mardi 9 décembre 2008

La vapeur qui se dégage du riz qui bout dans la marmite

Voici une vidéo qui reprend le principe du Chi. Cette énergie, cette force vitale, cette direction, est présentée dans sa dualité, yin et yang.



*source cuisson du riz à la main dans une brasserie au Japon

Ce composant du courant Taoïste est aussi expliqué dans tous ces champs de correspondance, magnétisme, géomancie, astronomie, mais aussi dans son rapport au corps et à la santé, comme médecine chinoise.



Le Chi_Énergie mystérieuse
envoyé par Introcrate


En prônant la méditation et l'exercice... vous vous rappelez ce concept d'énergie au Japon et ces exercices: le Kiatsu de Koichi TOHEI ou encore le Zen Shiatsu de Shitzuto MASUNAGA.

lundi 8 décembre 2008

Pour respecter les animaux et les hommes, il ne faut pas oublier

Le petit conte d’Amoz OZ me donnait envie. Je croyais que j’allais y retrouver une magie, un émerveillement… en fait ce fut une déception.



« Soudain dans la forêt profonde » est un petit conte pour enfants ou adultes. Il nous entraine dans un village déserté par tous les animaux, rampants, volants, grimpants, marchants. Une culpabilité semble être le lot des adultes, ils les ont fait fuir mais ils ne veulent pas en parler… ni en rêver.
Nous suivons ces villageois dans leur déni. Pour certains, les animaux n’ont jamais existé. La maitresse d’école les dessine et imite leurs cris pour faire perdurer cette faune disparue. D’autres en sont tellement désappointés qu’ils tombent dans la schizophrénie ou la maladie physique ou mentale. Deux enfants pourtant vont suivre leur intuition et chercher au fond de la forêt… ils le savent : les animaux existent, la preuve était dans une marre d’eau et s’est vite caché sous les algues… un mini poisson.

J’aurais pu être transportée par ce petit conte, suivre ces enfants contre la norme et être émerveillée. Pourtant, l’intolérance, la honte, la déviance, ne m’ont pas touchée. Est-ce que les contes ne me font plus rêver ou réfléchir… peut-être. Je l’ai trouvé trop simpliste sous couvert de philosophie. La rédemption est-elle un sujet qui ne m’attire pas (plus) ? J’ai tout de même été touchée par deux points… l’idée de l’oubli, de cet oubli de la nécessité d’oublier :
« Durant des jours et des jours, les gens n’avaient plus osé se regarder en face, tant ils étaient méfiants, abasourdis ou honteux. Depuis, la plupart répugnaient à en parler. En bien ou en mal. Ils n’en disaient mot. Il leur arrivait même d’oublier pourquoi ils préféraient oublier. Cependant, tout le monde se souvenait parfaitement que l’oubli était souhaitable. Et qu’il valait mieux nier en bloc, même le silence, et se moquer de ceux qui s’obstinaient à se souvenir : il fallait qu’ils se taisent. Qu’ils ne parlent pas. »

Et puis cette trouvaille, qui va vers un Eden où carnivore et végétarien se retrouveraient. Pas dans cette utopie de ne plus attaquer le faible mais bien dans ce fruit, le carnélia, au goût carné… et la protéine dans tout cela !!
« Nehi avait découvert au cours de ses errances un arbuste où poussaient des baies blanches et pourpres au goût de viande. Nehi appela ces fruits des carnélias. Il sema et cultiva des graines de carnélier aux quatre coins de la forêt où elles poussèrent et se multiplièrent, car il s’était aperçu que les carnassiers semblaient apprécier la saveur de ces fruits et ne rechignaient pas à en manger, de sorte qu’ils n’avaient plus besoin de dévorer des créatures plus faibles pour se nourrir. »



Bon, j’aime l’idée de savoir parler aux animaux, allez oui, je confirme. Je pense aussi qu’il me faudra relire ce petit conte, peut-être après avoir découvert toutes ses références folkloriques ou juives, pour y voir, je ne sais, une certaine ironie. Je ne peux que vous proposer le billet de Emmyne remettant le roman sous une forme jeunesse et les deux billets suivants, ici et

Sur le sapin... de la musique

Certains ouvrent leur calendrier de l'avant, d'autres lisent des livres pour se mettre dans l'ambiance de Noël. Moi je réécoute des chants de Noël... mais pas n'importe lesquels.

Une amie, Cécile, me les avait recommandé pour sortir d'un blues de saison l'année dernière. Avec un immense plaisir je me remets cette voix et ces rythmes entre les deux oreilles...
Sufjan STEVENS chante Noël et c'est un vrai bonheur, loin de tout kitch ou de toute mièvrerie...



N'hésitez pas à lire ce qu'en dit Cécile sur son blog Words and Sounds et suivre ce chanteur dans toute son actualité .

Voici un extrait... "That Was The Worst Christmas Ever!"









jeudi 4 décembre 2008

Thé à boire et à manger... au Tibet

"Le matin, ils "suçaient le jiaka". Une pâte faite de farine d'orge grillé et de lait caillé était chauffée sur le fourneau et placée sur un des côtés du bol. On versait ensuite du thé au beurre dans l'autre portion du bol. En buvant son thé, la famille tournait les bols de façon à ce que le thé absorbe le jiaka, le dissolvant graduellement. On n'avait pas besoin de couverts. La première fois qu'on a donné à Wen son petit déjeuner, elle a bu tout le thé d'un seul coup puis à demandé à Zhuoma comment manger le jiaka. Toutefois, l'habitude prise, elle a aimé cette sensation de boire en partie et de manger en partie, et a retrouvé une façon de ne pas se brûler la bouche."(extrait de "Funérailles célestes" de XINRAN)


*orge préparé au Tibet pour le jiaka, la tsampa...

... de quoi poursuivre une impression d'authenticité autour d'un thé tibétain... vous vous souvenez ce thé au beurre de Yak... et ce dernier comme crème nourrissante

Vieillesse crue et menu cru, cru mais mariné

La vie est ainsi faite qu’elle nous réserve quelques détours et circonvolutions. Je ne sais pas s’il s’agit d’un manque d’optimisme ou un simple cynisme mais j’ai toujours eu l’impression que je finirais ma vie seule et sans ressource.
Pas de sensiblerie de bas étage. Il s’agit bien une probabilité comme une autre. La vie affective peut souffrir d’éphémère, la différence sexuée entre les espérances de vie peut faire le reste. Quant aux sous, je suis bien trop peu ambitieuse et trop en dehors des clous conventionnels pour les rechercher ou les attirer… je serais prête à prendre encore des années pour mes potentiels prochains enfants (les 3 premières années de vie !)… et puis je freine des quatre fers pour ne plus revenir dans un milieu professionnel qui ne me convient pas. Oui, oui, je devrais faire un bilan de compétences, oui, je devrais accepter d’être une assistante… maintenant que mes 25 premières années n’ont été que prises de position. Enfin, le pas n’est pas fait, alors compter sur une retraite digne de ce nom…

Alors je me rêve vieille, ridée (oui s’il vous plait très ridée, que la vie m’ai marquée par les chagrins et les joies) aux cheveux blancs. Je me rêve un peu bohème, avec comme une araignée au plafond et pourtant une intelligence toujours pertinente. Avec une bibliothèque qui fondrait à vu d’œil en fonction de mes visiteurs (les enfants se serviraient grandement à leur guise et à chaque partage et coup de cœur échangé, les amis repartiraient avec un de mes livres). Sûrement un ou plusieurs chats, libres d’aller et venir entre l’intérieur, l’extérieur, chez moi ou chez les voisins. Avec un petit chez-moi à la campagne, pas très loin de mes enfants mais bien à 70 km quand même. Oui, faites que j’ai un toit au dessus de la tête ! Et un jardin… plus particulièrement un potager. Je serais devenue locavore (est-ce pour cela qu’en attendant je fais preuve de luxe et de confort dans le choix de mes produits alimentaires ?!), et même mon-potagévore, encore flexitarienne (à moins que je suis devenue vraiment végétarienne) et sûrement à tendance crudivore.
Alors en attendant je me mets doucement aux recettes crues.

Tartare de thon :
Une belle tranche de thon rouge foncé de première fraîcheur
1 peu de concombre
Du persil
Du gingembre
1 cuillérée à soupe d’huile de noisette
Jus de citron jaune et vert
De la ciboulette
1 échalote


Coupez le thon en petits cubes plus ou moins gros selon votre volonté (garder cette consistance et ce moelleux de poisson cru en gros cubes, plus une impression de rillettes en petits cubes). Ajoutez tous les autres ingrédients émincés très finement et arrosez d’huile et de jus de citron. Gardez au réfrigérateur environ 2 heures en tournant au moins une fois le mélange.


Légumes crus et marinés (choisissez des légumes bio), soit une adaptation des légumes "stir-free" crus de Julie, Tout cru dans le Bec
A préparer le matin pour le soir !
2 carottes
2 courgettes
2 topinambours
4 ou 5 champignons de Paris
½ fenouil
1 noix de gingembre frais
3 abricots secs
De l’huile de noisette
De l’huile de tournesol
Jus d’1 citron
Graines de sésame, noix de cajou ou autre (facultatif)


Frottez tous vos légumes (sauf les champignons) avec la brosse végétale (ce hérisson-là), essuyez les champignons avec un torchon propre. Epluchez les topinambours. A l’économe, faites des tagliatelles de légumes et des copeaux de champignons, de fenouil et d’abricots. Emincez le gingembre. Rajoutez l’huile généreusement (plus qu’une salade mais un peu moins qu’une marinade) et le jus de citron. Mélangez bien.

Réservez au réfrigérateur pour au moins 5 heures. Tournez le mélange au moins 2 fois. Servez avec des graines ou des herbes aromatiques. J’ai choisi une « marinade » plus longue que Julie et une coupe plus fine des légumes pour que mon homme puisse mieux déguster sans avoir l’impression d’avoir des bâtonnets de légumes crus… en effet, les légumes sont comme un peu confits.

Et c'est encore meilleur avec 24 heures de macération...

mercredi 3 décembre 2008

Et moi: qui suis-je?

Il avait un petit papier dessus. Un petit mot laissé là par l’un des libraires. « Une révélation ! » En proie aux doutes existentiels, à un manque de confiance en moi chronique et à un état fébrile, j’ai eu envie de me laisser guider et je suis partie avec « Mon frère nocturne » de Joanna HELLGREN, petit roman en bédé.
Jakob va avoir 10 ans dans un mois. Toutes les nuits, il rêve de son frère. Il ne sait pas s’il s’agit en fait de lui-même ou de cet autre, mort à 10 ans, avec le même prénom, tout juste 9 mois avant sa naissance.

« Il est mon frère, son nom était Jakob, comme le mien. Comment savoir sa fin et mon début. Il n’y a pas de différence, croit maman. » Sa maman en est sûr il s’agit bien d’un retour du premier fils sur terre et les affinités de ce second sont tellement identiques à celles du premier qu’il n’y a pas de doute possible. Ils écrivent des chansons au piano… les mêmes.
Jakob sait que, comme son double, 10 ans plus tôt, il mourra à son dixième anniversaire. Et nous voilà dans la tête de ce garçon.


Ce roman dessiné est magnifique, les illustrations en noir et blanc sont quelque fois austères, très travaillées, fouillées ou juste stylisées. Des détails sont suivis d’amas d’encre noire. Des fulgurances et des idées noires comme celle du garçon. Loin d’être une histoire glauque, il y a de la vie sous les lignes et les croquis ! Derrière la culpabilité de cet enfant à n’être même pas tout à fait l’autre pour sa mère, à être transparent ou un boulet pour ce frère rêvé, il y a toute la symbolique de l’arrivée d’un enfant dans une famille. "Elle parlait du chagrin dans tes yeux. Elle te parlait comme à quelqu'un de grand alors que tu venais de naître."
Un prénom choisi plein de sous-entendu, de secrets, de drames non digérés. Une enfance pris en étau par les désirs des grands. L’éclatement familial. Mais aussi toute cette douleur et cette naissance pour guérir, ainsi que la différence chez l’enfant.

Il y a toute cette vie en l’enfant, cette créativité et cet investissement à se construire une identité… les mots et les illustrations se répondent, l'écriture elle-même, manuscrite, nous emmène comme à la lecture d'un journal intime. Et la lecture est salvatrice… pour une maman en quête de parentalité non-autothérapeutique.
N’hésitez pas à lire les billets suivants pour ne pas tarder à vous le procurer : ici, et encore .