jeudi 21 juillet 2011

Un zhong pour la présqu'île et un Bao Zhong milésimé

Allez, il me fallait bien le baptiser celui-là: mon nouveau zhong tout petit et tout blanc sans aucune marque sauf sous la tasse. Je me suis préparé un oolong de Taïwan à même le sol. Et quel oolong, un Bao Zhong Antique Millésime 1999. En face des dernières fleurs de goyavier, des futures pommes d'automne et de la route qui s'éveille.

Un thé après la promenade à vélo du petit matin, le seul moment de la journée sans chapeau (à 8h30), un tour au marché (où je ressors fière de mes fanes, feuillages, "cœurs de bœuf", "noires de crimée" et "ananas", les tomates, et de mes bâtons/poissons) et le massage du dos.

Là, un temps de repos.
Avant le démarrage des petits diablotins, le lutin et son nouveau copain, déchainés.
Un thé avec le chapeau posé, non pas remplacé par une ombrelle ou un parasol, ni par un parapluie comme hier... non non je suis à l'ombre. Une première infusion, à même le sol mouillé; les suivantes, à l'intérieur, la dernière avec un petit déjeuner, yaourt de brebis et poiret (mélasse de poires et de pommes).
Juste avant de repartir au four et au moulin (le four pour une tarte aux abricots, encore une sur commande de fin de repas chez ma grand-mère "Aux citronnelles", et au moulin, peut-être ce soir, j'en reparlerais).

Je suis à nouveau contente de sentir le thé. Un Bao Zhong Antique, odeur des feuilles sèches sucrée et acidulée. Des feuilles bien torréfiées, torsadées, brun/vert avec des reflets comme cuivrés. Odeur de la liqueur, limpide et doucement orangée, de fruits rouges sur le couvercle du zhong, plus pyrogénée ensuite. Au goût, c'est au début de la douceur, sucrée de fruits rouges, puis un peu plus vert, presque d'écorce. La longueur en bouche laisse plus une impression de céréales torréfiées.
Les feuilles s'épanouissent bien même si elles ne sont pas entièrement ouvertes à la troisième infusion.

Un thé, dégusté encore trop vite, avec la tête encore pleine des activités futures... mais un thé de réconfort, de "vacances", d'envies... pour faire une pause de lectures, pour redémarrer dans le froid et presque sous la pluie avec les idées plus claires.
Un temps personnel avant le temps commun de la maisonnée.

dimanche 17 juillet 2011

Vélo presque sans les mains

Il lui a suffit de 2 heures et sans les petites roues.

J'ai cru pendant 5 ou 6 allers-retours que j'allais perdre toutes mes formes mais non... après une bonne suée, c'était déjà fini...
tout seul...
et droit...
et aussi avec les pieds au niveau du guidon...
... il ne reste plus qu'à apprendre à freiner (comme quoi, y a pas à dire: la draisienne permet vraiment une approche de l'équilibre et de la dynamique impeccable) et à partir à la plage pour apprendre à nager.

dimanche 10 juillet 2011

Le soigneur des bourdons, le cueilleur des abricots

Autour de la table dans le jardin, il y a du sable, des plantes mellifères et nectarifères, des plantes comestibles, des onagres.

A côté, l'abricotier a donné tout ce qu''il avait. Les fruits tombent, sont cueillis sur l'arbre ou se perdent un peu dans les herbes hautes. Parce oui, le lutin a du mal à retrouver les abricots bien gros et oranges dans les herbes vertes ou même parmi les feuilles de l'arbre, encore une influence du daltonisme. Et nous mangeons ces abricots énormes, juteux et non farineux, très sucrés mais aussi assez acides. Des tartes, des fruits au four ou des crèmes... des bocaux, des glaces...


Et puis il y a dans ce sable, cette plage reconstituée à nos pieds, des insectes qui s'embourbent un peu dans le sable. Des limaces tombées de l'abricotier avec les fruits et qui meurt de ne pas laisser libre leur orifice respiratoire. Des perce-oreilles (et les punaises vertes au bord extrêmes des ailes grises, aux antennes rouges que l'on laisse tranquilles de peur d'être empuantés) tombent aussi de l'arbre et se carapatent très vite. Des coccinelles qui volent sans vraiment savoir se poser (est-ce des toutes jeunes "dépupées"?) Elles prennent leur temps pour s'en sortir, doucement, doucement.

Et puis il y a les bourdons... Ils sont nombreux ceux qui semblent à bout de force sur le sable en plein soleil. Alors le petit d'homme les prend en main, leur apporte une goutte d'eau et les mets à l'ombre. Et ils repartent... pour la plupart.
Ils boivent, se nettoient le thorax, les yeux, les ailes, bougent leur abdomen avec précipitation et lèvent les pattes s'ils nous sentent très pressant, trop "caresseurs".

C'était l'occasion de faire un point sur eux. Des abeilles mâles ou faux-bourdons ou des bourdons terrestres ? Non, non, ce ne sont pas de faux-bourdons, les mâles des abeilles à la morphologie presque élancée d'une abeille en plus gros. Ce sont bien des bourdons, du genre bombus, trapus, avec leurs poils longs, soyeux, brillants et au dessin mettant en avant beaucoup de noir. Il y a des mâles et des femelles butineuses.

*source coupe et glande de Dufour chez les femelles hyménoptères

Seules les femelles bourdons ont un aiguillon. Mais comment reconnaitre les mâles des autres? Le dernier a fait un peu peur au chenapan... il sortait de son abdomen sa glande de Dufour bien rougeâtre mais on ne savait pas encore que ce n'était pas l’aiguillon. La glande de Dufour a des fonctions de reproduction, de marquage des fleurs et d'alarme... le doigt humecté du loupiot doit encore avoir la trace de l'alarme... le pauvre bourdon!

vendredi 8 juillet 2011

Un Pai Mu Tan délavé et une ombre de moi

Le thé sans matériel. Je n'arrive pas à retrouver ce qui fait cette sensation de sérénité... passagère, il va sans dire. Je n'arrive pas à poser mon esprit.
En fait, c'est un peu cela. Toute la journée est faite de gestes qui doivent être utiles. Cette utilité de la vie que je rechigne à suivre, souvent, aimant beaucoup les cheminements de l'esprit, ce temps, mort pour les autres, qui n'en ai pas un. Mais ici, le temps est compté, établi en tâches à faire, en sorties obligatoires, en étapes clefs.

La tension est latente, bien perceptible, capable de sortir en agressivité aux premiers soubresauts de passé ou de paranoïa de trahison. Quand à savoir si c'est ou non un effet de mon esprit, il faudrait que je couche sur le papier bien d'autres choses que ces mots là. Je n'arrive pas à décompresser des tensions familiales mais aussi de cette nervosité d'être chez quelqu'un d'autre, de ne plus avoir ses repères... de n'en avoir jamais eu... et de ne pas en vouloir.

Un thé. Un Pai Mu Tan bu tous les matins... et à d'autres moments. J'aurais pu me laisser aller à de nombreuses images qui amènent l’apaisement.
Les fleurs d'onagre qui s'ouvrent le soir concédant leur magie uniquement à ceux dont la patience a permis au bouton de s'ouvrir, très plissé tout d'abord, puis en quatre comme une étoile aux points cardinaux, puis la déchirure des sépales jusqu'à ce que l'un face son éveil à 180° et permette aux pétales d'exploser enfin ouverts.
Le carillon qui me plait tant et laisse murmurer le vent.
La pluie, drue ou en averses, dont le bruit sur les vérandas offre un tintement ou une percussion douce.

Mais là point de zhong. Je n'en ai pas amenés. Une tasse avec une passoire en osier, préférée à la boule à thé. Parce que je ne peux plus boire un thé sans admirer les feuilles sèches dansantes dans la tasse et augmentant de volume. Même sans matériel, j'aime qu'elles se déploient, j'aime les voir. C'est peut-être aussi pour cela que les théières fermées ne me donnent pas toujours satisfaction: la magie nous ai cachée. Avec le zhong je triche, je manie le couvercle toujours un instant de plus... de trop peut-être... pour admirer les feuilles, pour voir la première "dilution", le premier changement de couleurs.
Alors un Pai Mu Tan plus aussi frais, d'ailleurs il est un peu vieux, cela se sent. Les feuilles un brin trop sèches, presque en débris... et le goût moins clair, floral toujours mais... Il y a peut-être l'odorat qui me manque. Je me shoote au nez, je déguste avant de mettre en bouche... et là rien. Pas moyen, manque de matériel et les feuilles sèches, elles, restent un peu muettes.

Pas de sérénité, pas de temps pour se poser dans sa globalité. Si la nuit! Mais c'est impératif le monsieur aux aiguilles m'a dit que la nuit c'est fait - pour dormir 8 heures au minimum ma petite dame, sinon le lendemain la journée ne vaut rien, si, si -. Oui la nuit, mon esprit se libère, en dilettante. Parce que oui l'émulation intellectuelle me manque: partir d'un point, le définir, le malaxer, le digérer (ou presque, quand je ne le recrache pas), sauter à pieds joints vers sa continuité, autre et ailleurs, et revenir...

J'ai souvent eu envie d'écrire. Non non pas sur des blogs où malheureusement se mêlent aussi des maux répandus, impudiques, grotesques aussi, ouvertement lisibles juste pour mon petit égo et une sorte de rancune. Piètre bavardage! Mais oui, écrire des livres!! Quelle prétention!
D'une part, je n'ai pas de style. Cela se travaille me direz-vous! Oui mais je suis du genre peu appliquée quand il s'agit de me restreindre un temps... même pour m’améliorer (enfin heureusement pas dans tous les domaines). Je n'ai pas l'âme de chatouiller le français (ou trop, j'alambique toujours trop, comme si j'aimais à me relire).
Et puis surtout parce que je n'ai aucune histoire. Si la mienne, un certain égotisme qui ne me mènerait pas loin. Oh oui il y a de la matière, des ombres, des obstacles, des bravoures aussi... de l'enthousiasme parfois. Mais quel intérêt! Ce n'est pas le meilleur d'un auteur de se répandre sans rien ajouter.
En fait, je voudrais l'écrire ce livre à plusieurs tomes. Mais je ne veux pas de lecteurs, juste moi, pour contempler le chemin parcouru. Une sorte de survivance. Pas d'autres lecteurs, mes tripes m'appartiennent et même si je dilue mes confessions à mes amis les plus chers, je pense que dans les grandes largeurs, le reste me revient.

Mais là, la nuit, je repense à écrire. Mettre des mots sur une instabilité, sur un vécu, sur un parcours chaotique, sur un cheminement. Parce que j'ai un peu l'impression de vivre ces semaines loin de moi, comme une ombre. Alors je me retrouve entre les lignes d'autres livres, je me lis, me relis et savoure aussi.


J'en parle déjà un peu là.

lundi 4 juillet 2011

Nuit noire... enfin presque... et des chauves-souris

Pendant quelques semaines nous devons évitez le soleil, la plage et la mer. Alors nous sommes dans le jardin et nous avons profiter de ce rythme "alterné" pour passer une nuit blanche.

Direction la terrasse côté jardin, les couettes et les transats. Parce que oui, pour une première, nous ne sommes pas partis dans les bois et nous avons choisi le confort de rentrer dès qu'il ferait froid (soit 3 heures dans la nuit pour cette fois).
Et nous avons regardez le jour décliner. Je m'attendais à regarder arriver la nuit noire... mince à minuit, rien de tel encore, plus qu'une nuit claire, une nuit pas encore complète. Alors nous avons juste admirer le dégradé dans le ciel, plus clair là où le soleil se couche. Puis un coup d’œil de l'autre côté de la maison, comme quoi les vérandas aident et nous laissent traverser la maison de part en part. Et là, nous avons observer la nuit dans la rue, avec les réverbères de cette petite ville... une pénombre allumée.

Puis le spectacle des mouettes, puis des martinets et enfin des chauves-souris voltant en zigzag juste au dessus de nos têtes pour notre plus grande joie. Toutes petites, silencieuses, tournoyantes dans la première pénombre... parce que oui à partir de 22h, elles n'étaient plus dans le jardin... mais sous les réverbères. Seraient-elles là où sont les insectes et papillons de nuit: oui avec la lumière.
Pas moyen toutefois de savoir de quelle espèce elles sont. Et il fallait une autre sortie nocturne, dans la rue, sous les réverbères, pour les voir avec leur fourrure.

Et le lendemain encore, pour les découvrir encore mieux... dans un livre "Explorateurs junior, le guide de terrain pour les petits aventuriers".

Et puis les bruits de la nuit. Oh pas vraiment sauvages... par une soirée chaude c'étaient les autres humains que nous entendions: barbecue, soirée dansante et musique... et des voitures au loin. Nous n'avons pas rencontré d'autres bruits, d'ailleurs tant mieux celui du moustique ne nous manquait pas. Le lutin encourageait d'ailleurs les petites bêtes à les manger, bien-sûr.

Bon, je me rabats sur la chauve-souris... pas de grésillements sur les vrais, alors la chanson de Thomas FERSEN et l'ouverture de STRAUSS:



De quoi regarder autrement la nuit... et nous rappeler quand elle décline vers l'aube.

samedi 2 juillet 2011

Nous sommes partis...

J'avais mis au congélateur mes herbes fraiches, au réfrigérateur mes kéfirs et combucha, débouché l'évier, fais quelques machines, préparé quelques lectures....

et commencé à faire des tâches à mon léopard.

Nous sommes partis en avance, un peu avant tout le monde... et nous sommes arrivés à l'ombre. Nous continuons à l'apprécier et je me dois de l'exiger.

...
Il lui fallait le grand air...
pour avoir les pieds en l'air


pour prendre de la hauteur

pour profiter....