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mardi 25 février 2014

Je suis une urbaine qui a besoin de nature

Dans le jardin, dans les promenades...
des arrêts sur image, des textures, des couleurs, des parfums (hum les mimosas en fleurs et les jacinthes du jardin...), on touche un peu... on zieute beaucoup...








En ce moment de nouvelles pousses, prunus, violettes, mauves, bourraches, romarin en fleurs (miam un gâteau de mars en perspective),

bourses du pasteur en vitrail et physalis en grillage...

Mais aussi beaucoup de bois coupé, des cupressus souvent avec cette magnifique couleur rouge sous la pluie et d'autres atteints par la mousse, le lichen...

Allez je suis à l'ombre encore mais dehors...il faut tout de même compter le nombre de paniers... et profiter d'un thé qui se refroidit vite...

Un Oolong Tong Ting Vietnamien, oui, oui Vietnamien. Odeur des feuilles sèches de foin très douce et des feuilles humides lactée et légèrement épicée. Magnifiques dernières tiges avec les trois dernières feuilles. Très roulées, elles prennent une ampleur superbe. Infusion fleurie.

jeudi 16 décembre 2010

Le capiteux du Tung Ting Shan

Je finis doucement un Tung Ting Shan, thé semi-fermenté de Taïwan. Je ne sais pas quand je l'ai acheté, je ne sais pas s'il a bien vieilli... je ne sais pas encore profiter de toutes les splendeurs des grands crus de thés.

Malencontreusement je l'ai fait à la tasse avec un filtre à thé en inox Bodum. Mais quel bonheur de l'avoir celui-là! Il me permet de profiter des thés en vrac, des bons thés, de manière simple, pratique et très spontanément. Seulement je n'y trouve pas tout mon compte en dégustation.
Comme si préparer tous les ustensiles de thés, de faire un brin de vide sur ma table basse (juste un brin, le reste de la table croule sous les affaires quotidiennes et les livres hebdomadaires), mettre de l'ordre, permettrait aussi de se recentrer, de prendre pied, de se focaliser sur soi et non de faire de cette boisson un accompagnement du moment.

Alors une grande tasse, une tasse qui refroidit souvent. Et hier soir ce fut donc un thé froid, un Tung Ting Shan frais. Souvent mes papilles ne savent pas s'y retrouver avec du frais, comme s'il leur fallait du tiède, du chaud, du "à température ambiante" ou à 37°C presque. Mais cette fois-ci, ce fut la saveur du "frangipanier" qui m'a suspendu les lèvres... pour laisser le liquide couler encore plus doucement de la bouche, toute la cavité, toute la langue, jusqu'à l'œsophage.
Voilà, le côté capiteux est très prononcé... normal, mais c'est assez stupéfiant de considérer que cette tension, rétroolfactive peut-être, apparaissait là. De quoi refaire un Tung Ting Sha chaud en zhong...

*source Polianthes tuberosa

Une envie de s'y prélasser mais aussi une envie de s'arrêter net. Un côté suave très entêtant, comme un parfum tubéreux. D'ailleurs, c'est tout à fait cela... une envie de s'y plonger avec une envie de ne pas trop boire (de ce oolong).

Et puis un plaisir retrouvé, celui de voir les bulles entre les feuilles de thé... un air enfermé dans le thé, qu'il soit de Taïwan ou du mouvement du couvercle de zhong, quelle importance, il est beau!

vendredi 17 septembre 2010

Le moment de thé... vers plus de voyage pour l'esprit

Des thés dans la semaine, entre esprit occupé et esprit concentré:

Un Tung Ting Shan, thé semi-fermenté de Formose. Les feuilles sèches roulées en grosses perles serrées. L'infusion était jaune paille beaucoup plus que sur mes photos qui ne rendent décidément pas bien les couleurs (un jour je me formerais à la photographie) et l'arôme était très "vanillé" et gras. Beaucoup plus doux que cette bogue picotante ;)

Un Tung Ting Shan savoureux bu dans la semi-précipitation, la tête encore embuée de lectures (celle du square ces derniers jours: "Ogrus: histoires à digérer" de Gégroire KOCJAN et illustré par Pauline COMIS dont je parle là), d'envies, de réflexions sur des modes opératoires...

ici pour une amie bipolaire, de quoi la soulager par le shiastu et la relaxation lors des moments où ça ne va pas, mais pas bien du tout... des étirements de méridiens avec une explication la plus sensitive possible, des points particuliers qui s'avèreraient être douloureux dans ces moments-ci et une petite méthode de "méditation".
Un thé dont la dernière infusion a été savourée aussi par le loupiot. Je suis en train de noter les thés qu'il aime, celui-ci en fait partie.

Et puis après quelques rédactions de modes opératoires bloguesques, un Meng Ding Huang Ya (le TT303 de Thés de chine), premier thé jaune chinois bu à la maison. Ces petites aiguilles couvertes de duvet argenté magnifiques qui apportent à l'eau chaude une odeur très forte de torréfaction. Mes papilles ne sont plus aussi sensibilisées... il me faudra déguster à nouveau ce thé d'exception, voir le billet de Francine sur cette exceptionnalité et les autres billets dégustations ici.

et là, un peu plus de soulagement en tête, de petits trésors de saison... glands, bogues ou cucurbitacée... et quelques "gammes" de dessin à la Charlotte, si brèves, si "pénibles" dans leur précipitation mais foncièrement revigorantes tout de même.

Je suis très loin de proposer de vraies mises en scène, tableaux, images ou "mandala" qui reflèteraient infiniment le lien esthétique, artistique, historique et représentatif du plaisir offert. Teamaster nous ouvre la voie, pour nous occidentaux, vers ces Cha Xi, vous retrouverez d'ailleurs l'index de ses propositions superbement expliquées là. Nikosan nous l'explique aussi, le Cha Xi est un choix minutieux des accessoires et un tableau que va former le thé, l'infusion, les accessoires et tout le cadre pour nous mettre dans l'atmosphère.
Très très loin. D'une part parce que je ne peux pas me permettre de choisir mes accessoires, je n'en ai pas tant que cela... ils sont usuels et conviennent à la dégustation amatrice que je fais des petits crus de thés et des plus grands qui trouvent ma route. Les plus grands, d'ailleurs, sont souvent dégustés dans ces "maisons de thé" (boutiques ou salons pour grands amateurs). D'autre part, par mon inculture sur le thé, son origine et même son histoire (si ce n'est ce qu'il y a sur le paquet et sur internet). Bon, ce n'est pas tout à fait vrai, certains "sommeliers" du thé offrent de superbes approches des plantations et exploitants avec lesquels ils travaillent. Ainsi Tamayura, Terre de Chine mais aussi Chajin m'ont offert ce privilège des connaisseurs mais en privé: ici, là et là. Mais je n'ai pas la chance de m'offrir le thé venant de Teamaster chez qui tous les thés choisis reprennent une âme géographique et humaine, du Sommelier en thé japonais, de la Maison de thé Camellia Sinensis pour qui les "reportages" valent le détour...
Alors ce sont de petits plus, des objets, des traces végétales... de quoi faire apparaître l'humeur du moment ou la saison. D'un certain côté, je trouve que cela s'apparente presque plus à une table de la nature ou des saisons selon la pédagogie Steiner, qui reprend des graines, des feuilles, des tissus, des pierres mais aussi des animaux ou des personnages représentatifs d'une saison. A cela près, qu'il s'agit de ma table et non celle d'un enfant en phase de sensibilisation à la nature, au rythme saisonnier et qu'elle est très éphémère (la durée de 3 à 8 infusions de thé et leur dégustation) et ne reste pas au même endroit... la sensibilisation à la nature est tout de même là... un peu.

vendredi 18 décembre 2009

"Va boire une tasse de thé!"

Après avoir été malade et très, très longtemps, garde-malade, les dégustations de thé m’ont manqué. Je les ai reprises…. Oui de celles où la mer à thé est de sortie (avant d’avoir un bateau), le couple tasse à sentir et à boire aussi, un des zhong de service aussi. Comme une occidentale, mon chemin de thé est plus cérébral.

J’ai besoin d’exercer mes papilles, mon nez et ma perception. J’ai besoin de comprendre, d’apprendre les mots qui me serviront à dire ce que je ressens. Je suis loin de la conception asiatique bien plus poétique (ou lettrée). Alors oui, j’ai sorti mes livres pour définir la couleur des feuilles, de la liqueur, je construis peu à peu ma palette aromatique dont je reparlerais, je note… et puis je laisse car mes perceptions me trahissent.

Que dire de ce Sencha de Tamayura adoré, dégusté comme une friandise, coulant et enrobant ma gorge.

Une liqueur un peu poudreuse en bouche comme de la poudre de cacao, d’épices comme la noix de muscade ou de matcha.


Que dire de ce Tung Ting Shan redécouvert, liqueur presque lactée ou grasse avec une impression de vanille.
Je n’ai pas réussi à prendre ce carnet qui n’en est pas un (page une à une écrite, libre et non attachée aux autres). Il me faudrait sûrement un vrai carnet de dégustation de thés pour cela, avec pourquoi pas ce rigorisme de la prise de note préparée par un formulaire de dégustation (dont je parlais là).
Que dire de ces sensations qui me trahissent… des courgettes paresseuses m’offrent une odeur très miellée en sortant du four avec juste leur « assaisonnement » d’olives noires, farine de riz complette, farine de blé blanche, huile d’olive et estragon (aucun sucre et aucun miel). La recette est là.



Alors j’ai regardé le premier arbre de Noël de mes deux hommes. Le premier du lutin parce que nous n’étions pas prêts à lui offrir la joie de ces fêtes les années précédentes. Le premier de mon monsieur pour des raisons religieuses ou plus précisément d’éducation et de non questionnement sur le bienfondé d’une convention païenne… un sapin décoré.

Je n’ai pas argumenté pour avoir un autre arbre, enraciné ou même symbolique comme je le voulais l’année dernière. Ce fut donc un Normann de 7 ans environ, à l’odeur très discrète…

Et puis, les hommes sortis, j’ai profité du frais de l’air, de ces fenêtres ouvertes en grand, juste avant de remettre le chauffage. La main chaude, le visage au-dessus de cette vapeur odorante et le reste aux prises avec l'air vivifiant.Profité aussi de l’odeur de la neige, presque poudrée. J’ai bu mes thés plus sereinement…. Comme si je comprenais le premier acte de ce qu’est boire un thé :

« J’aime beaucoup l’histoire du maître chinois Zhaozhou (778-897, Joshu en japonais) qui demande à un bonze nouvellement arrivé au monastère : « Etes-vous déjà venu ici ? » Le bonze répondit : « Oui, maître. » Zhaozhou dit alors : « Va boire une tasse de thé ! » quelque temps après, Zhaozhou posa à un autre bonze la même question. Il répondit : « C’est la première fois. » Le maître lui dit alors : « Va boire une tasse de thé ! » Peu après, son assistant lui demande : « Pourquoi dites-vous la même chose aussi bien au bonze qui est déjà venu qu’à celui qui ne l’est pas ? » Zhaozhou regarda son assistant et l’interpella. Lorsqu’il répondit : « Qu’y a-t-il ? », le maître lui dit : « Va boire une tasse de thé ! »
L’expression Kissako est devenue célèbre dans le Zen car dans ce cas précis elle signifie que ces trois-là n’ont pas l’air très éveillés et que le mieux est qu’ils s’en retournent vite sur leur coussin de méditation. Chez nous, l'équivalent pourrait être « retourne sur ton coussin voir si j’y suis ! ». Par cet exemple, on comprend que le thé n’est pas qu’une boisson, une plante médicinale, un rituel ou un passe-temps. C’est aussi une exhortation ! »

(extrait d’un « grain de sel » de maître Taïkan JYOJI dans « Les saveurs du zen, la cuisine végétarienne au temple zen de la falaise verte » écrit avec Françoise DYE)
*source Zhaozhou

Peu éveillée, encore, je vais boire ma tasse de thé. Souvent, avant, je fais 3 minutes (voire 5) de cohérence cardiaque, de cette respiration abdominale qui permet au cœur de retrouver un rythme non-chaotique, où les émotions ont un peu moins de prises. J’en reparlerais mais vous pouvez toujours lire ici et suivre le rythme dans la pratique ici. Il me faudrait 15 jours à raison de 3 fois par jour pour faire mienne cette respiration posée mais je n’ai pas pris ce temps au temps…. 3 semaines à raison d’une à deux fois par jour. Une première approche de la respiration des yogis (et peut-être des bonzes), une première approche pratique de la méditation qui me parait pourtant si difficile dans les mots de Matthieu RICARD.