mercredi 2 décembre 2009

Juste un papier

... un petit papier avec signatures, un de ceux qui amènent les roses vertes et roses ainsi qu'une baby bouteille de champagne rose...


... un petit papier avec ou sans symbole mais avec beaucoup d'amour. Aujourd'hui, gardes malades mais aussi couple et toute petite famille, le noyau dur. Vivement la joie partagée avec les proches, témoins quotidiens et non témoins juste du moment passé dans cette salle.

La grippe A, prévention alternative, vaccin: que faire? Une offre de réponses médicales

Vous posez-vous encore la question d’une vaccination contre la grippe A ? Même si nous la vivons de l’intérieur, au moins pour un des membres de la famille, la question reste entière pour l’après.

Je vous conseille d’aller lire un article très, très bien fait sur le sujet, ici. Il est très complet, chiffré, argumenté et neutre. Vous pourrez faire la part des faits et des discours de chapelle ou de santé publique. Après, de manière altruiste ou personnelle, vous saurez à quoi vous attendre. Notre propension à attraper la grippe, celle-là ou les suivantes mutantes ou « glissantes », les risques de la maladie et du vaccin, le futur. Vous comprendrez aussi pourquoi la population atteinte par les formes graves est celle-là et ce qu’est être prémuni. Il n’y a pas de recettes, pas d’astuces, pas d’indications de traitement ou de prévention. Ce ne sont que des propositions de réponses à la question de se faire vacciner ou non ! Et en tant que tel, c’est le meilleur que j’ai trouvé, via "Pour les enfants et les parents".

De notre côté, nous vivons encore avec l’épée de Damoclès des risques de cette maladie. Bien-sûr j’ai entendu tous les traitements alternatifs. Bien-sûr quelques uns sont passés dans les tasses ou sur les assiettes mais la jeunesse du petit loup ne nous a pas laissés la possibilité de vraiment approfondir le sujet.
- Assaisonnement de quelques pâtes d’une demi-pincée de nigari pour le chlorure de magnésium qu’il contient (plus de 80%) ou chocolat chaud épicé (eau chaude, poudre de chocolat, cannelle, coriandre en poudre et lait concentré sucré pour juste retirer le goût extrêmement amer du nigari).
- Infusions de thym avec du miel mélangé à deux ou trois gouttes d’extrait de pépins de pamplemousse
- Amandes et baies de goji
- Un soupçon de pollen dans un autre chocolat chaud
Ici quelques approches complémentaires et leurs effets et là d'autres indices de thérapie alternative en seconde partie du billet, lui, très radicalement contre le vaccin, ici.

Et vous, que faites-vous en prévention, homéopathie, soins de grand-mère, vaccin ?Et rappel d'une petite vidéo pour expliquer la grippe A aux enfants ici.

mardi 1 décembre 2009

Un peu plus de nature, à travers les traces et sons avec Balthazar ou autarcie gnomesque

La grippe A nous laisse pantelants. Lui aux sautes de température, d’humeurs et autres tracas… nous, sous tension constante, sans nuit complète, sous pression et incompréhension médicale.
Je ne sors plus pour être avec lui. Attendre qu’elle passe son chemin. J’aurais aimé profiter des derniers jours d’automne, des premiers jours d’hiver. J’aurais aimé regarder la nature de plus près.

Le petit loup adore le dernier Balthazar (histoire reprenant un peu du principe de la pédagogie Montessori), « Promenons-nous avec Balthazar, Yéti y es-tu ? » de Marie-Hélène PLACE et Caroline FONTAINE-RIQUIER.

C’est une vraie promenade à l’automne en campagne. Une balade entre sons et traces de la nature : empreintes, feuilles, rencontres avec la faune domestiqu(é)e et celle plus sauvage, voire surnaturelle. Balthazar sort pour aller récolter des châtaignes et son chemin se suit aussi avec la chanson très connue « Promenons-nous dans les bois pendant que le loup n’y est pas…", mais cette fois-ci avec le Yéti, remplaçant là le loup méchant de service. Enfin méchant, pas tant… il peut avoir peur lui-aussi.Ce livre se lit à voix haute, les onomatopées sont constantes sur les bruits de la nature, vent, pluie, feuilles qui crissent sous les pas mais aussi cris des animaux. L’enfant peut aussi suivre quelques petits indices, un vrai bonheur d’interactivité.
Dommage que l’histoire soit si courte.



J’ai, de mon côté, ressorti un livre cher à mon cœur et à mes souvenirs d’enfance feutrée (rares). « Les gnomes » de Wil HUYGEN et illustré par Rien POORTVLIET fait partie des références de ma tante. Dans sa maison du duché du Luxembourg, j’avais accès à ces contes scandinaves, à cette féérie si précieuse pour mes rêves d’alors. Je n’ai pas retrouvé le même livre mais ce sont les mêmes auteurs, le même thème (peut-être même un peu plus complet, en rapport à mon souvenir).

Je l’ai réouvert pour y retrouver ces petits personnages. Ce livre n’est pas une histoire en soi même si à la fin quelques contes ou légendes y sont inscrites. C’est plus un livre d’ « ethnologue ». Nous y trouvons la physionomie, l’habitat, les mœurs, les fêtes et célébrations, l’alimentation, leur rapport à la nature (quasi vétérinaire ou garde forestier), leurs activités, savoir-faire ou métiers indispensables (menuiserie, vannerie, teinturerie etc…).
C’est un fourmillement d’idées, de vraies techniques et connaissances, artisanales et de faune et flore néerlandaise.
La description est presque une ode ou une satire des traditions familiales : la femme est à la maison, s’occupe des enfants et de son mari, elle a en charge l’éducation des filles pour leur apprendre à tisser, filer, cuisiner, prendre en charge les orphelins de la nature. L’homme est seul à sortir de la maison, peut être parti en vadrouille pour quelques temps, s’affaire aux activités de charge et s’occupe des enfants mâles à partir de leur 13 ans : reconnaissance des produits comestibles, apprentissage de la course et des moyens de fuite, sifflements et moyens de communication à longue distance. La belle-famille est importante au choix du conjoint de l’enfant, la fille part de sa famille chez son mari et elle avec son coffret de mariée offert par ses parents. Il y a presque une notion de religion : la femme cache ses cheveux à partir de son mariage, le mâle devient un petit homme à 13 ans, un livre secret est lu tous les soirs.
Le mode de vie est communautaire, des compagnies de métiers sont présentes pour les apprentissages nécessaires à la survie. Des fêtes sont de mises, réunissant beaucoup d’entre eux, en partenariat presque. Le respect des ainés est très présent aussi jusqu’à ce que le gnome et sa femme, ensemble, partent pour leur dernière balade sur le Mont de la Mort. Les enfants sont élevés aussi par les voisines.
L’inventivité est énorme sur ce qui fait du gnome un être particulièrement adapté à son environnement. La physionomie par exemple beaucoup mieux adaptée : 5 sens beaucoup plus développés avec une vision nocturne et une capacité musculaire beaucoup plus grande, un sens olfactive puissant permettant de tracer les animaux et hommes dans la forêt grâce à l’acide burique laissé par la transpiration sous les pieds ou pattes ou l’odeur de caoutchouc des semelles. L’autarcie étant complète, les connaissances de toutes les plantes et animaux, de leurs propriétés thérapeutiques, comestibles, de teinture, de fibres utilisables sont ici un peu dévoilées, avec les astuces de conservation, de séchage des fruits et baies, de toilettes sèches, de protection, de prévention contre les nuisibles insectes (par les mulots animaux de compagnie), la météorologie, la temporalité (âge du gnome mesuré en fonction de la plantation d’un arbre le jour de sa naissance) ou encore les jeux de plein air ou jouets faits de la nature. Par exemple leur petit-déjeuner avait fait l'office d'un autre billet .
Le reste est magique et offre des perspectives de récits.

samedi 28 novembre 2009

Entre Halloween et Samhain, lectures, angoisses, musiques

Quelques grosses frayeurs sont venues par chez nous et quelques beaux cadeaux aussi. Mes lectures continuent, sur un rythme bien lent, et les beaux textes se suivent ici et là. Encore un peu des mois d’octobre et novembre


J’ai commencé la série des « Blue Cerises » en démarrant par « Zik, l’ange des toits » de Maryvonne RIPPERT… et ce avec délectation. Si vous voulez une idée, tout de suite maintenant de ce que c’est, je vous conseille le billet de la saison 1 fait par Lily (bah oui c’est ma prescriptrice de livres attitrée en ce moment). Cette gamine, Zik, côtoie un homme très inspiré par la nuit de Samhain
et j’aime ce cheminement. J’avais lu le billet de Mirontaine sur cette fête, sa façon de la transmettre à son fils et d’y trouver une forme de lien spirituel en fait assez éloigné de l’halloween commercial.
En plus, en ce moment le CD de Sting « If on a winter’s night » coule dans mes oreilles avec saveur… une musique d’hiver, loin des joyeux chants de Noel, avec sa dose de berceuses entre profane et religieux mais un peu moins mièvre que certaines autres versions que nous entendons en ce moments. De quoi accompagner mes écoutes de Sufjan STEVENS. Alors oui, j’écoute « A Soalin’ » soit le Soul cake, gâteau d’âmes. Je l’écoute parce que j’aime et puis il faut bien exorciser quelques angoisses…

Et le gâteau, lui, ce gâteau d’âmes ou d’esprits : gâteaux sacrifices, offerts contre des prières pour que les âmes des morts puissent partir là où il faut, ciel religieux ou… Je serais presque tentée de le faire moi-même ce petit gâteau aux épices (muscade, cannelle, gingembre, piment) et aux raisins, une recette trouvée ici.

Ingrédients
3/4 tasse de beurre fondu
3/4 tasse de sucre en poudre
4 tasses de farine tamisée
3 jaunes d'œuf
1 cuillère à café d'épices mélangées (cannelle)
1 cuillère à café de piment de la Jamaïque
3 cuillères à soupe de raisins de Corinthe
un peu de lait

Préparation
- Mélanger le beurre et le sucre jusqu'à obtenir une couleur pâle et une texture mousseuse.
- Battre les jaunes d'œuf.
- Incorporer la farine tamisée et les épices.
- Ajouter les raisins de Corinthe.
- Ajouter suffisamment de lait pour faire une pâte molle.
- Former des galettes plates et marquer le dessus d'une croix.
- Cuire sur une plaque à pâtisserie bien huilée dans un four chaud jusqu'à ce que les gâteaux soient dorés.

Une autre recette vous attend et si c’est de la citrouille qu’il vous faut, quelques recettes par ici, entre autre le milla à la citrouille

Allez un petit morceau de Soul cake.

mardi 24 novembre 2009

Le soir


Même fatigué par ses exploits à l'école, le lutin manipule ses figurines à loisir, la collection est grande pour représenter un peu la faune par continent et par milieu (aquatique, terrestre, aérien). Je profite de son intérêt toujours constant pour leur physionomie, il n'est pas encore question de leur vie si ce n'est quelques détails: le milieu et sa propension à faire peur. Dès qu'il voit un animal à la télévision ou dans la vie (affiche, documentaire, dessin ou même indication audio), il se précipite vers la figurine et la sort de la boite pour la soirée. Sa mémoire se construit aussi ainsi, un doute il sort la figurine et regarde mieux.
Avec les cartes associées dont je vous parlais , la coordination musculaire et la concentration sont de la partie et lui plaisent autant que de retrouver la femelle et les petits, ainsi que les autres représentations de l'animal.

Il nous arrive aussi de jouer les enfants du peuple Omo, avec beaucoup moins de talent. Il me maquille les bras, le visage et les mains, pendant que je le décore. Et après direction le bain, le savon et l'huile végétale (rien de mieux pour enlever le gras du maquillage).
C'est vraiment un moment de détente et de crises de fou rire (j'étais concentrée pour prendre la photo pour le papa absent) en reprenant le nom des couleurs et des parties du visage. Il ne faut pas être dérangée par quelqu'un qui sonne à la porte (bon, c'était notre baby-sitter adorée de l'immeuble, elle nous connait maintenant et a l'air d'apprécier!).

lundi 23 novembre 2009

Mémoire des objets... tu comprendras

J’avais vu le film d’Amos GITAI, le soir même le billet de Lily et la semaine d’après le livre était dans ma boite aux lettres. « Plus tard, tu comprendras » de Jérôme CLEMENT un livre qu’il ne faut pas lire en dilettante, il est précieux, déstabilisant mais sans ce côté sentimentaliste qui peut me faire peur.


Cet homme, adulte, père de famille, va perdre sa mère. Elle ne dit rien sur son passé, sa famille a été tuée dans les camps nazis et… et puis… Et puis elle meurt. C’est alors que tout se délie, tout commence à prendre du sens. Cette mère de famille, parisienne juive, pharmacienne, récupérant des antiquités autant que des cadeaux la redoute va montrer ses différents visages.Ce style me plait. Pas enfantin, ni geignard, juste pertinent avec un regard d’adulte sur nos manquements d’homme. Un amour filial et des non-dits. Ce livre m’a beaucoup plus dans ce rapport à l’histoire familiale, voilée par certains, en demande pour d’autres et les preuves trouvées quand la génération s’éteint. Preuve des drames de la seconde guerre mondiale par rapport aux juifs. Des horreurs des camps mais plus encore des horreurs de guerre, de lâcheté française.

La mémoire des objets est importante dans cette vie-là : un samovar autour duquel elle parle russe, des antiquités japonaises, un poignard. Cette dispersion à sa mort, objets sans sens pour les petits-enfants, avec pour les enfants. Un manque en objets, symboliques d’une vie entre parenthèse, des bijoux pour partir avec le plus vite possible un gros montant d’argent au cou, du luxe pour savoir le mener en dérision, et quand l’appartement est vide, tout se comprend : « une somme de détails presque insignifiants qui, pour mon œil attentif, sont autant de symptômes d’un désordre profond. Rien ne peut y remédier. L’ordre : quel sens donner à ce mot sans la présence de ceux qui l’ont défini ? »


*source netsuke animaliers netsuke animaliers en ivoire dont un lapin, voir billet de Lily
*source inro

Des objets ou des courriers comme preuves de vie : des relations par lettres interposées, parentales ou de couple. Les conventions, les débuts d’un quiproquo peut-être et puis la législation qui a une part belle dans l’œuvre. Une politique des papiers véritable personnage de l’histoire. Les détails deviennent une vie, le commerce de peau de lapin, la villa, l’arrestation ne sont que des maillons.

Et puis cette mémoire, ce devoir de mémoire, prend un nouveau sens à la lecture de ce livre. « La France se reconstruit dans l’oubli de ces épisodes avec la complicité active – j’en suis le fruit- des « israélites » assimilés, tous d’accord pour ne pas se singulariser. Mieux vaut l’ignorance et l’oubli que l’identification, source de réparations peut-être, mais surtout d’ennuis sérieux présents ou à venir. »

C’est aussi, et surtout, l’histoire d’un amour filial. De parole, de honte, de non-dits, de leçons de vie qui, après, deviennent de vrais cadeaux de vie. Et cette présence des dernières années : « L’agonie des vieillards, ces anciens adultes superbes, dont les visages resplendissants reviennent à l’esprit lorsqu’on les voit, misérables, perdus dans leur chemise de nuit, ombres décharnées et mutiques, cette agonie est intolérable. »

Merci encore Lily pour cette lecture. N'hésitez pas à lire son billet (au début du mien) pour reprendre aussi la mise en image par le film, "l'os du livre pas la chair"....