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lundi 15 septembre 2014

Le poteau méditatif: la respiration

La rentrée m'est boudeuse et bourrue. Le moral est pourtant bof, chez moi et pourtant bof, des moments de partage (et puis là, pas bof tout de même).


Un je ne sais quoi d'insatisfaction permanente, un pointe de frustration. Je sais maintenant ce qui m'a manqué. Les zones de confort intellectuel que m'offre la méditation. Mais avant, je passe encore par l'intellect... pfiou encore une fois. Oui mais c'est pour la bonne cause: le troisième livre sur la méditation avec les enfants qui arrive dans notre bibliothèque.
Après "Calme et attentif comme une grenouille" d'Eline SNEL dont je vous parlais un peu là, "Tout est là, juste là" de Jeanne SIAUD-FACCHIN dont je n'ai pas encore parlé mais qui est le plus complet des trois à bien d'un titre, voici le petit dernier "Un cœur tranquille et sage, La méditation, un art de vivre pour les enfants" de Susan KAISER GREENLAND.

Prendre le temps du respiration, une pause.
Reprendre goût aux petits riens...


 une patine sur une théière,


un chardon carder.


Une respiration encore, reprendre la méditation par elle:

"On peut comparer l'esprit non entrainé à un éléphant sauvage qui chasse à travers la forêt et détruit tout sur son passage. Un éléphant sauvage possède un énorme potentiel pour faire le bien, mais le défi consiste à le discipliner. L'image classique, quand il s'agit de discipliner un éléphant, est de l'attacher à un poteau. Au début, l'éléphant tire et tente de se libérer, mais la corde le retient. Finalement, il comprend que l'effort est vain et il attend patiemment. Lorsqu'il découvre la pleine conscience de la respiration, l'esprit non entrainé vagabonde d'une pensée à l'autre, d'un récit à l'autre, tout comme l'éléphant sauvage tente de s'éloigner du poteau. Dans la pratique de la conscience de la respiration, le poteau est l'acte physique de respirer et la corde est la pleine conscience, qui ramène doucement notre attention à la respiration. Comme un éléphant attaché à un poteau, notre esprit et notre corps s'installent paisiblement quand nous pratiquons la respiration consciente, si nous sommes patients et si nous accordons le temps et l'esprit nécessaires à ce calme."
(extrait de "Un cœur tranquille et sage, La méditation, un art de vivre pour les enfants" de Susan KAISER GREENLAND)

mardi 22 avril 2014

Des débuts méditatifs

Ce n'est pas tant pour répondre à une démarche spirituelle (ou religieuse) que je me suis mise à la méditation. J'y cherchais un moyen de mettre un terme à la "fabrique à pensées" et une manière pour être moins phagocytée par ses émotions.
C'est peut-être le seul chemin sur lequel je voudrais que le lutin me suive. Tellement impétueuse quelque fois, si longtemps en réaction aux émotions très fortes d'un passé, je souhaite qu'il découvre cette hygiène émotionnelle dès le début, avant que les colères et les frustrations ne lui indiquent une attitude biaisée de survie émotionnelle. Nous avions déjà vu la grammaire émotionnelle: il connait en gros les émotions et sait les exprimer mais nous n'avions pas été très loin dans le dialogue et le respect des besoins selon la Communication Non Violente par exemple.


J'étais impatiente de maîtriser le flux des pensées. Je souhaitais pouvoir même l'arrêter quelques instants. Tout cela est une utopie bien-sûr, les pensées sont naturelles, me restait seulement à les laisser filer.
J'ai lu sur le sujet, des témoignages ou même des pratiques, et pourtant je restais incapable de tenir assise pendant même 5 minutes sans être assiégée d'émotions, j'étais même angoissée. J'en rêvais sans pratiquer réellement. Je n'arrivais pas à être attentive à toutes les méditations présentées (par écrit ou même à l'oral sur les CD, j'aurais peut-être trouvé une solution avec un maître de méditation et en groupe mais...).
Pendant longtemps ce fut juste une attention à la respiration... en comptant. Je comptais juste les inspirations jusqu'à 50, puis juste les expirations jusqu'à 50. Au début je tenais jusqu'à 20 et encore, je voulais être encore plus consciente du flux de pensées, soit dès que j'oubliais à quel numéro j'étais, je reprenais le comptage du début. A force, j'arrive maintenant à tenir ce temps de méditation et à faire revenir mon attention à la respiration sans perdre le fil du comptage. Mais ce n'étais pas suffisant.
C'est en pratiquant sporadiquement des méditations autour de la nourriture que je me suis sentie plus réactive aux recommandations orales. Je suis passée à une autre étape. J'écoute maintenant les méditations guidées par Christophe ANDRE dans "Méditer jour après jour", soit les 5 de base de 15 minutes chacune au grand maximum: suivre sa respiration, prendre conscience de son corps, accueillir les sons, se détacher de ses pensées et s'ouvrir à l'expérience de l'instant présent.

C'est en intégrant le crapouillot que je peux dire que je pratique maintenant régulièrement, soit 3 à 4 fois par semaine et ce pendant 20 à 30 minutes. Des méditations guidées par les CD et même par celui prévu pour les enfants.
"Calme et attentif comme une grenouille" d'Eline SNEL est un merveilleux livre à exploiter au maximum. Je ne peux pas dire qu'il soit extraordinaire à la lecture, entre témoignages et explications quelques fois allant de soi. Mais les pratiques sont simples d'apparence et pourtant très efficaces. Les étapes, respiration, attention, sensations corporelles, émotions, ruminations, attitude positive et confiance (en soi mais pas que), apportent des chemins de réflexion mais aussi de ressentis réels. Les méditations guidées par Sara GIRAUDEAU (CD inclus) sont une très bonne base pour le début. A cela, nous pouvons rajouter pas à pas quelques "trucs pour la maison".

Nous pratiquons ainsi, à deux, 2 à 3 fois par semaine, une à deux méditations à chaque fois. Nous démarrons juste, alors ce sont pour l'instant les méditations de base pour tous les enfants ou à partir de 5 ans. J'avais, en effet, commencé avec le loupiot dès l'achat du livre l'année dernière mais le chenapan ne tenait pas en place, se tortillait et était fort incommodé à l’exercice. J'avais patienté en proposant juste des relaxations animales de "Comptines de relaxation" de Gilles DIEDERICHS, illustré par Nathalie CHOUX et interprété par Noémie BROSSET, Philippe WERCKER et Olivia HURTEBIZE.
Et je me prends à mettre le CD de la grenouille en entier quand je suis toute seule. Pas de méditation silencieuse encore mais tout de même un lâcher prise des pensées.

*source avec une explication

Mais voilà, méditer demande du temps. Nous pouvons prendre du temps au temps mais il en faut un de qualité: pas fatigué, sans distraction extérieure (celles intérieures sont suffisantes).
Alors quand je n'ai pas de moyen de m'isoler, je comble tout de même ce besoin de pause par une respiration particulière, la cohérence cardiaque.
En gros, le coeur bat à un rythme conforme à nos émotions, du stress et il accélère, de la sérénité et il ralentit. Une méthode de contrôle de la respiration permet l'effet Vaschillo (soit un entrainement du circuit émotionnelle du coeur, du cerveau, des centre nerveux, sympathique et parasympathique). Pour avoir plus d'informations, n'hésitez pas à lire ici.
Cela permet en 5 minutes de retrouver un équilibre avec un effet sur plusieurs heures. La pratique sur plusieurs semaines, à raison de 3 fois par jour sur quelques semaines, nous transmettrait le réflexe d'une harmonie cérébrale et émotionnelle.

J'ai modifié l'exercice de cohérence cardiaque pour le lutin, le rythme respiratoire n'est pas le même avant la puberté et, l'enfant étant facilement plus dissipé, l'exercice est plus difficile.
Dans un premier temps, au lieu de 6 cycles de respiration (inspiration/expiration) par minute, je lui en ai proposé beaucoup plus. Avec un temps de 3 minutes, je comptais :"Inspire ...1, ...2, ....3, ....4; retiens ta respiration, puis expire ...1, ...2, ...3, ...4; bloques ta respiration, puis inspire..." Cela permettait de proposer environ 10 cycles de respirations par minute.
Puis nous sommes passés à 7 cycles respiratoires par minute et ce pendant 3 minutes seulement. Nous pouvons ainsi profité d'un guide visuel et pratiquer ensemble. Voici par exemple l'application que j'utilise, RespiRelax, et qui permet de régler de 4 à 7 cycles respiratoires pour 3 à 9 minutes.


Pour vous exercer, voici un guide visuel plus facile à suivre par sa courbe sinusoïdale.

Guide Respiratoire Visuel from Dr David O'HARE on Vimeo.



lundi 25 juin 2012

Avant de partir en vacances: me donner les moyens de ne pas me décocher les secondes flèches

Non, les vacances ne sont pas à la fin de la semaine mais les préparatifs psychologiques ont déjà largement commencé.
Pour moi les vacances ne sont pas synonymes de lâcher-prise, pour de multiples raisons. Nous avons l'incroyable chance de pouvoir partir avec les deux grands-mères du lutin, l'une puis l'autre. Mais cela veut dire pour moi une tension, une nervosité, une irritabilité, vécues... quelques fois à raison, quelque fois sans.
Je ne subis plus comme quand j'étais enfant mais mes réflexes sont encore viciés, le cercle vicieux négatif étant beaucoup plus facile à entretenir que le positif. Alors pour ne pas y perdre mon harmonie et pourquoi pas trouver dans les vacances non une sérénité mais au moins une valorisation partielle, je relis certains livres aux modes opératoires libérateurs...

Sur le rapport alimentaire déjà car les deux femmes ont peu de compassion pour les kilogrammes qui m'accompagnent à fleur de peau (la graisse et/ou mes rapports à la sécurité dans l'attachement, mais c'est encore un autre sujet!). N'ayant aucune envie de suivre quelconques restrictions cognitives quelles qu'elles soient, je cherche néanmoins à ne pas me vautrer dans un rapport à l'alimentation biaisé pour les autres troubles suite à la vie en leur compagnie. Soit relire pour détacher des astuces de ces livres-là.


Mais plus encore, relire "Le cerveau de Bouddha" de Rick HANSON et Rick MENDIUS, parce que oui, le livre et passionnant mais aussi foisonnant et il est nécessaire de le reprendre aussi de manière à en ressortir de vrais modes opératoires.
Je reparlerais en détail de ce livre. Derrière quelques pages plus scientifiques et d'autres aux paroles bouddhistes quelques fois austères (ou je dirais plus difficiles à accepter car extrêmement exigeantes), il y a de très, très nombreuses perles pour ne pas laisser notre cerveau réagir exagérément. Elles sont très souvent corporelles, aussi incroyable que cela puisse paraître, lors d'actions physiques le cerveau réagit et active les circuits neuronaux intéressant aussi pour le "bien-être".

"Un certain inconfort physique est inévitable: c'est un appel crucial à prendre des mesures de protection, telle la douleur qui nous pousse à retirer notre main d'un poêle trop chaud. Un certain inconfort mental est tout aussi inévitable. [...]
Pour reprendre une expression du Bouddha, cet inconfort physique et mental inévitable est la "première flèche" de l'existence. Aussi longtemps que l'on vit et que l'on aime, ces flèches nous parviennent.
Bien que les premières flèches soient déjà désagréables, l'essentiel de notre souffrance provient en réalité des "secondes flèches", celles que nous nous décochons à nous-mêmes en réagissant à la douleur initiale."
Alors, je reprends, je note, je prépare mes fiches, par thème mais aussi comme quelques clefs à mettre en place quelques minutes par jour pour que lorsque la situation sera plus dure, elles s'activent plus facilement.
Pour apaiser le feu intérieur (des nombreux stress) sont alors au programme de la respiration (diaphragmatique voir plus ici, longue ou cohérence cardiaque...), de la relaxation (faciale, progressive du corps), de la méditation et de la visualisation. Alors oui, difficile d'y croire pour certains mais là n'est pas tant le fait de visualiser un petit oiseau sur une branche, les indications du livre sont autrement plus bénéfiques pour le cerveau.
"Bien que l'activité mentale soit communément réduite à la pensée verbale, l'essentiel du cerveau est en réalité dédié aux activités non verbales, tel le traitement d'images mentales. La visualisation active l'hémisphère cérébral droit et apaise le bavardage intérieur, qui peut être stressant."

Aussi et ce sera très important pendant ces vacances retrouver mes refuges, me sentir plus en sécurité. Alors oui, les lieux, les actes, les discussions ne seront peut-être pas sécures mais j'invoquerais mes protecteurs intérieurs.
D'une part en listant les suspects habituels de mes souffrances d'enfant pour les dés-ancrer en marquant ma faiblesse d'enfant et ma force d'adulte.
D'autre part, chacun étant autant un enfant intérieur qu'un parent critique et un parent nourricier, je tenterais d'être mon propre parent protecteur. Et je tenterais de m'octroyer des moments "refuges" ou je pourrais retrouver l'attention et l'harmonie qui me font défaut.
De quoi apaiser le négatif et me donner les moyens de voir le positif, de le créer et de l'amplifier.

vendredi 23 mars 2012

Lectures de l'esprit et du corps (digestif et émotionnel)

Je lis tout le temps, tous les jours, de tout.

Cette particularité s'est effectivement un peu "empirée" depuis la naissance de notre enfant et mes réflexions sur la parenté, autant comme bouleversement émotionnel de la déjà très émotive que j'étais mais aussi comme ressources pour une parentalité respectueuse et encore comme voies alternatives d'éducation et d'apprentissages.

Je lis aussi des essais sur la nourriture. Oui oui des livres culinaires en tant que recueils de recettes, voire accompagnés par une certaine sociologie alimentaire. Des livres qui me créent une stabilité culinaire, une trame de mes envies. Des livres qui entr'ouvrent des portes sur d'autres manières de concevoir le repas, pour palier à des moments où la vie se ferait moins douce, une certaine orthorexie (obsession à manger sainement) quelque fois.
Mais aussi des livres explicitant ce qui se cache derrière, ce qui accompagne l'alimentation: une philosophie de vie et des émotions.

A cause de ce popotin (qui continue encore à être dans les billets les plus lus, mais dis-donc c'est une sacrée histoire cette longévité de "popularité"), je lis sur les déviances alimentaires mais aussi, et surtout, sur la philosophie de vie à prévaloir pour retrouver un sens, une alimentation qui fasse sens, une vie qui se vitalise en prenant de l'énergie...
J'en parlerais plus sur mon autre blog, un jour (comme s'il était moins propice aux réflexions poussées ce petit support-là). En tous cas, je lis sur la neurologie et l'alimentation.

"L'art de la frugalité et de la volupté" de Dominique LOREAU fut le premier arrivé. J'aime beaucoup les livres de cette auteure qui vulgarise des principes orientaux, en l’occurrence japonais, et apporte cette touche de spiritualité, de sérénité et de mesure dans toute chose.
Ce livre prépare la voie à la redécouverte des sensations alimentaires (faim et satiété), propose quelques astuces pour retrouver la taille de son estomac, réduire les portions par le choix des contenants (assiettes ou bento par exemple), des produits et des mesures.
Il apporte aussi cette dimension de respect de soi par quelques voies de bien-être de son corps et du reste. Il offre aussi, après cet acte de frugalité, une vision plus active de la volupté comme acte du quotidien.
Malgré ses apports, je trouve le livre assez exigeant, presque culpabilisant en fait. La contrainte de certaines astuces s'apparente tout de même à une restriction cognitive proche d'un régime, plus spirituel c'est vrai mais tout de même.

"Okinawa, un programme global pour mieux vivre" du Dr Jean-Paul CURTAY, médecin nutrithérapeute, pourrait passer pour un livre de régime, encore un. Mais non.
D'une part, je déteste (et au combien) les régimes, qu'il soit avec des produits et des bases japonisantes comme j'aime ou avec des miraculeux "brûles-graisse ou brûles-sucre". Alors même si cette île d'Okinawa, pour sa situation géographique au Japon, pour ses centenaires et ses plats qui peuvent m'enchanter (les uns pour leurs rides, leurs vitalité, les autres pour leur exotisme et leur goût), cela n'attire qu'un temps.
D'autre part, à l'inverse de bon nombre d'autres livres sur le phénomène Okinawa, celui-ci n'est pas un recueil de recettes et d'une présentation des aliments miracles. Oui il y a aussi une présentation des produits bien spécifiques dits "plus sains" pour notre santé, oui, il y a quelques idées de menus. Mais les clefs de son programme comptent bien plus de gestes, de spiritualité et d'hygiène de vie que d'alimentaire.
Cela passe par le moment du repas, ce qu'il a dans l'assiette mais aussi la table, notre état d'esprit, les sensations alimentaires. Mais aussi par la gestion de notre stress, l'indulgence à soi, les alliés de notre bien-être et les gestes de substitution. Le développement personnel, la spiritualité, la méditation (respiration), la visualisation et les auto-massages de confort ou thérapeutiques (do-in, shiatsu) sont aussi présentés comme alliés de notre programme.
Ce livre est très important pour justement tous ces éléments soit disant extérieurs au poids mais qui marquent notre état de santé, vous pouvez d'ailleurs faire votre bilan santé et "longévité" sur le site de l'auteur, il est un peu court mais si vous êtes dans mauvais, pire, voir pire... c'est intéressant de le savoir. Je reviendrais sur quelques points plus tard.

"Maigrir sans régime" de Jean-Philippe ZERMATI, nutritionniste et thérapeute comportemental, (il existe en poche) est une vraie mine de renseignements sur la restriction cognitive et ses conséquences désastreuses. Point par point tout est remis en question. Ce médecin montre pas à pas comment fonctionne le cerveau et montre aussi nos rapports avec les substitutions.
De nombreuses voies de travail sur les sensations alimentaires sont proposées. Elles permettent de découvrir la faim, la satiété, les émotions. Beaucoup de témoignages de personnes aux difficultés alimentaires ponctuent le texte et les explications scientifiques. Le nutritionniste apporte là de très nombreux exercices pour pratiquer et découvrir soi-même le bien fondé de laisser le cerveau faire: aucune restriction alimentaire mais des prises en compte des sensations, des émotions, du stress. Ce livre apporte toutes les bases nécessaires pour se reconnecter au cerveau.

"Le temps du goût" de Régine ZEKRI-HURSTEL, neurologue, et Jacques PUISAIS, docteur en sciences et œnologue, apporte lui une touche encore plus savoureuse. En expliquant la neurologie derrière l'alimentaire, les deux auteurs offrent une manière experte de découvrir les sensations et le goût avec toutes ses caractéristiques. De quoi devenir expert en perception et développer son coefficient (poly)sensoriel. Ce n'est pas anodin que ce soit un grand amateur de thé, pratiquant la dégustation avec un maître, qui m'ai donné l'envie.

jeudi 9 février 2012

Allez respirons... totalement... avec nos diaphragmes (oui, oui, les 4)

Il y a certains jours où le blues hivernal, les petits mots, les grands maux et tout le reste pèsent sur la personne.
Il y a quelques jours j'étais à nouveau malade, une rechute de ce qui m'avait épuisée l'année d'avant. L'hiver met mes forces à contribution et souvent trouve mes faiblesses. Je ne sais pas vraiment quoi faire contre ces infections. Et à chaque passage douloureux, j'ai un sacré coup d'adrénaline, d'angoisses et de doutes qui remontent à la surface. Que puis-je faire? Souvent je reste sans savoir. Mais dernièrement je me suis dit que repartir sur des fondamentaux seraient déjà pas mal. Respirer... reprendre pied, s'ancrer dans la vie.

Alors convalescente de la rechute, avec cette impression d'être une perpétuelle convalescente, je respire. Je respire et en profite pour méditer un petit peu. Méditer 5 à 10 minutes... pour l'instant je n'arrive pas à plus.
Je respire en comptant pour recentrer l'esprit, je respire en visualisant, je respire le plus possible pour permettre en fait à mon esprit de prendre une pause, de détendre cette distractabilité intellectuelle qui me caractérise.
Je respire en zen shiatsu aussi...

*source respiration alternée extraite de Nata Yoga à suivre aussi pour toutes les respirations explicitées

Je tente aussi de respirer en pensant au yoga, respiration carrée, Samavritti, ou respiration rectangle. Je tente aussi la respiration alternée par narine, Nadi Shodhana. Mais ça c'est encore une autre histoire...

Allez si, juste une idée de ce qui va suivre... une question de diaphragme... l'assouplissement du thoracique chez les chanteurs (et les yogis):



En ce moment je me réfugie plus vers une respiration totale mais aussi très occidentale en fait. Celle prônée par Roger FIAMMETTI, ostéopathe, impliquant les 4 diaphragmes, thoracique, pelvien, crânien et cervical.

*source diaphragmes FIAMMETTI

Il est nécessaire donc de respirer sur 3 niveaux: le petit bassin, l'abdomen et le thorax.


Pour encore plus d'explication de ce concept, n'hésitez pas à lire ici ou directement sur le site de l'auteur (lien plus haut).

vendredi 18 décembre 2009

"Va boire une tasse de thé!"

Après avoir été malade et très, très longtemps, garde-malade, les dégustations de thé m’ont manqué. Je les ai reprises…. Oui de celles où la mer à thé est de sortie (avant d’avoir un bateau), le couple tasse à sentir et à boire aussi, un des zhong de service aussi. Comme une occidentale, mon chemin de thé est plus cérébral.

J’ai besoin d’exercer mes papilles, mon nez et ma perception. J’ai besoin de comprendre, d’apprendre les mots qui me serviront à dire ce que je ressens. Je suis loin de la conception asiatique bien plus poétique (ou lettrée). Alors oui, j’ai sorti mes livres pour définir la couleur des feuilles, de la liqueur, je construis peu à peu ma palette aromatique dont je reparlerais, je note… et puis je laisse car mes perceptions me trahissent.

Que dire de ce Sencha de Tamayura adoré, dégusté comme une friandise, coulant et enrobant ma gorge.

Une liqueur un peu poudreuse en bouche comme de la poudre de cacao, d’épices comme la noix de muscade ou de matcha.


Que dire de ce Tung Ting Shan redécouvert, liqueur presque lactée ou grasse avec une impression de vanille.
Je n’ai pas réussi à prendre ce carnet qui n’en est pas un (page une à une écrite, libre et non attachée aux autres). Il me faudrait sûrement un vrai carnet de dégustation de thés pour cela, avec pourquoi pas ce rigorisme de la prise de note préparée par un formulaire de dégustation (dont je parlais ).
Que dire de ces sensations qui me trahissent… des courgettes paresseuses m’offrent une odeur très miellée en sortant du four avec juste leur « assaisonnement » d’olives noires, farine de riz complette, farine de blé blanche, huile d’olive et estragon (aucun sucre et aucun miel). La recette est .



Alors j’ai regardé le premier arbre de Noël de mes deux hommes. Le premier du lutin parce que nous n’étions pas prêts à lui offrir la joie de ces fêtes les années précédentes. Le premier de mon monsieur pour des raisons religieuses ou plus précisément d’éducation et de non questionnement sur le bienfondé d’une convention païenne… un sapin décoré.

Je n’ai pas argumenté pour avoir un autre arbre, enraciné ou même symbolique comme je le voulais l’année dernière. Ce fut donc un Normann de 7 ans environ, à l’odeur très discrète…

Et puis, les hommes sortis, j’ai profité du frais de l’air, de ces fenêtres ouvertes en grand, juste avant de remettre le chauffage. La main chaude, le visage au-dessus de cette vapeur odorante et le reste aux prises avec l'air vivifiant.Profité aussi de l’odeur de la neige, presque poudrée. J’ai bu mes thés plus sereinement…. Comme si je comprenais le premier acte de ce qu’est boire un thé :

« J’aime beaucoup l’histoire du maître chinois Zhaozhou (778-897, Joshu en japonais) qui demande à un bonze nouvellement arrivé au monastère : « Etes-vous déjà venu ici ? » Le bonze répondit : « Oui, maître. » Zhaozhou dit alors : « Va boire une tasse de thé ! » quelque temps après, Zhaozhou posa à un autre bonze la même question. Il répondit : « C’est la première fois. » Le maître lui dit alors : « Va boire une tasse de thé ! » Peu après, son assistant lui demande : « Pourquoi dites-vous la même chose aussi bien au bonze qui est déjà venu qu’à celui qui ne l’est pas ? » Zhaozhou regarda son assistant et l’interpella. Lorsqu’il répondit : « Qu’y a-t-il ? », le maître lui dit : « Va boire une tasse de thé ! »
L’expression Kissako est devenue célèbre dans le Zen car dans ce cas précis elle signifie que ces trois-là n’ont pas l’air très éveillés et que le mieux est qu’ils s’en retournent vite sur leur coussin de méditation. Chez nous, l'équivalent pourrait être « retourne sur ton coussin voir si j’y suis ! ». Par cet exemple, on comprend que le thé n’est pas qu’une boisson, une plante médicinale, un rituel ou un passe-temps. C’est aussi une exhortation ! »

(extrait d’un « grain de sel » de maître Taïkan JYOJI dans « Les saveurs du zen, la cuisine végétarienne au temple zen de la falaise verte » écrit avec Françoise DYE)
*source Zhaozhou

Peu éveillée, encore, je vais boire ma tasse de thé. Souvent, avant, je fais 3 minutes (voire 5) de cohérence cardiaque, de cette respiration abdominale qui permet au cœur de retrouver un rythme non-chaotique, où les émotions ont un peu moins de prises. J’en reparlerais mais vous pouvez toujours lire ici et suivre le rythme dans la pratique ici. Il me faudrait 15 jours à raison de 3 fois par jour pour faire mienne cette respiration posée mais je n’ai pas pris ce temps au temps…. 3 semaines à raison d’une à deux fois par jour. Une première approche de la respiration des yogis (et peut-être des bonzes), une première approche pratique de la méditation qui me parait pourtant si difficile dans les mots de Matthieu RICARD.

vendredi 29 mai 2009

Le souffle, un jeu, un apprentissage, une connaissance

Nos jeux autour du souffle ne nous étaient pas apparus comme étant un apprentissage. Faire la différence entre le nez et la bouche oui, apprendre à se moucher.
En suivant ici ou là les blogs et les apprentissages des enfants Montessoriens ou autistes (entre autres), j’ai découvert qu’il était en fait un vrai défi, du langage par exemple.
Alors les jeux spontanés ont été suivis par des répétitions dans les activités et d’autres variations.

Dès ces 1 an, notre loupiot soufflait dans son harmonica et le laissait pour faire résonner ces œufs maracas. C’était important pour nous : lui donner cette sensation de produire lui-même un son avant même l’élocution de mots complets et l’aider dans sa découverte sonore et interactive de la musique.
Après, la vie a fait le reste : souffler sur la bougie d’anniversaire, souffler sur les plumes perdues par les canards (j’ai du mal avec celles des pigeons que je soupçonne de toutes les malformations dégénératives et d’insalubrité publique : germes de plein de maladies), souffler sur les moulins à vent en plastique…
Et il est bien question de tous ces supports ludiques pour le langage, pour se servir du voile du palais important pour la prononciation, la respiration, la mastication etc… Des exercices sont proposés pour rééduquer, palier à certains handicaps, ou tout simplement permettre une meilleure connaissance de notre capacité au souffle, certains sont dans « Orthophonie et oralité, La sphère oro-facial de l’enfant troubles et thérapeutiques » de Catherine THIBAULT (dont certains extraits ici), d’autres sont proposés par matériel ludique interposés, souffle et respiration, motricité bucco-maxillaire. Encore plus, la Méthode PADOVAN l'utilise avec le système manducateur pour les troubles neurologiques (du langage, autisme, handicap) : "Cette méthode est basée sur l'idée que notre système nerveux conserve sa plasticité jusqu'à la fin de notre existence, et que grâce à cette neuroplasticité, des « apprentissages » sont toujours possibles. "

En cherchant à distinguer la durée, l’orientation, la force, les jeux autour du souffle sont de tous les instants et nous en profitons, du spontané et du raisonné :
Un souffle léger et mobile pour faire rouler un coton ou un pompon… Regardez donc la course des pompons de Kikilo et les exercices de musculation de la langue
Un souffle léger ou fort sur une bougie (pour la faire vaciller ou l’éteindre), flûte ou flip flap ball de Kikilo
Un souffle continu, discontinu, fort ou faible dans la paille (pour évacuer le papier autour ou faire des bulles dans l’eau)
Un souffle dirigé pour faire des bulles de savons : pas cracher ni souffler fort mais bien souffler doucement en continu, tenu et poussé en dernier élan pour faire les très grosses bulles
Un souffle chaud : pour faire de la buée sur les vitres ou pour réchauffer les mains (ou les pieds)

Le souffle apporterait aussi dans sa maitrise : sa chaleur pour des notes de musique mais aussi, et surtout, dans une maîtrise de la respiration, en passant par une bonne posture (le chant aidant).
Ainsi nous pourrions retrouver nos sensations corporelles perdues : la « boule de souffle » passée du ventre au cou en apprenant la position debout et retrouver la bonne position de cette boule, celle qui devrait être la sienne (onglet souffle). Un travail respiratoire, comme toucher intérieur à la Qi Gong, serait une des meilleurs manières pour se recentrer, trouver le Qi, la force vitale. Alors comme pour notre loupiot, je joue et m’exerce, moi aussi, avec des pratiques un peu différentes cependant : une respiration plus abdominale, en ballon aussi à la MASUNAGA et tentant de neutraliser mon masque pour retrouver mon ochitsuki (équilibre).

lundi 16 juillet 2007

Respirer mieux encore chaque jour

« Jadis, les Chinois disaient que les gens qui étaient prêts à mourir ne respiraient que par le nez, tandis que les personnes malades respirent par les épaules et les gens ordinaires respirent par la poitrine. On disait des sages qu’ils respiraient par le ventre et des maîtres, qu’ils respiraient par la plante des pieds. Cela signifie que plus le point de sa respiration est bas, plus un individu a son ochitsuki (japonais pour Ki équilibre) ou sérénité, profondément, et plus il peut respirer avec tout son organisme. »

Je ne respire que par le nez, j’ai l’impression de me perdre dans ma vie, je cherche, je furète, je chemine, pour trouver des moyens d’ancrage, des exercices de corps (et non physiques) pour m’enraciner en moi, retrouver mon corps. Pour prendre soi de soi (comme une jolie fée nous le conseille), voici un petit billet sur la respiration visualisée.

Je vous propose la respiration visualisée de MASUNAGA, philosophe japonais et maître zen, praticien d’un shiatsu relié à la médecine chinoise des méridiens, du Yin et du Yang et de la bonne circulation du Ki. Car à l’inverse de toute conception occidentale, la vision de ce maître est de faire les choses sans forcer, la respiration ou les exercices de santé. Tout doit être fait doucement, tranquillement en respirant.

Alors représentez-vous votre corps entier comme un ballon !


« Maintenant que vous tenez une image vivante de votre corps, augmentez progressivement votre corps depuis le bas tandis que vous inspirez, et continuez à inspirer jusqu’à ce que vous soyez entièrement rempli jusqu’à la tête. Stoppez momentanément la respiration et laissez vos membres s’étendre par la pression d’air qui s’est accumulée. Puis, en commençant à expirer et à relâcher l’air, imaginez que vous vous dégonflez lentement comme un ballon. Lorsque le ballon est vide, reposez-vous simplement et détendez-vous brièvement dans cette position de dégonflé. »

- extraits de « Zen, exercices visualisés » de Shizuto MASUNAGA -

Edit du 09/03/08: je parle du Ki, Qi, Chi avec TOHEI ici, en rapport à la peinture asiatique et expliqué aux enfants avec le massage chinois des pieds .