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vendredi 26 juillet 2019

Thés de l'été

Enfin de nouveaux thés, enfin le plaisir de laisser la tasse sur la table tout en profitant du breuvage, plus de migraine de travail, plus d'heures courbée sur mes manuels.
Les vacances sont studieuses mais le rythme mou.


J'avais laissé là avec mon petit kit de vacances, un zhong fendu et mon mini-plateau, un Pouchong impérial que j'ai fini si rapidement. Voici mes réserves pour le mois qui me reste.

- Butterfly of Taiwan parce que les hommes l'aiment tellement froid (souvent sous forme de canette Pokka)
- Thé du Hammam pour le grand à barbe
- Kabuki


...
et uniquement pour moi, oui, oui, je mords:
- Dong ding
- Rivière de Jade du Mont Halimun
puis
- des faux thés: hibiscus en infusion dans la boite rose de sablés au thé vert (partis pfiou en vitesse accélérée), des épices pour un Chai doux de Beendhi (auquel je rajoute l'eau bouillante et une lichette de lait d'amandes)


Et l'homme sans barbe voulait vraiment repartir avec un matcha... la prochaine fois.


Ici un Dong Ding renouvelé pendant 5 heures devant le petit frère...

Parce qu'un état des lieux de ma boisson préférée est toujours une bonne chose -

lundi 24 octobre 2016

Thés de Tunisie


Ils sont arrivés hier les bras chargés... de livres bien-sûr... et d'un symbole du partage et de la convivialité maghrébine.
Non non pas de narguilé (nous en avons un qui ne sert pas, les fumeurs se sont arrêtés ou sont passés au vapotage et pas de fumeur à la maison... même si j'adore l'odeur de ce tabac miellé). Mais un plateau et son service à thé.
Un immense plateau d'argent, la théière aux proportions de partage, les verres et ce mrach (une chanceuse dans laquelle on met de l'eau de fleur d'oranger).
Bien-sûr ils sont arrivés avec le thé (pour être sûr d'avoir celui qui convient parce que sinon ils font confiance dans le contenu de mes placards), la fleur d'oranger (pour cela aussi ils auraient pu faire confiance au contenu du placard) et des pignons de pin.

Il restait un peu de menthe sur mon balcon. Et nous voici entre femmes à faire bouillir l'eau et le thé. A aérer le thé dans la théière avec la menthe fraiche et le sucrer, l'allonger ou le diluer en fonction de son amertume et astringence. Pas de photo, non, nous profitions.
Ce fût un thé vert à la menthe, aux pignons et gouttes d'eau de fleur d'oranger facultatifs: un tey akhdar. Je fus du service, au mètre, monter très haut la théière et redescendre tout en servant pour aérer et faire mousser le thé.
Nous aurions pu le parfumer aussi à la cannelle, la sauge, la verveine ou à l'absinthe (chiba).


Mais quelle surprise de découvrir qu'en Tunisie, un autre thé était préparé. Un thé très très longtemps infusé (bouilli): un thé rouge tunisien, tey ahmar (oui, oui, il s'agit bien du thé rouge/noir comme le nomme les chinois et non du roobois: sûrement un ceylan) avec un trait d'eau de géranium (ou aux feuilles de géranium), aâtrichiya. Ce sera pour leur prochaine visite.

"Dans la Haute-Medjerda, rares sont ceux qui se contentent de boire un verre ou deux le soir; certains douars sont réputés pour leurs buveurs de thé; on cite ce fellah qui a vendu l'héritage de son père, morceau par morceau, pour satisfaire sa passion; lorsqu'il n'eut plus de terre, il se fit marchand ambulant." (extrait de "Boissons et civilisations en Afrique" de Alain Huetz de Lemps)

***
Au fait, merciiii!

mercredi 11 janvier 2012

Thé fumé... en solitaire avant de reprendre la journée

J'aime le Lapsang souchong. Je crois depuis toujours. Je ne sais pas quand est-ce que je l'ai découvert pour la première fois, il est vraiment arrivé en même temps que le earl grey et pourtant on ne le trouve que peu dans les supermarchés. Alors d'où venait-il?
Je l'ai toujours aimé aussi parce que dans les cafés, quand ils en avaient en sachet, il était buvable à l’inverse des autres.
Je l'ai eu en sachet, puis en vrac parfumé... d'ailleurs un bien bon mélange que ce Madame de ThéOdor, thé fumé et non fumé aux groseilles même s'il perd tout intérêt à la seconde infusion. Oui mais c'est ça avoir pris l'habitude de demander de la matière à un thé. Puis, comme toujours, un meilleur cru en vrac et sans parfum grâce à Francine avec le Lapsang Souchong Crocodile de ThéOdor.

Le Lapsang Souchong a toujours fait partie de mes favoris en tant que boisson de confort, celle qui ne nécessite aucune préparation particulière, je le consomme en théière... de quoi ressortir ma petite égoïste.

Alors en attendant que le lutin se réveille de sa sieste qu'il a réclamé (cela fait bien 6 mois qu'il n'en réclame plus)... lui dans le salon... je déguste ce thé, chaud, plein de corps et ample en bouche, fumé.
J’apprécie ce thé d'homme (cela a dû faire partie de mes raisons pour le goûter tel que je me connais!). Depuis, j'ai découvert qu'il est réputé être dégusté par ce personnage de papier mais qui n'en est pas moins de chair, de sang, de cerveau et d'effluves licites et illicites qu'est Sherlock HOLMES d'Arthur Conan DOYLE... j'en aurais presque repris mes volumes mais il paraitrait qu'aucune ligne n'est explicite. Je me contente avec autant de bonheur d'une évocation... entre la piqure (très peu pour moi), l'odeur du tabac compressé dans la pipe (oui, oui... enfin derrière son épaule), une élucidation de mystère (euh... je passe, mais question bouillonnement de cerveau, je ne peux qu'avouer prendre!)... je succombe volontiers à cette odeur de fumé, d'herbes séchées et consumées (voir le lien avec l'odeur du tabac de pipe).

Ce Lapsang Souchon-là, le crocodile, est assez nouveau au palais... de Taïwan et non de Chine, il semble plus corsé, plus rude. J'apprends aussi qu'il est séché et fumé mais avec d'autres essences que son homologue chinois: ici point d'épicéa mais parait-il du bois de laque. Il semble, il est vrai, moins "parfumé" mais plus brut.
Il se consomme normalement en théière Lombok, oui, mais je fais sans (je regarde juste celles de Francine).
Bon, c'est vrai, il s'agit de la seconde infusion de la journée, de ces feuilles. Ce matin je l'avais fait sentir au loupiot pour le sensibiliser à cette odeur de plantes en consumation. C'est vrai qu'il est habitué par ailleurs avec la poudre de cade, le papier d’Arménie etc.. Et lui de me dire que ben oui, il en a déjà mangé! - ... Tu veux dire bu! et pendant que je tente de me remémorer ce moment où j'aurais pu lui faire goûter celui-ci, je me rappelle que non, il a bien raison... la semaine dernière c'était des brocolis cuits au Lapsang Souchong Crocodile.
Bah oui, encore un thé fabuleux à la cuisine! Comme les parfumés qui m'aident avec les fruits frais ou secs, les fumés reviennent avec les protéines mais c'est bien avec une Cuisine au jardin que j'ai tenté les légumes: brocoli ici, aubergine ici.

C'est vrai que j'ai refait mon stock de parfumés (une fois n'est pas coutume mais j'adore le Toupet de légumes! qui a eu le droit à une boite, et une surboite). Direction ThéOdor: Thé parfumé noir "Toupet de légumes", thé parfumé noir "Cocotte", quelques échantillons: "Rendez-vous" Kenya parfumé aux fruits rouges et pamplemousse, et thé fumé au Jasmin.
Petite déception: ne plus avoir les ingrédients sous les boites!

Allez, la prochaine fois je vous parle de thé en sachet! Oui, belle régression! Mais non, mais non: un thé vert ombragé Kabusé de Keiko qui pigmente de vert les doigts! En attendant je retourne à la situation d'un mercredi avec un loulou de 5 ans, entre couronne, magnifique d'ailleurs, dessin de monstre, dessins animés et autres...

mardi 15 novembre 2011

Thés taïwanés et retrouvailles

Quelques billets sont en attente mais leur actualité n'est plus aussi fraiche: ils attendront donc au profit de cette journée. La "folle de thé" que j'apprécie le plus était dans ma ville. Après avoir déambuler avec d'autres amateurs éclairés ici, là, , là et , la voilà sur son dernier jour... juste de quoi passer quelques heures ensemble.

Il faut dire que je la laisse me guider. Toujours. Et avec raisons. Francine, puisqu'il s'agit bien d'elle, organise toujours ses séjours et convie ses amis de thé aux endroits les plus aptes à nous délecter. Aujourd'hui pas d'exception.

Un superbe déjeuner taïwanais au Zen-Zoo salon de thé accompagné par une boisson typique.
Je m'arrête un peu d'ailleurs sur elle. Non, non point de thé, quoique si mais pas de la manière dont je le bois d'habitude, avec du lait de soja sucré au sésame noir et perles noires de tapioca. Un zhenzhu naicha d'où vient le nom de Zen-Zoo, qui veut dire perles. Il est aussi appelé boba ou thé aux bulles. Ces perles sont phénoménales, plus grosses que les perles du Japon, tapioca "façonné français" surtout pour enrichir une soupe veloutée, et noires. La paille à la dimension gigantesque permet de les gober mais attention, vous n'êtes pas à l'abri d'en prendre une de travers. Le contact avec lesdites zenzoo est assez mou et élastique et avec le mélange mixé j'adore. Francine l'a choisi froid, moi chaud. Délicieux avec son bon gout de sésame qui m'a rappelé, bizarrement, le lait de pavot lituanien, aguonu pienas, que j'avais fait un jour.

Un délice que ces plats: émincé de porc pour moi sur un lit de légume que je n'ai malheureusement pas pu terminer aux baguettes, légumes au tofu fumé et légumes aux algues. Et bien-sûr des échanges, sur nous, nos séjours, nos temps que nous nous souhaitons libres pour nos intérêts et bien-sûr les thés.

Puis nous sommes passées aux thés justement avec le Zen-Zoo thesaurus, la maison de thé.
Nous avons suivi avec bonheur et concentration le rituel du Gong Fu Cha avec nos thés choisis. Puis chacune de nous avons préparé les infusions suivantes.

Notre hôtesse, Mademoiselle HSIEH Yu Hsin, nous a offert plus que les gestes. Une douceur, une attention, une proposition qui loin de me laisser trop intimidée pour faire mes infusions suivantes m'ont donnée du courage pour ressentir les infusions.
Les ustensiles de thé présentés, qui avec la pratique se révèlent pour certains indispensables comme je verrais plus tard. La théière remplie d'eau bouillante et aspergée d'eau. L'eau la contenant servant à chauffer la cruche à thé (Cha Hai), la tasse à sentir (Wen Xiang Bei), et celle à déguster (Cha Bei). Puis ce thé, présenté dans sa matière, à l'état sec, pour y trouver l'aspect tactile en plus de sa couleur, texture et odeur. Puis versé de 1/4 à la moitié de ces petites théières en terre cuites réchauffées.
Ce geste fabuleux, pétillant et espiègle que fut le "secouage" de cette théière au contenu encore dense qui permet de sentir cette matière encore sèche mais ici chauffée par le contenant chaud en terre cuite. Puis ce "rinçage" des feuilles qui est devenu après ma naïve réticence et des explications à propos non pas un mini-gaspillage mais bien un éveil des feuilles... très peu d'eau et tout de suite évacuée.
Puis cette eau remplie à ras-bord, le couvercle permettant un débordement de l'eau propre à un culottage extérieur spontané. Et cette infusion qui perd sa mesure du temps: ici point de minuteur mais une attention constante au bec de notre belle rouge. Cette peau d'eau bombée descendra, les feuilles prenant leur aise à l'intérieur... il nous faut apprivoiser ce retrait qui peut jouer à remonter, aussi.
Et ce renversement total arrêtant l'infusion et retirant sans aucune négligence la dernière goutte de la liqueur.
...
Ainsi Francine a choisi un magnifique Bao Zhong, oolong taïwanais. Senti sec, sec et chaud, puis dans le puits à senteur immédiatement, puis ensuite (odeur d'ananas... si subtile). Ce thé savouré et touché une fois qu'il a tout donné.

Pour moi, un Shui Xian, Narcice ou Fée de l'eau, oolong taïwanais. Un thé boisé, ample et aux approches de fruits secs cuits, comme le pruneau. Je n'ai malheureusement pas pris plus de notes sur la dégustation.
Nous avons pu admirer l’oxydation de ces deux oolongs, d'une part avec la couleur du thé (feuilles sèches) puis, surtout, les feuilles infusées, de très vertes à l'oxydation faible à très brunes à l'oxydation poussée, le Bao Zhong très faiblement, le Shui Xian moyennement.

Bien-sûr nous avons déambulé dans le lieu pour admirer les objets de thé...
une Francine partie de notre "salon personnel", appareil photo à la main. Puis nous sommes parties félicitant notre hôtesse pour ce si bel accueil, que Francine, à la grande joie de notre interlocutrice, qualifia entre autre de très taïwanais. Une énigme pour moi. Est-ce cette manière de nous laisser libres de nos infusions après une démonstration professionnelle? Est-ce aussi le thé choisi qui s'il n'est pas dégusté sur le moment fera parti de nos cadeaux de départ? Et plus encore...

Je suis repartie avec une théière en terre rouge cuite, un Si Ji Chun, Quatre saisons, et un "blaireau" à patinage. Et j'ai quitté Francine en partance. Merci pour tout, pour cette amitié, ce partage, ces dons et toute l’énergie que tu mets à notre disposition pour nous ouvrir les voies du thé.

....
Ce soir je n'ai pas pu m'en empêcher. J'ai profité de la séance de théâtre du lutin pour baptiser ma petite théière avec le Si Ji Chun, thé oolong taïwanais.

J'ai secoué avec délectation comme une enfant débordante de vie ma théière et son précieux contenu. Je n'ai pas éveillé les "feuilles" mais ai fait 4 très belles infusions en me fiant à mon bec.

Un versement hasardeux de ma tasse, pas cruche à thé pour deux sous mais assez pataude tout de même,
et quelques feuilles bloquées dans le bec m'indiquent d'autres objets à acquérir... aussi.
Malheureusement je n'ai pas pris de notes des dégustations, pas photographié la couleur... j'étais dans le moment présent avec mes liqueurs, mes objets, les lumières.

Et la première infusion de ma belle théière? Et bien je n'ai pas réussi à patienter... sa première infusion, son culottage de départ, sera pour cette nuit.
Je n'ai pas pu lui réserver des feuilles sèches mais lui ai laissé les feuilles de la 4ième infusion pour sa 5ième toute personnelle. De quoi la destiner aux oolongs peu oxydés voire moyennement. Mon zhong en terre, lui, sera dorénavant pour les oolongs fortement oxydés.

Allez les présentations, de dos... et plus osé !

Rajout: Francine nous raconte ces moments .

mercredi 2 novembre 2011

Samhain et Tim Burton Halloweenien

Je ne sais pas si j'aime vraiment Halloween, je crois que je lui préfère plutôt cette atmosphère de fin d'automne, de rentrée dans l'hiver qu'est la fête celtique Samhain (Samain ou Samhuinn, à prononcer sau-îne), j'en parlais là. L'idée d’engranger la nourriture, de ramener les troupeau aux abris à cette date pour l'hiver me plait. Les sorcières, elles, sont plus liées à des dessins d'enfants, des illustrations de contes (spécialement Jean-Baptiste MONGE et son livre illustré avec Erlé FERRONNIERE, "Halloween, sorcières, lutins, fantômes et autres croquemitaines")... mais pas d'art divinatoire à la maison.

*je ne me lasse pas de celle-ci

Ici c'est envie de rentrer au chaud et de commencer un cocooning ensemble. De mettre aussi de la chaleur et de la lumière autour. Je n'ai pas sorti la citrouille vidée et illuminée, pas fait mon milla très régional, pas allumer ma petite bougie dans sa lanterne adéquate.... nous avons juste sorti les pommes au four, les clémentines, le thé chaud.

Cette fois-ci un thé indien aux épices, un Kashmir Tchai, choisi juste pour le chaud, les notes puissantes, poivrées et suaves. J'ai rajouté un nuage de lait et un bâton de sucre candi. Et j'ai croqué dans ma citrouille de pâte d'amande (de Patrick ROGER bien-sûr)...

Et puis c'est vrai quelques références à Jack O'lantern... celui de Tim BURTON bien-sûr, Jack Skellington de "L'étrange Noel de Monsieur Jack"...


et quel plaisir de me délecter de ce livre, reçu pour mon anniversaire il y a quelques jours: "Tim Burton", celui de son exposition à New York, celle qui viendra à la Cinémathèque de Paris en mars 2012. "L’exposition retrace son parcours : l’enfance à Burbank ; sa formation à CalArts, puis son travail pour les studios Disney et ses collaborations successives avec les grands studios hollywoodiens. Elle révèle son talent de cinéaste, d’artiste, d’illustrateur, d‘animateur et de photographe, dans un esprit qui mêle pop, gothique et surréalisme." (extrait issu du site de la cinémathèque)
Mais pour du visuel voici deux vidéos: une étant un clip fait pour l'exposition, l'autre un interview avec Barr Gilmore.



Je ne me lasse pas de son film d'animation, entre autre... j'en parle ici, , et .

vendredi 9 septembre 2011

Se préparer à être marraine

... la vie a de ses soubresauts!


Un thé blanc parfumé, Pavillon de laque, et quelques noisettes (noisette entourée de sucre, sorte de dragée sans chocolat... et à la noisette) qui me viennent de mon grand-père, parti depuis longtemps. Une infusion douce de ce Yin Zhen, parfumé à la mauve et aux épices douces (dont cardamome et un soupçon de fleur d'oranger ?!), presque meilleure infusée à froid.
Et mes pensées. Quelques unes couchées sur le papier pour M.,

quelques griffonnages pour mettre ses traits sous les miens... le dessin n'est pas beau, il restera avec moi, la lettre sera pour elle.

samedi 2 janvier 2010

Thé, lait et terre: tibétain et Pu'er

Nous avons pris trois jours de vacances, le petit d’homme et moi. Nous sommes partis chez une de mes amies, la plus ancienne, cela fait 15 ans que nous le sommes. Une de ces amies que je ne vois que peu (voir une fois tous les 5 ans) mais avec qui je garde une relation privilégiée, comme si nous étions encore au téléphone la veille.

Nous étions près de leur ferme, à elle et son amoureux, près d’Ancenis. Alors en revenant, j’ai bu, juste pour le plaisir de me rappeler le séjour, un thé aux allures tibétaines


J’ai pris du lait cru et entier de leurs belles vaches, du beurre demi-sel et un thé noir comme il faut (ici un Pu’er compressé de 2006 Shu cha de « Terre de chine »).

J’ai sorti un bol de bois pour que le gras du beurre et du lait se colle à la matière. Pour que l’huile devienne elle aussi une part de l’acte de dégustation. J’ai bu en laissant déborder le liquide sur mes lèvres. Et j’aime.


Autant avec le temps, ma propension a aimé le lait s’est réduite à presque néant, autant ce lait là est savouré. Est-ce les papilles plus en éveil, cette impression aussi d’une offrande de la part de mon amie ? Ce lait d’hiver entier est délicieux. Est-ce aussi parce que maintenant je sais y lire le geste derrière le liquide blanc et opaque. Geste de la machine pour les traites de 7h et 18h, mais aussi les miens, doucement amenés près d’une vache au très bon tempérament et aux pies faciles. Est-ce aussi cette impression de découvrir de manière fugace ces foins secs, séchés par leurs soins, dans les arômes du lait ? J’ai ressorti pour l’occasion mon contenant à crème venant de suisse dont je n’ai jamais su quoi faire et pourtant si beau avec sa marmotte et son edelweiss… et les vache, veau et bœuf du lutin.


Oui, le thé ainsi n’a plus le même goût. Oui j’ai pris un très bon Pu’er pour ce côté étable, terreux. Il a sûrement été un peu malmené par le crémeux, le beurré. Mais quel plaisir au palais ! Un plaisir d’hiver, un plaisir avec le vent sur le visage, les mains froides toutes rapprochées, se réchauffant doucement au bois du bol, une chaleur plus souple, moins agressive, une chaleur plus progressive. Oui le thé n’est que derrière, presque en retour de goût mais quel plaisir d’avoir un très bon lait et un très bon thé.

Bien sûr, depuis notre retour, c’est mon petit-déjeuner ! Un thé « tibétain » et quelque fois c’est un thé noir cingalais qui accompagne le lait et le beurre…:
soit pour deux bols en bois : 1/4 litre d'eau, 1/8 litre de lait entier, 10 grammes de beurre demi-sel, 7 à 8 grammes de thé noir en brique. Faites infuser le thé dans l'eau jusqu'à frémissement, rajoutez le lait et laissez frémir 3 ou 4 minutes. En sortant du feu, incorporez le beurre et fouettez le mélange. Passez le et servez chaud!
C’est impressionnant que ce séjour sans thé m’appelle de dégustations de thé. La terre, riche et grasse, et l’air plein, presque palpable, avaient une odeur de Pu’er. L’étable au loin, quelques bouses sèches au sol (paradoxal avec l'humidité ambiante), de la pluie et de la bruine. Ce n’était pas une odeur animale mais bien de terre.
Mon Pu’er impérial 4 ans d’âge de « La route du thé » fut de sortie. L’odeur du thé est différente, en fait : plus de sellerie et d’écurie. Mais le goût me ramène à la terre, bien riche.

jeudi 4 décembre 2008

Thé à boire et à manger... au Tibet

"Le matin, ils "suçaient le jiaka". Une pâte faite de farine d'orge grillé et de lait caillé était chauffée sur le fourneau et placée sur un des côtés du bol. On versait ensuite du thé au beurre dans l'autre portion du bol. En buvant son thé, la famille tournait les bols de façon à ce que le thé absorbe le jiaka, le dissolvant graduellement. On n'avait pas besoin de couverts. La première fois qu'on a donné à Wen son petit déjeuner, elle a bu tout le thé d'un seul coup puis à demandé à Zhuoma comment manger le jiaka. Toutefois, l'habitude prise, elle a aimé cette sensation de boire en partie et de manger en partie, et a retrouvé une façon de ne pas se brûler la bouche."(extrait de "Funérailles célestes" de XINRAN)


*orge préparé au Tibet pour le jiaka, la tsampa...

... de quoi poursuivre une impression d'authenticité autour d'un thé tibétain... vous vous souvenez ce thé au beurre de Yak... et ce dernier comme crème nourrissante

mardi 30 octobre 2007

Un Roi des thés sculptés...humeur fuschia

Je me mets au chaud avec une boisson dorée....un thé bien sûr!

Le "roi des thés sculptés"...thé vert, façonné à la main (à la manière chinoise) avec des fleurs d'œillets
...merci Maijo.

La photo est truquée: j'ai préparé ce thé dans une théière normale mais pour voir sa magnifique forme...je l'ai transvasé... Moi qui suis une véritable amatrice de thés, je bois mon premier thé sculpté. En plus de ce goût de thé vert légèrement parfumé, la couleur et l’odeur chaude, pas entêtante, d’un bon thé, se rajoute une superbe « éclosion ».

jeudi 19 avril 2007

Thé aromatisé...de facéties

J’aime les thés purs, sans artifice, sans pétales, sans écorces, sans essences supplémentaires…une puriste qui ne connaît, au comble, même pas le rituel du thé !!
Pourtant dans la journée, quand ma tête bourdonne et que mes mains frétillent sur le clavier ou sur une feuille de papier avec un crayon, il m’arrive souvent de prendre un thé aromatisé.
Et pourquoi pas ? Faudrait-il ne considérer cette boisson que comme un ersatz du thé ou une simple tisane à base de thé ?


C’est vrai que lors d’une belle réflexion ou d’un moment dédié à la création pure il me faut un thé vert, blanc, fumé, semi-fermenté, rarement noir. J’aime retrouver dans ce breuvage la précision du goût : une saveur qui n’a besoin d’aucun complément pour vivre en bouche.
Mais ce matin, j’ai envie de sucreries et pour palier à cette tentation, j’ai pris un thé aromatisé avec comme des pastilles dedans. Vous les voyez ?



Des smarties dans du thé, le goût est plus fade et loin d’être sucré mais j’ai satisfait ma « tentation » (le nom de ce thé).