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lundi 19 novembre 2012

Du thé vert en souvenir d'un train bleu...

La semaine dernière, Francine, la passionnée de thés, est venue de sa Belgique natale pour une semaine de pèlerinage dans les lieux de thés parisiens. J'ai la chance de la revoir ainsi dans un endroit à découvrir ou (re)découvrir.

En suivant ses pas, quelques fois nous allons dans un lieu partage, un lieu dégustation où la matière première, l'infusion proposée et les gestes sont époustouflants. De la passion, de la sincérité, de la sérénité, de la saveur et de l'olfaction... en plus de s'émerveiller sur les "outils" du thé.
D'autres fois, c'est plus à la manière d'un Tea time que nous nous retrouvons. Nous allons ainsi dans des salons de thé plus occidentalisés. Là, le thé n'est presque qu'un prétexte. Bien-sûr il est dans les tasses, pas toujours de qualité (même si toujours en feuilles) et pas toujours bien mis en valeur.

Cette fois-ci, l'infusion de notre Lapsang souchong s'est faite dans une théière en métal où a dû infuser bien d'autres thés (aromatisés ou non). Nous n'avions pas eu beaucoup de choix en thés nature et j'ai suivi celui de Francine: avec les thés fumés, même si l'infusion n'est pas excellente, le thé est toujours buvable parce que très "parfumé".
Ce fut donc autour du thé que le partage s'est fait. Nous étions en effet dans un décor de rêve. Je n'avais jamais osé pénétrer dans cet endroit. Je l'avais vu en sortant d'un train, lors d'un retour de voyage (où donc d'ailleurs?). Il m'impressionnait déjà par ses deux escaliers symétriques et opposés et encore je n'avais rien vu. Le "Train bleu" est un lieu magique: un restaurant reconnu et apprécié par quelques grands personnages (d'ailleurs il préparaient le tapis rouge, fermeture prévue à 17h pour satisfaire une réservation vip).
Des banquettes de cuir patiné, du bois et des sculptures dorées, sur les murs et les plafonds de très nombreux tableaux de lieux desservis par les trains partant de la Gare de Lyon.

*source avec en prime un avis de consommateur

Pour le thé, il faut plutôt prendre la direction du "Big Ben Bar", aux mini salons que vous voyez en bout d'image. Là, nous sommes arrivées après le service du déjeuner, nous avons donc pu profiter d'une table dans la grande salle.
Le voyage des mirettes est au rendez-vous devant ce luxe du 19ième et 20ième siècle. Malheureusement pour le décor, nous avons encore parlé à bâtons rompus: de livres sur le thé (dernier petit de Lydia GAUTHIER et son herbier de thé motivant), du périple et des rencontres de Francine qu'elle nous détaille avec tant de générosité sur son blog, précisément sur Paris cette fois-ci ici, , là sur notre jour de rendez-vous et (oh zut, pas de photo de moi, mince alors ;) ), là chez Tamayura justement, et et de ma vie de maman très occupée et éclectique.
Nous avons parlé d'Olivier de Tamayura et de leurs magnifiques thés japonais.

En revenant du rendez-vous écourté pour chercher le lutin à la sortie de l'école, j'ai encore profité de la "Rain forest", jardin tropical inaccessible à la station de métro Gare de Lyon, ligne 14.

A chaque fois, j'adore le mélange entre embrouillamini de feuilles, éclairage et souvent brume, et plafond métallique. Et le soir, en rentrant avec le loupiot, je me suis ruée sur un sencha.
...

Et aujourd'hui encore le thé vert est bu en pensant à Francine. Hier, nous recevions mon frère et la petite famille de ma cousine adorée. Pancakes (ceux-là cette fois-ci), crumpets, lemon curl maison et jus de fruit. Et comme boisson mon frère m'a demandé un thé vert.
"-Tu es sûr! Il est plus dynamique que le thé noir!
- Oui, oui..."
Alors j'en ai préparé un, pour le frérot et l'homme, d'une excellente qualité... il fallait bien cela pour les remettre d’aplomb. Un Sencha de Yamé de chez Tamayura. Et il a fait sensation, la première infusion, comme plus sucrée, a plu aux deux. La seconde et la troisième plus particulièrement à mon grand, très grand frère (Tu vois maintenant qui sait Francine). Allez tiens, je te l'offre... je venais d'entamer le sachet fermé hermétiquement et je lui ai offert avec cette boite prestige caractéristique. Il était ravi et je ne reviens pas sur le plaisir de le voir repartir avec mais...

Mais oui, il y a un mais ;) ! Aujourd'hui, je voulais me préparer un Sencha... je n'ai plus qu'un fond de chez Georges Cannon. Moi qui me délectais à l'idée de boire celui de chez Tamayura. Bon je me replie sur leur Gyokuro de Yamé. Je fais bien, il a un peu vieilli, le pauvre. Va me falloir refaire le plein... avec une boite prestige Sencha.


Alors oui je ne sors pas toujours ce qui mettrais en valeur mon thé. Voici mon "set quotidien" pour les thés japonais: je sors tout de même ma petite kyusu ouverte de Tokomane et j'ai acheté de minuscules plateaux "isak" et "atomic maison" pour pouvoir mettre la tasse (ou les tasses et la théière au besoin).
Un Gyokuro moelleux mais qui perd maintenant à la seconde infusion... vite, vite, j'en profite aujourd'hui en prenant théière après théière, 3 infusions à chaque fois, et trois "prises" de thé...
Une liqueur bue au calme, presque entre deux activités, presque entre deux mini-méditations pour enfant, presque sans penser à l'heure de la sortie des classes... presque...
... une minute tout de même en reniflant l'air frais de la cour, pas encore trop polluée pour Paris, en me délectant de l'obscurité qui vient et du panel de jaunes des feuilles encore là-haut et déjà à terre.


Merci Kris d'avoir attendu ce billet; Francine, le voilà avec du retard...

mercredi 11 janvier 2012

Thé fumé... en solitaire avant de reprendre la journée

J'aime le Lapsang souchong. Je crois depuis toujours. Je ne sais pas quand est-ce que je l'ai découvert pour la première fois, il est vraiment arrivé en même temps que le earl grey et pourtant on ne le trouve que peu dans les supermarchés. Alors d'où venait-il?
Je l'ai toujours aimé aussi parce que dans les cafés, quand ils en avaient en sachet, il était buvable à l’inverse des autres.
Je l'ai eu en sachet, puis en vrac parfumé... d'ailleurs un bien bon mélange que ce Madame de ThéOdor, thé fumé et non fumé aux groseilles même s'il perd tout intérêt à la seconde infusion. Oui mais c'est ça avoir pris l'habitude de demander de la matière à un thé. Puis, comme toujours, un meilleur cru en vrac et sans parfum grâce à Francine avec le Lapsang Souchong Crocodile de ThéOdor.

Le Lapsang Souchong a toujours fait partie de mes favoris en tant que boisson de confort, celle qui ne nécessite aucune préparation particulière, je le consomme en théière... de quoi ressortir ma petite égoïste.

Alors en attendant que le lutin se réveille de sa sieste qu'il a réclamé (cela fait bien 6 mois qu'il n'en réclame plus)... lui dans le salon... je déguste ce thé, chaud, plein de corps et ample en bouche, fumé.
J’apprécie ce thé d'homme (cela a dû faire partie de mes raisons pour le goûter tel que je me connais!). Depuis, j'ai découvert qu'il est réputé être dégusté par ce personnage de papier mais qui n'en est pas moins de chair, de sang, de cerveau et d'effluves licites et illicites qu'est Sherlock HOLMES d'Arthur Conan DOYLE... j'en aurais presque repris mes volumes mais il paraitrait qu'aucune ligne n'est explicite. Je me contente avec autant de bonheur d'une évocation... entre la piqure (très peu pour moi), l'odeur du tabac compressé dans la pipe (oui, oui... enfin derrière son épaule), une élucidation de mystère (euh... je passe, mais question bouillonnement de cerveau, je ne peux qu'avouer prendre!)... je succombe volontiers à cette odeur de fumé, d'herbes séchées et consumées (voir le lien avec l'odeur du tabac de pipe).

Ce Lapsang Souchon-là, le crocodile, est assez nouveau au palais... de Taïwan et non de Chine, il semble plus corsé, plus rude. J'apprends aussi qu'il est séché et fumé mais avec d'autres essences que son homologue chinois: ici point d'épicéa mais parait-il du bois de laque. Il semble, il est vrai, moins "parfumé" mais plus brut.
Il se consomme normalement en théière Lombok, oui, mais je fais sans (je regarde juste celles de Francine).
Bon, c'est vrai, il s'agit de la seconde infusion de la journée, de ces feuilles. Ce matin je l'avais fait sentir au loupiot pour le sensibiliser à cette odeur de plantes en consumation. C'est vrai qu'il est habitué par ailleurs avec la poudre de cade, le papier d’Arménie etc.. Et lui de me dire que ben oui, il en a déjà mangé! - ... Tu veux dire bu! et pendant que je tente de me remémorer ce moment où j'aurais pu lui faire goûter celui-ci, je me rappelle que non, il a bien raison... la semaine dernière c'était des brocolis cuits au Lapsang Souchong Crocodile.
Bah oui, encore un thé fabuleux à la cuisine! Comme les parfumés qui m'aident avec les fruits frais ou secs, les fumés reviennent avec les protéines mais c'est bien avec une Cuisine au jardin que j'ai tenté les légumes: brocoli ici, aubergine ici.

C'est vrai que j'ai refait mon stock de parfumés (une fois n'est pas coutume mais j'adore le Toupet de légumes! qui a eu le droit à une boite, et une surboite). Direction ThéOdor: Thé parfumé noir "Toupet de légumes", thé parfumé noir "Cocotte", quelques échantillons: "Rendez-vous" Kenya parfumé aux fruits rouges et pamplemousse, et thé fumé au Jasmin.
Petite déception: ne plus avoir les ingrédients sous les boites!

Allez, la prochaine fois je vous parle de thé en sachet! Oui, belle régression! Mais non, mais non: un thé vert ombragé Kabusé de Keiko qui pigmente de vert les doigts! En attendant je retourne à la situation d'un mercredi avec un loulou de 5 ans, entre couronne, magnifique d'ailleurs, dessin de monstre, dessins animés et autres...

mardi 6 janvier 2009

L'hiver est là...

…le froid et la neige aussi. Comme hier, avec la rentrée du petit loup chez sa nounou, je reprends ma dégustation de thé le matin, moment privilégié, rien que pour moi. Cela fait une heure que je suis dans le froid et là, dans notre chez nous pas si chaud (19°C, voire 20°C si nous avons de la chance), j’ouvre la fenêtre et déguste… hier un Houjicha de Tamayura, aujourd’hui en Grand Chine Lapsang.

Avant, je me suis occupée de tout le monde : chocolat chaud épicé pour mon homme (moitié lait, moitié eau, 1 pincée de gingembre, 1 pincée de noix de muscade) ; bain de pieds pour le petit loup (de quoi avoir les pieds chauds au moins une fois dans la journée et éviter d’attraper trop froid), renouvelé le soir si petits petons frigorifiés ou tout juste, suivi du massage des malléoles et de la cheville jusqu’au mollet ;


Je m’arrête là pour la photo mais aussi pour rappeler que le rhume est un ami, comme le souligne Olivier (et ses indications de Seitai), billet extrêmement instructif !

crème protectrice sur tous les bouts de nez ; mais aussi thé très sucré pour soutenir mon Kombucha en convalescence ; rinçage des graines à germer et déplacement du germoir vers une pièce plus chaude dans la journée ; petit lait nouveau pour le Kéfir en attente de faire la ricotta.
En rentrant j'ai acheté la galette, avec une pensée pour celles-là.

Et puis après moment de frais sur les joues, rosies pour l’occasion (fenêtre ouverte oblige), et du chaud en bouche et au nez (pas très longtemps je confirme).


Un Houjicha de chez Tamayura, vous savez le lieu où j'avais été avec Francine,
Très doux, grillé, au goût très accessible. Ce thé est réputé contribué à augmenter la chaleur corporelle et peut être bu par les enfants et les personnes âgées. Je le confonds avec le Kukicha : mais est-ce bien la même chose ?
En fait non. Ma confusion vient du fait qu’ici mon Houjicha était à base de Kukicha. Le Kukicha est ce qui reste de brindilles du Tencha trié qui servira au Matcha ou au Guokuro (voir chez Tamayura pour le détail). Le Kukicha est réputé être le « thé de 3 ans » macrobiotique, venant des brindilles d’un théier qui a une maturité de 3 ans !
Le Houjicha est une torréfaction de Sencha, Bencha ou Kukicha. J’en fais moi-même grâce à mon Kukicha plus grossier. Je le torréfie à sec dans une poêle juste avant qu’il ne dore et dès que l’odeur est là, j’arrête le feu et mets à infuser. Mais comme je le disais aux hôtes de Tamayura, le Kukicha que je connaissais avant eux était bien différent. Voyez celui qui sort de la boite de thé bleue et les brindilles mouillées du zhong.
Jusqu’à maintenant je n’avais pourtant pas bu mon Kukicha de base comme un thé mais bien comme boisson thérapeutique en cas de fatigue qui prend aux tempes et pour régler un disfonctionnement digestif (entre autre).


Et puis aujourd’hui un Grand Chine Lapsang, thé noir (occidental, rouge asiatique) fumé. Toujours avec cette vue enneigée et des idées de cartographie en tête.
Thé aux feuilles brisées très noires, à l’odeur piquante et au goût plus prononcé, robuste, entre un thé noir, fermenté, et une infusion salée de bourgeons de pins. Les thés fumés sont encore à découvrir dans des crus plus isolés.

Je suis réchauffée… oui, oui Francine, la vue que tu nous proposes m'inspire et j'aurais inspiré à plein poumons la fenêtre ouverte... et en plus, je suis entourée d’une multitude de pulls (à suivre).

mercredi 5 mars 2008

1ère dégustation de Lapsang

La première dégustation de thé au zhong a eu lieu lundi, sans flash ni parole. C’était une impression très agréable, de sérénité et j’en avais besoin. Il y a longtemps, j’avais suivi un amateur très éclairé dans une dégustation en découvrant un monde de sensations bien particulières…mais il y a tellement longtemps que j’avais oublié.
La dégustation au zhong est une vraie découverte. Le breuvage n’a plus le même goût avec cette préparation et l’attention portée à tous les détails visuels, olfactifs. L’odeur du couvercle est une révélation : tellement différente de celle du breuvage !
Alors voici ma première dégustation avec un formulaire de dégustation de Tea Masters. Je prouve mon incroyable méconnaissance et mon inexpérience totale, il y a tellement de vocabulaire sur le thé comme nous le prouve entre autre le site Admirable Tea: sur le thé (feuilles sèches), sur la liqueur (breuvage) ou sur l’infusion (feuilles mouillées) ....
Merci à Flo (et à son Mini Swap Thé), je déguste avec le zhong offert et un thé choisi par la demoiselle…

Grand Chine Lapsang
Accessoire d’infusion utilisé : zhong en porcelaine blanche fine (n'hésitez pas à lire comment boire le thé en zhong)
Quantité de thé : 2 grammes
Eau : robinet (oui, oui, une honte!) eau froide 1/3, eau bouillante 2/3


A/ La Vue :
Aspect du thé (les feuilles sèches) : feuilles légèrement enroulées, courtes et brisées
Couleur du thé : brun/ gris bleu
Couleur de la liqueur (breuvage) : orangé intense
Clarté de la liqueur : lumineuse
Aspect de l’infusion (feuilles mouillées, ouvertes) : brun rouge en début d’infusion, vers le brun vert

B/ L’Odorat :
Le thé (les feuilles sèches) : fumé, essence de pin, comme un peu grillé
Le couvercle : fumé et mouillé avec un peu d’herbe
La liqueur : fumé mais l’essence de pin a disparu
L’infusion (feuilles mouillées) : de sous-bois
Verre vide : …

C/ Le Goût :
Sucré : non salé
Persistance du moelleux : ?
Acidité : non
Dans la gorge : un peu astringent
Impression de sec : oui

A la deuxième infusion, la couleur de la liqueur change…

En terme plus vulgaire, j'aime ce thé, fort en bouche...