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mardi 8 mai 2018

Monstres asiatiques au détour d'une promenade dans la capitale

Revenir vers la grande, prendre du jazz dans les oreilles avec une version Duke ELLINGTON(ienne) de Mary Poppins (cf plus bas).


Puis prendre le chemin des pavés au bord de la Seine, slalomer entre les touristes venus voir la dame de fer, continuer un peu... 
se perdre avec beaucoup de monde dans le musée, "Enfers et fantômes d'Asie" au Musée du quai Branly.


Se faire quelques frayeurs, admirer les peintures, les masques, les marionnettes, aimer moins les films et les mannequins pour ces films. Découvrir le bouddhisme sous ses représentations.


.... prendre trop peu de photos parce que pas de batterie au téléphone (bah oui visite non prévue).
ici d'autres photos de l'exposition.
 
Repartir en grimpant aux arbres ou en choisissant les escaliers juste à côté. Oui presque, le mur escalier et rentrer chez soi.


Et se dire que la bibliothèque des monstres japonais s'agrandit.


Je n'ai pas pris le livre de l'exposition parce que je comptais bien acheter le "Yokai, fantastique art japonais" de Brigitte KOYAMA-RICHARD et que le premier n'offrait de plus que les monstres et fantomes des autres pays (qui m'intéressent moins pour l'instant) avec une très grande part offerte au cinéma de genre (dont je ne suis ni experte, ni adepte). Il me manque toujours énormément en sortant d'une exposition. J'espère le retrouver dans le cahier de l'expo et non! Pas de détail point par point, ou si peu. Mais pas déçue par le second...
 

Une présentation douce avec "Yokai, le monde étrange des monstres japonais" de Fleur DAUGEY et illustré par Sandrine THOMMEN, acheté il y a peu.


Et nos anciens.
Quelques mangas de Shigeru MIZUKI: des exemplaires de Kitaro le repoussant, un de mon ami le Kappa, le Nononba fabuleux et ici son "Dictionnaire des Yokai".
Ici de simples papillons... mais cela fait peur... (et parce que je suis si déçue de ne pas avoir pris en photo la vitrine avec les insectes de l'expo). 

Rajout de la nuit: les voilà pris par un autre, juste au dessous de ces masque-ci pris par encore un autre...


La manga originelle de Katsushika HOKUSAI, quelques pages tout du moins.


Le livre concernant l'oeuvre d'Utagawa KUNIYOSHI


Une certaine fascination comme j'aurais pu l'avoir pour les créatures de Jérôme BOSCH, l'hybride et le monstrueux, bouddhisme et non chrétienté...
Se dire que je vous en reparlerais, c'est sûr!

***
Jazzy Poppins lors de l'émission "la 42e rue" de France Inter.




vendredi 11 décembre 2015

Petits bonheurs

Prendre ses marques, prendre pied, prendre souffle. Gonfler mes poumons pour avoir de quoi réagir, pour continuer à offrir, à ma famille, à mes amis...


Pas à pas... se dire aussi que quelques éléments m'aideront, c'est sûr... Je ne désespère pas. D'ailleurs je ne suis pas en dépression, ni déprimée, ni même avec un quelconque blues. Juste en attente, entre parenthèses. Je crois en l'homme (capable du pire mais aussi du meilleur), je crois en sa faculté à réfléchir (mais si mais si). J'y crois. Pour ma part, je continue à me "culturer" (si possible avoir des bases pour savoir de quoi je parle), à me cultiver, à lire, à réfléchir, à entrer dans le dialogue, à soutenir les questionnements, a en créer d'autres.
Ces derniers temps ce fut de nombreux herbiers éphémères... 


Puis ce fut de petits détails, si petits, si précis, si ténus. Une tasse de thé japonais avec une forme de quartz rose par exemple.
Même s'il n'apparait pas de prime abord, il sourit. Ce n'est pas un gnome, pas un lutin, pas un farfadet des bois mais un petit bonhomme ventru: un bouddha. Mon fils me l'a offert pour mes 40 ans. Elle est, à bien des égards, extrêmement importante.
"Pour accompagner tes thés, maman!"
Oui et aussi parce que je le voulais depuis quelques années, comme on souhaite un ancrage pour l’œil, un pierre pour marquer le chemin. Je ne suis pas bouddhiste (même si certains éléments me plaisent), je ne suis pas hippie. Il se devait d'être là pour me rappeler ce que j'attends de moi: encore et toujours plus, devenir une femme que j'aimerais rencontrer, une mère que j'aimerais revoir adulte, une amie sur qui on peut compter même si elle semble avoir lâcher à certains moments, une grand-mère avec laquelle il y aura toujours plaisir à débattre.
Lui s'arrêtait devant toutes les propositions. Non, non, pas celui-ci, ni celui-là. Non, non. Je lui ai dit mon attrait pour ce personnage mais pas n'importe lequel. Pas le bouddha historique ni zen, aux cheveux structurés, mince et impassible. Mais bien le chinois, pas un vrai bouddha mais plutôt un moine bouddhiste, un Budaï: dodu, ventru, chauve, aux lobes d'oreilles énormes et au sourire immense, franc, englobant. Je suis moins intéressée par la véracité historique et ascétique de l'homme religieux que par son infinie bonté dévoilée dans une forme plus généreuse.
Alors, avec son argent, il l'a choisi. Il l'a voulu en pierre "précieuse" moi qui ne suis que peu touchée par cette forme de richesse. Pour lui, c'était important, cela semblait le meilleur. Il voulait le plus beau... Il a bien choisi!


Alors il est de sortie avec mes thés, avec mes lectures, surtout celles que j'aime et que j'ai envie de reprendre aussitôt la lecture finie. (Rajout du 11/02/2016)Je parle de "Panthère" ici)


Certains soirs, le petit d'homme m'interpelle: - Tu ne l'a pas descendu de la bibliothèque aujourd'hui. Tu m'avais pourtant dit qu'il serait à tes côtés pour tes thés et tes méditations! Tu n'as pas passé une bonne journée? (Ou entre les lignes, est-ce que tu m'aimes?)


Alors le voilà à nouveau. Pour m'assoir, me construire, me ressourcer. Je me suis même fait un gâteau rien que pour moi, les hommes n'étant pas trop becs sucrés. Une pause constructive (les recherches, les pédagogies, les ateliers ne sont pas loin sur la table, les approches méditatives, mythologiques et philosophiques non plus)... et je repars.

Et puis une chouette, celle d'Athéna, de Paul Ricoeur, d'A. surtout...


Trouver encore des référents pour continuer... et pour rester l'oeil ouvert, même la nuit.

mardi 13 mai 2014

La méditation et une idée de la somnolence

La méditation est de plus en plus active à la maison. Elle ne constitue pas une activité supplémentaire mais bien une pause dans ce quotidien tourmenté. Je vous en parlerais encore et encore, pour les adultes... et pour les enfants (mais n'hésitez pas à suivre mon premier point là). En prenant mon besoin de focaliser mon attention pour que mon esprit puisse se disperser mais surtout revenir à l'attention, je suis des guides audios. Et avec la pratique, la vraie et pour mon cas moins intellectualisée, viennent les premières difficultés.

Il m'arrive de somnoler... non, non, je ne dors pas, je me recentre à certains passages: moui le souffle, moui les pieds, moui... Et puis, je reviens complètement à la fin de la méditation guidée que je voulais suivre.
Oui je somnole. Alors j'ai culpabilisé, oui les deux premières fois. Surtout que je ressortais de ce temps pris au temps avec un peu plus de fatigue et non une acuité nouvelle. J'avais loupée ma méditation. Mais non!? Une méditation n'a rien à voir avec une attente de quoi que ce soit. C'est juste une pratique. La méditation est un acte d'attention, de recentrage mais aussi de bienveillance. Alors oui, j'ai le droit de somnoler... concentrée et éveillée, puis dose de paresseux (non, non pas l'état mais le folivora).

*source Zooportrait de Yago PARTAL, ici le paresseux (heureux)

Un folivora heureux!
Mais cette somnolence alors. La somnolence peut être cet état groggy pas particulièrement enthousiasmant ou ce relachement de satisfaction, de satiété ou de rêvasserie (comme le ronronnement d'un chat repu). Elle peut être due à une fatigue passagère par manque de sommeil, par digestion ou une mauvaise position, une chaleur corporelle trop élevée.
Il s'agit d'un des obstacles de la méditation. Obstacle pas vraiment mais plutôt une des possibles dissipations avec la fatigue ou l'agitation. Alors pas de panique, recaler son dos bien droit, sa tête moins penchée et si l'envie revient, se contenter de reprendre la respiration, d'ouvrir légèrement les yeux et de se centrer sur les points de contact du corps au sol ou à la chaise.
Hum, mieux, c'est mieux.

Vous trouverez ici les différents obstacles à la méditation bouddhiste: le désir, l'aversion, la somnolence (clic direct), l'agitation et le doute.
Oui mais justement il ne s'agit pas de méditation bouddhiste. Je démarre avec le loupiot dans une méditation de pleine conscience, complètement laïque. Celle-là même mise au point comme pratique à la gestion du stress par  Jon KABAT-ZINN, en anglais Mindfulness-Based Stress Reduction (ou MBSR). Il s'agit là de sensations, de respiration... de l'attention au moment présent.
Alors reprenons, je somnole encore quelque fois mais la pratique est bonne...

A suivre...

jeudi 20 juin 2013

Il ne faut pas perdre ne serait-ce qu'1 kg avant l'été !

Bien-sûr le titre est tape à l’œil! Une folle période pré-estivale se déploie devant nous et, même si le soleil n'est pas toujours au rendez-vous et que la température est bien fraiche (ou trop chaude), les envies de se dorer au soleil reprennent tous les voisins/voisines. Et, pour elles, leur lot de décolletés, de jambes nues et de rondeurs à liquéfier, à faire disparaitre, à perdre, à abandonner sur le chemin.
Ce qui me hérisse le poil c'est l'obligation conventionnelle, sociétale, qu'il faudrait pour une femme digne de ce nom (et même une adolescente) se mettre au régime, perdre quelques kilos avant le passage en tissus souples, élastiques, ajustés et volontiers sous-marins. Je déteste les régimes!

*source

Alors oui, c'est une grosse qui parle, de l’embonpoint à la Obélix, plus que forte quoi. Oui j'ai un passif avec les régimes, ayant écouté ça et là les bonnes paroles de personnes attentionnées, expertes ou non, familiales comme médicales... des propos contradictoires, des aliments sains, d'autres malsains, des appels à la volonté etc... En fait, des affirmations erronées pour la plupart, suivies jusqu'à mes 25 ans environ, où un seul élément était bien commun, lui, la culpabilisation. Alors oui, depuis plus de régimes, depuis un poids qui évolue toujours vers le haut ou un peu vers le bas, le bas ne dépendant que d'une certaine sérénité. Pas encore de stabilité, toujours largement déréglée.
Alors oui, être contre les régimes parce qu'ils n'ont pas marché sur soi c'est simple me direz-vous! Mais mon aversion est bien plus profonde qu'une banale insatisfaction. Je suis aussi réticente à l'envie institutionnalisée d'inculquer la "diététique" aux enfants. J'ai déjà parlé sur ce média de mon rapport à l'alimentation, de mes troubles, avec humour ou plus de réflexion. Je voudrais y revenir... quelques mois ont passé, voire des années pour certains débuts d'approches.

Je considère qu'il ne faut pas troubler la prise alimentaire. Je suis, en effet, convaincue que le cerveau est un maître d'orchestre de génie, qu'il sait amener un contrôle parfait des apports alimentaires sans jamais considérer d'aliments à solliciter et d'autres à bannir, sans jamais nous obliger à compter les calories, à calculer les apports journaliers, à intellectualiser les repas. Je suis contre cette restriction cognitive si mise en exergue et applaudie par tous les médias féminins. A bas les programmes, à bas le choix des aliments.
Cette attitude complètement spontanée et décomplexée est bien entendu celle d'une personne avec une relation saine, non déréglée, à l'alimentation. Et de plus en plus, nous faisons partie de l'autre catégorie de personnes... et nos enfants vont aussi le devenir, insidieusement, par le contrastes entre les produits industrialisés ciblés sur eux, la publicité, et les repas "normalisés", le lot de discours préventifs à visée diététique.

Je vous invite à suivre quelques lectures, les 4 premières références étant explicitées là.
- "L'art de la frugalité et de la volupté" de Dominique LOREAU quelque peu régime tout de même
- "Okinawa, un programme global pour mieux vivre" du Dr Jean-Paul CURTAY part sur de "bons" aliments et propose plus qu'un régime, une première prise de conscience de la vie autour de l'alimentation.
- "Le temps du goût" de Régine ZEKRI-HURSTEL, neurologue, et Jacques PUISAIS, docteur en sciences et œnologue sur le rapport au cerveau des perceptions alimentaires
- "Maigrir sans régime" de Jean-Philippe ZERMATI, le plus complet pour entamer cette démarche de retrouver ses sensation


et  "Manger en pleine conscience, La méthode des sensations et des émotions" du Dr Jan CHOZEN BAYS. Un cadeau à se faire assurément!!! D'une lecture simple, reprenant les analyses cognitives, les avancées scientifiques mais aussi tout l'apport d'une pratique méditative laïque ou bouddhiste. Mais le livre n'est qu'une introduction à la pratique méditative (avec énormément d'exercices écrits et le soutien du CD audio).
Vous y apprendrez les 7 différentes faims avec des exercices pour les reconnaitre et d'autres pour les satisfaire autrement que dans l'alimentation. La faim des yeux sensible à une belle image de repas, d'aliments ou même de recettes sur papier glacé. La faim du nez avec l'odeur du bon pain chaud même avant de passer devant la boulangerie et apprendre à "se nourrir d'une effluve". La faim de la bouche, de cet organe uniquement plein de désirs de sensations fortes ou nouvelles et la sensation à la différence de textures pendant la mastication, la permanence du goût après avoir avalé l'aliment. La faim de l'estomac qui n'est toujours pas synonyme de faim réelle. La faim des cellules, elle étant la vraie faim avec ses variations saisonnières. La faim de l'esprit totalement contradictoire, habituée aux débats sur les aliments, poussant à la consommation, restreignante, source de restriction cognitive: à court-circuiter. La faim du cœur et les aliments réconforts, source de réminiscence du passé, réconforts d'une tristesse, d'une solitude, d'une émotion.
Puis se défaire des conditionnements alimentaires et là, solution miracle, pas rapide pour un sou mais pérenne: être conscient.
" "Être conscient et ne rien faire d'autre" signifie qu'il ne faut ni parler ni faire quoi que ce soit avec le corps. Le fait de bouger soit la bouche, soit le corps, c'est ce que les bouddhistes appellent karma. Lorsque nous stoppons un comportement automatique, lorsque nous créons un espace entre une pensée et l'action ou le discours qui suit habituellement cette pensée, c'est comme si nous avions mis un pied dans la porte qui fermait la prison de nos milliers de schémas de comportements conditionnés. Un jour, après des années de pratique, cette porte restera grande ouverte. Alors, lorsqu’une ancienne habitude acquise fera surface, nous conserverons notre liberté d'action. Nous pourrons même sourire devant l'absurdité de nos nombreux schémas mentaux."
Avec une approche de tous ses aliments dits de réconforts et une étude cognitive de leur attrait irrépressible.
Une présentation de 6 lignes de conduite: ralentir pour entendre les ordres du cerveau et y être attentif mais aussi pour augmenter la satisfaction, prendre la quantité juste avec une vraie prise de conscience de la sienne et non d'une définie de l'extérieur, l'équation énergétique, la substitution consciente (à ne pas confondre avec restriction cognitive), tenir loin (des yeux, du cœur et de l'esprit avec le jeûne et l'alimentation en pleine conscience), reconnaitre la bienveillance et le critique intérieur.
Les derniers chapitres, plus bouddhistes, sont l'encouragement à la gratitude et les leçons de vie.

mardi 26 février 2013

Pai Mu Tan du lâcher prise

Normalement le mardi est un jour consciencieux: je prépare le mercredi jour avec le lutin. Je le soutiens dans ses devoirs scolaires, je le confirme aussi (assez souvent) dans une activité éducative qui a maintenant souvent rapport avec ce qu'il voit à l'école. Et je libère cette journée de toutes mes autres (pré)occupations: lectures et réflexions en cours.

Et je patauge... entre mes attentes et ma disposition à être. Pas tant les attentes que j'ai vis à vis du chenapan que ceux, exigeantes, que j'ai vis à vis de l'acte d'être mère. Mon vœu est d'offrir une base solide pour qu'il puisse s'en servir pour grimper, escalader, sauter... une base dans certaines "matières" qui le poursuivront longtemps, des bases dans d'autres où je le souhaite alerte, vigilant, conscient et peut-être pertinent.

Alors après une course dans Paris pour acheter une batterie de téléphone portable impossible à trouver dans 3 magasins différents (à croire que le consumérisme pousse obligatoirement à l'achat d'un mobile neuf!). Revenir avec (encore) un livre dans le sac... avec un pourcentage de 3 jeunesse pour 1 adulte... et m'offrir un thé en zhong avec la lecture d'un autre livre... et toujours un petit bazar autour, sur la table, l'étagère, le canapé... ici de quoi se rappeler que nous sommes allés inspecter les organes gigantesques des plus grands dinosaures... j'en reparlerais peut-être.


***
Les boites de thé se sont vidées, certaines ont retrouvé un contenu, d'autres non. Je finis certains vieux thés qui ne donnent presque plus rien et j'en redécouvre d'autres. J'en bois toujours beaucoup et je les finis souvent froids... ce n'est pas tant affaire d'emploi du temps surchargé que de distractions de l'esprit... un livre, une idée, une écriture, une organisation, un tour en cuisine, une autre page d'un autre livre, un brouillon de billet de blog à compléter, un thé... etc...
Et ce Pai Mu Tan du Palais des Thés, venu par inadvertance. Une belle sœur achetant un petit thé aromatisé et rentrant chez elle avec ces feuilles "trop natures" et "qui ne sentent rien"... elle avait donc tout de suite pensé à moi. Grand bien lui fasse!

Alors oui, revenir à un thé blanc.
Les feuilles sèches sont entières et très fragiles et ont une couleur bleutée verte avec des pointes plus brunes et des feuilles d'un vert presque frais (cueillette comme immédiate). Après l'infusion, elles reprennent toutes leur couleur verte.

L'arôme de l'infusion est bien végétale et pourtant elle me rappelle la saveur de la poire mûre sans son aspect sucré.

Et comme je ne change pas encore complètement, même si je travaille sur de nombreux aspects, je continue aussi un livre en cours. J'ai l'habitude de les garnir de post-it, là ce n'est pas la peine: toutes les pages apportent une superbe vérité. Une claque d'éducation!
"Le Tao Te King des parents" de William MARTIN inspiré par Lao-Tseu adapte les enseignements du Tao à notre rôle primordial de parents. Je ne suis pas experte en taoïsme et, même après certaines lectures, je dois dire que je suis encore dans le flou. Et pourtant, même sans cette base spirituelle, ce livre interpelle et, même, déstabilise. J'en parle d'ici peu .
Aujourd'hui je fus réceptive au mieux ennemi du bien (extrait tiré dudit livre):

"Peux-tu faire de la place?

Si tu remplis tous les moments de la journée de tes enfants, ils n'auront plus de place pour être eux-même.
Si tu les pousses constamment, ils s'effondreront.
[....]

Ne te donne pas trop de peine, ne force pas. Fais ton travail, puis repose-toi.
Tes enfants apprendrons la sérénité.
[....]"

lundi 25 juin 2012

Avant de partir en vacances: me donner les moyens de ne pas me décocher les secondes flèches

Non, les vacances ne sont pas à la fin de la semaine mais les préparatifs psychologiques ont déjà largement commencé.
Pour moi les vacances ne sont pas synonymes de lâcher-prise, pour de multiples raisons. Nous avons l'incroyable chance de pouvoir partir avec les deux grands-mères du lutin, l'une puis l'autre. Mais cela veut dire pour moi une tension, une nervosité, une irritabilité, vécues... quelques fois à raison, quelque fois sans.
Je ne subis plus comme quand j'étais enfant mais mes réflexes sont encore viciés, le cercle vicieux négatif étant beaucoup plus facile à entretenir que le positif. Alors pour ne pas y perdre mon harmonie et pourquoi pas trouver dans les vacances non une sérénité mais au moins une valorisation partielle, je relis certains livres aux modes opératoires libérateurs...

Sur le rapport alimentaire déjà car les deux femmes ont peu de compassion pour les kilogrammes qui m'accompagnent à fleur de peau (la graisse et/ou mes rapports à la sécurité dans l'attachement, mais c'est encore un autre sujet!). N'ayant aucune envie de suivre quelconques restrictions cognitives quelles qu'elles soient, je cherche néanmoins à ne pas me vautrer dans un rapport à l'alimentation biaisé pour les autres troubles suite à la vie en leur compagnie. Soit relire pour détacher des astuces de ces livres-là.


Mais plus encore, relire "Le cerveau de Bouddha" de Rick HANSON et Rick MENDIUS, parce que oui, le livre et passionnant mais aussi foisonnant et il est nécessaire de le reprendre aussi de manière à en ressortir de vrais modes opératoires.
Je reparlerais en détail de ce livre. Derrière quelques pages plus scientifiques et d'autres aux paroles bouddhistes quelques fois austères (ou je dirais plus difficiles à accepter car extrêmement exigeantes), il y a de très, très nombreuses perles pour ne pas laisser notre cerveau réagir exagérément. Elles sont très souvent corporelles, aussi incroyable que cela puisse paraître, lors d'actions physiques le cerveau réagit et active les circuits neuronaux intéressant aussi pour le "bien-être".

"Un certain inconfort physique est inévitable: c'est un appel crucial à prendre des mesures de protection, telle la douleur qui nous pousse à retirer notre main d'un poêle trop chaud. Un certain inconfort mental est tout aussi inévitable. [...]
Pour reprendre une expression du Bouddha, cet inconfort physique et mental inévitable est la "première flèche" de l'existence. Aussi longtemps que l'on vit et que l'on aime, ces flèches nous parviennent.
Bien que les premières flèches soient déjà désagréables, l'essentiel de notre souffrance provient en réalité des "secondes flèches", celles que nous nous décochons à nous-mêmes en réagissant à la douleur initiale."
Alors, je reprends, je note, je prépare mes fiches, par thème mais aussi comme quelques clefs à mettre en place quelques minutes par jour pour que lorsque la situation sera plus dure, elles s'activent plus facilement.
Pour apaiser le feu intérieur (des nombreux stress) sont alors au programme de la respiration (diaphragmatique voir plus ici, longue ou cohérence cardiaque...), de la relaxation (faciale, progressive du corps), de la méditation et de la visualisation. Alors oui, difficile d'y croire pour certains mais là n'est pas tant le fait de visualiser un petit oiseau sur une branche, les indications du livre sont autrement plus bénéfiques pour le cerveau.
"Bien que l'activité mentale soit communément réduite à la pensée verbale, l'essentiel du cerveau est en réalité dédié aux activités non verbales, tel le traitement d'images mentales. La visualisation active l'hémisphère cérébral droit et apaise le bavardage intérieur, qui peut être stressant."

Aussi et ce sera très important pendant ces vacances retrouver mes refuges, me sentir plus en sécurité. Alors oui, les lieux, les actes, les discussions ne seront peut-être pas sécures mais j'invoquerais mes protecteurs intérieurs.
D'une part en listant les suspects habituels de mes souffrances d'enfant pour les dés-ancrer en marquant ma faiblesse d'enfant et ma force d'adulte.
D'autre part, chacun étant autant un enfant intérieur qu'un parent critique et un parent nourricier, je tenterais d'être mon propre parent protecteur. Et je tenterais de m'octroyer des moments "refuges" ou je pourrais retrouver l'attention et l'harmonie qui me font défaut.
De quoi apaiser le négatif et me donner les moyens de voir le positif, de le créer et de l'amplifier.

mardi 13 décembre 2011

"Avoir plus confiance dans mes intuitions, ma force, quoi que j’aie à offrir"

... il y a des fois où la radio me prend de court. Certains mots m'arrêtent dans ma chorégraphie matinale... entre le petit-déjeuner, les paires de chaussettes mises une à une, les vêtements du petit loup, le hérisson porte pyjama... il y a une attention, une tension.

C'était pour Fabrice CHAMPION, trapéziste, mort à 39 ans.
La rubrique nécrologique n'est pas une de mes favories mais là, elle parlait d'un homme formidable.
Un jeune homme parti à 16 ans dans une troupe de cirque, montant la sienne plus tard, "Les Arts sauts". Alors oui déjà, ce vol en apesanteur, porté, avec attaches, me parle. Oui j'aime cette sensation entre la terre et le ciel... ce défi de la pesanteur. Je le disais là: trapèze, venant du sol comme la capoeira, les yamakasi entre deux murs ou en tissus aériens. Encore plus quand leurs défis ont apporté encore à la discipline... leur volonté était de voltiger au-dessus des rivières (gorges du verdon) au final au dessus des spectateurs en transat. Rien que les photos me font rêver (les vidéos aussi).

*source photo du spectacle Kayassine

Et puis son histoire, cet accident le rendant tétraplégique. Une fin de carrière, une chape de plomb le gardant au sol et piégé dans son corps. Alors oui cela aurait pu s'arrêter là.
Mais encore mieux, l'homme se veut mobile, se souhaite presque même pantin aux mains des autres, au sol ou même en voltige. Il créée la "tétradanse" et préparait un spectacle: une danse au sol, une danse avec le corps amoindri mais, encore là, le mouvement...

*source "Arts Sauts"

" Ce dont je souffre , c'est pas vraiment de mon handicap, mais plutôt de la difficulté à être moi même, à faire quelque chose de ma vie. Comme tout le monde.
[...]
Aujourd'hui est un bon jour pour mourir.
J'ai conscience que chaque respiration est un sursis sur la mort.
J'accomplis chaque geste comme s'il était le dernier.
[...]
Puissé-je être libre de l'orgueil. Pas de blâmes, pas de récompense, toute faute est une chimère. Dans la confiance non née de manifester le cheval de vent, je lâche prise de contrôler mon image et je m'envole tel quel, sans but, tel un danseur préhistorique, pure expression de la joie sans cause, libre de l'espoir et de la peur. Entier par essence, comme un rayon de lumière, je traverse l'espace, rejetant sans effort la honte et la gloire.
[...]
Avec mon cœur, authentique de tristesse où joie et chagrin se fondent en un nectar sublime, je vole, j'envahis l'espace. L'espace m'envahit." (extrait de l'article de Yves JAEGLE, Le Parisien, 30/04/2010, repris de ce blog où l'intégralité de l'article vous attend... les propos de Mr CHAMPION sont saisissants!)

Voilà, c'est cette force de vie qui me plait, qui lui survie assez pour me voir y réfléchir encore et encore. Ne se trouver diminuer que dans la volonté d'être quelqu'un, le titre est tiré de cet article fort intéressant, de Rosita BOISSEAU, Le Monde, 13/12/2011, aussi repris dans ce billet-ci.

*source photo du spectacle Ola Kala

Alors oui, je dois dire que je ne suis pas étonné que cet homme fut bouddhiste... Une sacrée leçon de vie en tous cas. Je vous laisse connaître la fin de sa vie en suivant les liens vers l'article du Monde.



et un interview de l'autre co-fondateur avec cette philosophie de vie d'un acrobate voltigeur

Les Arts sauts : interview par flu-jypegue

La chute est le propre de l’homme, rester en l'air le plus longtemps. Maîtriser la chute... partie intégrante qui scinde la vie d'un homme en deux mais ne lui retire pas la joie de vie.

vendredi 18 novembre 2011

La neuroscience: un cerveau vivant, rééducable et spirituel

J'ai énormément d’admiration pour les scientifiques. D'une certaine manière je me suis spécialisée dans mes études dans les sciences... humaines. Je ne travaille pas (dans) cette spécificité mais ma curiosité sur les aboutissants scientifiques est toujours vive.
En ce moment ce sont les capacités de notre cerveau qui m'interpellent. Est-ce le spectre autistique qui m'a amenée à cet intérêt? Peut-être avec Daniel TAMMET... peut-être.

Je voulais partager avec vous deux reportages sur le cerveau, l'un sur sa plasticité, l'autre sur sa spiritualité. L'un est l'autre comportent des scènes pouvant choquer les personnes les plus sensibles (images d'anatomie par exemple).

Le premier est un reportage sur la neuroplasticité que j'ai visionné via Za. Il s'agit là de rendre compte du cerveau vivant, pas simple machine mais aussi en mouvement et rééducable. "Les étonnants pouvoirs de transformation du cerveau" apportent là une belle panoplie d'exemples. Le film illustre le livre du même nom du psychiatre Norman DOIDGE qui comme par hasard connait Daniel TAMMET. Le scepticisme scientifique est de rigueur quand à certains résultats mais l'ensemble est troublant et plein d'espoir.

Une école a été créée pour appréhender les difficultés d'apprentissages dû à des problèmes neurologiques et ceci en localisant la zone du cerveau portant préjudice aux apprentissages des enfants et permettant de contourner les zones et de renforcer les connexions synaptiques (partie 2). Un jeu vidéo propose de renforcer aussi les aires cérébrales le Fost Forword avec des résultats sur la dyslexie (partie 3). La rééducation du cerveau permettrait de réduire la paralysie neurologique en activant un modelage fonctionnelle permettant d’annihiler la désafférentation des membres paralysés (partie 4). La douleur fantôme, causée par un membre amputé, justement dû à la plasticité du cerveau est aussi atténuable par un changement d'illusions: d'une impression de douleur, avec effet réelle, on donne au cerveau une impression de présence et de sensation (partie 6) en restaurant la cohérence visiomotrice. L'hyperplasticité du cerveau serait peut-être aussi un élément essentiel chez les personnes atteintes du spectre autistique et/ou asperger: une rééducation du cerveau permettrait alors de réduire les symptômes surtout dû à l'hypersensibilité sensorielle (partie 5). Le reportage parle aussi des zones du cerveau non statiques et de la résilience de la neuroplasticité humaine avec le cas d'une femme au cerveau constitué d'un seul hémisphère développé (partie 7). La pensée modifierait aussi le cerveau, même sans autre forme d'exercice (partie 5).

Ce n'est pas clair, je m'en excuse mais s'il me fallait attendre de bien remettre les idées en formes je crois que je n'aurais pas publié ce billet et qu'il serait resté en brouillon comme tant d'autres attendant eux aussi plus de clarté et de rigueur. Je vous laisse donc le reportage en intégralité sur 7 épisodes.


Les étonnants pouvoirs de transformation du... par einstein-rosen-podolsky

Les étonnants pouvoirs de transformation du... par einstein-rosen-podolsky

Les étonnants pouvoirs de transformation du... par einstein-rosen-podolsky

Les étonnants pouvoirs de transformation du... par einstein-rosen-podolsky

Les étonnants pouvoirs de transformation du... par einstein-rosen-podolsky

Les étonnants pouvoirs de transformation du... par einstein-rosen-podolsky

Les étonnants pouvoirs de transformation du... par einstein-rosen-podolsky



Le dernier point, la pensée modifierait le cerveau, fait aussi partie des éléments qui en ce moment m'intéresse. Mes "sensations bouddhistes" sont aussi accompagnées par des envies de méditation. J'ai l'esprit encore bien encombré, comme mon (mes) blog(s) le prouvent, mais cette envie de faire le vide en lui, certaines fois, est de plus en plus forte. J'ai bien l'intention d'investir d'ailleurs dans "Le cerveau de Bouddha" de Rick HANSON et Rick MENDIUS.
Ainsi c'est avec engouement que j'ai visionné ce reportage sur le cerveau spirituel "Le cerveau mystique" relatant une expérience québécoise de neurologues sur la part de méditation, la part spirituel du cerveau via Éduquer à la joie. Leurs analyses portent sur des carmélites mais vous retrouverez en suivant ce lien une autre expérience fait sur les pratiquants bouddhistes. Il me manque cependant les applications ou plutôt ce que ces résultats peuvent nous apporter à nous et à nos cerveaux.






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D'ailleurs au fil des ans, sur ce média, quelques focus montrent mon intérêt pour les sciences en filigrane... pour plus de lisibilité pour moi plus tard (juste de quoi me remettre en question perpétuelle) je marque une nouvelle catégorie "curiosité scientifique" que je remplirais aussi des anciens billets.

vendredi 13 mai 2011

Fantôme des douleurs, sencha night shadow: impermanence et wabi sabi

Je me suis fait un petit Sencha night shadow pour fêter ce nouveau jour où je me remets sur pied. Comme mettre le fantôme des nuits passées sur la touche. Je profite pour regarder ces petites pousses résister dans un terrain laissé à l’abandon.

Une odeur de feuille presque sucrée et une liqueur herbacée et nappante qui me fait du bien.

« Ne craignez-vous pas les peines
Que vous avez connues par le passé ?
Surement, votre douleur sera immense
Si les malheurs vous attaquent ?
Les tribulations de la vie se succèdent
Telles les vagues incessantes de l’océan –
L’une est à peine passée
Que la prochaine prend sa place »
(extrait de « Les cent mille chants » de Milarepa)

Voilà, une nouvelle vague, si petite au regard d’autres, et si intense pour moi ces derniers mois. Une vague en chasse une autre, une plus souriante, une plus sereine… pour reprendre pied, prendre énergie, prendre force et se reconfronter à notre impermanence et à la vie.

Plus tard dans la matinée, aux dernières infusions, à froid, j'ai repris une rose jaune offerte par le lutin aux moments des pires douleurs. Elle est flétrie et pourtant elle reste splendide... son odeur est encore plus capiteuse que quand elle était toute pimpante. Et je ne peux que me remémorée ce concept de wabi sabi que Furoshiki (encore elle oui) m'avait fait connaître. Nostalgie de la vie, d'une certaine jeunesse mais aussi une idée de la beauté de la rouille, de l'apprentissage par le temps, de cette patine des années à même d'offrir du meilleur... enfin elle en parle mieux que moi, elle le pratique depuis bien plus longtemps.
C'est ce même esprit que réparer un objet, mettre de la valeur dans le cassé, je vous en parlais là et Framboise (dans les commentaires) mettait d'ailleurs en avant cette philosophie.

Une pensée pour tous ceux qu’une vague de douleur (physique ou psychique) atteint en ce moment. Et je repars dans mon cheminement sur l'art de se reposer et de reprendre des forces.

NB: Et si le concept de waba sabi vous interpelle, vous pouvez lire ici aussi pour vous faire une idée et là avant que je reparle de cette "belle impression" et du livre de Dominique LOREAU "L'art de l'essentiel" .

mercredi 16 mars 2011

Sencha troublé par le Japon: catastrophe et philosophie

Je suis troublée, émue. C'est assez souvent quand l'actualité marque son empreinte à la maison. C'est cette douleur des autres qui m'atteint... une sorte d'empathie (quelque fois matinée de bonne conscience superficielle et presque abjecte de fausseté). Je ne parle jamais d'actualité sur ce média, je ne sais souvent pas quoi dire, je ne suis souvent pas investie: j'y pense quelques secondes et je cours me satisfaire mes besoins primaires et secondaires. Mon souvenir est à trous et très éphémère.

Là, je parlerais tout de même de la situation au Japon.
D'une part parce que ma mémoire est mise à l'épreuve toute la journée par ma consommation culturelle ou culinaire japonaise et mes envies futures. Je lis de la littérature japonaise: Yoko OGAWA, Haruki MURAKAMI, Junichirô TANIZAKI, Jirô TANIGUCHI, entre autres... Je consomme chaque semaine des produits japonais: miso, shoyu, umebosis, kombu, kanten, riz... et bien-sûr thé! Je m'immisce dans leur culture, doucement, sans vraiment de repères, sans rigueur aussi, mais avec envie, avec fréquence, avec émotion : le monde flottant, l'architecture, les vêtements, les témoignages (KITANO). Je rêve aussi en japonais: l'enfance sous le regard des studio Ghibli (surtout MIYAZAKI). Et j'anime mes mains sous influence: elles rêvent de sumi-e, elles suivent le tracé des peintres japonais (et d'autres asiatiques), elles modèlent en espérant du feu, de l'air, de la fusion et de la brillance d'un raku. Et puis ma philosophie se penche de plus en plus vers une idée de la relation corps-esprit japonaise (shiatsu entre autre) et vers le bouddhisme.
Et voilà justement ce qui me pousse à écrire, leur philosophie.

Ce matin, j'ai finis un contenant de sencha. Et mes pensées étaient au moment présent. Un peu là-bas tout de même. Ce thé vert japonais est toujours un moment fort. J'aime sa tonicité et son onctuosité.
J'ai aimé ce vert. Les feuilles ne sont pas mises en valeur ici, c'est la fin d'un paquet, il y a plus de débris qu'autre chose mais cela me convient bien, justement. Une idée de restes, de ce qui reste après... après d'autres dégustations comme après d'autres vagues, d'autres nuages.
J'ai aimé ce trouble de l'infusion, ces débris au fond de la tasse. Ils reflètent le mien et comment je perçois la situation.
Et puis ce vase raku, œuvre de ma tante, donne toute la puissance à cette sorte d'invocation: de la matière brute, des fissures, des coulures, du rayé et du glissant. Et du vert... comme un espoir.

Je suis troublé par leur philosophie de vie. Les Japonais semblent presque sereins. Ils ne sont pas mal informés, insouciants ou fatalistes, juste réalistes d'une manière troublante.
Alors bien-sûr ils ont eu dans leur éducation et dès l'enfance un apprentissage à la catastrophe, voir ici par exemple. Mais cela ne fait pas tout, surtout face au nuage.
C'est bien, pour moi, leur spiritualité qui fait la différence. Je ne connais rien du shintoïsme mais découvre l'homme comme partie d'un tout, minuscule poussière dans une nature sacralisée. Alors les catastrophes naturelles peuvent être un élément de vie.

C'est encore plus dans les préceptes du bouddhisme que je lis leurs émotions contenues ou plutôt fluides, au même titre que l'eau qui coule. Cette idée d'impermanence de la vie qui me sidère à chaque fois. Non que j'ai peur de mourir (quoique ma réaction soit plutôt faussée par ma non-confrontation permanente) mais bien peur de la mort d'autrui. C'est vrai que penser à la mort n'est pas une réflexion très occidentale.
Ma première approche de cet état de détachement est arrivée avec la lecture de "S'occuper de soi et de ses enfants dans le calme, bouddhisme pour les mères" de Sarah NAPTHALI (j'en parlais très très brièvement là), ce fut un premier choc. Se désaisir de notre utopique permanence est un acte du quotidien. Il y était fait référence de cette souffrance dont il fallait se délester et si elle est réelle et non contournable, qu'il faut alors traverser. C'était aussi ma première approche de l'équanimité (appréhender avec acceptation et patience). Et je pense que c'est cette pratique qui me bouleverse autant dans les attitudes des Japonais en ce moment.
Ma récente lecture de "Petit traité de vie intérieur" de Frédéric LENOIR que je présentais un peu ici le soulignait aussi. Il y parle de ce non-attachement au matériel, de la philosophie de la vie (naissance et mort dans le même cycle vital) et de cette capacité à avancer.

Alors oui, être conscient des drames, ne pas faire l'autruche... pour ailleurs mais aussi pour ici (pensées pour Flo Makanai, au regard du Japon et en réfléchissant au reportage sur notre poison quotidien: la chimie industrielle et agro-alimentaire). Être vigilant et aussi conscient.
Je n'ai pas mis les actualités quand le petit loup était à la maison, je ne lui en ai pas parlé. Je devrais, je vais. Mais je ne sais pas comment amener une actualité. Je ne lui ai encore jamais parlé de catastrophe naturelle, je ne lui ai encore jamais parlé d'accidents, de meurtres, de terrorismes. Les dangers, les "peurs", n'ont été présentés que dans sa sphère d'enfant. Mais il est nécessaire que je me lance peu à peu, pas à pas, sans tomber dans la dramatisation, sans me pencher encore sur les parcours individuels, sur la vie arrêtée et sur l'humain en danger, mais en apportant de quoi y faire face, au moins spirituellement.
Mais je commencerais par lui parler de vivre le moment présent.

Être dans l'ici et le maintenant

vendredi 4 mars 2011

Un thé BaoZhong pour que mon esprit décante

Je reprends les dégustations de thés... peu à peu, zhong après zhong. Je reprends peu à peu ces moments plus calmes, où l'esprit s'évade mieux. Quand je sors mes ustensiles, déjà je m'apaise. Oui certains gestes sont à faire, c'est assez régulièrement que je sors un livre sur le thé (ou le Japon, ou encore le bouddhisme). Alors oui je suis encore en train de réfléchir.
Mais quand les notes de dégustations sont prises, il me reste quelques gorgées à savourer... le plus souvent après une belle respiration lente... je me mets assise, les yeux fermés, et je respire... en comptant pendant l'expiration, puis pendant l'inspiration...
Le thé est alors presque frais mais bon et plein de saveurs.

Ce matin, c'est un BaoZhong imperial TO402 de Thés de Chine, un oolong peu fermenté de Taiïwan. Les feuilles sont entières, froissées et d'un beau bleu et vert/gris. Aucun débris mais je ne suis pas étonnée, cette maison de thé propose de très bons crus authentiques. L'odeur sèche est beurrée et comme une odeur de mirabelles bien mures.
Le goût de cette infusion jeune clair est très délicat, beurré avec un peu de fleurs blanches. La liqueur n'est pas astringente et pleine. Mais est-ce cet aspect fleurs blanches, limite tubéreuse, qui donne cette impression d'entêtement facile ?
J'avais eu la même impression avec un autre oolong de Taïwan, le Tung Ting Shan. Ici pas d'écœurement possible toutefois.

Et j'en profite un peu pour que mes pensées, qui ne s'arrêtent pas et prennent de l'ampleur (et même une forme de construction par écrit, recherche, lecture, action) en temps normal, fuient doucement, apparaissent et ne restent pas emmêlées mais coulent.
"Le maître bouddhiste japonais Taisen Deshimaru, qui a popularisé la pratique du zen en Europe à partir de la fin des années 1960, avait coutume de comparer l'esprit de chacun de nous à un verre d'eau boueuse. Il suffit, disait-il, de poser ce verre sur une table sans l'agiter pour que le liquide se décante: la boue tombe au fond du verre, l'eau s'éclaircit. La méditation, ajoutait-il, agit de la même manière: quand on cesse d'agiter notre esprit, les pensées lourdes se déposent au fond, et l'eau de la conscience se clarifie." (extrait de "Petit traité de vie intérieur" de Frédéric LENOIR)

D'ailleurs, je me repose un peu et je retourne dans cette lecture. Une très belle proposition alliant philosophies et religions (monothéistes et bouddhisme) qui amène de très belles réflexions spirituelles et je pense fait partie d'un livre à ne pas manquer si le surmenage, le non-sens de la vie, la peur, les idées noires arrivent. J'en reparlerais car ce livre mérite le détour.

mercredi 5 janvier 2011

Lorsque tu as du thé, bois du thé, et lorsque tu as du riz, mange du riz !

La nouvelle année (avec la fin de l'autre) serait l'heure des bilans et des résolutions. Il n'en ai rien par ici, pas de bonnes résolutions, pas de bilans, juste une continuité, un aller-retour, 3 pas en avant/ 2 en arrière (si ce n'est pas 4).
Je me reconnais de plus en plus dans des considérations et pas à pas je chemine. Plus de concentration (quoique), une volonté de se poser, une volonté de faire place à l'action plus qu'à l'intellectualisation. Faire place à l'observation, à la méditation aussi. Prendre les actes quotidiens comme une démarche fondatrice aussi... reprendre aussi du créatif ici et là.

Ma première dégustation de thé de l'année avec les ustensiles adéquats m'a laissée sur le qui-vive. Un Yun Wu Shai bio, thé vert chinois du Yunnan, servi au zhong avec une tasse de mon enfance récupérée enfin d'autres utilités moins essentielles.
La dernière fois que je l'ai bu, et que je l'ai noté (soit dans ces pages virtuelles), je l'avais confondu avec un thé de Zhejiang comme le Lu shang Yun wu (un thé des monts nuageux). Je suis encore si petite apprentie qu'il me manque des références, des bases, des soutiens. Je me suis délectée d'un thé hier avec cette insatisfaction de ne plus savoir de quel thé il s'agissait. C'est assez nouveau cette perte de complétude par manque de dénomination.

Cette fois-ci, encore, je n'ai pas su que dire de cette infusion. Il me faudra vraiment reprendre un fiche de dégustation avec aussi cette envie de découvrir des flaveurs, de me faire un paysage rétro-olfactif, une éducation. Les feuilles sèches ont une odeur sucrée de fruits secs, l'odeur de l'infusion est elle plus florale. La liqueur salée d'un superbe jaune offre une épaisseur en bouche très agréable et un peu lactée. Elle semble laisser sur la langue un côté un peu poudré.

Je lis en ce moment "Journal d'un apprenti moine zen" de Giei SATÔ. J'ai toujours eu l'impression que ma vie passerait par un séjour en monastère, pour apprendre à me désaisir non tellement du matériel mais de cet esprit toujours en éveil et loin d'être aussi "éveillé" qu'il le faudrait.
La phrase en titre est bien significative pour moi. Ne pas mépriser le moindre fait quotidien, même le plus "ingrat" et accueillir ce quotidien comme exercice de concentration, de méditation.
Le thé du matin après la récitation des sutras, dans ce temple Tôfuku-ji, est un thé parfumé à la prune, "acide potion - acide au point de chasser les dernières vagues de sommeil; elle rafraichit la bouche, mais pas seulement, l'humeur elle-même en est revivifiée. La recette appartient aux temples zen, et cette infusion-là pourrait bien s'appeler "fragment de vie de sagesse". "
Voilà un chemin à emprunter, enfin ou encore, vers un éveil et une humeur vivifiée.

lundi 27 septembre 2010

Comme un award de maman

Cet été les étoiles ont été filantes, les awards ont parsemés les blogs d'éducation parentale... j'en ai reçu quelques-uns, avec grand bonheur. Ce blog n'est pas populaire, vous n'êtes pas nombreux à le commenter et la fidélité des lecteurs est dilettante... alors ces jours de doute, je suis heureuse d'avoir reçu ces "récompenses", ces estimes d'un investissement quasi journalier.
Award de Féépoussière, de Willandre, de Lysalys, de Aude, de Simplement maman.

A mon tour de vous amener vers un vagabondage blogguesque. En voici 10, ces premiers plus comme "atmosphère", les suivant seront axés plus pédagogie alternative, je continuerais durant le mois d'octobre. C'est bien-sur un vagabondage de maman...

La petite école d'Elina pour ses réflexions sur l'éducation et ses découvertes autour de la nature... et parce qu'il faut se dépêcher avant que le blog ne devienne privé.
L'éducation créative pour les nombreux billets très complets de ressources et d'idées de matériel, pour aussi les billets résumés de pédagogie.
Dans la forêt des enfants-roi présente des instants de vie naturelle, dans l'esprit Montessori mais pas que, avec des réflexions aussi et du végétarisme.

Là où je t'emmènerais pour ses instantanés de vie, de réflexions sur l'éducation (entre autre Montessori), sur la littérature, sur les errances vagabondes et aventureuses.
Sew liberated pour l'atmosphère. Un quotidien (vie et mobilier) adapté à l'enfant, une simplicité, un bonheur.
M comme Maman pour ses réflexions sur la mère éperdue, avec envie de temps pour soi mais aussi avec des astuces pour un temps plus apaisé et constructif avec son enfant... et aussi pour ses temps de pause expliqués pour le créatif et pour la spiritualité bouddhiste
Au fil des jours pour toutes les activités et l'inventivité de cette maman.
Le journal de Liv et Emi pour les aspects Montessori mais aussi cet quotidienneté de petits gestes et ce costume de Balthazar
La joie d'apprendre pour cette vie de famille, religieuse oui, mais aussi et surtout extrêmement chaleureuse. Moments de vie, moment d'éducation, moment de cuisine, moments de partage.
Le jardin de Kiran, ressources pour une nouvelle éducation pour toutes les thématiques proposées