mardi 15 avril 2008

Carottes et aubergines indiennes

Voici de quoi préparer une douceur exotique aux filles et ne pas trop manger le soir après tous les délices qu’elles ont offerts à la dégustation : une évasion indienne…

Gajar halava (halava de carottes) :
C’est bon mais peu présentable : vous devrez ramener le plat à gratin ou attendre encore plus pour que le confit de carotte se détache bien et reste en petites portions à froid. Voici donc le plat amené au goûter et la part que je n'ai pas pu réserver à mon amoureux...
1kg de carottes
¼ litre de lait
200g de sucre
150g de beurre
4 graines de cardamome pilées (retirés de la capsule)
3 cuillérées à soupe de pistaches non salées et non grillées (ici remplacées par des noix)
3 cuillérées à soupe d’amandes effilées (facultatif)

Lavez, pelez et râpez les carottes, puis faites les revenir dans une casserole à fond épais avec la moitié du beurre pendant bien 25 minutes tout en remuant assez fréquemment.
Rajoutez le lait, le reste de beurre et la cardamome, laissez cuire en tournant régulièrement une quinzaine de minutes (jusqu’à ce que le confit se détache légèrement des parois). Rajoutez les pistaches légèrement broyées et continuez un peu la cuisson jusqu’à un léger changement de couleur. Mettez le tout sur un plat à gratin pour laisser refroidir. Rajoutez les amandes effilées sur le dessus. A manger avec un fromage blanc, une faisselle…


Aubergines au yaourt à l’indienne:
2 aubergines
3 yaourts
2 échalotes
1 cuillérée à soupe d’huile de sésame
Du persil,
De la ciboulette
2 graines de fenugrec

edit: j'ai oublié ce qui fait indien: un mélange d'épices, curry, cannelle, graines de coriandre moulues

Faites dorer dans l’huile les échalotes émincées. Puis rajoutez les aubergines avec la peau en petits cubes et remuez bien pendant quelques minutes le temps que l’huile se soit immiscée partout. Faites cuire avec un peu d’eau, les épices et les graines de fenugrec jusqu’à ce que les aubergines aient changé de couleur et de texture (molle et brune).
A part, préparez la sauce : yaourt, persil et ciboulette ciselé. Rajoutez les aubergines cuites et refroidies, ajoutez à l’envie jus de citron et sel. Servez très rapidement.

samedi 12 avril 2008

"Seuls les vieux ont de la fraîcheur, (...)

"(...) une fraîcheur au second degré, conquise sur la vie."

*source photo Izis Immigrés du Banat yougoslave en France (vers 1949-1950)

"Ici la nature se renouvelle avec tant de force que l'homme, à côté, paraît sans âge. Les visages durcissent et s'altèrent tout de suite, comme des coins enfoncés au coeur de la bagarre: tannés, cicatrisés, labourés par la barbe, la variole, la fatigue et le souci. Les plus tranchants, les plus beaux, même ceux des gosses, sont comme si une armée de bottes avait passé dessus. Jamais on ne voit, comme chez nous, de ces visages lisses, ruminants, inexistants à force de santé et sur lesquels tout reste à inscrire." (extraits de "L'usage du monde" de Nicolas BOUVIER)

mercredi 9 avril 2008

On épouse jamais ses parents...

Malade, le nez qui coule, des brumes dans la tête... pas moyen de me concentrer pour écrire... alors un petit moment de "conte de fée"...


j'aurais des choses à dire sur ce film de Jacques DEMY, sur ce conte de PERRAULT... "Peau d'Ane" ne me plait que quand elle a sa peau de bête et j'ai toujours eu du mal à y retrouver un souvenir d'un rêve enfantin de petite fille... alors un peu de kitsh, un principe ethnologique de l'inceste interdit "à fleurs bleues de Fée des Lilas" pour aujourd'hui et du discours dans les lendemains...

lundi 7 avril 2008

Jardins d'enfants, plume de carotte

Vous connaissez maintenant mes tendances à chercher toujours des découvertes, même dans les livres pour enfants. Pour les Passeurs d'imaginaires d'avril, je ne peux pas passer à côté de ces jardins bien particuliers. L’édition Plume de carotte fait des merveilles.


« Mon jardin du monde » propose plusieurs petits moments bien sympathiques :
un livre « Planète jardin » pour expliquer aux enfants la découverte des légumes, plantes et céréales, la découverte du monde grâce aux plantes, de l’histoire, de la géographie et aussi quelques idées de jardinage.
Un livret « Créons le jardin du monde » pour proposer de créer un jardin, en butte à la manière ottomane, du riz en aquarium, de papyrus égyptiens, à la sénégalaise ou la tour de patates des Incas. Le coffret contient aussi des graines de blé, de riz, de maïs et de sorgho, ainsi qu’un petit sachet au trésor de graines du monde…

« Mon jardin de sorcière » de Frédéric LISAK et Bernard BERTRAND est aussi un vrai coffre à trésors.
« Le carnet de bord des explorateurs du jardin magique » présente l’histoire d’un jardin, de plantes sauvages et non, du rôle des plantes (pour se nourrir, se soigner, s’équiper), le pouvoir des plantes (porte bonheur, mauvaises, d’amour, d’avenir, de santé), un peu de jardinage magique allant jusqu’à la cuisine à la fête de Saint Jean et à Halloween. « Mon herbier magique » reprend certaines plantes, explique comment faire un herbier et comment reconnaitre tactilement certaines herbes. « Mon carnet de jardinage sorcier » reprend des trucs et astuces de sorcière, des jeux, des recettes de cuisine, de la pharmacie naturelle, des soins de beauté : message secret, violette en bonbons, sculpture de potiron, shampooing naturel, colorants naturels… Le coffret contient en plus des graines, attention particulière pour les baies d’églantier (poil à gratter), j’en ai fait l’expérience.
Les illustrations sont de Roland SABATIER, illustrateur des sorcières et du monde elfique en puissance (cf ; les encyclopédies des fées, des lutins, des elfes etc…) alors à ne pas manquer.


Il me manque « Mon jardin d’artistes ». Cette même édition propose des livres pédagogiques sur le jardin (des couleurs, potager, des plantes) ou sur la découverte (des arbres, des graines, des champignons, des fleurs de bois, des oiseaux ou de la faune en général, de l’écocitoyenneté)…n’hésitez pas à aller voir sur le site Plume de carotte.

vendredi 4 avril 2008

Les jardins imaginaires *6* avril

En attente de récolter toutes les participations au thème de mars, les métiers imaginaires, des Passeurs d'imaginaires, je me laisse aller à la nouvelle saison et vous propose de mettre le nez dehors, racontez-nous vos jardins imaginaires.


*source jardin français

Vous pouvez :
- nous le dessiner, le prendre en photo, le décrire couleurs par couleurs, saisons par saisons, fruits après arbres.
- nous faire profiter du votre et de toutes vos astuces. Je pense ici à N-Talo et à son Jardin de Pareillas, son blog tout entier peut être une des participations, exemple jardinage. Mais plus avant, avez-vous des réflexions sur le temps des plantations (calendrier lunaire par exemple) ? Nous mettre dans la confidence de vos astuces écologiques pour faire partir les indésirables sur vos superbes fleurs ou légumes.
- nous révéler les jardins déjà imaginés : celui d’Alice aux pays des merveilles de Lewis CARROLL, celui du Paradis avant la faute, comme un labyrinthe etc…
- nous décrire une sorte de jardin : à la française, à l’anglaise, à la japonaise etc…ou des focus : bonsaïs, fleurs coupées, herbiers etc…
- nous évoquer ce que nous pouvons faire dans le jardin : farnienté sur chaise longue, sieste régionale, loisirs privilégiés.
- nous emmener dans l’univers d’un paysagiste ou nous inviter dans un jardin public qui ne vous laisse pas de marbre (serres tropicales, parcs…)…j’aimerais d’ailleurs vous emmener encore plus au Parc de Bagatelle de la région parisienne.
- nous proposer un focus sur un artiste et un de ses thèmes de prédilection : les nymphéas de Monet par exemple
- nous raconter la philosophie de vie, saisonnière, que la pratique d’un jardin vous a donnée.




*source kibboutz

- nous sensibiliser à une vision de la société avec la vie en ruralité ou pour les exploitants agricoles, les jardins ouvriers ou la notion de kibboutz encore nous rappeller les exploitations coloniales, jardins d’agrément et de richesse pour les uns, esclavagisme pour les autres
- nous proposer votre décoration de jardin, nains de jardins ou Totoro de jardins




*source photo de Totoro au Japon de Nicolas

Les Passeurs d’imaginaires, initiative personnelle, n’ont d’existence que par vous. Merci de vouloir encore suivre ces thèmes imposés, par moi(s), et de donner envie de continuer cette aventure du partage. Je vous rappelle que l’imaginaire, ici, n’est qu’un terme, vaste, où se mêle la transmission, le réel, le fictif et permet, en fait, aux autres de prendre dans toutes les participations de petites graines pour composer leur jardin, leur imaginaire.

jeudi 3 avril 2008

Préoccupation mensongère

"Tout le monde est occupé" de Christian BOBIN est une lecture d’il y a quelques semaines. J’avais du mal à en dire deux mots, interloquée, séduite, étant persuadée d’être passée à côté, aussi.



Nous voici dans un conte pour adultes emprunt de poésie, de magie. Nous suivons Ariane, une femme de ménage, dans ses bonheurs amoureux et de maternité, dans sa folie régénératrice et poésie de vie. « Il y a ainsi des gens qui vous délivrent de vous-même – aussi naturellement que peut le faire la vue d’un cerisier en fleur ou d’un chaton jouant à attraper sa queue», Ariane en fait partie. Elle aime et par un geste simple donne son amour, par un attouchement fugace (un baiser) devient enceinte (par poésie et non comme si elle tombait dans une spirale médicalisée ou normée). Autour d’elle déambulent des personnages, avec leur propre façon de vivre, souvent à côté d’eux, elle fait le ménage (mais pas que de la poussière). En choisissant de regarder voler Ariane, légère de bonheur amoureux, et de suivre des yeux ses enfants, c’est une ode à la vie, à l’existence, à l’espièglerie (une certaine forme de folie, oui, oui, une propension à oublier ce que l’on attend de nous).
La spiritualité devient incarnée, la Vierge Marie, de plâtre bleu, change de couleur en fonction de ses émotions et, charnelle, décide de s’occuper aussi d’elle et de partir à travers le monde. La folie, l’amour, l’éducation, l’amitié, les relations de convenance, sont alors passées par un kaléidoscope de couleurs, d’humeurs et de sensations. Loin de suivre le chemin tracé, la norme, loin de reprendre ce que nous sommes dans la vie, Christian BOBIN semble nous dire de vivre, d’exister par nos propres poésies de vie. Un peu de spiritualité chrétienne, oui, mais ce serait être bien étriqué que de ne pas savoir y lire une spiritualité universelle.



*source Pierre MORNET (je n’ai pas pu m’empêcher de vous la montrer en grand !)

Oublions les idées toutes faites, laissons le monde se refaire dans une discussion incessante entre un oiseau et un chat : Rembrandt, le chat, se délecte de théologie facile, Van Gogh, l’oiseau en cage, de philosophie naturelle. « Rembrandt peut rester en arrêt devant une phrase, plusieurs jours de suite. Il en fait son miel et ses délices. Il s’en lèche les babines. » Le style de BOBIN nous amène à nous prendre pour le chat de la maison, une phrase, une image, une idée, un rêve, un échappatoire, une manière irréelle de vivre… et pourquoi donc irréelle ? Pourquoi devrions-nous fantasmer des vies pour nos enfants ? La magie est en eux ! Une Manège, née à la sortie du train fantôme, aux yeux grands ouverts, toujours, sur le monde et ses petits riens qu’elle dessine, dessine, dessine. Un Tambour, passionné de physique et de chimie qui expérimente la vie avec des formules. Une Crevette, désincarnée ou réincarnée par amour de ses proches, au bec de lièvre inexistant par affection de ses proches, danse à deux centimètre au-dessus du sol. Refaire le monde, oublier les bonnes manières, de toutes façons, les « bonnes manières sont des manières tristes», revenir à l’état d’enfant, ne plus "être occupé" par nos préoccupations. Cette magie du tout en devenir, de l’appréhension nouvelle, non conditionnée, du monde : « Manège, quatre mois, fait un premier état des lieux : le monde a goût de lait et de lumière. Le monde rentre par la bouche et par les yeux. » Garder l’humour dont nous dote la vie (Dieu pour Christian BOBIN) à l’état de fœtus : encore ne faut-il pas être né avant terme !
« Il est très difficile de soutenir le regard fixe d’un tout petit – c’est comme si Dieu était en face de vous et vous dévisageait sans pudeur, en prenant tout son temps, un peu étonné de vous voir là. » Ce livre fait un peu le même effet, avec l’envie de vivre et d’exister et pas seulement par un artefact, un être de songe si existant soit-il, je pense là à celui de Siréneau.

Je viens de terminer la conversation avec un ami, un vrai, qui me révélait au fur et à mesure une vérité sur moi : je suis une enfant de 7 ans (l’âge de conscience, de raison, d’omnipotence refoulée ou de besoin de perfection latent) qui se veut être Dieu. Grace à notre petit d’homme je suis aussi une enfant de 1 an ½ par procuration. Je ne désespère donc pas de maîtriser mes frustrations primales et compte bien me lâcher dans le grand bassin de la vie, ne plus être occupée mais agir. Merci L…