Je ne voulais pas d'un blog journal intime... diariste peut-être, mais en privé. Pourtant, je m'effeuille émotionnellement de plus en plus souvent... peut-être grâce à ce respect des commentaires reçus...
Etre maman n’est pas une évidence. Se préparer à l’être, non plus.
J’aurais aimé pour cela faire partie d’une société de rites, où un accompagnement de la femme enceinte, de l’accouchement et du premier mois de l’enfant est une évidence.
Malgré notre très belle approche de la naissance par l
’haptonomie, je trouve qu’il nous manquait quelque chose.
Les
femmes de ma famille, garantes d’une « certaine » conception de la naissance, m’avaient recommandé de ne pas prendre la péridurale pour connaître le rite initiatique de la naissance et être une vraie femme. Quelle déception de ne voir dans la grossesse et l’accouchement que cette étape (forte en émotions et en douleurs, même avec l’ « antidouleur » injectée) ! Ma grand-mère maternelle, ancienne sage-femme, m’a donné des cours de respirations : le « petit chien » et la respiration longue… j’ai été très émue, Mam, par ce partage (même médical ?!) de génération à génération, même si ces cours n’ont servi que peu.
J’ai juste été floutée par un accompagnement de parole insatisfaisant. Faut-il
reconsidérer la présence d’une doula comme un passage obligé pour retrouver
cette transmission de femme à femme. Les sociétés dites primitives et les ethnies de l’oralité ont gardé
cet aspect affectif, englobant, et médical et de soutien. Notre bout de chou est arrivé avec l’aide d’une sage-femme fabuleuse, merci Isabelle… (J’aimerais te dire en face notre bien-être entre tes mains !). Pourtant prise dans l’étau d’une maternité moderne, sans propositions alternatives, avec un emploi du temps surchargé d’une nuit de pleine lune, elle n’a pas pu nous proposer plus que son enthousiasme…
Une doula, accompagnante à la naissance, réinvestie suite à un manque (ou à un quiproquo entre le personnel médical et les émois, doutes, d’une « primipare » -quel terme odieux-), est-elle notre seule porte de sortie à cette solitude affective de la grossesse et des premiers « chocs » émotionnels d’après la naissance ? Faut-il encore qu’elle ne surpasse pas ses compétences d’écoute : intermédiaire, interprète des termes médicaux, elle n’a aucune fonction médicale. Catalyseur des peurs, elle est là pour nous aider à exprimer nos doutes… elle peut être aussi cet interprète de nous-mêmes (sans même considérer une de leur compétence possible : le langage des signes !).
Je ne sais pas…
Je remercie ici, Georgette, notre haptothérapeute, ancienne sage-femme, pour cet accompagnement formidable qu’elle nous octroie, encore, avec générosité et sans compter son temps… j’ai retrouvé avec elle cette liberté d’expression, dans l’affectif et le respect.
Je retrouve maintenant un état d’esprit libre. Je suis maman, oui, une maman comblée, de lui (notre fils), de nous (notre couple) et enfin de moi (enrichie de découvertes, d’écrits, de partages…) Et je peux dire que mon accouchement, médicalement assisté, n’a pas été une anesthésie de mes sensations, de notre parcours à trois (enfant-mère-père), vers cette naissance à l’air libre.
Je voulais te dire, notre enfant, déjà autonome (est-ce si ambiguë que cela ?), que ton arrivée aux yeux de tes proches a été saluée, avec peut-être plus de retenue qu’ailleurs mais avec une joie contagieuse.
Ton grand-père paternel (accompagné par ta grand-mère paternelle, silencieuse, émue aux larmes), par son obédience religieuse, a salué ta venue… transi, dans une salle d’attente. Ta famille du côté maternel a été émue à sa manière : pas beaucoup de mots mais des enlacements inhabituels, tenus.
Ces femmes familiales et amicales ont aussi ramené une part d’elle à ce moment-là…l eur inaptitude, pour certaines, à accompagner par l’affect vient peut-être de plus loin mais là j’ai été comblée.
Je me rappellerais toujours : ces bouquets de fleurs, ces strudels aux pommes achetés au marais, ce tajine tunisien, ces wagashi (pâtisseries japonaises) de chez Minamoto Kitchoan avec leur magnifiques emballages,

des doudous pour le petit être, ce livre sur les bébés du monde qui me suit depuis pas à pas, cet autre sur l'allaitement et surtout sur les émois (des premiers jours, premiers mois après), ces quelques capucines cueillies au jardin le matin même de la naissance de notre merveille… ce fut un don d’elles, intense…
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source
Pour le reste, ce livre pour s’imprégner d’autres coutumes…
"Bébés du monde" de Béatrice FONTANEL et Claire d'HARCOURT.
Et celui-ci, même pour celles qui n’allaitent pas, peut-être surtout pour elles…ou comment se ressourcer, nous, parents, seuls et avec son enfant…
« L’allaitement de mon enfant, toutes les clés pour un allaitement réussi » de Marie-Dominique LINDER et Catherine MAUPAS