vendredi 12 février 2010

Littérature enfant et adulte ici et sur l'autre blog!

Une page lue chaque soir... au minimum et à voix haute s'il vous plait! devient aussi plus autonome. J'y mets toujours les anciens billets de ce blog concernant la littérature (ce qui permet enfin de les retrouver) et, en plus de cet archivage, vous y trouverez des extraits, des poèmes, des illustrations et quelques lectures " seules" là-bas, sans leur jumelle ici.

Si vous souhaitez lire les billets concernant les livres jeunesse suivants, n'hésitez pas à cliquer sur les titres:


"Comment Wang-Fô fut sauvé" de Marguerite YOURCENAR
"Verte" de Marie DESPLECCHIN
"Journal d'un chat assassin" d'Anne FINE
"Crapou doudou" de Helen COOPER

Pour juste une impression de lectures des livres suivants,
"La solitude des nombres premiers" de Paolo GIORDANO,
"Un bonheur insoupçonnable" de Gila LUSTIGER,
"Dis oui, Ninon" de Maud LETHIELLEUX,
"Loin de Chandigarh" de Tarun J TEJPAL
et "Un dieu un animal" de Jérôme FERRARI:


c'est ici !

Du pain carré au pain maison au levain naturel


Quelques matins dans la semaine, très, très rares, nous arrivons à être ensemble autour de la table pour le petit-déjeuner. Des tartines avec une garniture presque individuelle.
Du "pain carré" à mon grand désespoir. Le lutin l'aime et je n'ai pas encore réussi à faire vibrer (enfin doubler) mon levain maison pour une autre tentative de pain maison.
De la confiture pour le papa, de la confiture (et du miel imaginaire) pour le lutin et un mélange de spiruline, huile d'olive et gomasio pour moi. (Recette dégustée lors d'un salon du bio récemment, hein les filles c'était bon?)

Au fait, si vous êtes de la boulange, si vous savez donner le meilleur de vous-même à votre levain maison et faites vos pains avec ou sans MAP (machine à pains)... avec toutes les garnitures ou farines possibles et inimaginables, Flo Makanai vous propose un petit concours, "Racontez-nous votre pain" pour l'ouverture de son autre blog, communautaire celui-là, destiné à tous ceux qui font leurs pains au levain naturel, Votre pain.
Pour savoir de quoi il s'agit c'est ici, vous avez jusqu'au 22 mars 2010.

mercredi 10 février 2010

Après le papa capuche, le coeur de maman petit oiseau

©Isabel MARTINS et Bernardo CARVALHO/éditions Notari


Je viens d'archiver un ancien billet concernant un livre pour enfant "P comme papa" d'Isabel MARTINS et Bernardo CARVALHO, vous le retrouverez aussi là maintenant.

J'ai en effet récidivé avec un autre livre de ce duo pour les mêmes raisons, ce côté graphique et une poésie de situation, cette fois-ci tourné vers la maman et avec un peu plus de texte. "Cœur de maman" d'Isabel MINHOS MARTINS et Bernardo CARVALHO émerveille encore. Le duo défile le fil entre la maman et son enfant: "Le coeur d'une maman, ce n'est pas simplement un muscle qui bat sans arrêt. C'est un lieu magique dans lequel se produisent les choses les plus extraordinaires."

©Isabel MARTINS et Bernardo CARVALHO/éditions Notari


Le cœur d'une maman quand l'enfant est malade, quand il se perd dans la foule, en vacances. Ce ne sont que petits instants de poésie qui délimitent bien les émotions vécues. L'amour filial y est décrit avec pudeur, le retour des enfants aussi (dans leur absence ou leur reconnaissance). Et l'amour grandit à chaque enfant sans rétrécir.

©Isabel MARTINS et Bernardo CARVALHO/éditions Notari


Le texte plus fourni d'Isabel MARTINS touche juste (même si certaines pages me semblent un peu pesantes pour l'enfant devenu adulte), les illustrations de Bernardo CARVALHO elles sont toujours aussi graphiques.

vendredi 5 février 2010

La peinture devenant réalité: Wang-Fô... ou Shitao


"Personne ne peignait mieux que Wang-Fô les montagnes sortant du brouillard, les lacs avec des vols de libellules, et les grandes houles du Pacifique vues des côtes. On disait que ses images saintes exauçaient d'emblée les prières; quand il peignait un cheval, il fallait toujours qu'il le montrât attaché à un piquet ou tenu par une bride, sans quoi le cheval s'échappait au grand galop du tableau pour ne plus revenir. Les voleurs n'osaient pas entrer chez les gens pour qui Wang-Fô avait peint un chien de garde."
(extrait tiré de "Comment Wang-Fô fut sauvé" de Marguerite YOURCENAR, conte dont je parle )

*source Shitao

jeudi 4 février 2010

Je vais t'appendre la politesse, moi

Non mais, des fois !!

Le soir, en rentrant de l'école, le lutin est assez claire: "Je veux mon lait!" et moi "je veux, je veux... je ne comprend pas". Arrive après le "s'il te plait", et mon rajout appuyé et théâtral "maman d'amour" mais à la répétition cela ne me va toujours pas. La dernière fois, ce fut différent.
"- Je veux mon lait !
- Je veux mon thé !
- ...
- Alors je te prépare ton lait et tu me verses mon thé, d'accord?
- Oui ! "
Ce soir c'était " Est-ce que je pourrais avoir mon lait maman d'amour? Je te prépare ton thé"

... mon thé aromatisé aux huiles essentielles "Thé au Tibet" me fut donc versé de la théière éléphant (celle du lutin) à ma tasse. L'autre soir, ses mains étaient fébriles. Ce soir, il m'a demandé de ne pas faire trop chauffer l'eau pour pouvoir mettre sa main droite le pouce sur le bas de l'anse et le reste de la main sur le côté et le dessous de la théière... l'autre main sur le dos de l'éléphant pour que le couvercle ne tombe pas. Il a d'ailleurs déjà pris des coups mais nous connaissons le sors réservé aux ustensiles de vie maintenant.

Et puis j'avais ramené des douceurs que ma maman m'offrait de temps en temps enfant: des figues zagros et du pain d'épices (le meilleur que j'ai mangé jusqu'à ce jour) Baramel Breizh.
Un pain d'épices très sucré, très concentré, qui colle aux doigts, s'effrite et fond en bouche.
Des figues très peu sucrées, à la peau très dure et non avenante, au cœur délicieux. Il faut oser croquer dedans.

Le sauvage à l'intérieur de soi

En très bonne compagnie, au rayon jeunesse, nous avons craqué l’une et l’autre sur deux livres différents. J’avais vu une couverture, lu la quatrième de couverture, et pris l’exemplaire sûr d’y trouver mon compte.
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©David ALMOND et Dave McKEAN/Gallimard Jeunesse

« Le sauvage » de David ALMOND, illustré par Dave McKEAN
est un coup de fouet, un coup de hache, un coup de cœur. Le propos est dur (mais pas tant), l’illustration extrême mais il faut oser lire page après page.
Blue est un garçon qui vient de perdre son père d’un arrêt cardiaque. La psychologue scolaire demande alors à l’enfant d’écrire ce qu’il ressent face à ce deuil. Rien ne sort, ni par la bouche ni par la main. Blue est dans une famille à la sensibilité sans faille. Ses parents l’aident, le soutiennent, lui apportent réconfort et amour. La mère, restée seule, est toujours aussi présente et attentionnée.
Mais les mots ne viennent pas pour décrire cette horreur, cette « p. d’horreur ». Un jour, Blue se met à écrire une histoire (quelques morceaux présents avec l’orthographe et la grammaire d’origine). Pas de celles qui n’ont aucun lien avec la réalité, trop mièvres : « Moi, ce que je voulais, c’était du sang, des tripes et de l’aventure, et c’est ce que j’avais imaginé. » Le sauvage nait de sa plume, un enfant vivant dans les bois, de rapines, de liberté, de meurtres. Et grâce à cette histoire qui prend vie, Blue exprime son agressivité, sa haine, son envie d’être ailleurs.

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©David ALMOND et Dave McKEAN/Gallimard Jeunesse

Il est question de cette communication qui peut péricliter même dans une famille extrêmement attentive. Un enfant qui ne sait plus dire ou qui ne veut plus pour ne pas surcharger de peine
C’est aussi un livre sur l’agressivité des enfants. Agressivité « ordinaire » d’un petit tyran d’école ou agressivité meurtrière, de survie, de haine contre la vie et les hommes. J’ai beaucoup aimé ce regard sur l’agressivité comme une inadaptation, une faiblesse, une jalousie. J’ai aimé cette autre pour ce que l’enfant a en lui sans jamais pouvoir assouvir sa haine, sa violence, pour contrecarrer celle qui vient de la vie, celle qui peut venir des adultes (même si ce n’est pas le sujet du livre).
Le deuil est aussi, bien sûr, au centre du livre. Et avec nuances, nuance des souvenirs, présents et nombreux auxquels on peut se raccrocher, si infimes qu’ils ne seront pas une frustration. Ce deuil de l’entre-deux, d’un enfant, qui a profité de son père mais pas assez pour savoir ce qui aurait pu advenir. Ce travail de deuil, comme une reprise au goût de la vie, aux petits bonheurs. Le sauvage va découvrir la dualité des hommes et l’intérêt de certains. Un bonheur comme de la joie, un pique-nique et de la danse. Le langage a aussi beaucoup de place, avec les poèmes : « Bien sûr, le sauvage n’avait pas de mots, il bredouillait, grondait ou haletait, il ne connaissait rien aux mots. Comment il aurait pu ? Pourtan il commençait à apprendre.»
Et puis enfin ce transfert, cette voix extérieure lors d’une lecture à voix haute, qui permet de dire ce que nous avons au fond de nous. Une offrande à la famille.

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©David ALMOND et Dave McKEAN/Gallimard Jeunesse

Et que dire des illustrations de Dave McKEAN. Il reste fidèle à lui-même. J’ai de lui de nombreux artbooks en anglais reprenant ces petits tiroirs de curiosités, ces montages photographiques, à la fois glauques, pertinents, dérangeants et si interrogateurs. Ces dessins sont aussi « chargés » de double sens adulte. Le sauvage est vraiment cruel, presque métamorphosé en cauchemars. J’avais pris quelques illustrations de cet artiste ici et . Allez donc voir son site.

Un avis pertinent chez Claire ici.