lundi 15 octobre 2007

Mise en scène et remise en selle

Je voulais consacrer cette semaine au goût (vaste sujet en soi) mais me voilà prise « au dépourvu » par l’émotion que je voulais partager avec vous.
J’ai trouvé mon maître et c’est une femme : Julie TAYMOR.

Cette ancienne marionnettiste, artiste de théâtre visuel est devenue un metteur en scène brillant, original et déconcertant.
Pourquoi est-ce que je vous parle d’elle ? Parce que j’ai eu la chance d’aller voir rugir « le Roi lion » au théâtre Mogador à Paris, hier. Je ne vous parlerais pas des nombreuses célébrités dans la salle dont une à mes côtés mais de la mise en scène flamboyante de ce spectacle dit commercial. Je ne peux pas retranscrire l’émotion vécue. En écoutant ce clip vous aurez la couleur musicale du spectacle, n'hésitez plus à lire la suite du billet…













« Très tôt, j’avais décidé de ne pas rendre Pridelands (la Terre des lions) sous une forme réaliste. Je voulais que les spectateurs s’affranchissent d’emblée de leurs souvenirs liés au film et qu’ils s’abandonnent en toute confiance à l’imagination. »
Je fonds de plaisir…les parti-pris sont superbes et les défis nombreux.
Autant vous dire que j’ai vécu cette expérience comme une enfant et comme une adulte. Une enfant devant une histoire superbe, le cercle de la vie, et un émerveillement devant ce spectacle vivant, enthousiasmant.

Mais aussi en tant qu’adulte car la technicité et l’originalité de la mise en scène m’a laissée pantoise. Le métissage culturel a aussi une part importante dans cette admiration.
« Au théâtre, on peut générer de la magie en montrant franchement la façon dont on crée, au lieu de la cacher. Voir la scène se transformer et Pride Rock se construire devant vos yeux est bien plus intéressant qu’un lever de rideau qui s’ouvre sur un décor déjà en place. (…) Le public se délecte de l’artifice derrière le théâtre. Lorsque nous voyons une personne manipuler un objet inanimé, telle une marionnette, et lui donner vie, la dualité nous émeut. Assister à un bon spectacle de marionnettes permet au public d’expérimenter l’art selon diverses perspectives en même temps. »
Les vues panoramiques sont traitées par des « wayang kulit », marionnettes de petites tailles, plates, présentées sur un écran.




*source photos

Les perspectives sont réellement traitées par des jeux de découpe du sol, des inclinaisons, des mécanismes apparents présentant les différents décors avec à chaque zoom avant ou arrière l’utilisation d’acteurs ou de petites marionnettes…

« L’un des éléments forts du film tient à la richesse humaine des animaux. Leurs voix, le style de leurs dialogues, leurs expressions faciales traduisent parfaitement l’humour et le pathos de l’œuvre. Etant donné la dualité ironique du spectacle sur scène – les personnages sont à la fois des humains et des animaux- il devint primordial, dans la mise en scène, de ne pas cacher l’acteur derrière un masque ou à l’intérieur de la combinaison d’un animal. Je voulais que l’être humain soit un élément essentiel de la stylisation ; je désirais créer un double événement en permettant au public de voir simultanément l’acteur et l’animal. »
Je me souviens de cette émotion au passage du Royal de Luxe mais là, les techniques sont nombreuses. Les acteurs miment ou évoluent en danseur et nous font vivre la multitude animale.

Les lions sont des acteurs masqués (le masque immense est au dessus des têtes permettant le jeu complet de l’acteur) .




et que dire de cette épine dorsale et de ce masque mobile qui prennent tout leur potentiel lors des duels.


Zazou, le calaos, animé par un ventriloque, qui a lui-même une âme…Timon, le suricate, animé de l’intérieur (de son dos plus précisément) ou Pumbaa, le phacochère, d’une similitude surprenante avec le personnage du film de Disney.

Un guépard en marionnette d’inspiration indonésienne, « wayang golek », (marionnette mue par des baguettes fixées aux pattes antérieures, en bois peint et en trois dimensions, elle est actionnée de l’intérieur par une danseuse qui forme les pattes arrière). Les girafes sont des acteurs en échasses. Les hyènes sont magnifiques de réalisme, animées par des acteurs et comprenant aussi une part de marionnette.

Les oiseaux arrivent avec des danseurs « porteurs d’eau » à l’asiatique ou comme un cerf-volant, ils sont alors légers…même la végétation est humaine.


Je me suis reprise à rêver être une marionnettiste, une créatrice en tout cas. J’aime l’idée d’être une démiurge en dessin mais aussi en trois dimensions. Je vous en avais parlé pour le film d’animation de Tim Burton "L'étrange Noel de Mr Jacques" .

Animer l’inanimé ou plutôt transformer l’inanimé en animable : de l’animatronique aux marionnettes. Trouver une essence au personnage : que choisit-on de montrer et que laisse-t-on à l’imagination ? C’est en cela que le travail de Julie TAYMOR est fabuleux. Elle emprunte aux différents univers des arts visuels : mimes, danses chorégraphiées, théâtres, masques, marionnettes de différentes sortes, sculptures, architectures, ventriloques, etc…mais pour en voir un peu plus sur le Roi Lion c’est ici

J'ai décidé de vous montrer en dernier des extraits. Ils vous indiqueront un peu le ressenti sur scène mais aussi et surtout une image réelle des costumes et marionnettes.



























- extraits des explications de Julie TAYMOR pris dans cette nouvelle bible « Julie TAYMOR, en jouant avec le feu »-




Je reparlerais de ce metteur en scène prolifique : de pièces musicales ou de Shakespeare, « Juan Darrien »,

« La Tempête » ; d’opéras classiques ou de longs métrages, « Le Vaisseau fantôme », Titus », « Frida »

vendredi 12 octobre 2007

Petite frimousse

En suivant les souvenirs de Bellesahi, je vous ouvre mon album de famille...pour vous offrir quelques clichés de ma frimousse:







Qui nous montre la sienne?

Lamousmé, oui, oui, je t'ai vue en muse de Boticcelli, de Modigliani ou Mucha et puis autrement... mais petite, hein? Katell pour connaître qui caline ces chats et feuillette tous ses livres? Miss fenêtres sur la cour, cette petite photo avec l'ours africain m'a donnée envie? Béatrix? Maijo ? Marraine, même si en regardant bien entre ton blog personnel et ton blog professionnel nous pouvons te voir deci-delà ? Lysalys ? Lily, oui, oui, pour savoir qui se cache sous ces livres?

Sur le nombre, il y en a bien une qui va montrer un peu plus que le bout de son nez...je vous rassure, personne ne peut me reconnaitre dans la rue grâce à ses photos.

Pour les autres, n'hésitez pas, je suis timide, je n'ai pas osé vous le demander...il vous suffit de mettre un commentaire ici.

jeudi 11 octobre 2007

Tag court

Allez zou, pour répondre à la demande de Lysalys et suivre ces chaînes de la bloggosphère qui ne m'enchaînent pas, je réponds à ce petit tag...


1/Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4e ligne :
« Avec un peu de chance, je pourrais emménager dans une semaine, deux au maximum. L’argent n’est pas un problème. » (extrait de « Et il y eut un matin » de Sayed KASHUA)

2/ Sans vérifier quelle heure est-il ?
14 heures environ

3/ Vérifiez.
14h10

4/Que portez-vous ?
un pantalon de toile et un tee-shirt manches longues noir avec dessus une girafe, un guépard et un zèbre et des socquettes à deux doigts (des fausses tabis !)

5/Avant de répondre à ce questionnaire, que faisiez-vous ?
Je finissais un billet sur mon blog et passais en coup de vent sur les blogs amis.

6/Quel bruit entendez-vous à part l'ordinateur ?
Mon petit loup qui gazouille et le vent dans les feuilles mortes (fenêtre entrebâillée) … et mon chat qui ronfle.

7/Quand êtes-vous sortie pour la dernière fois et qu'avez-vous fait ?
La balade quotidienne du matin soit 40 minutes en passant par le parc Georges Brassens, au détour d’un chemin, une vigne taillée, une ruche enfumée, des capucines parties et une lavande bombée et en attente de l’hiver...
Puis passage devant la librairie pour regarder la vitrine…

8/ Avez-vous rêvé cette nuit ?
Non, j’étais trop fatiguée, j’ai dormi d’un sommeil de plomb…d’ailleurs je ne rêve pas souvent.

9/Quand avez-vous ri pour la dernière fois ?
Hier soir, quand notre bambin a mis le doigt dans le petit trou du collant et l’a élargi avec sur son visage l’air de ne pas comprendre OU il y a 5 minutes quand pour répondre à la première question de ce questionnaire j’ai dû faire trois livres (préfaces trop longues…)

10/Qu'y a-t-il sur les murs de la pièce où vous vous trouvez ?
Trois affiches de la période japonisante de Vincent VAN GOGH (mon homme l’adore et moi j’aime le japonisme alors c’était le bon compromis),

une affiche d’un chat le coquelicot à la bouche (de Marilyn ROBERTSON), des cartes postales d’une exposition de Jean-Paul GAUTHIER sur ses pulls marins et le pain "Pain couture", un tableau composé des objets pour la calligraphie chinoise
…et des étagères de bibliothèque archi-remplies…(je suis dans le salon !)


11/Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
Une maison avec un grand jardin pour y mettre un potager, une ruche et beaucoup d’arbres fruitiers…


12/ Quel est le dernier film que vous avez-vu ?
Au cinéma, seule, pendant une très rare pause de maman, dans la journée : « Persépolis »,

que je recommande chaudement. Autrement « Marie-Antoinette » en DVD.


13/Avez-vous vu quelque chose d'étrange aujourd'hui ?
Des cabanes dans les arbres, des dunes de sable crénelées, des croquis vivants…sur des blog amis…Oui toute la journée je vois des choses étranges et si agréables aux sens.


14/Prénom de votre enfant si c'était une fille ?
Romane


15/Prénom de votre enfant si c'était un garçon ?
Le sien


16/ Avez-vous déjà pensé à vivre à l'étranger ?
Oui. Enfant en Allemagne parce que je connaissais assez bien la langue et que les châteaux m’ont longtemps plu à défaut du rêve du prince charmant,

puis en Italie, à Rome pour être précise,

*source photo

pour suivre une partie de ma famille…
maintenant cela serait la Belgique, le Luxembourg ou les Pays-Bas, ou allez savoir, Israël…


17/ Que voudriez-vous que Dieu vous dise en franchissant les portes du paradis ?
Ne sois pas déçue de ce que tu as fait là-bas.

18/Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde en dehors de la politique et de la culpabilité ?
Réduire l’imbécilité ou (mais oui j’ai droit aux deux choix) l’ignorance.

19/ Aimez-vous danser ?
Oui, le tango et la bossa nova (sans les pas, il va sans dire).

20/Georges Bush ?
Une politique qu’il faut disséquer…pour ne pas la reproduire

21/Quelle est la dernière chose que vous ayez regardé à la télé ?
L’émission « Les maternelles » sur France5 sur le langage des signes pour les parents et les enfants (naître dans le monde du silence)…D’ailleurs, ils ont parlé d’un livre que j’aimerais bien avoir sur les autres moyens de communications : « Comment les girafes disent-elles maman »

Au fait, continue la chaîne qui veut...

Les mots justes pour un enfant

Et voilà un salon rempli de jouets. J’ai une préférence pour les jouets interactifs ou pour les livres. C’est vrai que le loupiot est très petit et qu’il est encore difficile de l’intéresser aux pages mais je n’ai pas pu résister, alors en attendant le DVD « Mine de rien » fait pour les tout-petits, voici deux livres essentiels. Ils ont été écrits par Catherine DOLTO, haptothérapeute, (oui, oui pour ceux qui me connaissent, oui, oui, j’en parle encore et j’en parlais initialement ). Pour vous faire une idée aussi voici un autre article ici . Il est alors question de tout ce qui se passe autour des enfants et en eux. Elle use de mots vrais, de belles métaphores et trouve les mots justes pour que l’enfant, lui-même, aille plus loin.

« Les colères » du Docteur Catherine DOLTO


« Mine de rien, comprendre pourquoi on fait une grosse colère ça nous aide à grandir »


Pour les mêmes raisons qui m’ont poussée à chercher des livres repères pour exprimer les émotions très tôt, je me suis empressée d’acheter ce livre. Il reprend les sensations de la colère, aide l’enfant à l’imaginer : un gorille fort et puissant pour un petit garçon, une tigresse pour une petite fille. Il indique aussi les bénéfices d’un contrôle de la colère, savoir quand elle arrive, quand elle part ou comment l’aider à partir et aussi qu’il ne faut pas se sentir coupable.
Une vraie merveille !
Pour tout vous dire ma colère est un Tyrannosaur (oui, oui le dinosaure féroce et sanguinaire), celle du papa, un ours…


« Respecte mon corps » du Docteur Catherine DOLTO




Il s’agit là de pudeur et d'attouchements… pour que l’enfant puisse lui-même savoir ce que respect du corps veut dire. Oui, il y est question de pédophilie et d’inceste avec des mots justes aussi.
A ne pas manquer !
Je ne peux que vous recommander de regarder de plus près toute la collection "Mine de rien": "Dire non", "Les câlins" (de pieds, de mains...), "Les chagrins", "J'ai deux pays dans mon coeur", "Les gros mots", "Les doudous", "Si on parlait de la mort"... ; de plus, les illustrations sont colorées et très belles. J'en parle encore plus là.

vendredi 5 octobre 2007

Yaël


A sa naissance, il était déjà temps d’envoyer un faire-part de naissance. Nous n’avons pas réussi à nous exécuter. Pris par le temps, oui, c’est la principale raison…moi, j’aimerais y voir une autre.
Les faires-parts me semblent impersonnels : proposés par les sociétés, tous prêts, de naissance, mariage ou décès, seules les images changent. A une naissance, nous avons envie de courir à la maternité féliciter la maman, le papa et regarder ce petit bout d’homme encore tout fripé et tout surpris d’être avec nous à la lumière du jour. A un mariage, nous avons envie de chanter, danser, applaudir l’union des mariés et profiter avec eux et leurs plus proches amis d’un moment de la journée. A un décès, nous souhaitons suivre dans sa dernière demeure le défunt, l’accompagner, lui dire que pour nous ça ira, qu’il ne s’inquiète pas et que même si nous n’allons pas le voir fréquemment sur sa tombe ou sur le lieu de dispersion des cendres, nous le gardons dans notre cœur !
Je ne voulais pas, de toute façon, de photos du visage du nouveau-né. J’avais l’impression que nous lui imposions le « bonjour », la présentation doit se faire dans les deux sens : il a été ainsi présenté aux proches depuis un an, au fur et à mesure, les proches (et les moins proches) l’ont regardé comme lui les a regardés… Alors si des faires-parts partaient, je voulais cette photo-là de ses mains volant comme des papillons ou celle-ci de nos mains .

Demain Yaël a 1 an ! Il entre de lui-même dans la société, il se présente, fait le timide (rarement), sourit, rit, interroge du regard, interpelle ses voisins, ne veut pas être dans vos bras ou vous les réclame, vient vers vous ou vous ignore, c’est lui qui décide ! Alors maintenant je veux bien le présenter : voilà notre fils. Le possessif n’est pas important, oui nous l’avons créé à deux, oui je l’ai porté, oui nous l’avons mis au monde…et seul, il se présente au monde !

Pendant un an,

Lavé, frictionné – à défaut de rester dans une crasse protectrice - à l’eau de ville - à défaut de tisanes ou de marinades d’épices -, à sa venue au monde par les spécialistes et son papa dans un lavabo à cet effet, puis dans une baignoire de bébé, quelques jours dans une grande bassine, puis dans la baignoire familiale - à défaut de calebasse-
Massé avec de l’huile d’amande douce, de l’huile de massage spécial bébé - à défaut d’huile de moutarde, de sésame ou de coco –
Crémé – à défaut d’être enfumé-
Au naturel – à défaut d’être enduit de pâte d’hématite contre le soleil, d’être peint au roucou, d’être protégé par un petit pois au troisième œil –
Le cheveu libre – à défaut d’être huppé, rasé, redloksé-, lavé – à défaut d’être du « duvet d’oiseau » -
Habillé en pyjama pendant 3 mois (de bleu ou d’autres couleurs) – à défaut d’être enrubanné, emmitouflé, breloqué ou gri-grisé ou tout simplement nu –
Porté – à défaut d’être balloté – pendant 9 mois dans un porte-bébé occidental à défaut d’être en lianes, peaux ou filets - , pour aller au marché, en balade, à la découverte, à la rencontre des parents, grands-parents, arrières grands-parents, tantines, de sang ou de coeur, tontons et tous les autres – à défaut de suivre maman au travail –
Déposé et bercé dans un lit à barreaux – à défaut d’être un hamac, un panier, une nacelle ou un ballot de tissu –
Allaité dans un délai prescrit par les malentendus des spécialistes – à défaut d’avoir été sevré naturellement – mais ayant reçu la becquée…
Présenté à la parenté et aux proches – à défaut d’avoir garder un laps de temps nécessaire aux esprits- de tous venants et par une fête –à défaut d’avoir suivi le rite complet-

Et puis tenu serré, cajolé, soutenu, embrassé, papouillé, photographié, câliné, dorloté, reniflé, pincé…selon les proches.

Voilà ce que je vois le plus de lui en ce moment:





Il a 1 an demain...et nous 1 an d'expérience en tant que parents: le bonheur est là!