vendredi 15 juin 2012

Le déplacement d'un écureuil

Allez parce que je suis sûr que vous vous demandez si Séraphine va bien, si un jour elle sera assez autonome pour partir...

Voici ses exercices quotidiens... un déplacement d'écureuil, par bond, par grimpage ou descente la tête en bas...

 *source

oui un peu biaisé par le fait d'être à l'intérieur... encore un peu.

Et pour ce qui est de la nature et de sa liberté prochaine, les arbres (l'habitat de sa famille) sont juste derrière (si si sur chaque vidéo ils sont là et pourtant les fenêtres ne donnent pas sur la même vue).

jeudi 14 juin 2012

La neurologie au service de la compréhension de l'autisme

Je confirme encore ici que je ne connais rien à l'autisme sauf ce que j'en lis (biographies et romans dont le héros présente certains symptômes, souvent avec syndrome d'Asperger) et les reportages que je visionne. Mais les avancées sur ce que le spectre autiste représente m'intéressent toujours infiniment. Parce qu'il est question d'apprentissages différents, parce que le fonctionnement cérébral des personnes atteintes est un mystère "fascinant" et que j'aime les neurosciences. C'est vrai que cette présentation est un peu dépersonnalisée mais je ne connais personnellement aucune personne atteinte et que mes démarches de sensibilisation n'ont pas d'objectif.


Alors aucune hésitation, le dernier magazine "Cerveau&Psycho" de mai/juin 2012 est arrivé chez nous dans les premiers jours de mai et pas seulement pour ses sirènes. Son dossier sur l'autisme est très complet et très bien fait pour comprendre les différentes implications du spectre autistique.
Il est, d'une part, conséquent, clair, pédagogique et aussi très précis, pour expliquer ce qu'est le spectre autistique, autant en terme de symptômes que de présentations neurobiologique ou génétique.
L'autisme serait un dysfonctionnement d'une partie du cerveau et non pas un trouble ou désorganisation du cerveau. Le cerveau réagit ainsi à tout, avec un ordre différent et tout autrement. Et (bien-sûr, même si certains pensent pouvoir vaincre) l'autisme ne se guérit pas.

Leur cerveau est physiquement connecté d'une autre manière. Les implications sont alors plus discernables et compréhensibles: interaction sociale et intelligence différentes.
Mais il est réconfortant de lire une confirmation de l'intelligence des autistes (pour ceux sans handicap intellectuel), le potentiel intellectuel n'étant pas la capacité d'adaptation parmi les non-autistes. Alors oui les tests d'intelligence ne sont pas adaptés aux autistes et relèvent aussi parfois un dépistage tardif. Selon le "syndrome" autistique d'ailleurs, les tests ne sont pas les mêmes.
Le parti-pris des experts (et je ne peux que les suivre à 100%) est de faire le pari de l'intelligence. En considérant un dépistage précoce et l'action coordonnée des spécialistes, les apprentissages peuvent alors être adaptés et offrir les stimuli à même de leur donner l'impulsion. Par exemple, les plus jeunes sont plus sensibles à l'écrit qu'à l'oral... même avant de parler.
Et même si les autistes n'ont pas la "théorie de l'esprit" des neurotypiques leur permettant de comprendre l'autre, ses propres émotions, d'interagir et d'anticiper, il est clair qu'ils montrent une forme d'attachement à l'autre bien précise.

Beaucoup de points sont à relever, en fonction de notre attente, de parents, de formateurs, de spécialistes etc... Je vous laisse lire ce qu'en pense une maman d'enfant autiste et là une réflexion de cette même maman sur la "Théorie de l'esprit". Et je ne peux que souhaiter le plus de dépistages précoces!

mercredi 13 juin 2012

C'était une rongeuse: mais qu'est-ce donc que ces bêtes-là?

Séraphine (en train de manger son eau de concombre) est repartie dans sa région. elle vit encore très attachée à sa nourrice qui n'est plus qu'un garde manger et un partenaire de jeux, d'oppositions, de mouvements (pour qu'elle accentue ses changements de direction et de vitesse). Nous avons de ses nouvelles bien-sûr et nous espérons pour elle que la porte ouverte sur le arbres, habitat de ses congénères, lui donne envie de partir du nid.

Attention sur la photo il y a des intrus...


De l'avoir vu de si près, de l'avoir vu vivre une dizaine de jours 24h/24 (même si son activité est diurne), j'en ai profité pour aller plus loin et présenter un peu les rongeurs au lutin... enfin juste par deux points:
- leur système dentaire à la croissance infinie, aux incisives bien prononcées (deux en haute et en bas juste devant) et leur manière de grignoter, de râper et de ronger (voir ici pour plus d'informations)


*source des systèmes dentaires

- leur régime alimentaire qui est en fait varié: herbivore, granivore, frugivore (et même certain carnivore)

C'était l'occasion aussi de regarder les différents rongeurs (rodentia), en classification vous les trouverez là avec des exemples illustrés.

 Nous nous sommes contentés de faire attention aux autres rongeurs nous pouvions trouver en ville via cette ressource et de retrouver le nom commun de certains rongeurs: castor, rat, lièvre-sauteur (et non lapins ou lièvres, lagomorphes uniquement végétariens) dont le maras (lièvre de Patagonie), loir, ragondin, gerboise, souris, tamia (écureuil de Corée).

L'occasion de les regarder... grâce, encore et toujours, aux illustrations de Sheri AMSEL, de les colorier.

Séraphine est un écureuil roux.
- de grands yeux noir
- de grandes moustaches
- des griffes au bout des pattes
- des pattes de derrières très puissantes
- une longue queue touffue
- des oreilles poilues
- habitant dans les arbres, avec un squelette

Nous nous sommes intéressés aussi aux autres sciuridés. Elle n'est pas la seule. L'y retrouve bien-sûr les écureuils arboricoles (dont elle fait partie et qui vivent en l'air) mais aussi les écureuils terrestres (chien de prairie, marmotte), voir ici pour une image illustrant les sciuridés.

Bon, notre petite lutine rousse et sauvage nous manque... elle est l'héroïne de péripéties incroyables, là-bas... et moi je ne peux que penser à deux autres rongeurs qui ont partagé ma vie... en regardant les vieilles photos : Caramel, ce tamia qui vivait dans une cage prenant toute la vitrine du commerce de ma mère (il fait maintenant partie des écureuils peu bienvenus en France car prenant la place de nos écureuils sauvages et européens sauf son couvert d'animal domestique) et Bibi, ...

 Séraphine, billet 1, billet 2.

Dictées muettes de retour: écrire avant de lire

Nous les avions laissées de côté pendant quelques mois, le loupiot avait perdu l’enthousiasme. J'avais pour ma part pris le parti de continuer à peaufiner le matériel: mieux le présenter, mieux le ranger. Ici dans la boite toutes les dictées muettes: d'un côté dans des étuis séparés les dictées muettes numérotées (ici jusqu'à 25 seulement), de l'autre les séries (dont la verte non complète). J'y mets aussi les différents alphabets.


J'ai rangé avec des enveloppes pliées les différents phonèmes de la série verte:


Je ne suis pas du tout formée à la pédagogie Montessori, j'emprunte les idées et je progresse en tant qu'accompagnatrice de notre lutin. Je n'ai sûrement pas les bonnes méthodes mais cela porte ses fruits tout de même. Ici par exemple, je passe de la manière française de présenter les ateliers d'écriture à la méthode internationale: des dictées muettes numérotées de 1 à 66 aux dictées muettes par séries (rose, bleue et verte). Je ne retrouve pas le lien qui en parlait si bien.
Pour ceux qui avaient tenté récupérer les dictées muettes, j'avais des liens (peut-être fermés) ou par boutique interposée (voir autre billet), en voici un nouveau avec en plus d'autres exercices sur le langage en pédagogie Montessori: le vocabulaire développé, la grammaire, les dictées muettes numérotées, par Participassions. Je vous invite à suivre le blog d'ailleurs plein de partages sur l'IEF, Montessori (et d'investissement de la part de cette maman).

Alors oui, le petit d'homme a repris par les dictées muettes numérotées (qui quelques fois lui semblent plus difficiles que les séries, rose pour l'instant). La n°9 ne lui a demandé que quelques minutes. Même s'il n'a pas pratiqué cette activité depuis longtemps, les effets sont flagrants. Il sait reconnaitre les sons, trouver la lettre très rapidement et le travail est plus plaisant (pour nous deux).

Pour l'aider, j'ai dû mettre plus d'astuces:

- trois alphabets différents sur la même page pour lui permettre de passer les lettres en majuscule plus connues pour lui et les minuscules cursives, indice de voyelles comme sur l'alphabet accordéon et démarcation des blocs de rangement car il perdait beaucoup d'énergie à retrouver les lettres.

- gommettes d'auto-correction pour retrouver l'étiquette du mot et découvrir si son écriture est la bonne (plus compliquées chez nous et ne lui permettant pas d'être seul, il n'arrive pas à retrouver les couleurs en raison de son daltonisme même si je mets plusieurs gommettes).

De quoi repartir vers de l'écriture apaisée et voulue par lui.

lundi 11 juin 2012

Un chant de Sirènes... piège mental

*source "Sirène", Gaston HOFFMANN

Les sirènes rencontrées par Ulysse lors de son Odyssée, retour vers son pays Ithaque et sa famille, ne sont pas définissables physiquement: des attributs féminins (ne serait-ce que cela, une tentation de sensualité, de lâcher prise par l'attrait de la femme) mais une ambiguïté bestiale, soit une tête et un torse de femme et le reste d'un oiseau de proie, soit plus récemment une femme-poisson. Elles ne sont pas les créatures féériques des histoires actuelles mais bien des monstres.
Elles chanteraient pour amener à elles des victimes qu'elles dévoreraient. Mais il s'avère que ce n'est pas une question de mélodie, de voix mais bien de contenu. Les sirènes seraient expertes en neurosciences et détourneraient à leur avantage les émotions, souvenirs et introspections de leur cible.
"Le philosophe allemand Peter Sloterdijk écrit ainsi des sirènes que "leur secret est de chanter exactement les chants dans lesquels l'oreille du passant désire se précipiter. [...] C'est l'art des Sirènes, que de placer dans l'âme du sujet l'enthousiasme qu'il éprouve pour lui-même."" (extrait de "Le chant des Sirènes, un piège mental universel" de Sébastian DIEGUEZ, Docteur en neurosciences,"Cerveau&Psycho, mai/juin 2012)

Selon l'auteur de l’article, le chant des sirènes seraient d'actualité, toujours ou encore plus à l'époque contemporaine, par les produits technologiques aux offres personnalisées: ils "offre[nt] la promesse de centraliser la mémoire, les images, les goûts, les liens affectifs et les contacts humains, de véhiculer une image de soi et de rendre un verdict via la fréquentation des réseaux sociaux notamment."
En lisant je n'ai pu que constater que le chant de mes sirènes me ramènent encore et toujours à la rédaction de ce blog. Il me permet d'y lire mon enthousiasme, de recevoir par la fréquentation des pages et les commentaires, ce regard sur moi, sur le côté qu'il me plait de montrer. Le blog répond à mon besoin irrésistible, ce "désir de m'entendre raconter par autrui".

Allez que mes sirènes ne me poussent pas à la noyade mais juste entre deux eaux, celle qui me donne mon allégresse du moment et l'autre assez de textures, de matières, pour que j'ai l'impression d'y laisser aussi un peu de moi.
NB: ah aussi, j'aime beaucoup remettre dans le contexte, en suivant ce lien vous aurez le mythologique et différentes iconographies de ces "belles ensorceleuses".

samedi 2 juin 2012

L'écureuil encore

Nous avons eu le temps de faire les présentations (billet 1 sur Séraphine) et même si nous ne la touchons pas, elle vient près de nous et nous pouvons la voir sous toutes les coutures (de poils). Quand à la prendre en photo, elle bouge trop. Et même soit-disant immobile, la tête est toujours en évaluation de la distance (de saut)... et sinon elle est effectivement sur l'appareil (quand elle était bébé comme là chez ma maman),


entière ou juste le nez, la patte. Ou encore plus près, de trop près (comme là), sur notre tête ou pile nez à nez. Alors sans photos non floues pour le prouver, Séraphine est bien un écureuil...


- soit un Animal Vertébré (avec un squelette comme un lion ?!)
- un Mammifère (sortie entière du ventre de sa maman même si tombée du nid et alimentée en lait)

 *source "La hulotte n° 36/37"

- un rongeur (Rodentia)
- vous trouverez ci-joint une présentation du lutin roux des jardins et là une aussi belle présentation de son capital sympathie et en prime et non des moindres des photos de son anatomie (regarder donc les griffes sur ses superbes pattes... la chaleur étant au rendez-vous, nos épaules et nos dénudées et les immenses griffes savent très bien nous accrocher!).
Ici tout ce qu'il faut savoir sur lui pour le protéger et aussi ses oreilles, ses yeux, ses moustaches, ses pattes etc... et là aussi ses empreintes.

*source et indications en russe

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... même si un temps j'ai cru qu'un mini tapir était avec nous:


son museau est surprenant, je m'attendais à une truffe de chat en plus petit mais non, il est bien mou, frais et humide, mais recourbé (presque un peu nasique)

Mais non, mais non, il est tout mignon ton nez, il agrippe sûrement bien les fruits à écales maintenant que tu sais les grignoter (et pas comme sur la photo).

... même si la queue a mis longtemps à être touffue, avant c'était plutôt une queue de rat poilue... maintenant elle sert bien de parasol et de gouvernail et ressemble de derrière à une feuille nervurée ou une plume...


... même si quelque fois elle revient fantôme tout blanc/gris,  moutonné et toussant... bah oui mais je ne te demande pas de passer là où le plumeau ne passe pas...


et puis elle glousse et/ou glapit (rouik, rouik ou tuik, tuik)... non mais! Suivre le lien pour écouter l'écureuil roux, nous n'avons pour notre part que le début (le gloussement) et non le cri.
Elle ne "parle" vraiment que lorsqu'elle vient sur nous/arbre et branches et ce ne sont pas des cris de nervosités. Voilà les petits éternuements "tiou" quand elle repart à l'assaut des rideaux.
Et c'est avec un silence et les oreilles et la queue baissées (oui oui) qu'elle revient en courant sur une main quand une expédition a été risquée (elle est tombée, des choses sont tombées pendant qu'elle sautait, l'atterrissage a été glissant ou trop amorti etc...)

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Cela fait deux semaines qu'elle est parmi les hommes.

Elle ne veut plus de biberon de lait. Elle avait plus de 5 semaines (poilue et les yeux ouverts) quand ma maman a été choisie comme nourricière et les petits sont apparemment sevrés vers 9 semaines.
Il y a peu elle n'avait pas de dent de devant, juste de quoi pinçouiller... maintenant les incisives peuvent ronger mais elle a mis quelques jours pour manger un cerneau de noix... indemne le premier, coupé menu le second mais les brisures étaient au sol et non dans sa gueule... maintenant il ne lui prenne qu'une minute. Noix, noisettes, amandes (même si j'ai lu quelque part que c'était peut-être dangereux pour eux)...


 Elle apprend maintenant à ronger et depuis hier le bruit caractéristique de ses dents contre les coques se fait entendre (un peu comme une craie sur le tableau noir sans l'aigu final). Mais pour l'instant, elle n'arrive qu'à faire de tous petits trous, je casse un peu les noix... elle se fait les dents (la pauvre même sur un noyau de cerise sans intérêt)

mais c'est la pomme de pin que je veux prendre en photo, non tes moustaches

Ce ne sera pas net tout de suite, c'est sûr et ce n'est pas encore réussi comme cela l'est pour ces jeunes écureuils.
Et maintenant elle a aussi pris plaisir à manger de la fraise, du kiwi, de la carotte et son préféré parmi tout les aqueux: le concombre!

Plus tard, elle mangera aussi, on l'espère pour elle, en plus de toutes les graines et fruits à coques, des insectes, de l'écorce, des glands, des faines, des samares d'érables, des bourgeons d'épicea, des champignons (même le vénéneux amanite phalloïde), des escargots, des œufs (et même des oisillons) l'ogresse gourmande. Voir ici.

Il a fallu aussi lui apprendre à boire quand elle ne voulait plus de lait, au biberon elle recrachait tout, dans un contenant elle mettait le nez et éternuait de l'eau! Il a fallu prendre un distributeur d'eau à cage pour qu'elle aille seule.

Autant avant elle était toute petite et très très dormeuse, autant maintenant elle ne reste plus dans son nid... de 20 heures de repos arrivée chez nous, elle est passée à une dizaine d'heures et maintenant juste la nuit, quand les lumières sont éteintes. Elle est bien diurne et profite de chaque moment de liberté pour s'aventurer... partout.


Son repos est au dessus de la tringle à rideaux... là elle m'observe la photographier... parce que oui, Séraphine est curieuse et même affectueuse... elle se déplace sur la tringle en fonction de là où je suis dans la pièce. De sa position de repos, plus en boule, la tête un peu plus penchée et les yeux mi-clos, elle se redresse et m'observe.
Nous l'avons vu évoluer aussi...
Nos bras étaient un fil de funambule où elle perdait l'équilibre. Maintenant elle court en ligne droite sur nos bras, ne se laisse plus tomber entre deux "plateaux" mais saute, de plus en plus loin, de plus en plus avec dénivelé, de plus en plus avec le plateau de départ (nous) en mouvement. Son plateau d'arrivée est aussi de plus en plus petit. Elle sait utiliser sa queue en gouvernail et en frein.
Elle sait grimper et descendre la tête en bas, s'étirer en écartant les pattes (et ceci la tête en bas), ne se tenir que par les griffes d'une patte postérieure.
Elle sait tourner autour d'un tronc à toute allure. Elle sait changer de direction à la dernière minute.

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Elle rentre demain dans sa région, elle ne sera pas encore tout à fait libre. Elle n'est pas encore assez rapide pour échapper aux prédateurs, ne sait pas encore atteindre le fruit sous les coques et n'est pas assez grosse... d'ici une ou deux semaines encore...

Nous espérons, nous parisiens, la revoir parmi les arbres cet été et puis après durant sa vie, avec pourquoi pas ses pinceaux aux oreilles (parce que oui, les poils aux oreilles ne sont là que l'hiver!).