lundi 30 mars 2020

Isolée

Aujourd'hui, comme hier...



Isolée, confinée, épuisée. Voici la vue de mon lit, de mon jacuzzi, de mon hamac, de ma chaise longue, de mon trampoline, de ma bouée, de mon phare, de mon île, de ma prison, de mon rivage, de mon lit.
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Dormir, dormir, je n'ai fait que ça... ou presque.



Seul contact physique depuis 17 jours, le petit lynx qui m'offre son ronronnement et l'horizon de ses pupilles...Yeux dans les yeux jusqu'à saturation.

Confinement sportif

Si vous avez du talent, vous pouvez bouger tout le corps...

 *source instagram: Lory Carpano

comme Lory Carpano, Brooke Raboutou ou Andri Ragettli





ou danser ensemble, comme le groupe Emka



ou juste bouger les pieds d'envie

Voyages sur papier, voyages des doigts, en confinement

J'entame ma troisième semaine d'isolement, confinement, repos pour le coronavirus.

J'ai réussi à lire un peu, à travailler un peu, à regarder des films un peu. Je n'arriverai pas à dessiner mais j'ai tellement d'idées d'activités que je vous en propose ici. En version adulte, je pense que tout le reste du blog vous permet de trouver des idées enfants.

Bien-sûr profiter de ce temps peut-être libre (si vous n'êtes pas en télé-travail tout le temps, fabuleux soignant, travailleur de l'ombre pour que nous puissions être confinés, professeur en continuité pédagogique - ce que je suis mais là en arrêt de travail, épuisement à l'appui-, parent en train d'aider votre enfant avec ses devoirs) pour lire....
- les explorateurs, d'un autre temps ou des temps presque modernes : "L'usage du monde" de Nicolas Bouvier, livres des photographes du monde, carnets de voyage
- les classiques
- les mythologies, là aussi vous en avez pour longtemps tout en faisant le tour du monde


Odyssée, Iliade, Mahabharata...

Puis quelques digressions rayon jeunesse pourtant fabuleusement motivantes,


"Hortari, Récits d'explorateurs oubliés" de Marie-Alice Harel pour vous imaginez explorateur, ou "Fleuves" de Peter Goes alliant géographie, exploration, architecture, zoologie, mythologie... de quoi par intertextualité aller dans de multiples directions.


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Vous pouvez aussi proposer de la gymnastique à vos doigts en pratiquant:
- de la musique
- du coloriage pour adulte, du dessin méditatif (mandala ou zentangle), du décalquage difficile
*source The Kelmscott Chaucer par William Morris et Edward Burne-Jones colouring book

- de la linogravure sur des gommes
- des jeux d'empreintes, de doigts (plus tard ce sera l'occasion de faire des herbiers, des alguiers ou des gyotaku
- de l'origami
- si vous retrouvez des œufs, les peindre pour Pâques
- des tatouages éphémères
- un dessin animé à l'aide de papier quadrillé
- avec vos vieux pulls, des animaux en feutrine laine
- du tricot, du crochet, des amigurumi
- des dessins de vos intérieurs comme Florent Chavouet

*source Florent Chavouet "Manabé Shima"

- des cartes postales pour toutes les personnes que vous aimez, les préparant avant leur envoi, sur le modèle de l'etegami en prenant modèle sur n'importe quel fruit, légume que vous avez sous les yeux.

Ou vous reposer, dormir, méditer, chanter, danser...

vendredi 20 mars 2020

Confinée sur mon lit... le virus n'a pourtant pas été invité


Ça y est, depuis une semaine je suis sur mon lit, l'homme dort ailleurs. Confinée avec mon masque, mon dessus de lit qui se prend pour une couette, un bout de pelouse, une étendue d'eau, un tapis magique et juste une boule de poils bien emmêlée qui, elle, ne supporte pas que je sois seule.
J'ai la version light du coronavirus: peu de fièvre, de la toux, de très beaux maux de crâne, des courbatures et une fatigue variable. Un ou deux matins, j'ai cru que le médecin s'était trompé. Mais non, un rien me fatigue. Alors que fais-je, là actuellement, à écrire sur ce média que j'ai pourtant laissé à la traine depuis un certain temps. Bah le moral! Je n'en peux plus, alors oui, je vais avoir du mal à récupérer de cet effort mais là j'en ai besoin.

Même avec une version light, ce n'est toujours pas une période fun! Vous vous sentez très très faible et les quintes de toux ne vous laissent pas. Vous prenez votre douche et puis vous devez immédiatement vous allonger pour vous reposer. Alors je devrais me préoccuper de mon année de titularisation, cette année post CRPE. Bah non, j'en ai marre. Si vous avez lu les derniers billets, vous savez que ma situation n'a pas été super agréable. D'un autre côté, cela me semblait évident d'être attaquée par le virus, je suis comme tous les PES (professeurs d'école stagiaires), une cible étoile de contagion et une origine étoile contagieuse: dans une école avec une dizaine de professeurs collègues, une vingtaine d'élèves; dans une autre, pour le "stage massé" (soit un passage formateur dans un autre cycle), une autre dizaine de collègues, une autre vingtaine d'élèves, puis votre groupe de collègues étudiants PES (soit une vingtaine d'autres), moi je fais partie de 2 groupes, plus nos profs. A cela vous rajoutez 4h30 de transports en commun deux fois par semaine (voire 3 fois) les autres jours vous comptez 1h30 par jour.
A cela rajoutez le boulot pour tenir une classe double cycle CE2/CM1, si vous ne l'avez jamais expérimenté vous ne pouvez pas savoir.... moi cela m'a pris beaucoup beaucoup de temps pour proposer quelques choses à mes élèves, en semaine, le week-end et même en vacances. J'étais épuisée.

Et non pas submergée pour un rien Madame ma tutrice.

Voilà, je sais, j'ai trop donné. Je ne vais pas terminer cette année comme il aurait fallu, pas le temps, plus l'énergie. Je veux m'offrir du temps pour ma santé, mon repos, ma famille.
Je vais fournir les traces professionnelles (évaluations), je vais bien-sûr continuer à être maitresse d'école mais le mémoire attendra l'année prochaine. Trop de retard, trop de fatigue, trop de maladie.

Et puis ce soir énervement: furieuse de voir les personnes qui ne se confinent pas, éprouvée par la franchise du médecin qui m'a diagnostiquée, révoltée par quelques messages humoristiques de mes collègues.
Je m'arrête, fatiguée, cela me laissera l'opportunité de ne pas répondre à chaud à toutes ces conneries.

mardi 11 février 2020

Un matcha, des vacances, des prises de notes


Bon, les vacances. Le chat est content, je suis là. Oui et non, là en présence, là à prendre toute la place sur la grande table, là à éteindre les lumières en partant (à les allumer le matin). Mais peu pour les jeux, peu pour les sorties, peu pour le dessin, pour les câlins, pour la famille... pour moi.

Un changement pendant les vacances: oui bien-sûr je ne me déplace pas. Oui aussi plus de sommeil, bah c'est clair, cela peut durer une demi-journée... ce matin réveil avec l'homme, "petites" tâches ménagères et pfiou... plus rien, juste le temps de bien ouvrir les yeux à 11h30 pour l'ado (qui grandit bien, mange bien et ne supporte plus aucune frustration, le pauvre grand).

Alors oui préparation d'un déjeuner demain: orechiette au brocoli (avec les anchois ou le chorizo à part), hôtesse végétarienne oblige, puis un "légitime" tiramisu. Et le grand de dire: heureusement elle aime le café. Bah non! Pas penser. ...... neurones au ralenti décidément.
Alors un matcha pour se requinquer. Avec dans les oreilles la pluie en forêt grâce à bellesoeurette et frérot.
Il me faudra en racheter, acheter aussi un autre bol à matcha, parce que nous sommes 4 à boire du thé maintenant.
Profiter de son arôme de yuzu et dire qu'enfin je vais pouvoir profiter des thés au plus près de leur achat, dans toute leur fraicheur et ne pas les garder pour toujours en avoir.

C'est drôle d'ailleurs, cette peur de manquer, il va me falloir la laisser partir, elle aussi... avec la reprise de ma vie professionnelle, avec une nouvelle attitude face à moi (peut-être 2020!).

Un matcha bu avec délectation, en ayant oublié combien je devais en mettre par bol... en oubliant beaucoup de choses en ce moment (pour en caler d'autres).


Et puis des livres de didactiques à prendre en notes, encore, toujours. Parce que c'est ce que fait une maîtresse de moins d'un an. Cycle 1, cycle 2, cycle 3. Ou Histoire, Maths, Sciences ou toutes disciplines....
Je termine les sciences, puis je termine les en-quêtes historiques.... que j'aime les éditions Retz.

Et je prendrai par la suite les manuels pour la petite section de maternelle. Parce qu'en mars, je vais devenir la maîtresse d'une troupe de petits coquins.
Au fait, si, je fais du sport: des squats pour préserver mon dos!
Allez squats, pédagogie explicite, situation problème bien amenée mais pas trop socio-constructiviste. Et puis différenciation ou plutôt double niveau/ double cycle, philosophie, gestion de classe... et esprit critique.
Bonheur des vacances!

"J'aime bien aller au bord de la mer en janvier et retirer seulement un soulier"

... titre d'un poème en prose de Carl Norac, illustration de Gerda Dendooven, extrait de "Vent d'hiver".

Nous sommes en février?!? Les jours passent sans que je ne vois le soleil. Du travail du matin au soir, en semaine, le week-end et même pendant les vacances.

Passée le mois des voeux, mes cartes sont sur la tables, blanches, elles ne sont pas parties chez leur destinataire. Je n'ai même pas proposé ma version ici.
Mais l'hiver, lui, est en place. Depuis quelques années, accompagné du vent, il me fait peur. Je suis devenue fragile des bronches. Est-ce le temps qui fait son office, après 40 ans? Est-ce une fatigue importante limitant mon immunité, une écoute trop imparfaite de mon corps. J'avais toussé pendant 4 mois, avec des pics de fièvre 3 semaines durant, des nuits assises pour pouvoir respirer, coqueluche possible... depuis je ne peux pas vivre sans un foulard sur la gorge. Fini mes colliers. Une demi-heure sans et ma gorge prend froid.

Et dire que j'ai adoré courir dans le vent, sans manteau l'hiver. Sans bonnet bien-sûr, le froid, le vent dans les cheveux et c'était sauvage, passionnant. J'ai adoré marcher dans l'eau glacée. Il suffisait d'un bon bain très chaud avec une bonne tisane et j'étais requinquée, voire vivifiée.

Je passe encore une année sur le fil.
Corps, petit, grand, gros corps, tiens bon! Je te mets à rude épreuve: pas assez de sommeil. Bah d'ailleurs cela fait des années, apnée du sommeil comprise, maintenant j'y rajoute un réveil obligatoire à 6h ou 5h et un coucher plus proche du jour suivant pour cause de travail.
Une alimentation beaucoup beaucoup moins choisie, pas le temps de cuisiner et puis beaucoup beaucoup d'émotions mal gérées (frustration, manque de reconnaissance, orgueil mal placé pour le plus gentil).
Plus du tout de sport, les bâtons de marche nordique attendent, la forêt aussi.

Je rêve de plonger mes pieds dans l'eau glacée et crier dans le vent, rire et danser sur la plage. Une sensation de vie. La dernière me fut apportée par un gong, non un tamtam parait-il (parce que plat et non avec la boule au centre) au dernier cours de musique.
Je n'ai pas l'oreille, pas le cran souvent. Ici les conditions étaient remplies, aucune appréhension de ce que l'on pourrait penser de moi (limite une bonne remise au point avec le professeur) et un geste ample, dynamique.... un son qui englobe et une vibration qui vous pousse à dire oui (à le crier dans votre tête!).

Allez pour l'année 2020: que vous puissiez crier à gorge déployée que vous êtes en vie, vivifié(e) et sauvage!