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mercredi 15 décembre 2021

Choisir un métier pédagogique et ne plus pouvoir aider son fils


Tout est dit! J'ai choisi une reconversion professionnelle qui m'a demandé beaucoup d'investissements, en temps, en énergie, en réflexion, en humilité, en remise en question. 

Je suis professeure des écoles depuis 3 rentrées scolaires, et depuis, le fiston se débrouille sans moi. Nous sommes passés de lui, épaulé, cadré, exercé, interrogé, débattant avec moi sur son dos tous les jours à... des encouragements et des arrêts sur difficultés une ou deux fois par mois.

Je culpabilise beaucoup. Il a su démontrer ses capacités tout au long du collège, une bonne moyenne. Mais elle cache une hétérogénéité complète: de très bonnes notes en sciences et des moyennes dans toutes les autres matières.

En seconde, patta-tras. Les notes descendent. Je n'ai jamais exigé de bonnes notes mais certaines montrent un déficit de compréhension net. Avec l'ado cela a toujours été clair: une mauvaise note pouvait être un manque de travail dont il avait seul la responsabilité, un problème à l'instant T s'expliquant. Là aucun commentaire, cela ne se reproduirait normalement pas, le loupiot étant studieux. Mon attention restait sur les difficultés où un investissement pouvait apporter une évolution.

Mais voilà, nous avons perdu la manière, lui prenant son autonomie, moi en prise avec les programmes et attendus de maternelle et d'élémentaire en tant que maîtresse et n'ayant plus la notion du travail à la maison prévu pour un lycéen.

Nous allons reprendre car il lui faut à nouveau un soutien, de la méthode pour que son travail gagne en efficacité.


dimanche 10 octobre 2021

Il a eu 15 ans!


Je ne vois pas les jours passer, je suis dépassée...depuis plus de 3 ans: mon horizon professionnel n'est pas calme et, pendant ce temps-là, le petiot grandit, murit, devient plus pertinent, plus enthousiaste, plus aventureux.

Trois ans que je suis ailleurs, le papa aussi, et qu'il pousse, pousse. Trois ans qu'il est notre priorité et que pourtant il n'est plus au centre. Notre attention a été plus diffuse, moins concentrée. Il a grandi d'un coup. Il a eu 15 ans notre grand.

Mon plus grand défi, ma plus grande aventure, ma responsabilité ultime.

Lui, ado, grand, passionné, passionnant. Tactile, attentionné, câlin et aussi un pied dehors, la tête déjà un peu ailleurs, les doigts sur une prise d'un mur d'escalade, de son propre univers.

Il a notre confiance, entière, il a notre amour, tous les jours plus fort. Il a notre fierté pour ce qu'il est, ce qu'il devient et qui ne dépend pas de nous.

Il est moins timide, tant mieux. Il ne veut toujours pas une quantité d'amis mais peu, de choix. Il aime et sait que c'est une prise de risque mais il l'accepte. Il n'entre plus dans le monde derrière nous, sur notre côté, mais bien devant avec envie.

Je lui envie sa fougue, je lui envie sa capacité à lâcher-prise, à rire à gorge déployée. Félicitation grand funambule!

mercredi 25 août 2021

Et que devient le lutin pour lequel je préparais tous mes apprentissages maison?

 

*source Wing Foill (conseils pour débutants en prime)

J'ai démarré ce blog en 2007 car j'étais une maman déboussolée par cette nouvelle responsabilité qu'était la parentalité. Sans repère, sans référent réel ou justement en réaction à ces ombres, je me suis structurée maman pédagogue, maman éducatrice, maman professeur. J'ai offert au chenapan plus de onze ans d'apprentissage, uniquement pour lui, sans compter ce partage par média interposé.

Il commençait à demander un peu d'autonomie. Nous étions un peu moins fusionnels (enfin les papouilles, les accolades, les baisers, les mots doux sont toujours là, rassurez-vous, de part et d'autre). Et cela tombait à merveille. Un niveau de vie trop élevé par rapport aux rentrées d'argent, moi devant reprendre une activité professionnelle et une vocation qui me revient de plein fouet, comme un boomerang d'une enfance déjà tournée vers le savoir, la culture, la curiosité. Mais enfant je n'avais aucun rêve si ce n'est devenir adulte.

Cela fait trois ans passés avec moins d'apprentissages construits pour lui. Mais voilà, maintenant que je pense avoir un peu plus de temps (c'est sans compter septembre qui vu mes attentes d'affectation me semble prédestiné à être surchargé), le crapouillot revient vers moi. 

Le crapouillot est devenu un funambule de sa vie. Il rentre au lycée, est très fort dans les matières scientifiques surtout en mathématiques (merci encore méthode de Singapour). Il allie humour, attention, réflexion et beaucoup de savoir-faire pour vivre avec moi et son père.


    A l'image de cette découverte sportive (il a adoré le wingfoil: oui oui voile et planche séparées, heu wing et foil séparés excusez-moi! Planche avec une lame en dessous pour voler au dessus de l'eau, heu foil avec mat! Voler au dessus de l'eau avec ce wing vert dans l'attente de se mettre debout ou de sauter), il prend doucement de l'altitude et fortifie ses ailes.

jeudi 8 janvier 2015

De quoi éviter la pensée "simple"

En ce moment, j'écris peu. Peut-être parce que je ne programme pas grand chose.
Pourtant la table est toujours remplie de livres. Des lectures distractions mais aussi d'autres plus "solidifiantes" pour enfant ou pour adulte. De la culture générale, des essais mais aussi des documentaires et de l'interactivité.


Hier, le lutin voulait baisser le son de la télé pour lire une bande dessinée. J'étais furieuse. Je suivais les mots des experts, des journalistes, des avocats, des politiques, des philosophes, des caricaturistes. C'était important. J'ai dû être cinglante pour écouter le programme.
Il ne comprenait pas l'ampleur de la situation. Il ne comprenait pas non plus mon émotion. Nous avons commencé à parler, à expliquer... parce que même à 8 ans, il est possible de réfléchir pour ne pas s'arrêter à une pensée simple.

Pour ma part, il me faut toujours des supports, des contextualisations, des explicitations. Pendant mes études, j'étais absorbée par la survie et n'ai pas gardé beaucoup de culture générale. Je dois me la créer, multiplier les angles, les interlocuteurs. Le livre est alors mon référent, mon sauveur!
- Toujours "L'éléphant", revue que je suis depuis 2 ans, qui me permet de reprendre des sujets quelque fois trop "académiques" pour me donner envie d'y replonger.
- "Terroristes, les 7 piliers de la déraison" de Marc TREVIDIC, ressorti de l'étagère car je ne peux plus en différer la lecture au vu de l'actualité.
- suivront des écrits du philosophe musulman Abdennour BIDAR

Pour le petit d'homme, des lectures accompagnées de documentaires, toujours, encore, encore plus. Je les aime tant. Je suis tellement convaincue que la seule chose à ma disposition, une responsabilité de parent, est de prôner une dose de savoir, l'éducation et l'esprit critique. Je billette de plus en plus les documentaires jeunesse sur mon blog littéraire et je compte bien augmenter ce partage.
Les thèmes sont divers, feront pour nombre d'entre eux l'office d'un enseignement scolaire. Oui! Mais je gage sur une appréhension moins rigide, moins évaluatrice et plus fournie pour que l'intérêt persiste. Un vulcanologue parlera de son art pas forcément mieux qu'un professeur de géographie mais avec peut-être plus de passion.
Ceux en cours de (re)ecture cette semaine (et peut-être de billets):
- "Le bien et le mal, c'est quoi?" d'Oscar BRENIFIER, comme beaucoup d'autres de ses propositions philosophiques pour parler d'actualité, pour aider le discours à se (re)placer à hauteur du chenapan.
- "C'est mathématique!" de Carina LOUART et Florence PINAUD parce qu'il ne suffit pas de devoir en faire pour comprendre à quel point ces sciences (les mathématiques) sont importantes. Rajout du 14/01/2014: j'en parle là.

dimanche 3 août 2014

Trop grand

Le chenapan cache sa tortue doudou quand des inconnus et de la famille arrivent... seules les personnes chez qui il a déjà dormi ont le droit de la voir encore. Une certaine gêne!
Il suce son pouce et se retrouve avec des réflexions grand-parentales où le mot bébé revient à loisir. Il a honte!
Alors des fois comme ce soir, le premier depuis que son papa est rentré à la maison nous laissant seuls en vacances, il veut jeter sa tortue par la fenêtre, littéralement. Dans la gouttière. Et me fixe le regard frondeur. Une seconde après c'est un voile humide qui passe sur ses yeux. Aux bords des larmes.
Le loupiot est un petit grand. Il a des envies de grand et des angoisses de petit.
Il m'a fallu ce soir le prendre dans mes bras et le rassurer. Ce n'est pas le fait de sucer son pouce ou de prendre un doudou pour dormir qui fait de lui un bébé. Ce ne sont pas ses manières de se réconforter qui font de lui ce qu'il est mais bien ses actes et ses réflexions. Sa spontanéité à courir après une vieille dame pour lui rendre ce qu'elle a laissé tombé sur le trottoir. Ses excursions en apnée en mer ou dans les vagues. Ses attentions comme celle d'escalader un peu un grillage, de se faire piquer les jambes par les orties, tout cela pour me cueillir un chardon (fleur que j'aime toujours autant, pour son insolence peut-être, son piquant qui ne retire pas sa beauté). Ses enthousiasmes à essayer de comprendre le corps, les émotions, les relations humaines. Sa manière de nous enlacer en cas de fatigue, de tristesse. Pour ses réflexions sur ce qu'aurait pu être notre vie sans lui (et nous avions dû déployer d'infinies tendresses ce soir-là). Sa maturité pour gérer les quelques petits travaux "scolaires". Ses conciliations faciles pour mettre fin à des conflits.
Son envie de rentrer seul par la plage la nuit (petit point rouge sous la lune)...


nous sur le remblais

Oui bien-sûr c'est encore un grand petit. Il chouine, il pleure de frustration, il joue quelques fois au chantage, il colle comme un moule sur un rocher. Oui. Mais il a aussi, trop souvent, la gravité d'un adulte, comme je l'avais moi, alors je suis ravie de le voir encore grandir doucement, doucement, à son rythme. Un enfant, un petit grand.

Et la tortue est dans la valise.

mardi 20 mai 2014

Et toi, où étais-tu quand...?

A la récréation du midi, un copain d'école du lutin s'est fait tabassé par plusieurs élèves de sa classe. C'était la semaine dernière. Des coups au ventre, à la tête, aux testicules. Il retourne en classe et vomit, deux fois, entre des sanglots. Et puis rien... rien de plus pour certains.

*source des trois singes sages

Et toi, où étais-tu? Question posée à l'adulte référent, à l'adulte manquant, aux petits yeux qui regardaient... à mon fils. Les parents sont prévenus le soir par la grande soeur, intervenue pour séparer. La soeur oui, bien présente.

L'agressé a passé sa soirée à l'hôpital pour tous les examens, le corps médical constate même que c'était proche du pire. Les parents n'ont presque pas dormi du week-end. L'enfant, lui, est arrêté 8 jours. Et puis rien...

Et cette mère qui monte au créneau, demande à voir les parents. Et puis rien. Elle a le courage d'aller plus loin. Et le père d'un des agresseurs veut lui parler. Ouf, l'humanité reprend son cour... mais non.
L'altercation en elle-même m'a choquée. Perturbée par ce père à aucun moment compatissant ou simplement compréhensif de la peine (et le terme est doux) de l'agressé ou de ses parents. il toisait en intimidant cette mère et la culpabilisait au point que l'agressé devenait coupable. Je suis témoin.

Et moi, où étais-je? Je découvre les faits tard. Je suis témoin de cette confrontation agressive menée par le père et puis rien... oh oui juste une trace mais sans vraiment en faire plus. Le lutin vient juste d'apprendre les faits, ni agresseur, ni même témoin alors... Et pourtant j'avais tellement à dire, je me défile encore une fois... je ne mets les mots qu'ici, manque de corrones, manque de cran, peur pour mon chenapan, influence des proches bien attentionnés. Bah...

...
Il est nécessaire que l'acte ne soit pas banalisé. Une bagarre est de la menue monnaie dans une cour de récréation d'école, surtout entre garçons. Et encore?! Est-ce vraiment une violence quotidienne à laisser filer, même celle-ci présente dans les jeux? Mais le fait d'entourer un enfant à terre et de se mettre à plusieurs pour le battre est différent. C'est une situation a arrêter d'urgence, source d'une réelle remise en cause des enfants.
Des agresseurs, pour comprendre la portée de leur acte: un acte réprimable aux conséquences bien plus importantes qu'une simple bataille entre copains ou même ennemis. Une obligation de sortir ses enfants agresseurs de ce circuit malsain et dangereux, pour autrui, ET AUSSI POUR EUX, de la violence exercée.
A aucun moment, la notion de racisme n'a à voir avec la responsabilité d'un enfant. Il serait regrettable que, sous souci de politiquement correct, l'implication d'un enfant qu'il soit français ou non, d'origine étrangère ou non, de religion qu'elle qu'elle soit, soit écartée.
L'acte de battre un enfant n'a à aucun moment l'excuse qu'il aurait pu le chercher. La victime est victime!
Remise en question de l'agressé. Il n'a pas le choix: il a été battu, insulté, dénigré, dévalorisé. Il doit être accompagné, revalorisé. Un chef de file a vu en lui une faille et a appuyé dessus. L'enfant était harcelé depuis déjà quelques temps. - Oh mais ce n'est qu'une brimade. Moi pourtant sensible au harcèlement pour avoir écouté les symptômes de M, je n'ai pas pris au grand sérieux cette mère. C'est ça le problème du harcèlement: les signes sont ambigus, quelques fois; c'est un amoncellement de petites choses; c'est aussi souterrain.
L'agressé va devoir devenir plus fort, plus sûr de lui, sûr de son potentiel, de son intelligence, de sa capacité à être unique, soit exceptionnel.
Il est nécessaire de réapprendre à communiquer, à être ensemble avec cet altruisme loin de toute mièvrerie ou égoïsme caché mais fait de partage et de collaboration. Et là, je parle aussi pour moi, si facilement ordurière avec une personne me manquant de respect mais que je ne connais même pas... - Quand on est con(ne), on est con(ne)! ("Le temps ne fait rien à l'affaire" de Brassens)

Alors que faire? Où suis-je maintenant?
Nous reprenons avec le crapouillot la notion de respect, de violence. Nous reprenons l'urgence d'avertir, de séparer. Peu à peu, pas à pas, encore.
Je tenterais par tous les moyens de soutenir les fondements fragiles et encore peu battis de sa confiance en lui. Je tenterais de ne pas la saper si automatiquement sans le vouloir mais pourtant si souvent.
Et je reprendrais des références:


*source "Max et Lili, ma Carte d'Identité Scolaire, Halte à la violence, Réagis!"

et des conseils...


*source (et clic sur l'image pour la voir en grand)

et puis être attentive, demain, pour lui, pour l'autre...

lundi 7 avril 2014

Hermès encore

Le chenapan aime la mythologie grecque. Et je l'ai bien soutenu dans cette appréciation: tant qu'à faire! des super-héros avec des monstres! Nous avons débuté "Le feuilleton d'Hermès" de Murielle SZAC de manière un peu plus poussée. Beaucoup de lectures du soir reprennent ce thème mais ici nous nous y arrêtons comme un "devoir". Je vous en parlais ici, la lecture est offerte et après quelques questions de compréhension suivent avec de petites questions de français.

*source La naissance de Vénus (Aphrodite), par Alexandre CABANEL

Alors pourquoi donc lui en rajouter quand je ne fais même pas l'école à la maison? Parce qu'un professeur du cycle 3 offre de très belles ouvertures. Bruce  DEMAUGE-BOST propose des fiches sur les deux livres de Murielle SZAC (Hermès et Thésée). En suivant Charlotte MASON, je réponds aussi à une volonté de faire appel à des "livres vivants", à inclure une touche de narration accompagnée (bien ciblée sur un thème de prédilection du loupiot et très courte pour le moment) et de pousser à quelques lignes d'écriture.


De notre côté, le lutin prend ce "travail" pour de la récréation car nous répondons ensemble (hors programme scolaire du CE1). Les questions ne sont pas nombreuses, elles permettent une découverte de la langue française, les réponses étant toujours dans un paragraphe du chapitre en cours (trouver des mots de la même famille, des homonymes, des synonymes, des mots avec tel préfixe, des antonymes). Les questions de compréhension sont toutes simples et ne répondent pas à une démarche d'évaluation mais plus de suivi de l'histoire (des arbres généalogiques, le symbole de ce dieu, une phrase pour expliquer l'action la plus importante du chapitre ou l'écriture d'une définition prise dans le dictionnaire). Et puis, encore à chaque fiche, une grande part attribuée au dessin.


Nous n'avançons pas rapidement car le travail scolaire demande du temps mais une ou deux fiches sont faites par semaine. Le lutin lit le résumé de l'épisode précédent, je lis avec théâtralité une première fois, je relis paragraphe par paragraphe en fonction des questions et je l'aide à la rédaction de ses phrases de compréhension, privilégiant sa (bonne) volonté à en faire une que le résultat.


J'ai encore limité le temps consacré et je compte en faire plus pendant les vacances. Le livre est grand mais une enseignante nous offre ses lectures sur internet, donc au pire plus besoin de l'emmener partout. Là vous trouverez des peintures pour illustrer chaque chapitre. Vous trouverez là des approfondissement en compréhension.

Au fur et à mesure, le petit d'homme est de plus en plus réceptif aux nuances de la langue française, s'amuse d'un bon mot et comprend plus rapidement. Ce qu'il aime par-dessus tout est le dessin. Il adore illustrer le chapitre. Point de couleur, sauf exception de choix, point d'application à outrance mais une vraie liberté qu'il utilise.


Une joie non dissimulée à dessiner les Érinyes (aux larmes de sang) ou les Grées. Une pointe d'envie à découvrir Aphrodite qui s'offre aux regards.

*source Persée et les Grées par Edward BURNE-JONES

Et bien-sûr, j'ai rajouté deux lignes de blasons possibles pour l'effort fourni à chaque chapitre.

mardi 25 mars 2014

A quoi peut bien ressembler ma journée de femme à la maison ?

J'ai bien dit femme à la maison et non femme au foyer... parce que je ne suis pas une fée du logis et que mes priorités ne sont pas la tenue de la maison mais bien d'autres choses.
A part un début de matinée comme tous les parents du monde avant l'école, c'est un retour à la maison avec un énorme détour d'une heure de marche dans cette chère capitale.
A part la préparation des repas. A part les deux ou trois tâches ménagères dont je ne peux tout de même pas me passer.
A part les lectures "loisir" de romans et de livres jeunesse.

Mon temps est pris pour une magnifique occupation: créer de l'apprentissage, partager des découvertes, initier des réflexions, infuser des curiosités. Et non, je ne le fais pas que pour le ouistiti. Passer ce temps-là, chronophage il va sans dire, est un superbe cheminement et très loin d'être un sacrifice, même si quelques moments de blues rappellent la perte sèche de revenus et la socialisation devenue exsangue.


Des boissons chaudes, thés ou menthe au sucre de dattes comme ici.

Des livres ouverts, en cours, sur des sujets d'apprentissage pour le lutin.
Des manuels pour préparer les devoirs "scolaires" (français et mathématiques).
D'autres livres pour appréhender les découvertes. En ce moment, je me repenche sur les grandes leçons Montessori avant de les lui proposer: visionnage de documentaires pour valider leur intérêt avant l'autre fait ensemble, lecture de livres sur le sujet (ici la naissance de la vie sur Terre), dernier round de fabrication du matériel (cartes de la faune et de la flore préhistorique, recherches sur le net, construction sur ordinateur, impression, plastifieuse, découpage et rangement, approximatif cela va de soi avec moi...).
Des livres pour les billetter sur le blog (les lieux chargés culturellement et historiquement) pour bien les digérer avant de mener des réflexions avec le chenapan.
D'autres matériels préparés pour appréhender la géographie demain.
Des pages d'écriture sur papiers. Des billets écrits sur les blogs.


Et le soir, du temps pour les devoirs, ceux "imposés" par le système et ceux "orchestrés" (en fonction de la demande, de l'attention, de la fatigue et de la curiosité du crapouillot).

Et après certains osent me demander encore si je m'ennuie et pourquoi je passe pas l'aspirateur tous les jours... non mais!

mardi 11 février 2014

Mythologie pour éveiller les enfants

Je suis une adepte de la lecture à voix haute. J'ai adoré celles de ma grand-mère paternelle et mon tonton, et ses petits livres restés de ce père disparu trop tôt. Dans les mots lus, dans les voix chaudes, dans les pages illustrées, je me sentais en contact avec ce jeune homme inconnu et pourtant si proche par la filiation.

*"Le petit Nicolas" par Sempé

Après il y eu ces professeur qui offraient du temps au temps.
Un premier professeur de Français, exigeant, sec, dur et cassant, qui pourtant se ravisait selon les modes d'opposition que nous avions (et le désespoir non simulé). Des pages de copie de règles de grammaire, des coups de règle... et pourtant chaque semaine pendant deux ans (6ième et 5ième) un chapitre du "Petit Nicolas" de René Goscinny et illustré par Jean-Jacques Sempé, offert, comme cela, pour rien. Pas de question de compréhension, pas de leçons, juste sa voix, sa juste théâtralisation. Et ne me parler pas des réadaptations animées et filmées: je n'ai plus de plaisir, plus la joie de recevoir... il me manque l'homme qui nous le racontait même.
Un professeur d'Allemand, qui avant chaque vacances offrait de l'allemand écrit, lu dans le texte, offert comme cela... lui aussi juste pour le plaisir. Et merci encore à lui, pour avoir oser me pousser sur scène. Merci d'avoir vu le premier à quel point j'avais besoin d'aide et besoin que quelqu'un me donne confiance en moi.
Un autre professeur de Français, durant mes deux 2nde, qui nous a parlé si bien de mythologie. Sans forcément lire dans un texte mais en offrant ainsi plus qu'une matière à travail.

Les raconteurs d'histoires, ceux qui avaient mis de côté leur fonction pour nous offrir une pause, un temps loin d'être oisif pourtant.

***
Et la mythologie arrive pour des raisons personnelles que j'évoquais là. Alors les livres continuent d'affluer à la maison, souvent en fonction de leur réédition en format plus petit, moins onéreux aussi.
Et il y a une autre raison.

Si vous me connaissiez, vous sauriez peut-être à quel point je veux avoir tout mis en branle dans l'éducation du lutin. J'ai toujours l'impression d'être en retard... (comme le regard des autres me trouve trop en avance).  Je souhaite proposer le plus tôt possible des voies de réflexions, des arrêts sur image, des listes de ressources, des chemins critiques, indépendants et alternatifs.
Le chenapan est considéré comme un grand quand il est encore petit. Pas grave! J'ai une urgence en tête, je ne peux pas compter sur le temps, sur une pérennité. J'ai trop l'impression que la folie ou la mort font partie de la vie qu'il me faut à tous prix les devancer. Alors je commence beaucoup de choses, je commence pour que, si j'arrête, l'ami de tout au monde sache où chercher quand il en aura besoin. Il n'en aura pas l'utilité! Pas grave! Je sais tout au moins que j'aurais offert le potentiel créatif du référent, une certaine acuité dans l'esprit. Il ne perdra pas autant de temps que moi, il se trouvera peut-être, il aura peut-être la chance de n'être floué que par les autres.


Alors oui je mets tout en œuvre pour délier sa pensée, pour l'aider à formuler ses émotions, à exprimer son vécu, le préparer à être critique, à tenir un propos argumenté. Je lui montre aussi ce qui fait la vie: les parts belles et les moins nettes, les moins glorieuses, les plus mesquines. Mais il est petit. Fallait-il encore trouver un système pour aborder le chemin. C'est Serge BOIMARE qui me l'offre (aidé brillamment par Murielle SZAC et Bruce DEMAUGE-BOST).
Serge BOIMARE est un psychopédagogue qui s'est tourné vers les difficultés des enfants dans l'apprentissage. Il ne parle pas de certains cas, qui pris à part, en petit comité, vont être soutenus dans leurs difficultés mais bien de ceux qui vont se créer leur propre processus de refus de l'apprentissage ou même de la pensée. Ceux qui s'échappent pour ne pas se perdre, trop en prise avec les émotions pour accepter les quelques autres un peu déstabilisantes d'un apprenant.
Ce pédagogue va alors tout baser sur la médiation culturelle et plus particulièrement littéraire. Lire à voix haute des contes (GRIMM ou PERRAULT) mais aussi de la mythologie (plus particulièrement grecque), des livres de Jules VERNE ou pourquoi pas de la littérature jeunesse. Amener la curiosité sur les travers, les vices, les émotions dures et crues mais tenues à distance de soi. Puis formuler, reformuler, appréhender différemment et se tenir prêt à... apprendre. N'hésitez pas à lire ici la théorie de Serge BOIMARE, avant que je vous en reparle après avoir lu ses livres.

Par la mythologie, l'enfant découvre un texte riche de sentiments ambigus et de situations rocambolesques. Le pire, le meilleur, le fabuleux, le terrifiant sont mis en forme et l'on découvre les dérives des dieux, les oracles proclamant de noirs destins, les trahisons, les monstres, les vices, les crimes, les dépravations et les absurdités créées par le désir et le sexe. Tout cela dans une histoire, une fiction pure.

"Le feuilleton d'Hermès" de Murielle SZAC est un livre à lire à voix haute. La mythologie et toutes ses anecdotes (quoique il y a aussi "Le feuilleton de Thésée") sont ainsi accessibles.
Mais là le texte tire en longueur, il n'y a pas forcément d'action dans chaque chapitre. Par la vie d'Hermès ce sont aussi les sentiments plus infimes que l'on découvre, chaque nuance de l'humain/dieu. Ce livre n'est pas tant une lecture du soir qu'un vrai manuel d'apprentissage par la médiation culturelle.
Ainsi un professeur, Bruce  DEMAUGE-BOST, a créée les fiches par épisode, permettant de marquer une plus-value éducative mais aussi d'ancrer la curiosité et de stimuler le dialogue. Voici son magnifique travail.

Nous avons démarré mes lectures et nos arrêts sur chaque moment de vie du jeune dieu. Des questions de français, très courtes pour l'instant. Et surtout une illustration à chaque fois.


Allez je reparlerais de notre projet Hermès... nous en sommes à l'épisode 11.

vendredi 20 décembre 2013

L'enthousiasme au coeur de l'éducation

Voici une petite conférence du neurobiologiste allemand Gérald HUTHER que j'ai découverte via Bernard COLLOT.
Selon lui, l'enfant même avant 1 an, apprend par enthousiasme. Mais en plus de ce beau postulat, il présente aussi les actes de substitution que l'enfant peut choisir pour palier à l’insatisfaction de ces besoins principaux: la curiosité dans l'acte de grandir et d'agir et l'attachement.



mercredi 30 octobre 2013

Pas encore tout à fait là

... presque en vacances, pas vraiment. Pas encore tout à fait là, au moins pas suffisamment pour écrire, pour répondre, pour informer...

un lever de soleil du petit d'homme... 


que tes premiers pas d'ami de tout au monde, loin de nous, soient les premiers de nombreux autres, toujours aussi curieux, enthousiastes, émerveillés même si exigeants.

... Ludovic EINAUDI, "Divenire"

vendredi 11 octobre 2013

Blasons, tampons: de l'encouragement, des activités autonomes, de l'autodiscipline et une réflexion sur l'argent

Le lutin est un enfant gâté. Vous me croyez, j'en suis sûr!
Oui, il a énormément de livres dans la bibliothèque commune. Oui je ne compte pas le matériel/jeu/manipulation qui servira autant de jeu que d'éducation... beaucoup de matériel Montessori mais aussi des jeux de casse-tête, des instruments de découvertes du monde etc...
Et il est aussi un enfant gâté, un point c'est tout. Bon oui, le lutin aura peut-être le penchant de Calvin "Mrs Worwood, je refuse d'apprendre cette leçon à moins que... " (mais peut-être pas la même conclusion)

*source "Calvin et Hobbes, Il y a des trésors partout" de Bill WATTERSON

Bon reste à l'encourager à jouer mais aussi à être plus sélectif dans ses envies. Et bien-sûr, la souris des dents nous a amené le problème financier: avec elle, il a pu s'acheter lui-même quelques petites choses. Alors le voilà à la recherche de sous par tous les moyens: m'aider aux tâches ménagères mais aussi parier sur tout et n'importe quoi avec son père.
Alors il fallait de quoi lui permettre de comprendre le coût des choses tout en lui proposant de pouvoir profiter un tout petit peu.
Nous avons entamé des discussions sur l'argent. Qui en possède? Qui en manque? Les banques distribuant que le nôtre et non de l'argent venu de nul part. Mais aussi des équivalences: une figurine de jeux vidéo équivaut à ... quel repas, le choix d'une gourmandise ou d'un mini-jouet etc. Cela lui a donné aussi la possibilité de nous offrir des niniches cet été.
Autant dire que nous reprendrons le sujet. En attendant et pour retirer tout début d'argent de poche, nous avions voulu mettre en œuvre de petites actions valorisées.

***
Comme il est très demandeur d'occupations, j'ai trouvé l'idée adéquate. Elle vient d'une maîtresse de CM1 ou CM2 pour occuper ses élèves entre deux travaux. Ce sont de petites activités en mener en pleine autonomie. Elle offre ainsi des étiquettes blasons pour chaque étape menée et au bout de 6, il acquiert le blason d'or et le blason du champion. C'est une magnifique proposition permettant au mieux d'encourager. Oui parce que les activités proposées ne sont pas toutes compliqués: il y a bien-sûr des jeux éducatifs, des compte-rendus de mathématiques ou de français mais sous un angle ludique; il y a aussi des jeux beaucoup plus libres.
J'ai repris l'idée, ai bien-sûr gardé beaucoup des activités proposées par la première maîtresse, suivie par une autre, celles-ci adaptées au niveau du loupiot et en ai rajouté une ou deux. N'hésitez pas à regarder l'idée de départ, qui a comme à chaque fois une autre "gueule" que mon feuillet de suivi: de belles images, des encarts pour y coller de beaux blasons colorés. Chez nous ce sera un simple tableau et des tampons pour marquer la progression. Au final, après 6 étapes, il peut acquérir 1 euros pour le récompenser de ses efforts, en sachant qu'il ne pourra pas se contenter d'une seule activité, il lui faudra cumuler pour pouvoir obtenir un autre feuillet de suivi.


Mais qu'est-ce donc que ses activités en autonomie? Des choses que le chenapan adore, d'autres qu'il aime moins ou qui lui pèse un peu mais qu'il aime pourtant quand il est accompagné (ou encouragé pécuniairement). Voici ce que vous trouverez chez Ophrys école (magnifique proposition de blasons autonomie cycle 3) avec quelques activités en moins, auquel j'ai rajouté les activités CE1 de Charivari (1, 2, 3, 4 et 5).

- des sudoku (4 et 6 pour l'instant)... il adore (si vous ne me croyez pas regardez donc le nombre de tampons après deux jours et sachant qu'il lui faut deux sudoku pour acquérir un tampon).
- des fiches de lecture d'albums, BD (le titre, l'auteur, son avis)
- des fiches de lecture romans (même chose)
- des fiches de lecture documentaires (ce qu'il a appris en une phrase) (Ici ce sont les documentaires du "Petit Quotidien" par exemple ou trois / quatre pages seulement d'un livre)
- des fiches de lecture presse (même chose que dans l'idée originale)
- des pentominos ou attrimaths ou IK link... il adore
- de la pratique de rubiscube 2x2x2... il adore
- des dessins à la manière de ou par étapes ou faire un mini flip book pas à pas... il adore
- des tangrams... il adore
- des lectures de l'heure
- des quadrillages chasse aux trésors
- des portraits mathématiques
- des constructions géométriques
- des points à relier avec la règle... il adore
Voici ce que j'ai rajouté:
- une recette de cuisine à suivre avec moi... il adore
- des tâches ménagères (aide pour étendre le linge, pour plier les draps, pour associer les chaussettes, pour ranger ses sous-vêtements et ceux de son papa, pour descendre la poubelle)
- de l'origami... il adore
- des visionnages de documentaires (découverte du vivant, histoire simplifiée, découverte scientifique etc)... il aime mais préfère conserver son "temps DVD  ou jeux vidéos" pour du divertissement
- des découvertes d'un compositeur ou d'un musicien grâce à un livre/CD... il aime mais préfèrerait que cela soit plus court
- des écoutes de comptines ou petit livre en anglais
- des petits textes (de 2 à 5 lignes) à réécrire avec une belle écriture, extraits de sa bibliothèque jeunesse (de quoi je l'espère le faire sourire, rire, de quoi lui donner envie de ré-ouvrir le livre) ou une narration (raconter une chose vécue, vue ou écoutée en mots et en dessins). Ces deux points reprennent la pédagogie de Charlotte MASON. Je vous reparle du premier d'ici peu.

par exemples:
- le premier extrait qu'il connaissait par coeur de son fait:

« Je n’ai pas toujours été moi. Avant d’être moi, je n’étais pas dans moi. J’étais ailleurs. Ailleurs, c’est tout sauf moi. »
(Alex Cousseau, « Dans moi ») dont je parle là
- ou
« Les histoires sont des créatures sauvages. Quand tu les libères, qui sait ce qu'elles peuvent déclencher. »
(Patrick Ness, « Quelques minutes après minuit ») dont je parle là mais qu'il n'a pas encore lu bien-sûr!
- ou
« Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules, et c'est fatiguant, pour les enfants, de toujours et toujours leur donner des explications. »
(Antoine de Saint-Exupéry, « Le Petit Prince »)