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samedi 2 septembre 2017

La vie ne vaut rien...

ou les émotions qui le submergent. Le crapouillot est amoureux. Le sens de ce mot, sa permanence, sa réciprocité... tout cela le regarde mais, quelques fois, des larmes trahissent la violence de ses sentiments.
J'ai ressorti sur la table quelques livres, sans rien dire, il m'a demandé de lui en lire un ces derniers soirs. Et puis la parole s'est déliée. Entre la peur du ridicule, d'une trahison parentale sous une taquinerie, il met des mots, souvent les mêmes que Ninon, selon le déroulement des chapitres. Pas à pas.


"L'amour selon Ninon" d'Oscar Brenifier et illustré par Delphine Perret a été dévoré, relu même parce qu'il avait peur de s'être endormi avant la fin du chapitre. Je parlais là du livre.
"Les sentiments, c'est quoi?" de Brenifier (encore) et illustré par Serge Bloch s'ouvre dès ce soir. Une proposition de la même collection que ceux-là, c'est vous dire la qualité.
Et puis parce qu'il déclare son amour... "Les mains d'Elsa" d'Aragon tombaient à pic dans "Le un 1" n°166, le génie de la main" de ces dernières semaines.
Et puis il avait lu sur l'amour cet été avec cette lecture commune, une version de "Tristan et Yseult" en bande dessinée d'Agnès Maupré et Singeon. Une bande dessinée adulte (mais pas pornographique ni érotique), quelques scènes d'amour, de ce désir des corps. Je trouve pourtant le rendu plus décent que le moindre film contemporain actuel, nu sans être graveleux. Oui il l'a lu, je l'ai laissé faire, car ce désir fait aussi parti de l'amour (et là, il s'agit justement de ce que le philtre d'amour gâche la vie des protagonistes, la non liberté de l'amour les perd).

La vie ne vaut rien, rien...
Avec les trois versions s'il vous plait: Alain Souchon bien-sûr mais aussi la fabuleuse version de Benjamin Biolay puis celle de Tim Dup (pétillante comme un début de vie), un talent à suivre...





... rien ne vaut la vie.

vendredi 24 juillet 2015

Pas d'école à la maison mais du matériel et des livres documentaires jeunesse 1/2

J'adore les documentaires. Enfin pas tous. Je n'aime pas forcément les accumulations de connaissances sans un effet pédagogique, une part d'humour ou une illustration. Alors oui, les documentaires jeunesse répondent très souvent à ma demande. Ils ouvrent la compréhension sur de nombreux points de science. Certains ne sont que des présentations sommaires mais d'autres offrent bien plus: un enthousiasme, une volonté de ne pas perdre le lecteur et beaucoup de métaphores et d'images bien parlantes.

Alors pour le lutin mais aussi beaucoup pour moi, je nous ai concocté une belle bibliothèque, pas forcément de savoirs mais de curiosités! Et parce que je vais passer à 100 documentaires billettés sur mon autre blog (bon, je triche un peu: il y a du documentaire adulte et des extraits), je vous présente ceux destinés à la jeunesse (1 click sur le titre et vous y êtes!).
Enfin la première partie (les thèmes seront repris dans l'autre publication au moment des 100 documentaires billettés là-bas). Les coups de cœur des coups de cœur (parce que généralement je ne parle que de ce que j'aime!) sont accompagnés par ***.

Sciences pures:

- "De quels atomes sommes-nous faits? La matière, ce qu'on ne sait pas encore..." d'Anna ALTER avec Étienne KLEIN et illustré par Thanh PORTAL nous transporte dans les poupées russes de la matière. ***
- "Le Grand Livre des Sciences et Inventions Arabes" d'Anne BLANCHARD, Ahmed DJEBBAR et illustré par Emmanuel CERISIER remet en perspective les connaissances d'un des empires les plus étendus de l'histoire. ***
- "Génération Robots, le rêve de vient réalité" de Natacha SCHEIDHAUER et illustré par Séverine ASSOUS offre bien plus qu'une simple présentation de nos robots imaginaires.***
- "Le Grand Livre des Sciences et Inventions Chinoises" de Jean-Michel BILLIOUD, Danielle ELISSEEFF et illustré par Emmanuel CERISIER permet de mettre en lumière les avancées humaines dans ce qu'elles ont de plus révolutionnaires. ***
- "C'est mathématique!" de Carina LOUART, Florence PINAUD et illustré par Jochen GERNE***
- "Les inventions" de Véronique CORGIBET et illustré par Laurent KLING



Les grandes leçons (ciel, terre, univers, la naissance de la vie sur terre, l'évolution humaine):
   
- "Constellations, une livre phosphorescent à lire sous les étoiles" d'Anne JANKELIOWITCH et illustré par Sarah ANDREACCHIO est une invitation à se coucher dans l'herbe, les yeux tournés vers le ciel une nuit sans nuage.
- "La vie à petits pas " de Jean-Benoît DURAND et illustré par Robin GINDRE répond à un des premiers mystères présenté à notre attente: d'où vient le monde, la vie et l'homme?
- Gilles MACAGNO, "Une histoire de la vie, 4 milliards d'années"***
- "Professeur Astrocat aux frontières de l'Espace" du Dr Dominic WALLIMAN et illustré par Ben NEWMA***
- "La grande aventure de l'évolution" de Jean-Baptiste De PANAFIEU et illustré par Jean-Pierre JOBLIN***
- "Alpha... directions" de Jens HARDER***  


 La nature, le corps humain:
     
- L'"Inventaire illustré des arbres" de Virginie ALADJIDI et illustré par Emmanuelle TCHOUKRIEL propose un panel d'arbres avec comme clef de détermination la feuille. ***
- L'"Inventaire illustré de la mer" de Virginie ALADJIDI et illustré par Emmanuelle TCHOUKRIEL ***
- "Les bêtes qui crachent, qui collent, qui croquent à la mer" de Jean-Batiste de PANAFIEU, illustré par Amandine LABARRE, Benoît PERROUD et Lucie RIOLAND est une étude zoologique pleine d'humour ***
- "Tout sur la mer, apprendre, comprendre, dessiner" d'Harriet RUSSEL
- "Inventaire illustré des insectes" de Virginie ALADJIDI et illustré par Emmanuel TCHOUKRIEL ***
- "Histoires de squelettes" de Jean-Pierre de PANAFIEU et Patrick GRIES
- "Zizi, lolos, smack!" de Delphine GODARD et Nathalie WEIL et illustré par Stéphane NICOLE***
- "L'encyclo à malices nature" de Hélène et Robert PINCE, illustré par Laurent AUDOUIN et Élodie BALANDRAS***
- "C'est ta vie, l'encyclopédie qui parle d'amitié, d'amour et de sexe aux enfants" de Thierry LENAIN et illustré par Benoit MOREL***



La société, histoire et géographie:
   
- "Comment parler de l'islam aux enfants" de Gérard DHOTE***
- "Pour on contre: l'actualité en débat" de Sophie LAMOUREUX, illustré par Loïc LE GALL et Clément CHASSAGNARD***
- Jean-Claude MOURLEVAT s'attaque au symbole de l'Allemagne résistante de la seconde guerre mondiale avec "Sophie Scholl: "Non à la lâcheté"***
- "Mon premier atlas à reconstituer" édition Auzou
- "Tour du monde de Mouk à vélo et en gommettes" de Marc BOUTAVANT
- "Mon premier Larousse du Monde
- "Au temps de Christophe Colomb" de Thierry DELAHAYE et Marie de MONTI nous présente plus de 100 ans de faits entourant la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb, soit la période de 1415 à 1533. ***
- "L'Histoire de la France en BD, de la préhistoire à la Gaule celtique" de Dominique JOLY et illustré par Bruno HEITZ permet en un minimum de pages d'avoir devant les yeux les principaux éléments de chaque période.
- "Lieux de mémoire, lieux d'espoir..." de Karine TOURNADE et illustré par Yann AUTRET est une ouverture sur notre histoire, au choix volontairement réduit et subjectif.*** 
- "Déjoue les pièges de l'Histoire" de Pascale HEDELIN et illustré par Julien TIXIER
- "Les idées qui changent le monde" d'Isabelle WLODARCZYK et illustré par Zelda ZONK s'intéresse à 24 idées qui sous-tendent notre société moderne.
- "T'étais qui, toi? Sitting Bull" de Claude CARRE et illustré par Ronan BADEL***
- "T’étais qui, toi? Léonard de Vinci" de Olivier LARIZZA et illustré par Nikol***



Culture, art et philosophie:
 
- "Les p'tits philosophes 2" de Sophie FURLAUD, Jean-Charles PETTIER et illustré par Dorothée de MONFREID est le résultat d'un choix éditorial des petits "Pomme d'Api ***
- "Mythes grecs pour réfléchir" d'Isabelle KORDA et illustré par Yann AUTRET***
- "Le feuilleton d'Hermès" de Murielle SZAC et illustré par Jean-Manuel DUVIVIER***
- "Tous les ponts sont dans la nature" de Didier CORNILLE présente de l'architecture et de l'ingénierie aux enfants.***
- "Vivre ensemble, c'est quoi?" d'Oscar BRENIFIER et illustré par Frédéric BENAGLIA permet d'aborder la solitude, l'entente, l'égalité, le respect, le travail et l'autorité.***
- "La liberté, c'est quoi?" d'Oscar BRENIFIER et illustré par Frédéric REBENA***
- "L'amour selon Ninon" d'Oscar BRENIFIER et illustré par Delphine PERRET***
- "Archicube, construis avec l'architecte Bernard Tschumi" de Sandrine LE GUEN et illustré par Annabelle BUXTON
- "Petites et grandes questions philo de Piccolo" de Michel PIQUEMAL et illustré par Thomas BAAS est en fait le recueil de toutes leurs propositions Piccolophilo éditées auparavant

samedi 10 janvier 2015

La liberté d'expression

*illustration de Stéphanie Blake

Parce que l'éducation est importante, parce qu'il faut construire son esprit critique, encore, ... parce qu'il n'est jamais trop tôt pour comprendre et réfléchir... des pistes à partir de 6 ou 7 ans.
Je suis tombée sur un billet hier soir reprenant tous ce que la presse jeunesse et ado proposait pour expliquer la tragédie terroriste de mercredi. Il ne fallait pas s'en priver. Les numéros spéciaux étant offerts.
Deux "Petit quotidien", deux "Mon quotidien", deux "L'actu" et un "L'Eco" (portrait de Bernard Maris, l'économiste tué dans l'attentat en page 4). Des unes avec "1 jour/1 actu" (unis pour la liberté d'expression, pourquoi des journalistes ont été tués?, attentat et protection en Ile de France, fusillade terroriste)

Puis se rassurer en tant que parent: oui je fais bien d'en parler même à mon enfant très jeune : "Les parents peuvent parler des attentats récents aux enfants, simplement, directement, en adaptant bien sûr leur discours à l’âge de ceux-ci. En effet, les parents doivent être rassurés : même jeune, dès la maternelle par exemple, un enfant est capable de compréhension y compris dans la nuance."(extrait de l'interview de la pédopsychiatre Marie Rose Moro à lire ici. Pour que l'enfant soit actif dans la réception de la peur communicative, il peut s'interroger et c'est déjà ça.
Une autre pédopsychiatre, Catherine Jousselme, offre des pistes aussi sur le site de Bayard. Pour les plus jeunes, "Astrapi" propose un livret gratuit de 2 pages à télécharger ici .

Puis une petite vidéo, "c'est quoi la liberté d'expression?". Et d'autres pistes ici, là ou là.

Et puis ne nous arrêtons pas là, expliquer c'est bien, aller dans l'interaction c'est encore mieux... je pense aux questionnements philosophiques sur la liberté, le bien, le mal, le vivre ensemble... je pense à une éducation sur les religions, toutes les religions... je pense, pour les ados, à une éducation à "l'autodéfense intellectuelle"... à écouter ici... ou à lire là.

jeudi 8 janvier 2015

De quoi éviter la pensée "simple"

En ce moment, j'écris peu. Peut-être parce que je ne programme pas grand chose.
Pourtant la table est toujours remplie de livres. Des lectures distractions mais aussi d'autres plus "solidifiantes" pour enfant ou pour adulte. De la culture générale, des essais mais aussi des documentaires et de l'interactivité.


Hier, le lutin voulait baisser le son de la télé pour lire une bande dessinée. J'étais furieuse. Je suivais les mots des experts, des journalistes, des avocats, des politiques, des philosophes, des caricaturistes. C'était important. J'ai dû être cinglante pour écouter le programme.
Il ne comprenait pas l'ampleur de la situation. Il ne comprenait pas non plus mon émotion. Nous avons commencé à parler, à expliquer... parce que même à 8 ans, il est possible de réfléchir pour ne pas s'arrêter à une pensée simple.

Pour ma part, il me faut toujours des supports, des contextualisations, des explicitations. Pendant mes études, j'étais absorbée par la survie et n'ai pas gardé beaucoup de culture générale. Je dois me la créer, multiplier les angles, les interlocuteurs. Le livre est alors mon référent, mon sauveur!
- Toujours "L'éléphant", revue que je suis depuis 2 ans, qui me permet de reprendre des sujets quelque fois trop "académiques" pour me donner envie d'y replonger.
- "Terroristes, les 7 piliers de la déraison" de Marc TREVIDIC, ressorti de l'étagère car je ne peux plus en différer la lecture au vu de l'actualité.
- suivront des écrits du philosophe musulman Abdennour BIDAR

Pour le petit d'homme, des lectures accompagnées de documentaires, toujours, encore, encore plus. Je les aime tant. Je suis tellement convaincue que la seule chose à ma disposition, une responsabilité de parent, est de prôner une dose de savoir, l'éducation et l'esprit critique. Je billette de plus en plus les documentaires jeunesse sur mon blog littéraire et je compte bien augmenter ce partage.
Les thèmes sont divers, feront pour nombre d'entre eux l'office d'un enseignement scolaire. Oui! Mais je gage sur une appréhension moins rigide, moins évaluatrice et plus fournie pour que l'intérêt persiste. Un vulcanologue parlera de son art pas forcément mieux qu'un professeur de géographie mais avec peut-être plus de passion.
Ceux en cours de (re)ecture cette semaine (et peut-être de billets):
- "Le bien et le mal, c'est quoi?" d'Oscar BRENIFIER, comme beaucoup d'autres de ses propositions philosophiques pour parler d'actualité, pour aider le discours à se (re)placer à hauteur du chenapan.
- "C'est mathématique!" de Carina LOUART et Florence PINAUD parce qu'il ne suffit pas de devoir en faire pour comprendre à quel point ces sciences (les mathématiques) sont importantes. Rajout du 14/01/2014: j'en parle là.

mardi 11 février 2014

Mythologie pour éveiller les enfants

Je suis une adepte de la lecture à voix haute. J'ai adoré celles de ma grand-mère paternelle et mon tonton, et ses petits livres restés de ce père disparu trop tôt. Dans les mots lus, dans les voix chaudes, dans les pages illustrées, je me sentais en contact avec ce jeune homme inconnu et pourtant si proche par la filiation.

*"Le petit Nicolas" par Sempé

Après il y eu ces professeur qui offraient du temps au temps.
Un premier professeur de Français, exigeant, sec, dur et cassant, qui pourtant se ravisait selon les modes d'opposition que nous avions (et le désespoir non simulé). Des pages de copie de règles de grammaire, des coups de règle... et pourtant chaque semaine pendant deux ans (6ième et 5ième) un chapitre du "Petit Nicolas" de René Goscinny et illustré par Jean-Jacques Sempé, offert, comme cela, pour rien. Pas de question de compréhension, pas de leçons, juste sa voix, sa juste théâtralisation. Et ne me parler pas des réadaptations animées et filmées: je n'ai plus de plaisir, plus la joie de recevoir... il me manque l'homme qui nous le racontait même.
Un professeur d'Allemand, qui avant chaque vacances offrait de l'allemand écrit, lu dans le texte, offert comme cela... lui aussi juste pour le plaisir. Et merci encore à lui, pour avoir oser me pousser sur scène. Merci d'avoir vu le premier à quel point j'avais besoin d'aide et besoin que quelqu'un me donne confiance en moi.
Un autre professeur de Français, durant mes deux 2nde, qui nous a parlé si bien de mythologie. Sans forcément lire dans un texte mais en offrant ainsi plus qu'une matière à travail.

Les raconteurs d'histoires, ceux qui avaient mis de côté leur fonction pour nous offrir une pause, un temps loin d'être oisif pourtant.

***
Et la mythologie arrive pour des raisons personnelles que j'évoquais là. Alors les livres continuent d'affluer à la maison, souvent en fonction de leur réédition en format plus petit, moins onéreux aussi.
Et il y a une autre raison.

Si vous me connaissiez, vous sauriez peut-être à quel point je veux avoir tout mis en branle dans l'éducation du lutin. J'ai toujours l'impression d'être en retard... (comme le regard des autres me trouve trop en avance).  Je souhaite proposer le plus tôt possible des voies de réflexions, des arrêts sur image, des listes de ressources, des chemins critiques, indépendants et alternatifs.
Le chenapan est considéré comme un grand quand il est encore petit. Pas grave! J'ai une urgence en tête, je ne peux pas compter sur le temps, sur une pérennité. J'ai trop l'impression que la folie ou la mort font partie de la vie qu'il me faut à tous prix les devancer. Alors je commence beaucoup de choses, je commence pour que, si j'arrête, l'ami de tout au monde sache où chercher quand il en aura besoin. Il n'en aura pas l'utilité! Pas grave! Je sais tout au moins que j'aurais offert le potentiel créatif du référent, une certaine acuité dans l'esprit. Il ne perdra pas autant de temps que moi, il se trouvera peut-être, il aura peut-être la chance de n'être floué que par les autres.


Alors oui je mets tout en œuvre pour délier sa pensée, pour l'aider à formuler ses émotions, à exprimer son vécu, le préparer à être critique, à tenir un propos argumenté. Je lui montre aussi ce qui fait la vie: les parts belles et les moins nettes, les moins glorieuses, les plus mesquines. Mais il est petit. Fallait-il encore trouver un système pour aborder le chemin. C'est Serge BOIMARE qui me l'offre (aidé brillamment par Murielle SZAC et Bruce DEMAUGE-BOST).
Serge BOIMARE est un psychopédagogue qui s'est tourné vers les difficultés des enfants dans l'apprentissage. Il ne parle pas de certains cas, qui pris à part, en petit comité, vont être soutenus dans leurs difficultés mais bien de ceux qui vont se créer leur propre processus de refus de l'apprentissage ou même de la pensée. Ceux qui s'échappent pour ne pas se perdre, trop en prise avec les émotions pour accepter les quelques autres un peu déstabilisantes d'un apprenant.
Ce pédagogue va alors tout baser sur la médiation culturelle et plus particulièrement littéraire. Lire à voix haute des contes (GRIMM ou PERRAULT) mais aussi de la mythologie (plus particulièrement grecque), des livres de Jules VERNE ou pourquoi pas de la littérature jeunesse. Amener la curiosité sur les travers, les vices, les émotions dures et crues mais tenues à distance de soi. Puis formuler, reformuler, appréhender différemment et se tenir prêt à... apprendre. N'hésitez pas à lire ici la théorie de Serge BOIMARE, avant que je vous en reparle après avoir lu ses livres.

Par la mythologie, l'enfant découvre un texte riche de sentiments ambigus et de situations rocambolesques. Le pire, le meilleur, le fabuleux, le terrifiant sont mis en forme et l'on découvre les dérives des dieux, les oracles proclamant de noirs destins, les trahisons, les monstres, les vices, les crimes, les dépravations et les absurdités créées par le désir et le sexe. Tout cela dans une histoire, une fiction pure.

"Le feuilleton d'Hermès" de Murielle SZAC est un livre à lire à voix haute. La mythologie et toutes ses anecdotes (quoique il y a aussi "Le feuilleton de Thésée") sont ainsi accessibles.
Mais là le texte tire en longueur, il n'y a pas forcément d'action dans chaque chapitre. Par la vie d'Hermès ce sont aussi les sentiments plus infimes que l'on découvre, chaque nuance de l'humain/dieu. Ce livre n'est pas tant une lecture du soir qu'un vrai manuel d'apprentissage par la médiation culturelle.
Ainsi un professeur, Bruce  DEMAUGE-BOST, a créée les fiches par épisode, permettant de marquer une plus-value éducative mais aussi d'ancrer la curiosité et de stimuler le dialogue. Voici son magnifique travail.

Nous avons démarré mes lectures et nos arrêts sur chaque moment de vie du jeune dieu. Des questions de français, très courtes pour l'instant. Et surtout une illustration à chaque fois.


Allez je reparlerais de notre projet Hermès... nous en sommes à l'épisode 11.

vendredi 30 août 2013

L'aigle noir ou un des dangers... l'abus sexuel sur mineur

J'ai passé plusieurs nuits presque blanches pendant ces vacances dans ma famille. Des hasards, des réminiscences du passé, des prises de conscience aussi d'une certaine solitude, même accompagnée. Je ferais, j'espère, de mieux en mieux. Mais une des nuits blanches fut la lecture d'un livre, irrefermable... "Le garçon d'à côté" de Katrina KITTLE. Un roman bouleversant sur l'inceste, sur l'abus sexuel fait aux enfants. J'en parlerais sûrement dans mon blog littéraire. Et en fin de lecture, il n'y a qu'une peur sourde dans le ventre...
Pour allier fiction et prise de conscience, l'auteur renvoie à un site américain, Darkness to in light. Ce programme de sensibilisation au danger sexuel fait à nos enfants se pose sur 5 étapes:
- découvrir la réalité des faits avec les statistiques (un étranger mais aussi, souvent, un proche, un membre de la famille)
- faire des choix de parents pour limiter les risques encourus par nos enfants dans la société
- communiquer ouvertement avec les enfants de l'acte commis
- reconnaître les signes physiques et comportements
- réagir de manière responsable

*source

J'avais moi aussi envie de me poser la question de la prévention. Oui, limiter les risques en société mais aussi prévenir l'enfant des dangers. Mais comment et à partir de quel âge? Depuis le tout début, je me rappelle avoir commencer quand il a été continent (propre) soit vers l'entrée en maternelle mais étape par étape.

1/ La première étape pour moi est la connaissance du corps:
J'ai toujours appris au lutin à reconnaitre les parties de son corps, autant dans ses fonctionnements internes (et le feu incessant retour de la digestion ou des questions scatologiques) que sur l'extérieur.
Les petits mots comme le pissou ont laissés peu à peu la place à des mots sans équivoque: - ton sexe, mon sexe, féminin ou masculin. Mais c'est vrai que je ne vais pas plus loin dans les termes sans pour autant les faire passer pour tabous: ils sont dans les livres documentaires que nous lisons ensemble. Les mots sortent de ma bouche, encore, mais ce sont des phrases écrites par d'autres, des auteurs talentueux.
Expliciter aussi que ces parties du corps lui serviront à exprimer son amour (différent de celui porté aux parents ou amis). Oui, il confond toujours amitié et amour.

2/ Et puis il y a la sensibilisation aux limites.
Des parties du corps qui n'appartiennent qu'à soi, ne concernent que soi, que nous seul pouvons voir et toucher. Ce n'est pas là une question de pudeur mais déjà une approche du respect. Et c'est vrai que là aussi j'avais posé les choses: comme une chatouille est une "agression" faite à l'enfant quand il n'a pas encore l'âge de la demander, le toucher ne doit pas être pris à la légère. Bien-sûr, à la maison il y a les chatouilles, les bagarres, les emmêlages, les câlins.
Cela fait quelques temps que le lutin termine son frictionnage savonneux seul. Et il connait les parties intimes de son corps (et du notre) mais il est nécessaire de toujours y revenir (j'ai découvert cet été que le mot intime était lié pour lui à timide... les parties "timides" de son corps, oui, il n'y a pas à dire, il faut toujours être plus clair).
Les limites c'est aussi savoir ce qui est admis (et/ou réglementé), ce qu'il ne l'est pas: d'une part, l'enfant ne peut pas se marier ou avoir une sexualité avec son père ou sa mère; d'autre part, personne, aucun adulte, aucun plus grand, n'a le droit de lui toucher ses parties intimes ou de lui montrer les siennes.

3/ Il ne faut pas nier non plus la connaissance de la sexualité et, même, l'existence d'une sexualité des enfants.
Je ne parlerais pas du second. Je ne sais pas vraiment quoi en dire à part le touche pipi et le docteur, qui, comme vous pouvez le remarquer, restent pour moi du domaine conventionnel. Je vous laisse suivre là des discussions menées par un psychothérapeute sur ce thème avec des enfants pubères et même pré-pubères.
Quand au premier, j'ai toujours été persuadée qu'il fallait, comme tout, lui expliquer les choses, avec une grande difficulté: rester à notre place de parent et ne faire que suivre sa curiosité sans aller au devant de ses étonnements et questions. Et puis, il faut aussi lui réserver cette dose de mystère ou de beauté. Je serais d'ailleurs plus d'accord avec le second terme. Je n'ai pas de problème à parler de spermatozoïdes, d'ovules, et d'emboitement (mais je n'ai pas encore expliquer exactement lequel). J'aurais adoré que nous allions ensemble à l'exposition "Le zizi sexuel" en suivant en cela le livre de Zep. Entre autre, A. m'avait parlée d'une page trouée à propos qui expliquait la pénétration et dont ses fils avaient adoré se glousser.

Je ne peux que vous conseiller le livre en question, "Le guide du ziz sexuel" de Zep, qui semble expliquer de manière bien humoristique le propos avec schémas à l'appui. De mon côté, j'ai choisi une autre voie, un coup de coeur: "C'est ta vie, l'encyclopédie qui parle d'amitié, d'amour et de sexe aux enfants" de Thierry LENAIN et illustré par Benoit MOREL dont je vous parle là. Il n'est pas mièvre, est très instructif et montre la sexualité, l'acte, l'amour autour (ou le non-amour) sans les dénuer de beauté. Je trouve ainsi le propos suffisant pour un parent mais je dois dire que j'ai aussi un "cinquième rayon" dans la bibliothèque qui s'ouvrira de lui-même avec sa maturité sexuelle et ses envies, et qu'il lira seul bien-sûr. Quelques uns sont ouverts ici : des littéraires plus osés, des manuels exotiques de sensualité ou de séduction (et non de dispositions acrobatiques) comme un vrai "Kam. Sutr." ou un "Mille et une nuits" sans compter d'autres d'"hygiène du cœur et du corps", comme le Tao (du couple ou sexuel). Je reprendrais ce propos sur la sexualité aboutie sûrement après la puberté.


4/ Et enfin une sensibilisation à l'expression de soi, à sa propre volonté de dire non!!!!
Toutes les lectures de philosophie, nos discussions et notre mode d'éducation se voudraient dans ce sens.
Une éducation si possible respectueuse. Alors bien-sûr le quotidien me fait mentir mais je me remets en question constamment. Je relis pour digérer et pratiquer un chemin sinueux mais avec quelques petits cailloux de CNV (Communication Non Violente), de Tao des parents, de Bouddhisme parental et de méditation pour moi et pour lui (j'en reparlerais).
Des discussion sur la connaissance des émotions et de nos besoins (suivre le lien CNV). Et aussi beaucoup d'échanges sur l'autorité, l'obéissance, le rôle d'un chef, le bien et le mal, la responsabilité, les dangers, les erreurs, les bêtises, la méchanceté, par le biais de livres philosophiques le plus souvent et dès qu'une situation l'impose. Par exemple les livres sous l'influence d'Oscar BRENIFIER et ses Philozenfants par exemple (quelques uns présentés ici sous l'angle de la politique. J'espère ainsi lui permettre d'être critique, pertinent et d'avoir un avis personnel.
Maintenant le lutin n'a pas encore une totale confiance en lui et reste très intimidé par la présence d'une autorité ou d'un adulte. Cette capacité a aussi être vigilant de la pertinence des actes adultes (ou de leur absence) reste à soutenir.

*permis de prudence, Dominique de SAINT MARS, illustrations de Claude DELAFOSSE

Une très belle initiative a été proposée aux enfants pour les sensibilités aux dangers que les adultes font courir aux enfants: un permis de prudence dénonçant des situations à risque et nos responsabilité d'adulte accompagnant le développement des enfants.
Il explique ainsi aux adultes ce qu'est un abus sexuel, la connaissance des risques, le rôle de la famille. Certains me paraissent encore plus essentiels à exprimer aux enfants: les moyens de se protéger (l'informer, lui apprendre à trouver des solutions même seul, l'écouter et lui parler), les règles de protection (lui apprendre à dire non, discuter de situations à risque en lui donnant trois réponses possibles pour l'entrainer à se poser les questions, lui donner des règles simples et des raisons justes), le développement des solidarités.
Il s'agit aussi d'un questionnaire remis au enfants, il est accessible là de manière plus lisible et imprimable.

*source permis de prudence

Je compte aussi trouver d'autres ressources livresques pour prévenir des dangers, ici il semble y avoir des propositions sur la prudence et Lily nous parlait là du livre "Dangers!" de Alexia DELRIEU et Sophie de MENTHON.

... et je n'écouterais plus jamais la chanson de Barbara de la même manière, l'Aigle noir n'a pas été une fiction pour elle.


L'Aigle Noir - Barbara par lemondedeyanis