mercredi 12 novembre 2008

Tu vois, je peux changer

Albin de La Simone, "J'ai changé"... parce que sa voix et son univers me plaisent...
tu vois, j'ai changé, ne t'inquiête pas... tu vois j'ai changé, je peux changer...

une petite parenthèse dans un monde où il me faut changer...

vendredi 7 novembre 2008

Thé Mû, avec un ginseng qui yanguise

Mon colis Swap Thé est arrivé auprès de ma swappée, Francine. Il n’y a pas de hasard, je suis tombée sur la passionnée parmi nous-toutes. Et pour répondre à la demande du contenu du colis, offrir une infusion, je lui ai proposé une petite facétie : un thé Mû. Bien entendu ce mélange n’a rien à voir avec le thé, comme le roobois, appelé thé rouge, ce « thé » a une appellation frauduleuse. Il s’agit d’une composition créée par Georges OHSAWA, le fondateur de la macrobiotique. Je n’ai pas encore les moyens de vous faire un billet sur ce concept thérapeutique et alimentaire. En attendant je vais tout de même vous proposer un thé Mû.
Les ingrédients sont plus ou moins nombreux, 9 ou 16 plantes dont plusieurs récoltées en haute montagne. Celui offert à Francine est composé d’extraits de pivoine, de racine de persil, de chardon, d’écorce d’orange 23.7%, de réglisse, de cyprès, de cannelle, de hoelen, d’amande de pêche, de clou de girofle, de racine de pivoine, de ginseng 0.3% et de coptis japonica… Le thé Mû n° 16 est moins puissant que le n°9, il sert de tonique général.

photo de mon paquet de thé Mû, avec sa théière argentée (pour le nom) sur le devant et son gingembre qui n'a pas grand chose à faire là.

Mais qu’est ce que cette infusion a de spécial ? Appelée « Harmonie de l’homme avec l’univers », elle représente une des seules boissons acceptées par les macrobiotes avec le Kukicha (thé vert japonais, dit de 3 ans), le bancha (thé vert japonais) le « café » (ou plutôt céréales torréfiées) yannoh et les « thés » de kombu (algue), d’umébosis (prunes lactofermentées japonaise) et de céréales torréfiées. Pour la macrobiotique, boire se fait avec parcimonie, de l’ordre de 3 verres par jour pour ne pas surcharger les reins. Les boissons quotidiennes aident à maintenir et améliorer l’état de santé et le bien-être physique et mental, au goût agréable mais n’excitant pas le goût !

*source du Jing shen, « Essence Esprit », ginseng … très humain ici

De plus, ce savant mélange permet de profiter des bienfaits du ginseng considéré comme une panacée en pharmacopée.
« Le Ginseng, la racine de ginseng, les potions à base de ginseng sont donc censées « restaurer l'essence (Jing), favoriser l'énergie (Qi), éveiller l'esprit (Shen) et ont toujours été considérées, en Chine et dans tout l'Extrême-Orient, comme favorables à la santé, à la vitalité et à la sexualité.
En effet, le Jing (principe essentiel) se manifeste dans le sperme, le Qi (énergie vitale) puissant facilite l'érection et l'esprit (Shen) éveillé motive l'imagination et la créativité. En médecine chinoise classique, le ginseng est donc classé au tout premier rang des « Neuf Plantes Royales » depuis le Bencao (Pen Tsao) (Pharmacopée) attribué à Sheng Nong et datant, suivant Needham, du second siècle avant notre ère. Suivant cet ouvrage magistral : « Il répare les Cinq viscères, rééquilibre le corps (Xing) et l'esprit (Shen), prolonge la vie (Sheng), renforce l'énergie (Qi), accroît l'essence (Jing) et facilite la reproduction ». »
extrait du site à aller visiter

Le thé Mû permet de yanguiser la personne, voir ici. Pour comprendre la macrobiotique, il faudrait expliquer la yin-yiologie et le principe du yin et du yang. Très maladroitement on pourrait dire que nous avons suivi, avec la richesse des pays surdéveloppés, une erreur d’alimentation considérable. Moins de produits sains ou les plus bruts possibles, trop de produits d’origine animale et trop de sucre… trop de yin. Le thé Mu sert alors au quotidien et renforce les organes féminins, règle la faiblesse de l’estomac. Il est destiné aux personnes de type yin, affectées par le froid, en surconsommation de sucre ou en sampaku yin (jargon macrobiotique pour dire visage dilaté et blanc apparent en dessous de l’iris quand ce dernier devrait être centré).

Mais encore faut-il prendre les principes macrobiotiques avec toute la rigueur et la critique possible, j’en reparlerais.
Sinon, pour employer cette infusion tonique pour toute la famille, c’est comme ça :

« Faites bouillir une dose de 6g durant 4 minutes dans un litre d’eau. Filtrez et servez. Si vous ne voulez rien perdre des précieuses qualités du Thé Mû, vous pouvez faire une seconde infusion avec le marc en le faisant bouillir 30 minutes dans un litre d’eau. » (extrait de « Livre de la cuisine naturiste et macrobiotique », de Elza VAN DER SEELEN et Annette GEVAERT )

mercredi 5 novembre 2008

Un carnet se remplit...

... de moments de vie, d'exercices créatifs pour réfléchir et aller plus loin, d'astuces culinaires, d'exercices de shiatsu... de dessins au jour le jour... cela fait 3 semaines que ces petits croquis reviennent ici et là...
même un tour chez le médecin permet de piocher dans les magazines quelques publicités ethniques et envoutantes...
un hiver indien de H..s... ou un yack tiré par une donzelle...


même en allant chercher notre lutin chez la nounou, cette statue est croquée, un peu avant d'être mise à la porte du square (fermeture d'hiver à 17h15!)...

Feuilles en vrac, plaisir au complet

Voilà, il faut que je tombe à chaque fois sur une swappeuse qui me comble encore et encore. Mon colis est arrivé… bombé, bombé. Des feuilles partout… en vrac, en mélange, reliées, en gelée, en papier… rappelez-vous j’étais inscrite pour le plaisir, encore et encore du thé.

Katell, que je connais par ailleurs depuis quelque temps pour son blog, Chatperlipopette, aux mille livres, aux avis tout de sensibilité et d’à propos, aux prises de position, aux festivals culturels et aux moments poétiques… et aux chats. Katell, que je connais aussi pour ses attentions douces, discrètes et pourtant toujours présentes… c’est elle qui ne s’est pas limitée à ce que le colis devait contenir : je ne vais pas me plaindre, je suis comblée.

Je vous disais donc, des feuilles tout plein… des feuilles de thé bien sûr. Grâce au mini Swap thé de Loula j’ai reçu de superbes pochettes rouge cachet de cire aux étiquettes évocatrices : Thé du Tibet, Thé blanc, Pu’er, Genmaicha, Tisane du Berger… et deux sans étiquettes… un pot de gelée et ce qui a l’air d’être… un livre.

Et après un déballage outrageusement vif : un marque page qui m’emmène dans les déserts de Mauritanie… ben oui, le bleu du fond ne m’empêche pas de voir dans ce thé servi à grand jet, un thé fort dans un pays de chaleur….

Une encre de Mamzelle Katell… une théière bleue aux idéogrammes… Je suis très touchée et très enthousiaste… je la trouve magnifique et ne peux que m’incliner devant ce beau brin de pinceau !

Des thés en vrac :
Thé du tibet, thé parfumé très doux au parfum fabuleux, que je bois en ce moment pour écrire ce billet… et je n’arrive pas à trouver sa composition… mince, je vous en reparlerais.
Un Genmaïcha qui « se compose de thé Sencha, de riz grillé et de maïs soufflé. Les céréales ajoutent un arôme grillé distinctif » nous indique Katell. Oui un thé très intéressant que j’avais goûté il y a fort longtemps avec bonheur, je vais pouvoir faire perdurer ce beau moment.
Un thé blanc, un Pan Mu Tan, un nouveau thé blanc pour redéfinir le goût de cette pivoine blanche… de quoi préparer une belle comparaison avec mon Bai Mu Dan !
Un Pu’er (et moi qui n’ai jamais goûté vraiment) … une vraie excitation !
Katell, en suivant mon petit chemin de thé, m’offre là de quoi continuer, amplifier, peaufiner toutes mes dégustations. Un peu de fantaisie et du nature, de quoi fournir une liqueur à chaque moment de ma journée.

A cela s’ajoute une « tisane du berger », tilleul et verveine ou fleur d’oranger en vrac… il va falloir que je regarde mieux et que je goûte… de quoi me rappeler de très bons souvenirs de tilleul avec mon grand-père maternel… dans une tasse chaude, pris à l’extérieur quand les jours se font frisquets, au coucher du soleil… et sous le tilleul donateur !
Et une gelée au thé de jasmin, maison… oui je crois qu’elle va attendre une belle brioche maison… ou des scones… je pense qu’elle ne patientera pas bien longtemps.

Et puis « Le Thé dans l’Encrier » de Gilles BROCHARD. Celui, revu et corrigé, augmenté de cet écrivain amateur de thé et de littérature. J’avais lu son premier jet ici avec des illustrations de thé… mais là, ce livre relève encore de nouvelles saveurs. De nouvelles escapades nostalgiques autour des auteurs, des compléments, un parfum d’audace aussi en lisant les retrouvailles qu'il a eu avec Francine quand moi j’y espère une rencontre.

Merci infiniment Katell... et merci Loula pour cette organisation porteuse de bonheurs partagés!

Quelque chose de l'océan et quelque chose de la montagne

« Cette dernière expression résumait à elle seule l’idée que se faisait le directeur de la meilleure façon d’accompagner le riz du déjeuner. (…) Par « quelque chose de la montagne », il fallait entendre tout produit de la terre tel que le bœuf, le proc, le poulet (l’idée était en réalité qu’au sein de la classification générale opérée entre « océan » et « montagne », la viande relevait plutôt de cette dernière catégorie, le bétail étant élevé sur la terre ferme) ou les légumes, et par « quelque chose de l’océan », du poisson ou tout plat à base de fruits de mer, comme le ragoût de Tsukuda. En plus du riz, le panier-repas devait contenir au moins un aliment de chaque catégorie. » (extrait de « Totto-chan, la petite fille à la fenêtre » de Tetsuko KUROYANAGI dont je parlais )




Encornets aux poireaux à la sauce vertePour 2 personnes
500g d’encornets
1 kg de poireau (vert conservé)
1 brique de soja cuisine
Du sel
1 bourgeon de gingembre frais
1 échalote
1 carotte
1 cuillérée à soupe d’huile d’olive
1 poignée de pignons

Séparez la partie verte des poireaux de la partie blanche. Après avoir coupez finement les deux parties séparément, lavez les à l’eau avec soin. Faites blanchir la partie verte 5 minutes dans de l’eau salée bouillante. Passez les lamelles vertes sous l’eau très froide et égouttez-les. Mixez- les avec la crème de soja et réservez.

Emincez l’échalote finement. Astuce : enlevez la première peau et le côté tige/germe, sans retirer le côté racine qui tient toutes les lamelles de l’oignon ou de l’échalote, coupez dans le sens de la longueur en laissant la largeur d’un doigt, puis émincez facilement. Epluchez et émincez finement le gingembre. Dans une casserole à fond épais avec l’huile chaude (qui crépite autour d’un morceau d’échalote), mettez l’échalote et le gingembre. Tournez et quand le mélange s’assèche ajoutez une pincée de sel qui va faire suer nos condiments. Tournez encore et attendez que l’échalote transpire et devienne transparente sans brunir. Rajoutez les blancs de poireaux et la carotte coupée en julienne. Tournez et dès que le mélange s’assèche, une pincée de sel pour que les légumes transpirent. A feu moyen, continuez la cuisson en vérifiant que les légumes n’attachent pas. Si c’est le cas, mettez un peu de la sauce verte préparée juste avant.
Lavez les encornets, retirez les yeux et le « bec » en séparant en trois la bête (corps, la partie des yeux, tentacules cf. première photo page de gauche au centre), la poche intérieur et le cartilage… pour les plus chanceux, rien à faire si ce n’est bien les rincer (encornets surgelés) et de séparer la partie tête de la partie corps. A 5 minutes de la dégustation, rajoutez les morceaux d’encornets et attendez le changement de consistance : de transparent opaque à blanc vif et plus rigide, sans être caoutchouteux. Servez avec la sauce verte et des pignons poêlés à sec et à moitié écrasé.

lundi 3 novembre 2008

Entrée par la porte de service, ChaJin

Pour des raisons stratégiques, je n’ai pas pu vous livrer ce billet alors que l’envie était bien présente.

Je suis allée le jour de mon anniversaire au ChaJin, vous savez cette maison de thé de la découverte des thés verts japonais. Mme NEGIAR m’avait prévenue : venez quand vous avez du temps, c’est mieux. Alors j’y suis arrivée à 13h45. Je ne savais pas qu’un déjeuner est possible sur place, un plat léger au thé accompagné de thé est proposé tous les jours. Moi, j’étais arrivée les mains vides, après avoir mangé cependant de quoi me mettre dans l’ambiance : une soupe miso maison, avec carottes, champignons de Paris, wakamé, tofu ferme (à défaut de soyeux) et miso doux. J’avais terminé mon repas par un petit yukan.

Là je me suis sentie chez moi très vite. Une jeune femme finissait son déjeuner et tout de suite je me suis retrouvée à partager la conversation avec l’hôtesse et cette cliente. C’est une des particularités de Mme NEGIAR je crois, à chaque client, vous êtes englobé, vous faites partie intégrante de la maison de thé… ainsi les discussions sur les bienfaits du thé, les mélanges (oh comble de l’hérésie !) de thés noirs et verts voulus par une petite dame, les coulisses des productions et des importations de thé, les salons, les forums… tous les sujets sont débattus, à cœur ouvert, entre tous.
A la table c’était une demoiselle, jeune maman, partie quelques années au Japon. Grâce à leur conversation en cours, j’ai pu entrapercevoir le vrai esprit des cérémonies de thé. La maison de thé vert Cha Jin comporte aussi une salle pour les cérémonies. Même si j’ai cru comprendre que les cours donnés l’année dernière ne seraient pas forcément continués, il a été question de manière de procéder. Ces dames ont parlé des nombreux courants et de la personnalité, forte, des maitres de thé. La demoiselle cherchait un nouveau maître pour continuer sa formation commencée 5 ans plus tôt au Japon.
Ainsi je suis rentrée, très vite, dans un univers encore inconnu… C’est vraiment là que j’ai découvert être très loin de saisir toute la grandeur de la voie du thé japonaise chado et des cérémonies. Comment donc distinguer les écoles Urasenke, Omotesenke et Mushanokojisenke. Et dire qu’il ne faut pas, pour être respectueux, ni prendre de photos, ni prendre de notes, ni poser de question… la voie du thé et son apprentissage doivent se faire au jour le jour, par l’expérience et les erreurs… et ce vrai échange entre maître et élève. Ma maladresse a été aussi remarquable (remarquée ?!) pour aller aux lieux d’aisance (une demi-journée à savourer le thé permet une « libération des toxines »)… des pavés et un jardin de petits cailloux (que je n’avais pas vus)…soit un pas de pachyderme et des cailloux qui sautent sous ces pas de parisienne pressée (mais, mais non !).

Mais pendant ces quelques 3 heures, qu’as-tu bu ? Et oui parce que l’objectif était bien là, boire du thé et en ramener dans mes bagages d’amatrice…alors assise au bar, j’ai dégusté un gyokuru. Sur mon plateau à thé individuel, ma tasse et un usamachi (2nde tasse pour refroidir la liqueur entre deux tasses), 1ère infusion, seconde, troisième. Un vrai délice, doux. Je n’ai pas retenu de ma dégustation assez pour vous en faire part mais je l’ai acheté… à la première dégustation maison, je vous en parle mieux.
Je me reproposerais cette petite anecdote gustative particulière, offerte là-bas : manger le thé gyokuru, oui les feuilles mouillées, à la fin des infusions, … avec un trait de shoyu, à faire (thé bio !)!


Je serais bien partie avec un natsume même si c’est plutôt un Cha ire (et son shifuku) qui me tentait encore plus, quoique tout me tentait (voir ici les différents ustensiles )… mais ces objets sont bien trop précieux et symboliques d’une démarche pour qu’ils viennent chez moi pour l’instant. Je me suis tout de même offert une première marche à ma voie du thé japonais, un chawan mi-saison, utilisable en été et en hiver et un chasen. Il fallait bien, j’ai acheté un matcha aux effluves de sakura, sans être aromatisé, un « précieux », celui même que j’avais goûté des mains de son producteur japonais.



Et puis, parce que je suis gourmande, dans mes bagages, il y avait aussi des pâtes d’amande d’un maître confiseur, nature et au matcha… à tomber !

Rajout: et Kris en rajoute une couche sur les Cha ire