samedi 3 mai 2008

Reine d'Egypte

Sur l’étalage d’une librairie j’ai vu ce livre, "Une passion dans le désert" de BALZAC illustré par Paul JOUVE. Je ne connaissais pas le peintre/sculpteur animalier Paul JOUVE avant d’être interpellée par son illustration du « Livre de la jungle » de KIPLING et de vous livrer quelques illustrations en parlant de mes animaux féroces de l'enfance. Je ne connaissais pas Honoré de BALZAC, non, je n’ai rien lu de lui pendant mes études. Alors en regardant ce livre, nouvelle superbement illustrée, j’ai pensé à une belle lecture à la KIPLING.

Qu’elle ne fut pas ma surprise en découvrant une nouvelle très courte : une scène de domptage d’une hyène et une rencontre avec un vétéran de la campagne d’Egypte qui confit le souvenir de sa proximité, échappant à ses ennemis dans le désert, avec une panthère. Cette fascination pour l’animal, cette délectation entre le spectacle de la toute puissance animale et la peur de ne pas y réchapper m’a fait oublier un temps que le récit était tendancieux.

En suivant ces quelques jours dans la grotte en compagnie de cette bête féroce, nous sommes invités à vivre dans le désert, son immobilité, sa chaleur, ses tempêtes de sables, sa faune et ses délices…dattes gonflées… . La seule présence étant animale, la solitude humaine apparait dans toute sa noblesse : « La solitude lui révéla tous ses secrets, l’enveloppa de ses charmes. Il découvrit dans le lever et le coucher du soleil des spectacles inconnus au monde. Il sut tressaillir en entendant au dessus de sa tête le doux sifflement des ailes d’un oiseau, – rare passager ! – en voyant les nuages se confondre, – voyageurs changeants et colorés ! Il étudia pendant la nuit les effets de la lune sur l’océan des sables, où le simoun produisait des vagues, des ondulations et de rapides changements. Il vécut avec le jour de l’Orient, il en admira les pompes merveilleuses ; et souvent, après avoir joui du terrible spectacle d’un ouragan dans cette plaine où les sables soulevés produisaient des brouillards rouges et secs, des nuées mortelles, il voyait venir la nuit avec délices, car alors tombait la bienfaisante fraîcheur des étoiles. Il écouta des musiques imaginaires dans les cieux. Puis la solitude lui apprit à déployer les trésors de la rêverie. Il passait des heures entières à se rappeler des riens, à comparer sa vie passée à sa vie présente. Enfin, il se passionna pour sa panthère. »



*source Mignonne, Paul JOUVE

Le français apprivoisa la férocité de la panthère, du moins en apparence, elle jouait comme un jeune chien : « Il essaya de jouer avec les oreilles, de lui caresser le ventre et de lui gratter fortement la tête avec ses ongles ; et, s’apercevant de ses succès, il lui chatouilla le crâne avec la pointe de poignard, en épiant l’heure de la tuer ; mais la dureté des os le fit trembler de ne pas réussir. La sultane du désert agréa les talents de son esclave en levant la tête, en tendant le cou, en accusant son ivresse par la tranquillité de son attitude. »
Mais il y avait un malaise dans la lecture, une sorte de sensualité hors de propos…et les ambigüités étaient nombreuses : Mignonne, la panthère, était aussi belle qu’une femme, le français avait appris à reconnaître toutes ces mimiques et son rourou aux caresses de son invité. Une passion dans le désert peut être vue comme une passion (pourquoi n’avais-je pas compris dès le titre ?), l’unique passion de cet homme, une sensualité aboutie, sexuée… une passion quand la vie se trouve en dehors des hommes.

Il y avait bien cet incipit : « - Ce spectacle est effrayant ! » et cette accroche sur le pouvoir du dompteur : « - Connu ! –Comment connu ? ». Il m’a fallu lire la postface de Philippe BERTHIER pour mieux comprendre. Il reprend ce texte :

«(…)

Peut-être avez-vous vu dans le cirque hippodrome
Martin, l’imitateur de l’Androclès de Rome,
Entre ses deux lions s’avancer triomphant ;
Son œil fascinateur domptait les bêtes fauves,
Il entrait, sans pâlir, dans leurs sombres alcôves
Comme dans un berceau d’enfant.

Aujourd’hui, nous avons la clef de ces mystères ;
Il se glissait, la nuit, au chevet des panthères,
Sous le linceul du tigre il étendait sa main ;
Il trompait leur instinct dans la nocturne scène
Et l’animal sans force à ce jongleur obscène
Obéissait le lendemain.

Voilà par quel moyen l’Onan du ministère
Enerve de sa main l’homme le plus austère,
Du tribun le plus chaste assouplit la vertu…
(…) »

(quelques strophes du poème de BARTHELEMY, « Le Député ministériel »)

L’accueil de cette nouvelle avait été bon même pour le premier public puritain… car il n’avait pas lu entre les lignes cette obscénité des méthodes de domptage, cette infériorité de l’homme sur l’animal… et ce passage à l’acte sous-entendu. La passion charnelle comme un acte divin sans les hommes…je vous laisse découvrir le reste seuls.

Cette nouvelle me plut même si cette deuxième lecture me perturba un peu, moi qui comprends la sensualité mais peu le passage à l’acte nécessaire. Elle me plut d’autant plus qu’elle était accompagnée par les dessins de Paul JOUVE. Et puis elle a eu le mérite de reprendre la réflexion sur ce qui fait notre attraction quelque fois charnelle aux animaux sauvages. De quoi reprendre le billet sur les animaux féroces imaginaires d’une autre manière aussi. Cela ne m’empêchera pas de frissonner au rourou de ses félins, moi, connaissant le secret de ce ronronnement rauque et chaud propre aux grands félins.




*source Mignonne, Paul JOUVE (couverture de mon édition)

Vous pouvez lire la nouvelle complète ici et vous délecter du travail de Paul JOUVE très légèrement . Mignonne est à considérer comme un personnage féminin de l’œuvre de BALZAC à part entière nous dit-on. A vous de lire!

vendredi 2 mai 2008

Les parfums imaginaires *7* mai

J’ai laissé quelques jours aux retardataires du thème d’avril, les jardins imaginaires. Voici le thème de mai des Passeurs d'imaginaires, les parfums.

Parce que je mets le nez dehors, que notre loupiot aime sentir les floraisons (ou plutôt inspirer deux fois très fort le nez dans la fleur), je vous propose de :


*source

- nous faire partager vos odeurs magnifiées par le souvenir (enfance, cuisine, fêtes …)
- nous enivrer d’odeurs d’épices, de terre d’ailleurs, d’effluves si campées dans un univers ou pays (là je pense à un petit baluchon et à un top 10, mais chut, cela sera pour l’apéritif de vos vagabondages sur ce thème)
- nous amener à découvrir des parfums tenus, plein de promesses, en magasin ou dans les alambics
- nous faire visiter des lieux signifiés par les odeurs (encens, bougie dans les lieux de culte)
- nous proposer le voyage à travers des mots d’autres, des poèmes, des portraits qui vous inspirent des odeurs
- nous dévoiler la composition de vos parfums préférés ou nous initier à la composition de parfums, maison ou non
- nous inviter en cuisine avec le frétillement de l’huile, des échalotes et de l’ail… les odeurs des herbes aromatiques prises dans le jardin etc
- nous parler d’un livre à parfums (mais oui les mots inspirent eux aussi !)… "Le parfum" de Patrick Süskind… mais bien d’autres aussi


*source

- nous immiscer dans une collection de contenants, nous ouvrir les portes d’un musée aux boites de collyre et de parfums
- nous rappeler l’histoire des senteurs, de l’hygiène aux accessoires olfactifs de séduction


*source.

Comme vous le savez déjà, vous avez carte blanche… de l’imaginaire, du réel, pourvu que nous ayons l’ivresse. Vous avez jusqu’au samedi 31 mai. Bonne inspiration, et expiration…

Edit du 21/05: vous avez jusqu'au lundi 30 juin! Parce qu'il nous faut un peu plus de délai...

mercredi 30 avril 2008

Milles et une cuisines juives et Salade Apyo de céleri

J’avais envie de parler de ce livre depuis longtemps, c’est un cadeau de celui-ci et de celle-là. Une vraie merveille à de multiples niveaux.



« Le livre de la cuisine juive » de Claudia RODEN est un livre de cuisine me direz-vous ! Oui bien sûr, un livre de cuisine avec pas moins de 800 recettes, avec aucune photo de plats. Moi qui aime avoir aussi un visuel, j’aurais pu être sceptique. C’était sans compter que ce livre est une vraie manne, une merveille, à mettre entre toutes les mains, même non juives.


« Chaque cuisine raconte une histoire. La nourriture juive raconte celle d’un peuple déraciné, migrant, et de ses mondes disparus. Elle habite les esprits et a été gardée vivante grâce à ce qu’elle évoque et représente. »
Ce livre est une histoire de la cuisine multiethnique de ce peuple, de l’autobiographie, des explications érudites des fêtes, des différentes ethnies qui ont partagée et transmise cette touche culinaire. Des anecdotes sur les recettes, testées et re-testées, les rencontres qui arrivent à l’une d’elles…il a fallu 15 ans à Claudia RODEN pour accumuler toutes ces merveilles et je comprends… il m’arrive de lire ce livre de cuisine comme un roman historique du peuple juif, de l’Europe à l’Orient, du Maghreb à l’Afrique noire… les photos sont en noir et blanc ou sépia et montrent ces hommes et femmes au cœur de ces traditions particulières.
Je n’ai pas forcément appris la cuisine avec ma maman (ou ma famille), j’ai repris un ou deux plats et surtout des ingrédients particuliers. Ce livre remplit ce manque : des accommodations de légumes de tous les pays, des saveurs d’autrefois, des plats mis dans leur contexte… tout est bon et je le recommande… une transmission culinaire... et c'est pourquoi je mets le visage de cette cuisinière, exploratrice...comme si elle était au-dessus de mon épaule.


Cela me fait penser au livre de cuisine de la grand-mère de Rose et aux livres de cuisine des histoires, cuisine secrets de Anh.



Voici la recette de salade de céleri cuit adaptée de ce livre : un Apyo« Cette façon simple de préparer le céleri vient de Turquie et des Balkans ; d’un légume des plus ordinaire, elle fait un plat spécial ».
1 bouquet de branches de céleri
1 cuillérée à soupe d’huile d’olive
1 jus de citron
1 cuillérée à soupe de sucre

Faites cuire à feu doux le tout pendant 30 à 45 minutes (en rajoutant un peu d’eau en cours de cuisson).

Entre les livres et les réflexions

Cela va être plus facile de vous donner mes allers et venues parmi les livres et les réflexions. J’ai beaucoup de plaisir à aller là où je peux récolter plus qu’un avis de lecture, du ressenti, des réflexions…


Mes chouchous par ordre alphabétique (que vous retrouverez dans la colonne de droite « Allez zou ! pour des lectures et des réflexions ») :A lire au pays des merveilles un tour au pays des livres jeunesse, des thèmes en plus des livres et pas mal d’ouverture d’esprit
Cabinet de curiosités le nom indique ce que nous pouvons y trouver, de la philosophie, des sciences naturelles, de la mystique et des mythologies quotidiennes et moins.
Ce que dit Rose, j’y aime ses repas dominicains, ces alibis littéraires, faits de détails et de recettes de cuisine, avec un aller vers le cinéma…un passage intellectuel
Chaperlipopette des livres avec des mises en bouche bien plaisantes, de l’humour et des extraits
Chez Clarabel2 j’y vais surtout pour la catégorie « Miss C vous guide » (j’avoue) parce que les lectures jeunesse sont pleines de vie, d’enthousiasme et d’invitation à la découverte
Chez Gawou la libraire pour les coups de cœur de cette libraire au rayon jeunesse
En Sirénie pour ses réflexions, passant du coq à l’âne, mi-philosophiques, mi-méditatives qui m’emmènent toujours vers une autre
Fenêtres sur la cour J’y aime ses écrits, ses textes d’auteurs mis en lumière par un thème, l’exotisme à travers les pages, les touches d’art ici et là entre souvenirs et coups de « cœurs ».
Happy few pour y trouver quelques touches de midinetterie littéraire mais avec du fond et de la forme
Instants cléments de Frédéric CLEMENT car j’aime ces envolées de mots, ces grains de poésie et de fantaisies (auteur de « Luminus Tout » entre autre)
La chasse au snark sur les pays de Lewis CARROLL, des archives, anecdotes, des traductions et des réflexions sur son œuvre
Lali pour ses tableaux, ses mots, ses lecteurs et son amour des livres sans jamais nous évoquer un titre ni un auteur mais en voulant y mettre nos mots
Le café littéraire de Gaëlle pour ses réflexions poussées d’œuvres
Lectures et autres pour ses longs avis sur les livres et ses recherches pour nous emmener encore plus loin chez l’auteur, sans oublier ses thèmes comme la mythologie etc…
Les roses de décembre pour, pour tout ! Pour l’intertextualité (suivre ses pas dans ses lectures), pour ses réflexions poussées et non conventionnelles, des mots sur des maux sans y faire paraître, des réflexions très poussées sur la vie, l’amitié, la mort, l’écriture, le talent etc.…des philosophes et aussi des traductions, des archives sur J.M.BARRIE et ses contemporains
Librairie "Les cinq continents" pour une évasion vers des livres faits pour les voyageurs
Librairie Neverland parce que cette librairie m’est chère, que je lui souhaite longue vie et que je me rêve dans son canapé, au fond, à parler à brule pourpoint avec son hôtesse sur des thèmes bien achalandés, féériques, romantiques et autre
Lily et ses livres pour ses coups de cœur littéraires, ses avis toujours bien argumentés, ses longs extraits et ses mots qui donnent une vraie atmosphère de lecture
Litote en tête pour suivre en direct une librairie
Livres de Malice pour ses thématiques très bien pondues
Teatime With A Faun car sous des écrits quelque fois durs d’approche ce cache d’innombrables réflexions hors du commun

Words And sounds Cécile parle de musique et j’aime sa façon d’en parler
Mes ressentis littéraires jouent à fleur de peau entre les évocations et l'appel à la lecture: pas de résumé ni plus d'indice..du sujbectif sans avoir l'envie d'être critique.

Envol de créations

Dans le même ordre d’esprit, je me sens toute, mais toute petite, devant autant de talent. Je ne mets aucun détail, je sais, vous êtes en manque! Alors je vous promets de mettre mes chouchous en valeur de temps en temps...

Mes chouchous (par ordre alphabétique que vous retrouverez dans la colonne de droite « Une touche par-ci par-là de création »):
Alexandream le site, j'y aime les sculptures, les hommages à Dali, toute la période des années 80' (allez savoir pourquoi) et bien d'autres choses ... et son nouveau blog
Aquarelle en voyage pour la technique de l'encre, des couleurs, de l'eau et de la lumière sur des paysages d'ailleurs (souvent sous le soleil)
Art and Ghosts pour ses poupées, ses enfants mutines et mystérieuses
Bobi and Bobi pour ses crayonnés de personnages fragiles et cabossés par la vie
Bridget is painting pour ses poissons (surtout) et ses patines, vernis qui me laisse toujours sans voix
Bulle de vie4 pour ses photos très autoportrait et les douceurs de situations véridiques
De l’autre côté des cailloux pour ses illustrations d'après photo, très ressemblantes et très oniriques
Delphine COSSAIS, peintre, le blog pour ses femmes bohèmes, peintre et ses couleurs
Des papillons pour l'envol de créations qu'elle nous propose à chasue fois
Détours des mondes (arts d'Afrique) comme son nom l'indique, un site très complet et précis
entr2rives© (même s’il n’a pas fait plus que démarrer, je le soupçonne de plein de choses)
Estampes japonaises une mine d'or pour tous ce qui se rapporte à ces techniques, de très belles thématiques aussi
Jeremymoncheauxblog pour ses atmosphères
La boîte à images des arrêts sur image très érudites (blog en pause, quel dommage!)
La fille du consul des bijoux de saison par une illusionniste du réel...j'aime ces bijoux à manger, ses légumes et fruits, ses branches de gui, ses coraux...bon, à voir absolument
La main gauche du gothique
La Marchande d'étoiles pour ses poupées dansantes
Laurent et ses croquis de Paris et éphéméride
Le Divan Fumoir Bohémien pour ses découvertes, tiroirs de détails, de tissus, de papiers et d'écrits...une merveille
Le Jardin de Miss Clara pour ses approches du papier, faire des costumes et des merveilles
Ma baraque à dessins pour ses dessins western et un peu pin-up
Ma petite théière pour ses femmes/enfants mystérieuses et ses gri-gris bijoux
Marionettes pour ces têtes entre les monstres et la folie, une autre invitation aux rêves moins douceureux
Mystères et boules de gomme pour son humour, ses thèmes toujours particulier et ses concours
Niniegm créations et discussions pour ses poules et poussins et cette humour
Non dairy Diary pour ses lapins et ces illustrations au plus près d'une chambre de petit loupiot
Pas si bête pour les bestioles pardi!
Pataplume pour cette fraicheur du trait
Prairies virtuelles pour cette invitationa u ras des pâquerettes

Les autres :
Aby (dessins)
acerB blog
Aquanamorphose (soeurs, muses, ophélies, préraphaéllisme)
ASIFA-Hollywood, Animation Archive (en anglais, bouhou)
Biboun attitude
Couleurs éternité (des couleurs, des artistes, de l'art asiatique)
en promenade (les photos): de Bellesahi
Femme, femme, femme (en art et au cinéma) : de Nibelle et Baudoin
Gayou petits dessins
Jardin de gribouilles : blog de Doune
L'atelier gris: de Frédérique Dupuis
La dame aux caramels: de Marie Terray
Le placard à chocolats: de Négresse bleue
Le poignard subtil (art populaire, naif etc)
Paprika’s BD blog : blog de Marianne ESKENAZI

Et mes humbles propositions

mardi 29 avril 2008

Jardins de thé

Jardin : quel beau mot ! Il nous emmène dans des allées, des bosquets d’arbustes et de fleurs, des ombres pénétrantes sous des arbres majestueux mais aussi des plantations de l’autre côté du monde.



*source plantation de thé au Kenya, photo de Fleviez

« Dans le très poétique vocabulaire du thé, on appelle « jardin » la plantation produisant un thé qui ne sera pas mélangé à un autre, et qui portera le plus souvent son nom. La similitude est ainsi entière entre un jardin de thé et un vignoble où nait un grand cru. Le jardin, quant à lui, offre souvent au connaisseur ce qu’on appelle un « grand seigneur », soit un thé de très grande qualité. Ainsi, déguster le thé d’un jardin, ce n’est pas boire un Ceylan mais savourer, par exemple, toute la finesse d’un Pettiagalla ou la saveur fruitée d’un Saint-James des Uva ; ce n’est pas simplement boire un thé vert de Chine, mais s’émerveiller du parfum d’un Lung Ching ou de la rondeur d’un Pi Lo Chun…On entre ici dans l’infinie richesse de l’univers du thé. »
(extrait de « L’ADCdaire du thé »)
Les plantations de thé, jardins, « gardens » ou « estates », nous proposent de suivre les délices du thé et aussi de vivre la dégustation : un thé peut évoquer, sans adjonction de parfums ou d’autres éléments (tels que fleurs ou graines) un paysage, une atmosphère.


*source

La Voie du thé japonaise Chado offre grâce à sa cérémonie du thé Chanoyu les quatre principes proposés par le maitre de thé Sen no Rikyû, de style wabi (concept esthétique associé à la simplicité, à la beauté rustique) : wa, kei, sei et jaku, respectivement, harmonie, respect, pureté et tranquillité de l'esprit. Un vrai « jardin de thé » qui accompagne jusqu’au pavillon de thé Chashitsu.
Le Chaniwa est à lui tout seul un jardin propre à amener l’invité dans un autre monde : « Le jardin de thé est une invitation au voyage, une invitation à quitter le monde de "tous les jours" où peines et souffrances sont lots quotidiens, pour un autre fait de tranquillité, de quiétude, où la notion de temps semble ne plus exister. C'est pourquoi le jardin de thé est coupé "visuellement" de son environnement extérieur (citadin dans la plupart des cas). Plus que dans tout autre archétype de jardins, la notion de limites, et donc de seuils, est ici une caractéristique essentielle.

Le visiteur qui se trouve dans le jardin doit se sentir "hors de sa vie quotidienne", il doit avoir l'impression d'être en pleine nature et focaliser son attention sur les évènements présents qui se déroulent dans le jardin, et dont il est lui-même un acteur majeur. »

(extrait du site Fujijardin, dont un très beau compte-rendu du Chaniwa, à lire absolument autant les caractéristiques que les éléments constitutifs)… je reviendrai sur ce parcours initiatique fait de mousse, de pierres, de clôtures et palissades, de banc d’attente ou de lampe de pierre. Si vous voulez en voir certains c’est ici.

*source Chaniwa de Kyoto

Et vous, quels sont vos jardins imaginaires ? Il ne vous reste que peu de temps, je rajoute une semaine et quelque pour les retardataires qui se veulent Passeurs d'imaginaires.