Il est prêt. Dès le début, même à la Maison Verte dont je vous parlais là , il partait à la découverte des autres dans d’autres pièces, en rampant ou en marchant, pouvant passer près d’une heure en confiance à partir du moment où il me voyait passer la tête une fois de temps en temps. Il regarde le monde et les gens, marque un arrêt devant les personnes, que nous ne fréquentons pas assez souvent (timidité simulée ou juste temps nécessaire avant de s’apprivoiser à nouveau), et puis créé sa propre relation jusqu’à vouloir partager même les moments clefs.
Comment être prêt ? Suffit-il de cette autonomie, de cette ouverture vers les autres ? « Françoise Dolto affirme que l’enfant est prêt à aller à l’école lorsqu’à la maison, il est capable de « s’occuper tout seul, jouer tout seul, parler de tous ses agissements, jouer et fabuler avec ses ours, ses poupées, avec ses petites voitures… » (extrait de « Lorsque l’enfant parait, tome 1 »). L’enfant peut être prêt à s’intégrer à une collectivité d’enfants s’il a déjà acquis une certaine autonomie, qu’il se sent sécure et qu’un élan irrépressible le pousse à aller vers autrui et à découvrir le monde. » (extrait de « Accompagner ses premiers pas à l’école », article de Angélique TRIPODI pour le magazine « Grandir Autrement » n°15)
Alors oui, il est prêt, constamment loquace, spontanément partageur de ses découvertes et très demandeur d’activités. De celles qui le recentrent, le stimulent.
Avons-nous choisi la bonne école ? Le postulat pédagogique est celle d’une école publique, la maîtresse parait très motivée et très chaleureuse (au point d’envoyer des cartes de vacances aux enfants). Il apprendra à parler en public, à attendre son tour et à écouter, à vivre en collectivité. Il n’a pas été question d’autres apprentissages mais là n’est même pas la question. J’aurais aimé le mettre en école Montessori, lui permettre jusqu’à 6 ans, de se former seul (tout en étant accompagné, guidé) aux premiers apprentissages. L’aider à comprendre que les méthodes sont individuelles et qu’il est capable d’avoir le déclic de la compréhension et de la solution sans aide d’un adulte. Mais l’école est trop chère.
Je devais aussi me former à cette pédagogie. Je comptais alors pouvoir pallier aux faiblesses de notre lutin ou simplement l’aider à faire seul. Seulement le contexte n’est pas assez favorable à cet investissement de temps et d’argent juste pour accompagner le petit d’homme dans la scolarité normale. Je continue donc mes propres recherches, lis, fouine, achète, construis… je suis toujours en retard, je manque d’organisation, de méthode (et de matériel). Je pense que cela restera longtemps un manque dans mon épanouissement personnel et de maman, mes réflexions me portant très très souvent vers ces attitudes alternatives d’éducation et d’apprentissage, mais les conditions de vie ne laissent pas toujours le choix : c’est un investissement trop important sans débouché professionnel assuré.
Alors il va rentrer à la maternelle publique. Je ne le garderais pas avec moi. Et malheureusement c’est mieux. Malheureusement parce que mes failles de maman sont nombreuses. Si persistantes, si enfouies, si larvées aussi. Je manque de temps pour me construire et rattraper mon temps de vie perdu à survivre. Deux motivations s’affrontent sans me laisser de repos : prodiguer une éducation attentive, affectueuse et estimante… et m’occuper de moi, de ces questions qui me paraissent plus essentielles que de ramener de l’argent à la maison, de « tricoter ma vie », recoudre les points manquants. La résilience de Boris Cyrulnik est encore trop fraiche.
J’ai l’impression d’avoir été maman avant d’être prête à l’être. Prête du fond du cœur oui, prête de ce temps à devenir quelqu’un. Il est arrivé au bon moment, par choix. Mais si incomplète de moi, si demandeuse d’attention, de supports.
Il va aller à l’école parce que je suis encore incapable de lui prodiguer de la vraie présence autant qu’il lui en faut. Je manque de repères, entre autre éducatifs, je manque d’organisation pour permettre la compatibilité d’un temps pour moi (même restreint mais construit) et une vraie attention à lui.
Les moments spontanés de présence, de « soutenance » sont très nombreux mais la journée totale, répétitive sur une semaine, me laisse épuisée, culpabilisante et vide.
Il va rentrer à l’école et je vais revenir au travail. Encore, pas forcément à contrecœur, mais insatisfaite de ne pas avoir choisi ma voie avec confort. Allez, normalement ce seront de très bons moments, épanouissants et nouveaux. Je me prépare et je prépare le lutin à sa première rentrée, cela passe aussi par se laver les mains et s'essuyer le derrière (et le devant).
"... Je suis comme je suis... Je suis faite comme ça... Que voulez-vous de plus... Que voulez-vous de moi..." Jacques Prévert
mardi 1 septembre 2009
Il rentre en classe
lundi 31 août 2009
De l'encastrement au puzzle, vers une stratégie
Et pourtant, cet assemblage minimaliste était un premier apprentissage.
"Le puzzle bébé en plus d'être un jeu très apprécié est également un outil d'apprentissage, au même titre que le cube puzzle, le puzzle musical, le tapis puzzle et tapis dalle puzzle. Dès 1 an et demi les enfants sont en mesure d’associer une forme à une cavité et ce par essais et erreurs, ou par mémorisation. Pour l’illustrer, pensez au bébé assis face à son puzzle en bois, qui essaie une pièce dans chacun des emplacements jusqu’au moment ou cela correspond. Vers trois ans, l’enfant ne procède plus de cette façon et développe une stratégie, une démarche pour trouver la place de chacune des pièces. Cette stratégie se développera et s’affinera tout au long de son enfance. Par exemple, au début elle peut être constituée que de deux étapes : retourner les pièces à l’endroit et les placer, et ensuite il peut y avoir l’ajout d’une classification des pièces selon la couleur et la forme. Le puzzle de bois est généralement utilisé jusqu’à 3 ans pour être ensuite troqué pour celui en carton avec un nombre de pièces plus important. Par ailleurs, plus l’enfant sera âgé, plus les pièces seront petites et nombreuses. Généralement, les plus gros puzzles pour enfant ont 100 pièces." (extrait tiré de ce site)
La pêche avec aimant et les pions à encastrer restent tout de même ceux qui reviennent le plus souvent.
Musicalité des animaux
Saint-Saëns, "Le carnaval des animaux"
mais aussi une autre forme de rythme, de sonorité, de musicalité... exceptionnelle macrosonorité chez les animaux, une "Symphonie animale" (avec du slam ce qui n'est pas pour me déplaire!)
La Symphonie animale
envoyé par reigill06. - Regardez des vidéos d'animaux drôles.
avant de proposer le reste...
dimanche 30 août 2009
Nous n'avions pas encore entendu les baleines
Les repas étaient « griffes de sorcières enserrant des cœurs de bœuf et des concombres cristés » (salade de tomates cœurs de bœuf à la ficoide et concombre à la criste maritime)
J’avais ma table à la terrasse à l’ombre mais face au ciel et aux pins, mon zhong fumant, un fruit ou deux, des envies de marche plein les guibolles (voir le circuit de la petite marchande)... j’ai beaucoup lu aussi…
Le retour est très médicalisé, la première rentrée approche et les activités sont plus désordonnés (si tenté qu’il y ai eu un ordre !). Les découvertes sont spontanées et peu poussées…
Les baleines ont été un point d’intérêt du lutin. Elles dansent et il veut les toucher. C’est l’âge des possibles, apprentissage de la natation avant celle de la plongée… et pourquoi pas. Cet été il n’a pas eu peur de l’eau, avec ce dynamisme de l’inconscience du danger, cette envie de nouvelles sensations (et quelques tasses salées, volontaires ou non… est-ce que l’eau est bonne ? – Gloups, non elle est pas bonne !)… mais oui bien-sûr les métaphores ne sont pas une évidence.
Des baleines qui dansent et chantent… La diversité de tailles, de formes, aves ou sans dents.


Une du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) où malheureusement les chants des baleines suivent une mélodie bien humaine… rine ne vous empêche non plus de visionner la vidéo de l'association "Whales Whisperers" (Murmures avec les Baleines) ici
Le chant des baleines, tout seul, si superbe de TheOceaniaProject (et dire que j’avais trouvé, sur le coup, une vidéo avec les chants et les danses !)
Et un petit film d’animation de Koji Yamamura comme je les aime façon Greenpeace
Greenpeace Man Whale Hunt Protection Baleines Chasse Japan
envoyé par business-garden. - Films courts et animations.
mercredi 26 août 2009
Violence sourde à Paris et en entreprise
Mathilde et Thibault sont deux personnages en prise à deux autres, désincarnés et si présents, si source de violence : Paris et le monde de l’entreprise.
Mathilde était, il y a encore 6 mois, une femme épanouie dans son travail avec un poste à responsabilité. Thibault avait choisit de ne pas rester médecin de campagne et était arrivé très vite dans la capitale pour se confronter à la misère et aux humeurs physiologiques. Il était passionné par cette ville grouillante et cet accaparement par le travail.
Et puis soudainement, ou par un déroulement du temps anodin, la situation devient plus grave, la violence du quotidien, sourde au départ, devient réelle. « Les heures souterraines » prennent consistance pour donner une pesanteur.
*source métro parisien
L’entreprise brise peu à peu Mathilde. Ce système de fonctionnement, clos, aux conventions de communication, l’enserre comme élément perturbateur à la productivité. L’efficacité professionnelle et l’hypocrisie confortable ont, un jour, trouvé une faille humaine et un chef va l’utiliser pour anéantir ce qui a fait revivre Mathilde. Les pertes de repères professionnels se suivent, de détails, ils deviennent un engrenage déshumanisant où le silence et la honte sont les premiers maillons.
De son côté, Thibault se retrouve confronté aux misères, isolements, petits et grands maux des hommes en ville. Toujours sur la brèche, en action ou dans les embouteillages, entouré de bruit, il sillonne Paris : réseaux de routes, logements en pagaille et pourtant solitude. Avec le temps et ce rendement horaire obligatoire, les relations humaines lui manquent, de celles qui stabilisent, apaisent, soutiennent. Son amour du moment manque de cette consistance, l’échange de fluides ne règle pas ce qu’il aurait pu prendre pour un décalage de rythme, de langage. Il reste maladroit de n’être pas incarné en dehors d’un lit.
La ville et l’entreprise ne permettent plus cette récupération corporelle qui donne envie d’un autre jour. Le temps défile comme les jeux de cartes personnifiés que s’échangent les mômes et au fur et à mesure, Mathilde et Thibault se perdent.
Il y a un espoir, que quelqu’un quelque part soit là pour eux. Peut-être qu’aujourd’hui, en ce 20 mai, ils peuvent se rencontrer, choquer leur épuisement, leur absence à eux-mêmes, pour revenir. « Quelqu’un qui comprendrait qu’elle ne peut plus y aller, que chaque jour qui passe elle entame sa substance, elle entame l’essentiel. » Peut-être que ce manque, un deuil ou des doigts en moins, va les rapprocher, les faire se reconnaître, pour ne plus se définir « par la soustraction » mais par le soutien, la compréhension, l’adjonction de présence chaleureuse.
Ce roman fait la part belle à tous ces éléments qui perturbent le droit file des jours. Pièces à éliminer d’une entreprise qui n’a plus le temps de s’intéresser aux états d’âme, qui, à certains moments, pour certains êtres, devient une « mise à l’épreuve de la morale ». Personnes en détresse comme une galère médicale, comme perte de temps dans les transports. La déshumanisation est partout et les espoirs sont fugaces. « - Croyez-vous qu’on est victime de quelque chose comme ça parce qu’on est faible, parce qu’on le veut bien, parce que, même si cela parait incompréhensible, on l’a choisi ? Croyez-vous que certaines personnes, sans le savoir, se désignent elles-mêmes comme des cibles ?
(…)
- Je ne crois pas, non. Je crois que c’est votre capacité à résister qui vous désigne comme cible. »
On aimerait croire que Mathilde et Thibault se rencontrent, même tardivement même si « Les gens gentils sont les plus dangereux. Ils menacent l’édifice (…). »
« Ce blog a décidé de s'associer à un projet ambitieux : chroniquer l'ensemble des romans de la rentrée littéraire !
Vous retrouverez donc aussi cette chronique sur le site Chroniques de la rentrée littéraire qui regroupe l'ensemble des chroniques réalisées dans le cadre de l'opération. Pour en savoir plus c'est ici. »