Des boites massives en bois s’ouvrent sur des odeurs enivrantes et amenant la quasi-dépendance et nous commençons par reprendre les bases d’une dénomination du thé : son nom, sa date, sa province (terroir) et la notion de grade en fonction de la récolte (cueillette des bourgeons, à plus de feuilles et plus de débris pour les grades 3) mais aussi en fonction des conditions climatiques de cette récolte. Des photos immenses présentées en avant première : de théiers taillés et cultivés pour une récolte en toutes saisons à 1000 mètres d’altitude, de théiers sauvages de plus de 3 mètres à 2000 mètres d’altitude, pour deux récoltes à la main par an. Une cartographie des terroirs chinois, avec le 25 degré de latitude Nord formant la zone des oolongs.
Première dégustation suivie de deux autres en cherchant à chaque fois de trouver la qualité d’un breuvage : le thé, l’aptitude de la personne qui prépare et les accessoires adaptés au thé. Je laisse Francine nous donner les doses, températures et temps de ces dégustations qu’elle nous dévoile si bien là.
Le thé noir, un Pointes d’Or Jin Yahong Che d’avril 2009 de la province de Yunnan. La théière est aspergée de la première infusion de thé chaud pour augmenter le développement des arômes. La première infusion très odorante, à la liqueur ambrée, rappelle la feuille d’artichaut, comme l'a souligné Sylviane, et un soupçon de réglisse. La seconde infusion apporte le goût, la troisième me fait penser aux bogues de marron dans la rétro olfaction.
Le premier thé vert, un Long Jing 1er grade, d’avril 2009 de la province de Zhejiang. La première infusion, liqueur d’un jaune vert très pâle, m’a laissé comme une odeur végétale, le goût est ample, crémeux… un fantasme d’umami recouvrant les bourgeons des papilles. La seconde me donne l’impression de thés verts japonais… est-ce aussi végétal, iodé ? Je ne sais pas, je continue mon cheminement au sein de mon expérimentation des papilles et des narines.
Le second thé vert, un Dao Ren Mao Feng d’avril 2009 de la province de Zhejiang. La première infusion offre un goût végétal très épinard, plein et long en bouche. La seconde infusion me laisse un goût de noisettes fraiches en arrière bouche. La troisième comme des fleurs de chèvrefeuille.
Je reste timide face aux thés. Li Juan nous rappelait la grande différence de culture entre la Chine et la France, les lettrés d’un côté, de l’autre l’œnologie. Je reste encore trop immature en dégustation pour pouvoir me laisser aller à y voir, comme par méditation, un paysage ou une situation poétique… tout est affaire de préparation au thé, à être aussi face à la nature. Je ne peux qu’expérimenter avec des mots, pour apprendre à me concentrer sur mes sens.
En partant je me laisse aller à cette atmosphère, des photographies de séchages,
et je reste sur les conseils à suivre au quotidien : ne pas manger en buvant du thé, attendre ½ heure après le repas (oui mais quand Francine cuisine et offre un thé en boisson de table, cela donne envie, non ?!). Déguster les feuilles de thés non infusées, seulement le primeur de printemps, car sinon même les bourgeons restent coriaces, pour connaitre l’astringence ou l’amertume de l’infusion future. Savoir reconnaitre une couleur de thé, un terroir et une saison avant d’investir dans un matériel haut de gamme… Quelle élégance, quelle humilité. Merci infiniment.
J’ai laissé les dames déguster leur buffet gargantuesque à La Maison de la Chine et suis partie manger mon bento.
J’ai laissé les dames déguster leur buffet gargantuesque à La Maison de la Chine et suis partie manger mon bento.
Et puis mon bento aux comptoirs, une salade de pousses d’épinard, de pissenlit non fleuri et de cresson à la vinaigrette miellée, un tofu poêlé et un risotto de riz rond blanc coréen au germe de blé et trois verts (comme la salade)… et un cheese-cake citron de cette grande marque… le tout devant une « fausse » glycine ( ?!) et un trompe l’œil.
Et me voilà repartie pour une invitation, le métro me laisse songeuse avec le début de ce poème « Dis-leur que tu viens d’un pays formé dans une poignée de main… » et je retrouve Sylvianne et Francine, nous découvrons ensemble l’enseigne magnifique et ce tout nouveau Salon de thé : Es sens de thé - Thés Georges Cannon.
Le buffet était grandiose et offrait un panel de ce qui va être proposé : j’ai les cartes mais je compte sur Francine pour nous donner sa première impression en fonctionnement normal, la chanceuse y retournait le lendemain. Olivier L nous a fait visiter en nous offrant la présentation de sa femme et d’autres personnalités du thé de ce lieu, ainsi cette femme japonaise Maître d’Ikebana qui nous offrait son sourire et son enthousiasme en foulant les tatamis de la Maison de thé japonaise.
Le monde vu à travers une photo de Maison de thé me plait, je suis dégagée, spectatrice. Plaisir des yeux aussi sur ces ballots de thé,