Waouh...
Merci Fred
"... Je suis comme je suis... Je suis faite comme ça... Que voulez-vous de plus... Que voulez-vous de moi..." Jacques Prévert
Qui donc nous montre le(s) sien(s)?
Bellesahi nous montre les siens ici et celui de la petite poulette là. (En fait, ils sont tous à la petite poulette!)
Maijo nous montre le siens qui l'ont suivi d'Equateur à Lyon ici
Miss fenêtres sur la cour nous présente son bourlingeur, pas si râpé, venu d'Afrique (un ancien) ici
Béatrix nous livre sa vision virtuelle de son ours en peluche et les histoires qui vont avec là
« « Ca s’appelle un teddy bear. C’est beau, hein ? »
*source photo
« « Viens, Michel, on va aller voir ça ! »
Aller voir ça ? Où ça ? Quand même pas dehors !
Il se retourna et nous nous dirigeâmes à pas de géant vers la porte d’entrée de l’appartement. Je me mis à me débattre. (…)
« Arrête de te débattre comme ça, Michel, on s’en va voir un des plus beaux spectacles du monde ! »
Ca, un beau spectacle ? Mais c’était l’horreur ! C’était plein de boules de feu qui frôlent les jupes des femmes et qui brûlent tout sur leur passage ! Sans compter les fessiers ! Sans compter la senteur d’enfer ! La boucane ! Les flammes ! Un brasier ! Mon père m’emmenait dans un brasier !
Il ouvrit toute grande la porte ; une trombe d’eau tiède nous submergea d’un seul coup et je me dis ça y est, c’est là qu’on meurt ! (…)
« R’garde si c’est beau, Michel ! R’garde ça si c’est beau ! »
Beau ?
Mais c’était la fin du monde ! (…)
« Garde pas les yeux fermés comme ça….Ouvre-les. Pis regarde ça… »
(…) La pluie nous tombait dessus, les éclairs éclataient, suivies du tonnerre qu’on prétendait si dangereux, les arbres étaient secoués par un vent violent et produisaient un bruissement qui aurait dû me terroriser, mais plus rien ne semblait dangereux parce qu j’étais à vingt pieds du sol, dans les bras de mon père qui, par la seule force de sa volonté, faisait en sorte que rien ne m’arrive !
Rien ne pouvait m’arriver !
Protégé contre tout mal, rendu invincible par la présence de mon père qui affrontait la tempête au lieu de se cacher, j’étais l’enfant le plus heureux du monde.
J’étendis les bras dans la tourmente, levai la tête, ouvrit la bouche pour boire l’eau qui tombait du ciel. Comme c’était beau ! Mon père entonna aussitôt sa chanson favorite, Sous les ponts de Paris, dont il ne savait pas la moitié des mots et qu’il assassinait avec un évident plaisir.
C’était faux, pas très joli, mais c’était aussi le plus beau concert de l’univers.
Un temps assez long se passa avant que l’orage faiblisse, puis finisse par s’éloigner. Nous en vîmes toutes les étapes, tous les caprices, et lorsque ce fut terminé, mouillé jusqu’aux os mais visiblement ravi, mon père me dit avec un grand sourire :
« Jure-moé que t’auras pus jamais peur d’un orage électrique ! »
Dans tous ces récits, il reste de très belles images d’enfance : se réfugier sous la table pour écouter les conversations de grands ; être présenté à un ourson en peluche affreux et mal finis comme lors d’une première rencontre entre amis ; se rappeler être dans les bras de son père, tout jeune enfant, et voir la maison d’au dessus, avoir l’impression de voler dans ses bras sécurisants, répondre au téléphone accroché dans l’entrée juste pour dire : « « Chus dans les bras de mon père pis c’est la plus grande aventure de ma vie. ! » ; croire, enfant, que l’on peut acheter les hommes, ou leur âmes, et se rappeler qu’une grande personne propose de penser par soi-même…