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vendredi 14 mai 2010

Oh mes thés... en suivant Nadia BECAUD

... ils sont bien loin. En fait, non, tout près et presque tout prêts... parce que la bouilloire n'est pas loin, les boites ici et là et les feuilles juste dedans. Oui mais pas de temps, pas ce temps là, presque pas.

*source Cha Yuan

Pas le temps d'aller aux journées dégustations de printemps, il ne me reste plus qu'en rêver...
avec "la route du thé de Nadia BECAUD", reportage sur France2 par exemple (cliquez donc vous verrez le reportage en entier)...
La venue en Chine de l'ouest, à la recherche du Long Jing de printemps, cueillette d'un bourgeon et deux feuilles et dégustation au verre transparent,
les maisons de thé où les maîtres réveillent les feuilles de thé en humidifiant les verres

Dans une école de jeunes filles, où les enfants apprennent "le service du thé" pendant 2 ans. Chaque thé à un service différent.
Pour le service d'un Anxi Tie Guan Yin : "On remplit d'abord la théière avec de l'eau chaude pour mettre à température et la nettoyer. Aujourd'hui, le thé que nous présentons, c'est un thé wulong, qui vient de Anxi, dans la province du Fujian, le thé Tieguanyin. Le thé est déposé dans la théière comme s'il entrait dans un palais. On renverse la tasse haute sur la petite tasse, on la retourne pour offrir le thé à son invité. Le thé se déguste en 3 gorgées: une pour goûter, une pour boire, une pour déguster."

Le thé comme médicament, une visite de pharmacie
thé vert pour purifier organe
thé rouge (notre noir) contre troubles gastriques
thé noir comme tonique, stimulant
... contre cholestérol, obésité, cancer, anti-oxidant anti-stress

Une cuisson des wulongs sur le mont Wuyi, les Da Hong Pao.

1000 thés chinois différents présents pour 500 d'entre eux dans un marché de Pékin.

Une dégustation des primeurs au Cha Yuan de Lyon avec Nadia BECAUD

vendredi 1 mai 2009

Ivresse de thés et de personnalités:

Se remplir l’estomac avant tout. Mais oui bien sûr pour ne pas succomber à l’ivresse du thé.

Alors un petit-déjeuner continental près de la rue Quincampoix, loin des couleurs vertes et floutées d’Amélie Poulain, quoique la rue Montorgueil, même déserte, me donne des envies de cinéma. Un petit-déjeuner en regrettant de ne pas avoir compris mon levain avec un thé en sachet (beuh) et cette grande tartine, le cahier prêt à servir et des promesses d’apprentissage à m’étourdir la tête. La tête dans les nuages déjà… et des envies de musée (qu’est-ce qui me prend ?)
Je retrouvais Francine et Sylviane, Présidente du Club des buveurs de thés Nantais et nous fumes accueillies par nos hôtes de Terre de Chine, Li Juan et son « disciple », notre préparateur de thé de cet atelier. Voilà, encore grâce à Francine, j’ai pu profiter de cette découverte, apprentissage, de trois thés de saison… d’avril 2009 (quand nous n’avons pas encore atteint le 1er mai !). Quel moment, quel partage, quelles connaissances et quelle discrétion dans la reformulation de nos égarements des papilles et narines. Notre hôtesse a pris ce temps précieux de la découverte, de la recherche experte.

Des boites massives en bois s’ouvrent sur des odeurs enivrantes et amenant la quasi-dépendance et nous commençons par reprendre les bases d’une dénomination du thé : son nom, sa date, sa province (terroir) et la notion de grade en fonction de la récolte (cueillette des bourgeons, à plus de feuilles et plus de débris pour les grades 3) mais aussi en fonction des conditions climatiques de cette récolte. Des photos immenses présentées en avant première : de théiers taillés et cultivés pour une récolte en toutes saisons à 1000 mètres d’altitude, de théiers sauvages de plus de 3 mètres à 2000 mètres d’altitude, pour deux récoltes à la main par an. Une cartographie des terroirs chinois, avec le 25 degré de latitude Nord formant la zone des oolongs. Nous étions trois assidues…
Première dégustation suivie de deux autres en cherchant à chaque fois de trouver la qualité d’un breuvage : le thé, l’aptitude de la personne qui prépare et les accessoires adaptés au thé. Je laisse Francine nous donner les doses, températures et temps de ces dégustations qu’elle nous dévoile si bien là. Le thé noir, un Pointes d’Or Jin Yahong Che d’avril 2009 de la province de Yunnan. La théière est aspergée de la première infusion de thé chaud pour augmenter le développement des arômes. La première infusion très odorante, à la liqueur ambrée, rappelle la feuille d’artichaut, comme l'a souligné Sylviane, et un soupçon de réglisse. La seconde infusion apporte le goût, la troisième me fait penser aux bogues de marron dans la rétro olfaction. Le premier thé vert, un Long Jing 1er grade, d’avril 2009 de la province de Zhejiang. La première infusion, liqueur d’un jaune vert très pâle, m’a laissé comme une odeur végétale, le goût est ample, crémeux… un fantasme d’umami recouvrant les bourgeons des papilles. La seconde me donne l’impression de thés verts japonais… est-ce aussi végétal, iodé ? Je ne sais pas, je continue mon cheminement au sein de mon expérimentation des papilles et des narines. Le second thé vert, un Dao Ren Mao Feng d’avril 2009 de la province de Zhejiang. La première infusion offre un goût végétal très épinard, plein et long en bouche. La seconde infusion me laisse un goût de noisettes fraiches en arrière bouche. La troisième comme des fleurs de chèvrefeuille.
Je reste timide face aux thés. Li Juan nous rappelait la grande différence de culture entre la Chine et la France, les lettrés d’un côté, de l’autre l’œnologie. Je reste encore trop immature en dégustation pour pouvoir me laisser aller à y voir, comme par méditation, un paysage ou une situation poétique… tout est affaire de préparation au thé, à être aussi face à la nature. Je ne peux qu’expérimenter avec des mots, pour apprendre à me concentrer sur mes sens.
En partant je me laisse aller à cette atmosphère, des photographies de séchages, des jarres à thé, du pu’er
et je reste sur les conseils à suivre au quotidien : ne pas manger en buvant du thé, attendre ½ heure après le repas (oui mais quand Francine cuisine et offre un thé en boisson de table, cela donne envie, non ?!). Déguster les feuilles de thés non infusées, seulement le primeur de printemps, car sinon même les bourgeons restent coriaces, pour connaitre l’astringence ou l’amertume de l’infusion future. Savoir reconnaitre une couleur de thé, un terroir et une saison avant d’investir dans un matériel haut de gamme… Quelle élégance, quelle humilité. Merci infiniment.

J’ai laissé les dames déguster leur buffet gargantuesque à La Maison de la Chine et suis partie manger mon bento.

En passant, des pinceaux (de plus d'1 mètre) à la Fabienne VERDIER m’ont fait de l’œil. Ah quel bonheur, quel délice, quelle envie de manier avec astuce et rouage ces pinceaux qui semblent mêler arts de l’encre et arts martiaux.


Et puis mon bento aux comptoirs, une salade de pousses d’épinard, de pissenlit non fleuri et de cresson à la vinaigrette miellée, un tofu poêlé et un risotto de riz rond blanc coréen au germe de blé et trois verts (comme la salade)… et un cheese-cake citron de cette grande marque… le tout devant une « fausse » glycine ( ?!) et un trompe l’œil.



Et me voilà repartie pour une invitation, le métro me laisse songeuse avec le début de ce poème « Dis-leur que tu viens d’un pays formé dans une poignée de main… » et je retrouve Sylvianne et Francine, nous découvrons ensemble l’enseigne magnifique et ce tout nouveau Salon de thé : Es sens de thé - Thés Georges Cannon.
Mais est-ce un salon de thé : un espace boutique, un coin lecture et thés à l’oriental ou la russe,

un fauteuil où s’enfoncer à la table de thé (oui regardez donc les feuilles de thé, torsadé, en boule ou autre !), un bar à thé, tea taster à boire au zinc !, un salon de thé aux offrandes gourmandes, une salle de cérémonie du thé japonais, un espace détente au thé (massage) et… dois-je le dire ici une autre curiosité les toilettes à la japonaises (déconcertantes !). Nous avons eu la chance d’arriver avant les autres, d’être accueillies avec quel bonheur, joie et émotion par Olivier L de Tamayura (oui, cet homme qui donne l’impression d’être entre amis, qui offre son expérience comme une discussion). Oui ce lieu est le travail de deux Olivier, ce premier, si cher à mon cheminement de thés, qui a vraiment marqué ma préférence pour les thés verts japonais, le second, juste entraperçu en vrai mais dont les écrits me suivent pour me référer (« Thés, culture, senteurs, saveurs » de Olivier SCALA).
Le buffet était grandiose et offrait un panel de ce qui va être proposé : j’ai les cartes mais je compte sur Francine pour nous donner sa première impression en fonctionnement normal, la chanceuse y retournait le lendemain. Olivier L nous a fait visiter en nous offrant la présentation de sa femme et d’autres personnalités du thé de ce lieu, ainsi cette femme japonaise Maître d’Ikebana qui nous offrait son sourire et son enthousiasme en foulant les tatamis de la Maison de thé japonaise. Je me suis vite assise face à un camion de transport m’emmenant sur d’autres routes, de thés ou d’épices, ouvrant l’œil, goûtant à ces hérésies ou accommodements fabuleux de champagnes infusés blanc sur blanc au thé, Oolong mon préféré, Pu’er parfumé pour le second. Peu à l’aise en milieu « façonné » (d’inauguration ou vernissage), je me suis laissée aller aux impressions, aux parfums de qualité, aux rires, aux ombres de grandes personnalités du thé déambulant ici puis là pour contenter tous le monde : entre autre Gilles BROCHARD, dont j’ai apprécié « Le thé dans l’encrier » première version; Patrick LOUSTALOT du défunt Artisan des Saveurs dont parlais Francine si enjouée ; l’hôte de Bonthés et Accesoires. Intimidée par ce monde, en terrain inconnu presque snob à ce moment, j’attends de lui rendre visite plus tard, avec ma petite famille, pour apprécier le lieu en temps calme, entre fidèles et pas forcément entre invités.

Le monde vu à travers une photo de Maison de thé me plait, je suis dégagée, spectatrice. Plaisir des yeux aussi sur ces ballots de thé, celui-ci de 30 kg de thé noir, cette immense théière, ce costume si bien porté, cette enfant au comptoir entre les coupes de champagnes, les tasses de thé et ce photographe mitrailleur au sourire perpétuel qui s’est laissé oublier. Je n’ai pas pu déguster les thés ni suivre les animations, l’inauguration a subit son succès, le programme a été décalée… un peu. Emue d’avoir été conviée, confiante quand aux dégustations futurs, avec Olivier L chez Tamayura ou là… pour le plaisir du thé et du partage.

jeudi 3 juillet 2008

Le corps et l'esprit...après un chagrin

Je suis de ces personnes qui réfléchissent et s’enferment dans cette sur-activité du cerveau à défaut de celui du corps (et pourtant j’ai envie de partir marcher pendant deux jours entiers !). Je souhaite laisser « couler » le chagrin, comme les frustrations du quotidien. Mon corps me l’a dit, la migraine a pris le dessus jusqu’à ce que je pense à m’occuper de mon corps en même temps que de mon esprit.

Ne connaissant pas de remède au chagrin, j’ai eu envie d’un traitement du corps (pour recouvrer la santé, le bien-être). Alors je me suis délassée le cuir chevelu avec mon araignée masseuse de tête, de quoi perdre une partie des tensions…

huit pattes entourent la tête et, par massage en vague et en douceur, marquent des lignes de toucher du cuir chevelu. Les tsubo (points d’acupuncture, creux où l’énergie Ki se concentre sur un méridien) étant alors sensibilisés par cet effleurage, je les ai massés par un auto-shiatsu de la tête, façon MASUNAGA, en prenant soin de la pression de mes doigts…Le shiatsu étant un massage thérapeutique et non de plaisir. Vous retrouverez l’enchaînement ici.

*source pour le voir en grand

Il y a des jours, des étapes de vie, où la prise de conscience est plus importante. Nous sommes tous des demi-malades. Il ne tient plus qu’à moi de choisir un traitement du corps, plus qu’une prévention vu sa petite forme, plutôt qu’un remède à un symptôme. Alors je lis, relis, annote l'autre livre en ma possesion de Shizuto MASUNAGA, « Zen Shiatsu, Comment équilibrer le yin et le yang pour une meilleure santé ». Bien entendu, le shiatsu demande un praticien et un patient, je ne suis pas praticienne sauf sur moi. Alors j’ingère la théorie mais aussi une nouvelle vision de la maladie et de la santé, corps et esprit et me focalise pour l’instant sur l’auto-shiatsu… et les makko-oh pris de son autre livre bien sûr. Après, qui sait, j’aurais peut-être des cobayes… en attendant une formation professionnelle me tenterait bien : une nouvelle vie, une ouverture des possibles… l’adolescence s’en va, les témoins de l’intérieur ne sont plus là, alors… « En écrivant ce livre, j’ai voulu expliquer les techniques non seulement d’un point de vue mécanique mais également d’un point de vue philosophique ce qui permettra de comprendre l’essence de ce que vous faites. Je crois qu’il n’est pas de notre droit mais de notre devoir d’être en bonne santé. »

Et enfin, je me suis dégusté au zhong un Long Jing (Lung Ching) de la région chinoise du Zhejiand. De quoi libérer l’esprit…plus tard je pourrais aussi libérer l’esprit par la création : de la calligraphie, du sumi-e…patience. Le principal a été de démarrer l’action sans plus cogiter. Feuilles coupées vertes et jaunes à l’odeur d’herbe ou de foin. Une odeur très verte, très fraiche d’herbe sur le couvercle. Un breuvage d’un jaune intense au goût plein d’amertume si le temps d’infusion est trop long (juste le temps à la feuille de tomber de l’arbre dans le zhong). Une dégustation un peu âpre, comme un temps nuageux, cotonneux…