jeudi 5 juillet 2007

Gourmandises sans les yeux!

Suite à un petit commentaire de Fred , je vous propose un spécial : gourmandises beurk !


Une crème de rhubarbe (qu’il faut imaginer dans une verrine avec, au dessus ou au dessous, un coulis de fruits rouges ou une crème à la pistache).
Oui, cet aspect châtaigne, entre la mousse et la gélatine, ne présage rien de bon…et pourtant une petite note d’acidité et beaucoup de douceur (et de calories pour ma version).
Le version initiale est chez La Belle au Blé dormant et mérite le détour. J’ai dû me contenter de crème chantilly de supermarché et n’ai pas pu la remplacer par une crème végétale (moins grasse et moins sucré).
Petites modifications :
- j’ai fait dégorger mes tronçons de rhubarbes effilées 1 heure dans du sucre et j’ai jeté le jus produit (cela enlève de l’acidité à la rhubarbe et permet de ne pas surcharger en sucre)
- j’ai mis beaucoup moins de sucre


Un banh-lot. C’est un dessert asiatique que l’amie de ma maman, Mimi, vietnamienne, m’a fait goûter en passant. Je l’ai retrouvé dans un très bon petit restaurant thaïlandais de Paris où nous avions nos habitudes. Dans une mare, trempent des vers verts ! En fait de mare, il s’agit de lait de coco et de sucre de canne liquide (à modérer selon le goût) et de vers (quand ils ne restent pas agglutinés comme ici) du vermicelle de haricot mung à l’essence de toey voir ici ou pour d’autre de tapioca…moi j’aurais dit de riz comme on le pense ici, coloré au pandan .
Au final, il est plus question de noix de coco et de sucre de canne : les vers étant sans goût prononcé… Au fait pour ne pas voir vos vers collés les uns aux autres, passer-les au micro-onde quelques secondes avant de verser les deux autres sachets liquides et manger le tout sur de la glace pilée.
Dessert disponible dans toutes les bonnes épiceries asiatiques.

mercredi 4 juillet 2007

Moi...en mieux

J’aurais été plus frivole ou plus coquette, plus modelée et plus riche….voilà les chaussures que je m’offrirais.

Quel modèle ? Pfff pas mal de propositions de Christian LOUBOUTIN me plaisent par leur classe et un certain glamour : avec petits talons carrés ou grands et effilés (soit sans paillette, sans or ni argent, sans léopard, allez donc tapez louboutin dans google image, le site officiel ne reprenant que peu les modèles tant aimés !).

Mais en fait peu m’importe pourvu que mon sillage soit rouge….rouge comme le repère d’un dernier regard sur ma silhouette....

NB : vous n’aviez pas remarqué le dessous de la semelle en cuir rouge ?

Une mikka-bozu: oui trop souvent

S’il fallait répondre à la question : pourquoi avoir choisi le titre de mon blog Je Suis Comme Je Suis ? Je répondrais que je ne rentre pas dans le moule attendu et la réponse pourrait être très longue. Mais aussi que je suis trop souvent une mikka-bozu :



*source image Hokusai, , Boy Viewing Mt. Fuji, 1830s

« Au Japon, on appelle mikka-bozu (celui qui quitte au troisième jour) celui qui ne peut pas poursuivre une chose plus de trois jours après avoir décidé de commencer. Cela vient de la sagesse traditionnelle, qui dit l’on continue à exercer une chose qu’on a décidé de faire souvent en fonction de ce que l’on peut faire au-delà du troisième jour. D’une manière ou d’une autre, il y a toujours une baisse soudaine de la motivation vers le quatrième jour, quelle que soit la chose décidée. Cette perte de motivation est particulièrement déstructurée lorsqu’on choisit quelque chose sur des motifs superficiels telle que la curiosité simple, ou ne pas vouloir être à part, ou juste sur les conseils d’un tiers, sans comprendre vraiment pourquoi c’est bon et vraiment nécessaire.
L’esprit humain fonctionne d’une manière telle qu’il y a toujours une dichotomie inhérente comme celle de M. Hyde et du Dr Jekyll. C’est pourquoi, derrière la décision d’entreprendre une chose, se cache toujours l’envie de laisser tomber. Au-delà de toutes les raisons qui engagent à commencer quelque chose de nouveau, il y a des excuses pour rationnaliser l’abandon. Lorsqu’une personne est sur le point d’entamer quelque chose, on ne voit que le côté brillant, mais personne n’imagine qu’il y a également un côté négatif resté caché au fond de soi. Cet aspect négatif n’apparait que lorsque l’intérêt commence à décroître. Cela ne signifie pas que tout le monde a un caractère faible manquant de volonté et de persévérance. C’est simplement que l’esprit humain possède une nature à deux facettes qui agit comme un mécanisme de sécurité. Si l’on pouvait s’en tenir à toutes les décisions prises, il y aurait danger à persister même après avoir réalisé que c’est une erreur, et on serait incapable de reconsidérer le bien-fondé de la décision. » (extrait de « Zen, exercices visualisés » de Shizuto MASUNAGA).

mardi 3 juillet 2007

Valeurs sûres : Hokusai et Peanuts

En passant à la librairie du coin pour prendre un des livres que ma maman m’a prêté (à vie si je voulais), j’ai craqué. Oui, ma maman me laisse certains de ses livres « pratiques » pour mon utilisation quotidienne. Mais je n’arrive pas à me les approprier : ils sont couverts d’un papier fleuri quand j’aime voir la couverture, la tranche et la quatrième de couverture, la lecture et la consultation m’en sont que moins agréables. Ils sont annotés par ma maman et en tant que tel ils ont une vie, j’aime, mais je ne me permets pas de les annoter moi-même. Et puis pour des livres pratiques, j’aime y mettre un sommaire bien personnel pour me repérer dans les chapitres importants.

Enfin voilà, j’ai commandé son livre sur les exercices zen visualisés (appelés à mauvais escient de shiatsu) dont je reparlerais dès lecture plus approfondie. Et j’ai craqué pour des valeurs sûres.


Un Peanuts pour compléter ma collection (dois-je vous rappeler mon goût immodéré pour cet humour !) et un livre d’art sur HOKUSAI. J’ai adoré ses paysages, sa vague entre autres…

Oserais-je rajouter que la peinture d'ukiyo-e de la période Edo me plaît énormément: le monde flottant m'inspire.




Le titre, "Manga" de HOKUSAI, m’a interpellé : un manga ? Mais qu’est-ce que cette version de la bande dessinée a avoir avec cet artiste fabuleux ? Après une lecture d’une belle description ici sur le très bon blog Mon trek au Japon et la quatrième de couverture, je me laisse aller : « La Manga publiée entre 1814 et 1878, est l’un des chefs-d’œuvre du livre illustré japonais de l’époque d’Edo. (….) Destinée à servir de manuel de peinture, la Manga nous fait découvrir la méthode de l’artiste, en même temps que l’univers graphique de ce génie du trait que fut Hokusai. Interprète de la nature et observateur minutieux du monde des hommes, il fut aussi un génie du fantastique, laissant libre cours à son inventivité et à son humour. »

Daruma (ou Bodhidharma, le fondateur légendaire de la secte Ch'an) grimaçant ...

et dromadaire:


*source photo 1 ici et de la dernière sur le site du Pacific Asia Museum (superbe).

Autant vous dire que j’ai maintenant en ma possession une vraie richesse, un condensé du style de Hokusai mais aussi une description de son environnement : la faune, la flore, les paysages, les hommes autour avec des postures de gymnastes, de guerriers, d’acteurs. Des grimaces, des poissons, de la satyre ou encore des légendes. De quoi rêver la nuit.

Rajout du 04/07: la manga est consultable ici . Et en passant par le blog de Mirko Estampes japonaises (chaudement recommandé par Katell) vous pourrez à loisir vous instruire sur Hokusai lui-même ici , construire votre estampe virtuelle .

lundi 2 juillet 2007

Flan d'aubergines et fromage frais

Voilà une version personnelle du flan d’aubergines proposé par Cléa dans son livre sur l’agar-agar "Agar agar, Secret minceur des Japonaises".

En fait, je voulais faire un flan aux aubergines et aux œufs, un vrai plat principal. Et prise d’une envie de diététique, je me suis tournée vers l’agar-agar. Rappelez-vous, j’avais déjà testé avec mon flan d'artichauts aux fèves .
Mon flan est un peu raplapla car je n'ai pas attendu le temps de repos au réfrigérateur et que je n'ai pas pris les proportions qu'il fallait en agar-agar, voici la recette modifiée en conséquence.


Flan d’aubergines, miso, vinaigre de riz et fromage frais :
Pour un petit moule à cake :
3 grosses aubergines
1 cuillérée à café bombée de miso (quand il s’agit du hatcho, voir ici sinon une cuillérée à soupe bombée)
2 gousses d’ail
2 cuillérées à soupe de vinaigre de riz
2 cuillérées à café d’arrow root (ou maïzena)
4 grammes d’agar-agar
1 briquette de soja cuisine
1 fromage frais (style petit billy ou brousse)
des graines de sésame
de l’huile d’olive

Coupez une aubergine en 5 sur la longueur en gardant la peau, salez les deux faces et poêlez les lamelles ainsi obtenues des deux faces à l’huile d’olive. Une fois cuites mais pas en charpies, réservez-les.

Mettez à cuire à la vapeur (6 minutes pour moi) les deux autres aubergines, épluchées et coupées en gros dés avec les gousses d’ail, épluchées et dégermées. Mixez-les.

Dans une casserole, mettez 1/3 de la briquette de soja cuisine avec deux grammes d’agar-agar. A ébullition, attendez 30 secondes en remuant et sortez du feu. (étape 3)

Dans une autre casserole, incorporez la purée d’aubergines, le miso, l’arrow-root dilué préalablement avec le reste de soja cuisine et le vinaigre de riz. Laissez épaissir à feu doux tout en remuant. Rajoutez, hors du feu, la moitié du contenu de la première casserole (soja cuisine+ agar agar).

Dans le moule à cake, étalez un film alimentaire, disposez dessus les lamelles d’aubergines cuites au début et refroidies. Une fois, le moule bien caché, coulez le mélange avec les aubergines. Saupoudrez de graines de sésames. Réservez une heure.

Refaites une préparation d’agar-agar (étape 3). Dans une assiette creuse, émiettez le fromage frais avec le contenu de la casserole (agar-agar + soja cuisine). Homogénéisez bien et coulez le mélange dans le moule à cake sur le mélange d’aubergines. Laissez au réfrigérateur au minimum une heure avant de servir.

Jaune de momie au corps défendant des Egyptiens

Avez-vous suivi cette incroyable découverte : une momie non identifiée retrouve son histoire, et quelle histoire. Hatshepsout est la cinquième reine-pharaon de la XVIIIème dynastie de l’Egypte Antique.


En plus de cette belle statue, nous avons retrouvé une image, une forme : une femme en fin de vie devenue obèse, atteinte de diabète et avec une dentition fragile.

J’ai toujours été fascinée par les rites de l’Egypte ancienne et le processus de momification a contribué à quelques petits cauchemars enfantins : être momifiée vivante…cauchemar qui a perduré et a pris une autre tournure : donner mes organes avant d’être morte… La thanatopraxie (dont une version est l’embaumement) est une pratique qui m’intrigue autant pour les humains que pour les animaux aux musées d’histoire naturelle.

Mais plus particulièrement concernant les momies égyptiennes, je ne peux pas m’empêcher de penser au manque de connaissance sur leur conservation, au manque d’éthique de certains archéologues ou encore pire au pillage de tombes que ces derniers siècles ont connus. Sommes-nous sûr de ne pas avoir détruit des trésors archéologiques ? La perte est immense…il se pourrait même que certains grands personnages égyptiens soient sur des tableaux de la Renaissance. En effet, le pigment jaune de momie ou brun momie ou encore brun égyptien vient de là.




*source photo du brun de momie prise du site d’un professeur de physique/chimie de Nantes, n’hésitez pas à aller la voir en grand (avec son histoire) et des ingrédients d'un embaumement (qui se retrouvent dans le pigment) ici

« Le jaune de la momie est une couleur sacrilège puisqu’il est obtenu en broyant les chairs desséchées des corps embaumés et les bandelettes de lin imprégnées de résine, de poix ou de bitume retrouvées dans les nécropoles égyptiennes.
Ce pigment très particulier n’est pas une découverte des peintres. Cette sinistre mixture, qui apparait au cours de l’Antiquité, est utilisée comme remède. Les apothicaires d’Europe l’importent et la prescrivent à partir du XIIème siècle. Mais, à la Renaissance, le jaune de la momie est récupéré par les artistes, qui apprécient ses teintes jaunes ombrées. On l’emploiera dans la peinture jusqu’au XIXième siècle. » (extrait de « Couleurs, pigments et teintures dans les mains des peuples » de Anne VARICHON).



Ce livre, bible, véritable source d'inspiration de tous mes billets de la catégorie "L'homme coloré", propose une histoire, une ethnologie, une technique, des usages, aux pigments.