mercredi 5 novembre 2008

Feuilles en vrac, plaisir au complet

Voilà, il faut que je tombe à chaque fois sur une swappeuse qui me comble encore et encore. Mon colis est arrivé… bombé, bombé. Des feuilles partout… en vrac, en mélange, reliées, en gelée, en papier… rappelez-vous j’étais inscrite pour le plaisir, encore et encore du thé.

Katell, que je connais par ailleurs depuis quelque temps pour son blog, Chatperlipopette, aux mille livres, aux avis tout de sensibilité et d’à propos, aux prises de position, aux festivals culturels et aux moments poétiques… et aux chats. Katell, que je connais aussi pour ses attentions douces, discrètes et pourtant toujours présentes… c’est elle qui ne s’est pas limitée à ce que le colis devait contenir : je ne vais pas me plaindre, je suis comblée.

Je vous disais donc, des feuilles tout plein… des feuilles de thé bien sûr. Grâce au mini Swap thé de Loula j’ai reçu de superbes pochettes rouge cachet de cire aux étiquettes évocatrices : Thé du Tibet, Thé blanc, Pu’er, Genmaicha, Tisane du Berger… et deux sans étiquettes… un pot de gelée et ce qui a l’air d’être… un livre.

Et après un déballage outrageusement vif : un marque page qui m’emmène dans les déserts de Mauritanie… ben oui, le bleu du fond ne m’empêche pas de voir dans ce thé servi à grand jet, un thé fort dans un pays de chaleur….

Une encre de Mamzelle Katell… une théière bleue aux idéogrammes… Je suis très touchée et très enthousiaste… je la trouve magnifique et ne peux que m’incliner devant ce beau brin de pinceau !

Des thés en vrac :
Thé du tibet, thé parfumé très doux au parfum fabuleux, que je bois en ce moment pour écrire ce billet… et je n’arrive pas à trouver sa composition… mince, je vous en reparlerais.
Un Genmaïcha qui « se compose de thé Sencha, de riz grillé et de maïs soufflé. Les céréales ajoutent un arôme grillé distinctif » nous indique Katell. Oui un thé très intéressant que j’avais goûté il y a fort longtemps avec bonheur, je vais pouvoir faire perdurer ce beau moment.
Un thé blanc, un Pan Mu Tan, un nouveau thé blanc pour redéfinir le goût de cette pivoine blanche… de quoi préparer une belle comparaison avec mon Bai Mu Dan !
Un Pu’er (et moi qui n’ai jamais goûté vraiment) … une vraie excitation !
Katell, en suivant mon petit chemin de thé, m’offre là de quoi continuer, amplifier, peaufiner toutes mes dégustations. Un peu de fantaisie et du nature, de quoi fournir une liqueur à chaque moment de ma journée.

A cela s’ajoute une « tisane du berger », tilleul et verveine ou fleur d’oranger en vrac… il va falloir que je regarde mieux et que je goûte… de quoi me rappeler de très bons souvenirs de tilleul avec mon grand-père maternel… dans une tasse chaude, pris à l’extérieur quand les jours se font frisquets, au coucher du soleil… et sous le tilleul donateur !
Et une gelée au thé de jasmin, maison… oui je crois qu’elle va attendre une belle brioche maison… ou des scones… je pense qu’elle ne patientera pas bien longtemps.

Et puis « Le Thé dans l’Encrier » de Gilles BROCHARD. Celui, revu et corrigé, augmenté de cet écrivain amateur de thé et de littérature. J’avais lu son premier jet ici avec des illustrations de thé… mais là, ce livre relève encore de nouvelles saveurs. De nouvelles escapades nostalgiques autour des auteurs, des compléments, un parfum d’audace aussi en lisant les retrouvailles qu'il a eu avec Francine quand moi j’y espère une rencontre.

Merci infiniment Katell... et merci Loula pour cette organisation porteuse de bonheurs partagés!

Quelque chose de l'océan et quelque chose de la montagne

« Cette dernière expression résumait à elle seule l’idée que se faisait le directeur de la meilleure façon d’accompagner le riz du déjeuner. (…) Par « quelque chose de la montagne », il fallait entendre tout produit de la terre tel que le bœuf, le proc, le poulet (l’idée était en réalité qu’au sein de la classification générale opérée entre « océan » et « montagne », la viande relevait plutôt de cette dernière catégorie, le bétail étant élevé sur la terre ferme) ou les légumes, et par « quelque chose de l’océan », du poisson ou tout plat à base de fruits de mer, comme le ragoût de Tsukuda. En plus du riz, le panier-repas devait contenir au moins un aliment de chaque catégorie. » (extrait de « Totto-chan, la petite fille à la fenêtre » de Tetsuko KUROYANAGI dont je parlais )




Encornets aux poireaux à la sauce vertePour 2 personnes
500g d’encornets
1 kg de poireau (vert conservé)
1 brique de soja cuisine
Du sel
1 bourgeon de gingembre frais
1 échalote
1 carotte
1 cuillérée à soupe d’huile d’olive
1 poignée de pignons

Séparez la partie verte des poireaux de la partie blanche. Après avoir coupez finement les deux parties séparément, lavez les à l’eau avec soin. Faites blanchir la partie verte 5 minutes dans de l’eau salée bouillante. Passez les lamelles vertes sous l’eau très froide et égouttez-les. Mixez- les avec la crème de soja et réservez.

Emincez l’échalote finement. Astuce : enlevez la première peau et le côté tige/germe, sans retirer le côté racine qui tient toutes les lamelles de l’oignon ou de l’échalote, coupez dans le sens de la longueur en laissant la largeur d’un doigt, puis émincez facilement. Epluchez et émincez finement le gingembre. Dans une casserole à fond épais avec l’huile chaude (qui crépite autour d’un morceau d’échalote), mettez l’échalote et le gingembre. Tournez et quand le mélange s’assèche ajoutez une pincée de sel qui va faire suer nos condiments. Tournez encore et attendez que l’échalote transpire et devienne transparente sans brunir. Rajoutez les blancs de poireaux et la carotte coupée en julienne. Tournez et dès que le mélange s’assèche, une pincée de sel pour que les légumes transpirent. A feu moyen, continuez la cuisson en vérifiant que les légumes n’attachent pas. Si c’est le cas, mettez un peu de la sauce verte préparée juste avant.
Lavez les encornets, retirez les yeux et le « bec » en séparant en trois la bête (corps, la partie des yeux, tentacules cf. première photo page de gauche au centre), la poche intérieur et le cartilage… pour les plus chanceux, rien à faire si ce n’est bien les rincer (encornets surgelés) et de séparer la partie tête de la partie corps. A 5 minutes de la dégustation, rajoutez les morceaux d’encornets et attendez le changement de consistance : de transparent opaque à blanc vif et plus rigide, sans être caoutchouteux. Servez avec la sauce verte et des pignons poêlés à sec et à moitié écrasé.

lundi 3 novembre 2008

Entrée par la porte de service, ChaJin

Pour des raisons stratégiques, je n’ai pas pu vous livrer ce billet alors que l’envie était bien présente.

Je suis allée le jour de mon anniversaire au ChaJin, vous savez cette maison de thé de la découverte des thés verts japonais. Mme NEGIAR m’avait prévenue : venez quand vous avez du temps, c’est mieux. Alors j’y suis arrivée à 13h45. Je ne savais pas qu’un déjeuner est possible sur place, un plat léger au thé accompagné de thé est proposé tous les jours. Moi, j’étais arrivée les mains vides, après avoir mangé cependant de quoi me mettre dans l’ambiance : une soupe miso maison, avec carottes, champignons de Paris, wakamé, tofu ferme (à défaut de soyeux) et miso doux. J’avais terminé mon repas par un petit yukan.

Là je me suis sentie chez moi très vite. Une jeune femme finissait son déjeuner et tout de suite je me suis retrouvée à partager la conversation avec l’hôtesse et cette cliente. C’est une des particularités de Mme NEGIAR je crois, à chaque client, vous êtes englobé, vous faites partie intégrante de la maison de thé… ainsi les discussions sur les bienfaits du thé, les mélanges (oh comble de l’hérésie !) de thés noirs et verts voulus par une petite dame, les coulisses des productions et des importations de thé, les salons, les forums… tous les sujets sont débattus, à cœur ouvert, entre tous.
A la table c’était une demoiselle, jeune maman, partie quelques années au Japon. Grâce à leur conversation en cours, j’ai pu entrapercevoir le vrai esprit des cérémonies de thé. La maison de thé vert Cha Jin comporte aussi une salle pour les cérémonies. Même si j’ai cru comprendre que les cours donnés l’année dernière ne seraient pas forcément continués, il a été question de manière de procéder. Ces dames ont parlé des nombreux courants et de la personnalité, forte, des maitres de thé. La demoiselle cherchait un nouveau maître pour continuer sa formation commencée 5 ans plus tôt au Japon.
Ainsi je suis rentrée, très vite, dans un univers encore inconnu… C’est vraiment là que j’ai découvert être très loin de saisir toute la grandeur de la voie du thé japonaise chado et des cérémonies. Comment donc distinguer les écoles Urasenke, Omotesenke et Mushanokojisenke. Et dire qu’il ne faut pas, pour être respectueux, ni prendre de photos, ni prendre de notes, ni poser de question… la voie du thé et son apprentissage doivent se faire au jour le jour, par l’expérience et les erreurs… et ce vrai échange entre maître et élève. Ma maladresse a été aussi remarquable (remarquée ?!) pour aller aux lieux d’aisance (une demi-journée à savourer le thé permet une « libération des toxines »)… des pavés et un jardin de petits cailloux (que je n’avais pas vus)…soit un pas de pachyderme et des cailloux qui sautent sous ces pas de parisienne pressée (mais, mais non !).

Mais pendant ces quelques 3 heures, qu’as-tu bu ? Et oui parce que l’objectif était bien là, boire du thé et en ramener dans mes bagages d’amatrice…alors assise au bar, j’ai dégusté un gyokuru. Sur mon plateau à thé individuel, ma tasse et un usamachi (2nde tasse pour refroidir la liqueur entre deux tasses), 1ère infusion, seconde, troisième. Un vrai délice, doux. Je n’ai pas retenu de ma dégustation assez pour vous en faire part mais je l’ai acheté… à la première dégustation maison, je vous en parle mieux.
Je me reproposerais cette petite anecdote gustative particulière, offerte là-bas : manger le thé gyokuru, oui les feuilles mouillées, à la fin des infusions, … avec un trait de shoyu, à faire (thé bio !)!


Je serais bien partie avec un natsume même si c’est plutôt un Cha ire (et son shifuku) qui me tentait encore plus, quoique tout me tentait (voir ici les différents ustensiles )… mais ces objets sont bien trop précieux et symboliques d’une démarche pour qu’ils viennent chez moi pour l’instant. Je me suis tout de même offert une première marche à ma voie du thé japonais, un chawan mi-saison, utilisable en été et en hiver et un chasen. Il fallait bien, j’ai acheté un matcha aux effluves de sakura, sans être aromatisé, un « précieux », celui même que j’avais goûté des mains de son producteur japonais.



Et puis, parce que je suis gourmande, dans mes bagages, il y avait aussi des pâtes d’amande d’un maître confiseur, nature et au matcha… à tomber !

Rajout: et Kris en rajoute une couche sur les Cha ire

mercredi 29 octobre 2008

Des couteaux, planches à découper et verrière

Une surprise pour occuper une demi-journée. Voilà ce que fut mon cadeau d’anniversaire… en fait, ce fut : faire le marché et cuisiner avec un grand chef…un cours de cuisine où nous avons tous pris notre temps.

Entre une arrivée privilégiée avec petit café ou thé et des petites viennoiseries, un départ dans le froid pour les commerçants de mon quartier et de nombreux échanges unidirectionnels (nous étions des pompes à informations), une pause réchauffante pour faire leur affaire aux viennoiseries restantes avec thé ou café et un retour en cuisine, le bonheur !
Quasiment en dessous de la balançoire déstabilisante (pour moi) de ce billet-ci, j’avais rendez-vous à l'Atelier des chefs. Avec une équipe de 5 autres compères, le chef Sullivan et un commis (manager frigorifié venant du sud), nous sommes allés juste à côté de chez moi découvrir des commerçants aux produits de choix, dont une poissonnerie aux produits extra-frais. Ayant vécue longtemps près d’un port de pêche dans la presqu’île Bauloise et levée aux horaires de la criée, je n’avais pas osé rentrer dans une poissonnerie parisienne. Alors oh comble du bonheur : j’ai appris à choisir dans une poissonnerie …en bas de chez moi.
Le choix des poissons, rigidité cadavérique, branchies rouges, mucus recouvrant les écailles et œil bien brillants. Mais aussi le choix des homards, bleus (bretons ou européens) ou bruns (canadiens), des crustacées, des « crevettes ». Et puis des indices de découpes en fonction du nombre de filets, 4 pour les poissons plats, 2 pour les autres (sauf le thon à l’arrête centrale en forme de croix), des indications pour la cuisson des encornets, couteaux, espadons, thons, darnes de poissons… mais aussi des indications de pêche, d’ouverture de crustacées…

Le marchand de légumes et les produits de saisons, le choix des clémentines, comme celui des ails, oignons ou échalotes, ou légumineuses. Mais aussi une association avec les racines et les coings (de saison). Et une distinction des figues (autre que le fruit du cactus, figue de Barbarie) dont la période de consommation est extrêmement réduite.



Après nous nous sommes retrouvés en cuisine à suivre les associations du chef et ses astuces de tous les instants. Au menu : velouté de potiron acidulé, chips de châtaignes et œuf mollet ; homard et son chutney d’oignons ; macaron orange à la ganache de chocolat.
Et quel bonheur ! A chaque fois le chef nous expliquait les caractéristiques du produit à découper, à cuire. Ainsi un émincé d’oignon ou d’échalote sans pleurs ne nous a pas fait peur. Le potiron nous a donné toute sa douceur et l’œuf mollet tout son moelleux (sans être abimé).
Le plus dangereux fut l’ « épée de Damoclès » pour la mise à mort du homard, vivant, sa queue et ses pinces sont restées actives… longtemps. Et puis entre la caresse sous la queue pour voir sa fraîcheur et la manière de le châtrer… il a été mis à mal, sans acharnement ni charpie …et sans consentement.
Après nous nous sommes montrés bien novices dans l’art de macaroner. Les 3 astuces n’ont plus de secret pour nous mais même si la meringue à la française, le tamisage et l’ouverture du four pour l’humidité nous ont été révélés, la pratique a été très laborieuse. La poche à douille fut bien en tension, passée de main en main et pincée par la jointure du pouce et de l’index. L’association amande, sucre glace et meringue fut bien appliquée en laissant l’embout au milieu en cours d’application, l’espace entre chaque « coque » fut respecté… et puis le remplissage et le vissage sont devenus une pratique « courante »… mais la technique est effectivement très, très présente… il faudra louper quelques fournées… mais adieu macarons du commerce : je vais savoir comment me faire plaisir, seule !


Et puis nous avons dégusté ensemble… avec un verre de vin blanc…et les doigts (homard oblige). Je n’ai pas pris de photos, je n’ai pas osé, un compère l’a fait…Et enfin nous avons demandé le parcours de notre chef Sullivan … et avons pris la mesure de notre bonheur par le récit des autres cours et des petites frustrations dûes au manque de temps et au nombre des participants. Nous avons pu apprécier, poser beaucoup de questions sans rapport forcément évident avec le plat et avons pu savourer en pensant aux autres cours proposés.

Il vous manque le détail des astuces et des menus… mais c’est secret ! Non, ce n’est pas tellement cela mais c’est dommage de gâcher l’enthousiasme que vous aurez à partager avec un chef. Il saura vous le dire avec finesse, chaleur et générosité, mes mots seraient bien trop hors de propos là mais seront sûrement présents dans de prochaines recettes. Il vous faudra en attendant, économiser et réserver un cours de cuisine à l'Atelier des chefs (à Paris dans de nombreux quartiers et en province).

Il me reste mes notes prises après coup, arrivée chez moi et … euh…

eux… pour un test de moelleux (mais oui, mais oui je me dévoue !)

Je n’ai qu’une seule envie, me retrouver dans cette boutique atelier, conviviale et chaleureuse, et devant ma planche à découper sous la verrière, avec aux commandes un des deux chefs. Début 2009, sujet : préparation d’un diner pour deux ! Vous m’y retrouverez sans doute !

mardi 28 octobre 2008

Méditation, jeûne et exercice pour un guerrier

Quelques fois vous n’auriez jamais cru vous intéresser à certains livres. Et pourtant, quelques échanges plus loin et me voilà enthousiaste… et conquise.
Arlette m’avait parlé de ce livre, entre plusieurs autres, et je l’en remercie. Je sais être encore dans une phase de consummation (et non consommation) spirituelle mais reste certaine que certains sentiers seront plus empruntés que d’autres. Alors oui, j’ai lu avec beaucoup de plaisir « Le guerrier pacifique » de Dan MILLMAN.


J’ai suivi cette fiction aux brins d’autobiographie dans cette initiation à l’illumination, au chemin vers le statut de guerrier pacifique. Dan rencontre un vieil homme, surnommé Socrate à l’occasion, dans une station service un soir. De nuit en nuit, une relation amicale, de maître à élève, s’installe… vers une appréciation différente du réel, une victoire sur ses peurs, ses utopies de vie, ses lâchetés. Ou comment devenir le guerrier (actif) pacifique de sa vie quand nous sommes pourtant un champion de sport accompli.

Je ne pouvais que me sentir concernée dès le début : « Tu comprends beaucoup de choses, mais tu n’as pratiquement rien réalisé. »… « (…) la valeur d’un secret ne réside pas dans ce que tu sais, mais dans ce que tu fais. »
Par des voyages télépathiques, fictifs, Dan se remet en cause, devient plus attentif à lui-même et à son fonctionnement, cérébral et physique.
D’une part, le mal-être dû aux pensées négatives est une conséquence du bavardage du mental. « Le mental est une excroissance illusoire des processus cérébraux fondamentaux. Il ressemble à une tumeur. Il comprend toutes les pensées aléatoires et incontrôlées qui, surgies du subconscient, font surface dans notre conscient comme des bulles. La conscience n’est pas le mental ; l’attention n’est pas le mental. Le mental est une obstruction, une aggravation. Il s’agit d’une sorte d’erreur dans l’évolution de l’être humain, une faiblesse de base de l’expérience humaine. » Un carnet permet à Dan de se rendre compte de la multitude de ses pensées et de leur négativité. La pensée serait une réaction inconsciente à la vie : une demande de rééquilibrage physique mais aussi psychique. En temps de trouble, il faudrait laisser nos pensées et s’occuper de notre esprit. Une des premières approches d’un jeûne de l’esprit est la méditation : « le silence est l’art du guerrier… et la méditation est son sabre. » Ma lecture date de quelques mois et pourtant je suis ravie de constater que l’approche du livre, loin d’être dans les modèles extrêmes, exploits de la méditation, renvoit plus à une pratique régulière, un souffle, une énergie et non une activité pseudo-spirituel montrée comme un étendard pour se faire beau. En cela, la lecture de « L’art de la méditation » de Matthieu RICARD est attendue. La méditation est un acte de rééquilibrage de l’esprit, l’action de l’inaction. Un petit bémol cependant : Socrate accroche l’attention de Dan en sautant par-dessus la station service. Là il ne faut pas voir de réelles aptitudes à la ninja mais plus une métaphore et une accroche spirituelle.


*source de l'Homme volant du Cirque du Soleil, spectacle Allégria

Et par des circonstances douloureuses mais aussi de nombreux exercices vus comme une hygiène de vie, Socrate entraîne Dan à ne plus être victime de sa vie mais acteur, guerrier. La colère des situations devient une colère maîtrisée et dirigée, pour prendre place de la peur ou la tristesse. L’alimentation est aussi un point principal des méthodes de recentrage (pour se trouver). Dans ce livre, après un jeûne purificateur et des exercices physiques, l’alimentation devient végétarienne, vivante et très crudivore. Ainsi la vraie force de l’homme serait nous de savoir se battre mais bien plus de se connaître et retrouver un équilibre, santé et esprit. La même application est donnée au traitement de la douleur et du corps, dans tous ses muscles… un massage jusqu’à l’os pour acquérir cette aptitude des chats à avoir des muscles « fondants ».
Ce livre permet aussi de reprendre goût à nos envies, formes détournées d’un accès au satori (bien-être zen).

Il est bien dur de parler de ce livre. Il nous parle ou nous laisse de marbre. Il se lit à plusieurs niveaux. J’avais été enthousiasmée et angoissée. Ce livre n’est pas une méthode mais pour peu que vous commenciez un chemin spirituel il apporte des réponses, des envies, des intuitions positives. Maintenant faire le chemin d’ascète que Dan, un sportif, a fait, cela devient difficile… mais très instructif : la vraie santé physique et spirituelle n’est pas l’apanage des plus grands sportifs ou des plus grands praticiens de la méditation et d’une alimentation vivante… il faut être conscient à chaque instant de chacun de nos gestes.

Une lecture, relecture à faire, refaire, à exploiter, à mettre en application le plus possible pour voir derrière les mauvais jours un simple mauvais jour et non une cause de désespoir. J’aime beaucoup cette idée de guerrier et cette injonction de vie, ici vous pourrez lire le modèle du guerrier dans ce qu’il prévoit d’action et d’harmonie du corps et de l’esprit.
Une très belle relativité des choses est proposée par Dan MILLMAN lui-même. Et ici vous lirez le pourquoi du livre. Et pour vous faire une idée de ce que propose Dan MILLMAN c’est aussi ici.
La p'tite nénette me rappelait aussi qu’il y a eu un film tiré du livre, « Peaceful warrior ». A voir, c’est sûr ! En attendant, le premier pas du guerrier est la désillusion, voyez plutôt.

lundi 27 octobre 2008

Désillusion, premier pas d'une guerrière

« « Si tu n’obtiens pas ce que tu désires, tu souffres ; et même lorsque tu obtiens exactement ce que tu veux, tu souffres encore parce que tu ne peux pas le garder éternellement. C’est ton mental qui crée cette situation. Il veut s’affranchir du changement, de la douleur, des obligations et de la mort. Mais le changement est une loi dont rien ne diminuera la réalité. »
« Socrate, tu peux te montrer réellement déprimant, tu sais ? Je n’ai même plus faim. Si la vie n’est que souffrance, pourquoi la vivre ? »
« La vie n’est pas souffrance ; simplement toi tu souffres, au lieu d’en jouir, jusqu’à ce que tu abandonnes tous les attachements de ton mental pour t’élancer sans entraves, quoi qu’il advienne. » »
(extrait de « Le guerrier pacifique » de Dan MILLMAN)

*source du Penseur d'Auguste RODIN

J’ai voulu redevenir une petite fille ce week-end, aimée et entourée… je suis restée une maman, aimée comme telle…encore heureux que le petit loup est accompagné de son papa ! La désillusion est très douloureuse, depuis des années. Mais est-ce que les livres font le même effet qu’une personne qui nous guide ? N’est-ce pas plus long ? Je pense que si, la fuite est très rapide, trop…
Une tasse de thé et je reviendrais vous parler de plusieurs livres ( celui dont l’extrait est tiré, j'en parle ici, « L’élégance du hérisson » de Muriel BARBERY, « Elle s’appelait Sarah » de Tatiana de ROSNAY), de Montessori, de thé, d’ethnomédecine, de macrobiotique… de… de …je fais taire mon bavardage mental (art-thérapie et peut-être méditation à la Matthieu RICARD ) et je reviens !