou ni l’un ni l’autre, sont interdits. »

Le porc ne serait pas interdit seulement par hygiène, pouvons-nous tout de même revenir sur ce principe alimentaire ? Le texte en lien ici indique que non, même si les surveillances vétérinaires sont très bonnes, cet interdit est tenace et pour une bonne raison, le sens même de l’acte de s’alimenter pour les juifs. En référence au « Manger le livre » de Gérard HADDAD, Monsieur PILCZER nous dit que « pour les juifs, l'acte de manger, c'est en quelque sorte humaniser le monde. En effet, les aliments que l'on ingère vont se transformer en énergie et en chair humaine […]. La conséquence pour un Juif, c'est qu'il doit être attentif à ce qu'il absorbe, parce qu'il va l'humaniser, et même le " judaïser ", en quelque sorte. Par ailleurs, le porc en hébreu se dit h'azir, de la même racine que le verbe h'ozer qui signifie : " Je retourne en arrière ". »

Mais n’est-ce pas là aussi une interprétation désuète de la Torah ? Le commentaire de Klafooty sur un forum religieux en lien avec le porc interdit dans la religion islamique m’apparait une belle voie. Lire le texte sacré et le comprendre n’est pas la même chose. Ce commentateur serait plus pour des paraboles permettant de préserver la religion, voir ici.

Alors, nous mettons de côté cette règle sauf en tant de fêtes religieuses et nous sortons le sac à jambon en singalette (bon, bon, il n’a encore jamais servi) parce que tout de même dans le cochon tout est bon…

Cochon
envoyé par medion974

Juliette NOURREDINE, « Tout est bon dans l'cochon »… parce que je ne peux me passer de cette chanteuse et que l’autodiscipline juive porte aussi sur d’autres points.

Une forêt huitrière... aux feuilles caduques

Un poisson, non ? Même pas en dessin… je vous rappelle que si la pêche en poissons d’avril a été fructueuse sur les autres blogs je vous conseille de prendre leurs empreintes et d’en faire des gyotaku ou des ichtyogrammes.
Aujourd’hui une forêt d’huîtres. Je ne vous parle pas bien sûr de ces champignons stereum ostrea (qui peuvent nous piéger par leur nom), parasites des arbres… même si en y regardant de plus près nous pourrions les prendre pour des huitres.


*source stereum ostrea

Non, je ne vous emmène pas en Australie mais au Japon et je vous parle bien de ces huitres, mollusques marins… une vraie forêt d’huîtres.

*source planche de mollusques

Enfin pas tout à fait, il y a bien d’un côté la guirlande d’huitres mise dans l’eau et de l’autre leur forêt. Shigeatsu Hatakeyama, ostréiculteur japonais, de la région de Myagi, est persuadé que les huitres sont le produit des arbres, de la forêt et de la mer. Alors là-haut, sur le mont Murone, lieu de naissance de toutes les sources, les pêcheurs ont planté des hêtres pourpres (Fagus silvatica) et des chênes mizunara (Quercus crispula) pour constituer la forêt huitrière (Kaki no Mori).


*source hêtres pourpres
et chênes mizunara

Par le recyclage des feuilles de ces 50 essences de feuillus caducs, en humus, charrié après par les rivières souterraines de la région, l’enrichissement des eaux arrivent jusqu’à la baie. Là-bas, « la forêt est amoureuse de la mer » et pour le prouver des drapeaux de pêcheurs flottent au vent.
Vous ne me croyez pas, allez donc lire la fabuleuse intuition sur l’écosystème de ce japonais ici ou regarder cette vidéo , pour suivre cette leçon d'aquaculture écologique.